L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Holograms

De l’émotion à fleur de peau…

En ce tout début de congé de Toussaint, l’été indien joue les prolongations. La bonne humeur règne dans les rues de Bruxelles. Etudiants et touristes envahissent la ville. Mais c’est au cœur d’un endroit bien caché, le Beursschouwburg, que tout se passe ce soir. Sa superbe terrasse au cinquième étage offre une vue sur la Bourse et la rue Dansaert, ajoutant une belle note de convivialité…

Les Bollock Brothers ouvrent le bal. Les grandes frasques au placard. On retient le côté bon enfant et les souvenirs agréables des jeunes années de ce groupe. Une formation qui continue son parcours sans faire grand bruit. Il n’a jamais fait le buzz. C’est pas son truc. Un buzz, disparaît aussi vite qu’il n’apparaît… L’impression positive et accueillante se confirme au fur et à mesure que le set avance. Le petit tour d’horizon des singles (« Horror Movies », « Harley davidson of a bitch » et la reprise de « Pretty vacant » des Pistols) est un plaisir pour les oreilles. Autant de compos qui nous communiquent à nouveau des fourmillements dans les jambes. Et pas qu’à vos serviteurs, puisque le public commence à pogoter. Quel dommage que le service de sécurité n’ait pas été briefé sur le sujet (NDR : mais d’où sortaient-ils ??) Ces gros bras ont mis incompréhensiblement le holà sur une brochette endiablée, trop rapidement tuée dans l’œuf... Le line up du combo a subi quelques changements au fil du temps (NDR : suite notamment au décès du claviériste, Mark Humphries, en 2008). Mais finalement le band continue puiser aux sources du patrimoine écossais et irlandais. On a ainsi parfois l’impression d’être plongé dans l’ambiance d’un stade de football insulaire. D’ailleurs le leader Jock n’hésite pas à partager son stock de bières. Ou à nous vanter les mérites de notre équipe nationale, nous narrant sa rencontre avec Marc Wilmots lors du dernier match Belgique-Ecosse. Le kilt était de mise et seyait fort bien !

En deuxième partie de soirée, Holograms souffle un vent d’air frais dans une salle surchauffée. Des Suédois révoltés. Jeunes, très jeunes même. Une découverte pour Aida mais une confirmation pour Sébastien, qui n’avait pas hésité à plébisciter leur premier opus « Holograms », au quatrième rang de son top 20, pour 2012. Et le dernier né « Forever » devrait également y faire bonne figure. Une satisfaction d’assister enfin à un de leurs concerts, après deux annulations successives (NDR : à Dour le dimanche, et dans le cadre du Micro festival liégeois). On en a enfin des explications. Enfin, c’est ce que la rumeur colporte. Des difficultés financières. Un véhicule qui tombe en panne et reste bloqué plusieurs semaines en France. Des visas qu’on ne semble pas vouloir leur accorder pour effectuer une tournée aux States. Toute une série d’épreuves que le groupe a eue du mal à gérer. Le tout entraînant des conflits. Et puis, pas évident de trouver des solutions, quand on n’a plus un rond en poche.

Ce soir, ils sont enfin au rendez-vous. Le début de parcours est plutôt hésitant. Les nappes synthétiques ne parviennent pas à encore à se forger un caractère atmosphérique. Les réglages traînent en longueur. Et lorsque les balances sont enfin au point, le set en flèche, nous réservant quelques superbes envolées imprimées sur un rythme irrésistible. Holograms a le don de tirer parti des différents climats qu’il instaure au sein d’une même compo. Et de les faire vibrer. De nous faire vibrer. De les rendre homogènes sans qu’elles ne deviennent ni vraiment mélancoliques ni allègres. Tout n’est cependant pas parfait. Les vocaux sont intrigants. Parfois dérangeants. C’est ce qui nous autorise à penser que le groupe a encore une belle marge de progression. Néanmoins, l’énergie est communicative. C’est sans doute un paramètre que le groupe devrait davantage explorer. Enfin, je retiendrai surtout l’aspect émotionnel de leur prestation. Au cours de leur set, les 4 x 20 sont parvenus à faire passer leurs émotions. Et ça, c’est vraiment une performance…

Et si vous souhaitez jeter un coup d’œil à notre rubrique photos, c’est ici

 

 

 

Tindersticks

Noces de porcelaine

Écrit par

Célébrant les vingt ans de la sortie de leur premier album, et par conséquent consacrant une carrière foisonnante, les élégants Tindersticks repartaient récemment pour une énième tournée, en opérant un passage obligé en nos terres ce mardi, soulignant les liens spécifiques qui unissent le groupe à notre pays.
Car il est avant tout question d’amour et de respect entre le public belge et la bande à Stuart Staples ; et ce depuis le premier jour.
Infiniment reconnaissant, la formation n’a d’ailleurs jamais manqué l’occasion de nous remercier en nous offrant souvent des prestations exceptionnelles.
Soirée donc placée sous l’égide du souvenir, suspendue aux lèvres de Chronos, Dieu impassible et soufflant les mélodies de nos vies défilant sur l’écran large de nos mémoires. Avec un brin de nostalgie, bien sûr, mais aussi un constat évident : loin de s’essouffler, les ‘Tinder friends’ bonifient au fil des ans et leur musique intemporelle ne souffre nullement des affres du temps.
Petit regard en arrière, par dessus l’épaule, avant de se jeter dans l’horizon qui les avale déjà.

C’est donc en puisant dans le catalogue du band et celui de ses escapades solitaires que Stuart nous prend par la main et remonte en notre compagnie le courant de ces vingt dernières années.

Un set divisé en deux pièces distinctes, comme s’ils assuraient eux même leur première partie.

Les sièges de la machine à remonter le temps sont confortables et sujets à l’abandon total. Les aiguilles du prompteur ne s’affolent nullement. Le voyage sera accompli en douceur.

Première escale en deux mille un puisque le concert s’ouvre par « Tricklin’ » et sa boucle d’effets enroulant la voix sensuelle de son chanteur, la répétant en écho distinct, comme autant de réverbérations dans ces couloirs de verre ou le sable s’égrène lentement.

Puis place au soleil (un soleil voilé) de « Marseilles Sunshine » et ses perles lumineuses extraites du premier essai solo.

En apnée et glissant le long d’une paroi au relief rectiligne, le trajet continue, sans encombre et nous mène jusqu’à l’entracte, où « Dancing » nous abandonne le coeur tremblant, même si la setlist (voir plus loin) est écourtée à la surprise de certains des membres.

L’intervalle voit les spectateurs aller et venir dans les allées du Cirque Royal comme autant de formes floues se déplaçant en accéléré sur le mur de la réalité avant d’être happées de nouveau par la présence impressionnante des musiciens revenus au-devant de la scène.

Le deuxième acte s’ouvre par « Sometimes It Hurts » et poursuit son chemin au cœur de paysages couleur pastel, imbibés par l’ivresse d’une musique portée vers ses sommets par un groupe à l’apogée de ses moyens.

Révélant au passage son incroyable et insolent talent à torcher des chansons aux filiations indéfinissables.

« Another Night In » arrive alors et donne encore plus d’ampleur à ce somptueux ensemble.

Le public frémit dès les premières notes émises par le violoncelle.

S’ensuit alors la spirale ascendante qui porte l’assemblée aux nues, là où cuivres et cordes s’embrassent dans un baiser aux larmes retenues.

Laissés pantelants, calés dans nos fauteuils, nous buvons de ce calice jusqu’à la lie et en redemandons encore.

Tindersticks poursuit son trajet, s’attarde un temps sur son dernier album en date, « The Something Rain » (dernier si on ne tient pas compte d’« Across Six Leap Years » sorti cette année et qui revisite certains titres ou encore la bande originale du film « Les Salauds » dernière collaboration en date entre les prolifiques Anglais et la réalisatrice Claire Denis), repart en arrière (« City Sickness »), rebondit sur la ligne du temps et achève de nous balader dans les brumes de « My Oblivion ».

Le rappel est attendu et vient s’échouer comme une vague sur une plage abandonnée après la tempête.

La choriste, relativement discrète jusqu’alors avance jusqu’au bord du podium et sa voix prend de l’ampleur, entamant avec Stuart le duo sur « Travelling Light », titre résumant à lui seul cette soirée.

À la question, « Can WeStart Again », nous répondons oui à l’unanimité, tandis que « Sister » clôture cette nuit, cette plongée dans cet univers majestueux, étalé sur deux décennies.

Sous les applaudissements nourris d’une standing ovation, Stuart et les siens nous quittent en souriant pleinement.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris demain alors qu’hier n’est pas encore achevé.

Setlist:

Tricklin (Can Our Love)
Marseilles Sunshine (Lucky Dog Recordings, stuart solo project)
A Night So Still  (The Something Rain)
Hushabye Mountain (Dick Van Dyke Cover from Songs For The Young At Heart, Stuart Side project)
Come Feel The Sun (The Hungry Saw)
She’s Gone (II)
Dancing (Curtains)
Friday Night (7”) Non interprétée
The Organist Entertains (The Hungry Saw) non interpretée
Sometimes It Hurts (Waiting For The Moon)
Iif You’Re Looking For A Way Out (Simple Pleasures)
Another Night In (Curtains)
Show Me Everything (The Something Rain)
This Fire Of Autumn (The Something Rain)
City Sickness (I)
My Oblivion (Waiting For The Moon)
Sleepy Song (II)
Say Goodbye To The City (Waiting For The Moon)
A Night In (II)
I Know That Loving (Simple Pleasure)
Slipping Shoes (The Something Rain) Non interprétée
What Are You Fighting For? (7”)
Travelling Light (II)
Can We Start Again? (Simple Pleasure)
My Sister (II)

(Organisation : Live Nation / Botanique)

 

Washed Out

Touch The Sky

Écrit par

Entre l’Ep « Life Of Leisure » (2009) et « Paracosm » (2013), Ernest Greene a parfait son art de la mélopée aérienne, transformant Washed Out en projet incontournable de la scène Chillwave. Une scène qui te transporte haut dans le ciel avant de te laisser retomber délicatement sur un champ de nuages cotonneux. Bref, un style qui fait appel à l’imaginaire et laisse rêveur. Après un passage éclair accompli en 2010, au Charlatan de Gand, puis, un an plus tard, au Sonic City de Courtrai, Washed Out prenait rendez-vous pour la 3ème fois avec ses fans belges à l’Orangerie du Botanique afin d’y présenter « Paracosm ». 

Et ils n’étaient pas nombreux à répondre à l’appel… Washed Out est de ceux qui ne déplacent manifestement pas encore les foules, malgré deux LP solides (« Within & Without », publié en 2011, et le petit dernier, « Paracosm »). C’est donc dans une Orangerie à peine un peu plus pleine qu’une Rotonde sold-out qu’Ernest et ses quatre musiciens (dont sa femme aux claviers) ont pris possession de la scène de l’Orangerie. Podium sur lequel se produisait le sympathique Amateur Best en guise de mise en bouche, quelques minutes auparavant.

Le défi principal de Washed Out consiste donc essentiellement à reproduire cette atmosphère éthérée propre à ses productions. Greene a le mérite de ne pas choisir la voie de la facilité, en laissant le laptop au placard. Armé de son synthé et aidé de ses quatre musicos, il dégoupille un pur live et s’en sort plutôt bien. La retranscription scénique de ses tubes leur concède une autre dimension, tout en sobriété. La troupe explore largement la discographie du producteur et les meilleurs compos y passent, même les excellents « Belong », « New Theory » et « Feel It All Around », brillamment réimaginés pour le live. Les fans de la première heure ont même eu droit en bonus à la version perso de Washed Out du titre « Despicable Dogs », originellement interprété par ses grands potes de Small Black. Bémol de la soirée, le son, qui parfois a enterré les mélodies et quelques subtilités susceptibles de magnifier l’ensemble. Le clou du spectacle est enfoncé au rappel lorsque Greene se lance sur « Eyes Be Closed » sous forme d’un grand final qui va mettre tout le monde d’accord. 

En une heure, Washed Out a offert à son public un moment hors du temps, humble, sobre et parfois même intense, qui aurait gagné à être partagé par un public bien plus nombreux.

(Organisation : Botanique)

 

Orval Carlos Sibelius

Excellent, malgré un répertoire encore à étoffer…

Écrit par

Axel Monneau, alias Orval Carlos Sibelius, a publié un album qui a fait l’unanimité auprès de la critique. Intitulé « Super Forma », ce disque lui a permis de sortir de l’anonymat. Cependant, malgré la couverture de plusieurs magazines musicaux, la Rotonde, ce soir, était à moitié vide. Multi-instrumentiste, Orval (authentique trappiste belge !) Carlos (comme le terroriste), Sibelius (Jean de son prénom, ce Finlandais était un illustre compositeur de musique classique) est de nationalité française. Il est même parisien !  

En live, l’artiste est flanqué d’un groupe. Une jeune fille se charge des claviers. Derrière les fûts, siège un barbu. Probablement un Brésilien. C’est du moins ce que son nom laisse supposer. Le line up est complété par un bassiste et un tromboniste vêtu d’un costard. Et le compte y est. Quant à Alex Monneau, accoutré d’une chemise aux motifs ‘galactiques’ surprenants, reproduisant l’artwork du dernier opus, il se plante au centre. Il empoigne sa guitare et commence le set par un morceau instrumental de plusieurs minutes. Une introduction psychédélique qui monte en un long crescendo conclu par une ligne magistrale de trombone. Superbe ! Mais ces quelques minutes d’échauffement ne suffisent pas pour que le public daigne de lever. Il s’exécutera donc, à la demande des musicos. Dès que les spectateurs sont sur leurs deux jambes, le concert peut réellement commencer. On a alors droit à plusieurs morceaux du dernier album, dont le superbe « Desintegracao ». La formation maîtrise parfaitement son sujet ; les compos de ce récent elpee sont ainsi parfaitement interprétées. Les membres de la troupe n’ont vraiment pas la grosse tête. D’ailleurs, le leader de la troupe n’hésite pas à communiquer avec le public. Exemple, à la fin du concert, alors que la setlist est épuisée, Axel vient s’excuser devant le public, avouant qu’il n’avait plus rien en stock, à proposer. Pour se faire pardonner, le groupe réinterprète alors « Desintegracao », face à un auditoire satisfait de ce compromis.

Les autres disques d’Orval Carlos Sibellius ne seront pas pour autant, négligés. Mais les titres originellement sculptés dans le folk sont adaptés à la scène, pour embrasser une forme plus psychédélique. Si le résultat s’avère sympathique, il faut bien avouer que ceux issus de « Super Forma » sont de meilleure facture. Le set atteindra son apothéose en fin de parcours. Lors d’un « Good Remake » imprimé sur un même riff hypnotique et une nouvelle fois caractérisé par un crescendo d’une petite dizaine de minutes.

Orval Carlos Sibelius a confirmé tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Au cours de ce concert, sa formation nous a proposé un  cocktail de psyché/pop parfait et tout simplement incomparable. Seul bémol, un répertoire insuffisant. Une seule issue pour combler cette lacune : au travail !

(Organisation : Botanique)

 

White Hills

En parfaite osmose…

Écrit par

Il y a un long moment que je n'étais plus allé au Muziekodroom ; et le moins que l'on puisse dire c'est que l'endroit était méconnaissable par à rapport aux souvenirs que j'en avais gardés. Exit le grand hangar froid et sans âme et place à un club très clean au sein duquel le bar est si conséquent que l'espace concert semble assez réduit en comparaison (entre 100 et 200 personnes à vue d'œil). L'explication est simple, le MOD est un immeuble polyvalent qui englobe aussi bien des locaux de répétition, des studios d'enregistrement qu'une grande salle (visiblement celle où j'ai dû mettre les pieds jadis) et le club où se produisaient ce soir White Hills et Mosquito.

Originaire de Louvain, Mosquito a assuré une bonne première partie en dispensant un stoner rock assez recherché dans les structures des morceaux et parsemé d'influences grungy. La voix du chanteur manque peut-être parfois un peu de caractère, mais vu qu’il cumule également les drums (un de ceux qui n'économisent pas leurs efforts), on ne va pas être trop sévère à son égard. Des compos honnêtes et plutôt bien ficelées en tout cas et une reprise assez anecdotique de... Nirvana comme on aurait pu s'y attendre. A laisser mûrir et on pourrait en reparler à l'avenir…

Place à White Hills ensuite. Un trio. En fait de trio il s'agit plus du couple Ego Sensation/Dave W. accompagné pour l’instant de Nick Ferrante, aka Nick Name. Une alchimie qui fonctionne à merveille et donne en général d'excellents résultats comme ce sera encore le cas ce soir.

Baignée dans des halos de lumière rouges, bleues et surtout vertes, la formation installe l'ambiance en diffusant une intro ‘dronesque’ avant d'enchaîner par "Forever in space", moment fort de son dernier album qui résume parfaitement son état d'esprit. Toujours extrait de ce disque, on a ensuite droit à "In your room" (allez jeter un œil sur la vidéo!), très bon titre également mais dont on regrette les voix un peu trop en retrait dans l'interprétation live. Ensuite il ne sera quasi plus question, à une exception près, de ce dernier opus. On est ravi de constater que White Hills ne se contente pas d'une tournée promotionnelle mais puise ce qu'il y a de meilleur dans son répertoire pour le plus grand plaisir des fans. Ainsi la setlist nous a réservé des morceaux de choix comme "Three Quarters", le paranoïaque "Condition of Nothing" ou encore l'obsessionnel "Robot Stomp". Elle est même remontée jusqu'en 2007 ! (NDR : Pas si loin me rétorquerez-vous? Sauf pour un groupe qui sort 1 album tous les ans sans compter les splits, raretés et autres bootlegs). A l’instar des hymnes space fuzz rock tels que "Radiate" ou "Oceans". On sent une réelle osmose et une belle énergie aussi puissante que sensuelle dans la complémentarité entre la charmante bassiste Ego et le leader halluciné Dave. On prend plaisir à les voir se frôler et croiser leur manches (n'y voyez rien d’obscène !) et on reçoit autant qu'ils donnent. Un conseil, si vous aimez le space rock, le kraut ou la noise, ne les loupez pas la prochaine qu'ils fois passent près de chez vous!

(Organisation MOD)

 

Alex Beaupain

Bon comme du Beaupain

Écrit par

Suite à la sortie d’« Après Moi le Déluge », 4ème album qui lui a permis de se forger une petite notoriété au sein du grand public –et par la même occasion de décrocher un passage chez l’incontournable Ruquier et à l’Olympia– Alex Beaupain se déplaçait au Botanique de Bruxelles afin de présenter sa nouvelle création à la Belgique, ce jeudi dernier.

C’est une Orangerie en mode assis et quasiment sold-out qui accueille ce dandy natif de Besançon, mais Parisien d’adoption (NDR : il y vit quand même depuis quelques années). Accompagné de 4 musiciens –un pianiste grisonnant, un batteur enthousiaste, un guitariste helvétique et une violoniste/bassiste au charme certain– l’artiste débute son show pied au plancher et aligne, sans interruption, quelques titres issus de son dernier opus, dont « Vite », « Coule », un titre écrit par Julien Clerc et « Contre le Vent », un morceau composé par la Grande Sophie. La touche particulière du premier cité est particulièrement évidente via les intonations vocales de Beaupain et la patte sonore du morceau qui ne dénoterait pas au répertoire du vétéran de la variété française. A la suite de cette introduction endiablée, le Français entame un échange avec le public, dialogue qu’il entretiendra toute la soirée. Doté d’un humour noir, ironique et pince-sans-rire, le protégé de Christophe Honoré (réalisateur des films « Chansons d’Amour » et « Les Biens Aimées », dont Beaupain a composé les BO) séduit son public… Sous prétexte de ne pas l’avoir laissé dormir durant le trajet jusqu’à Bruxelles, le chanteur vire, avec humour, un par un ses musiciens, morceau après morceau, afin de présenter des chansons de plus en plus dépouillées pour terminer par le superbe « Brooklyn Bridge », seul au piano.

Les musicos soutiennent parfaitement le mini-crooner et assurent la cohésion derrière une voix pas toujours juste, même si sans cesse touchante. Les plus belles pièces de son répertoire y passent (« Avant la Haine », « Au Départ ») et vont droit au cœur du public malgré un habillage très pop et souvent léger. Beaupain hypnotise l’auditoire par sa sincérité, tel un petit bonhomme qui jongle entre rires et larmes. Une judicieuse reprise de « Chacun fait (c’qu’il lui plaît) » de Chagrin d’Amour chauffe encore plus l’ambiance, dans la salle.

Sacré personnage, mais bigrement attachant, Beaupain quitte la scène sous les applaudissements de la foule, avant de revenir pour un long rappel au cours duquel il va nous réserver l’efficace « Après Moi le Déluge ». Cette belle soirée passée en compagnie d’un artiste de variété française d’une telle qualité, on aimerait en vivre plus souvent. D’ailleurs, on va encore entendre parler d’Alex Beaupain, c’est une certitude…

(Organisation Botanique)

 

Halasan Bazar

Grand Bazar

Écrit par

Bien peu de monde pour assister au concert d'Halasan Bazar, ce mercredi 9 octobre. Et c'est bien dommage, car la formation du songwriter danois Fredrik Rollum Eckhoff nous a gratifiés d'un très agréable set. Nourri à la pop psychédélique californienne, ce collectif aux multiples nationalités (les membres nous viennent de Norvège, d’Angleterre, d’Australie et du Danemark) a parcouru son dernier opus, le très recommandable "Space Junk". Enregistré à l'ancienne sur un huit pistes, cet elpee nous avait séduits. A cause de ses atmosphères particulières, très influencées par l'univers de Syd Barrett.

Sur scène, les compositions paraissent moins complexes. Emmenées par la guitare sèche d’Eckhoff, elle baignent dans un style pop/folk 60's. Autour du leader, un guitariste délivre quelques notes électriques tout aussi psychédéliques que les sonorités d'un orgue bon marché. Elles nourrissent chaque morceau et évoquent fatalement la période des compilations "Nuggets". 

Le concert peut se résumer en quatre parties. Une entame caractérisée par les titres les plus évidents et efficaces de l'album ("Sometimes Happy, Sometimes Sad", "My Mind Is Fixed") puis une phase plus brouillonne au cours de laquelle, si je ne m'abuse, on a eu droit à l'un ou l'autre titre de l’elpee précédent. Ensuite, le groupe semble prendre ses marques et nous entraîne dans une pop apaisée sur le très beau "Am I Blind", une compo dont les mélodies sont illuminées par l’orgue. Le voyage continue en compagnie du nonchalant et caressant "Wondering Why", qui sonne moins Lennon que sur "Space Junk". Il nous emmène, en douceur, vers la partie la plus débridée du set. Les Halasan Bazar se lâchent alors un peu et deviennent plus électriques et expérimentaux sur la fin de l'excellent "You & I".

Au final, on a passé un excellent moment. Et puisque un chroniqueur cherche forcément des références, le concert m'a tour à tour évoqué la pop californienne des sixties et principalement Love et les early-Beatles –en épicant le tout d’un zeste de Stones– et même si moins prégnant, que sur l'album, les débuts de Pink Floyd.

On ne remerciera jamais assez l'Escalier de nous proposer des concerts de cette qualité. Cette persévérance est à louer en ces temps difficiles pour les organisateurs. 

(Organisation : L'Escalier)

 

Factory Floor

Cold Sweat

Écrit par

DFA a l’art de dénicher des talents qui fracassent. Factory Floor, constitue l’une des dernières trouvailles du label. Et le trio ne fait pas exception à la règle. Son premier LP, éponyme, est dans les bacs depuis septembre dernier et figurera pour sûr dans de très nombreux ‘tops’ de fin d’année. Factory Floor était de passage à l’AB, version Club, pour démontrer par A+B que leur son est aussi énorme sur scène qu’en studio.

L’AB Club affiche complet à l’heure où les Londoniens de Factory Floor font leur apparition sur la scène de la petite salle bruxelloise. Précédé par un set rugissant du prometteur East India Youth, Gabriel, Dominic et Nik enchaînent, sans cérémonie, par leur mix hybride d’electro, noise et autres explorations mélodiques abstraites. « Turn It Up » lance les hostilités. Le morceau d’ouverture cogne fort. Ses percussions font vibrer nos tympans tandis que le beat insidieux chauffe nos pieds qui battent la mesure non-stop.

Sur scène, les Britanniques jouent sans trop se soucier du public. Ils balancent leurs sons et c’est tout ce qui leur importe. Dans le public, quelques motivés décompressent librement ; mais, comme souvent à l’AB, la majorité du parterre reste figé. Ce qui importe peu en général. Faut dire que le côté assez froid de la formation n’est pas spécialement engageant, même si les tubesques « Two Different Ways », « Fall Back » ou « (R E A L L O V E) » vont à contresens de leur performance scénique.

Le trio quitte les lieux au bout de près d’1h20 de prestation. Bien que le set ait démarré sur les chapeaux de roue, les 20 dernières minutes du concert n’étaient pas spécialement nécessaires ou convaincantes. D’autant que l’ambiance de la salle est retombée progressivement après les trois premiers quarts d’heure de spectacle. Factory Floor est l’un des groupes qui, pour l’heure, devrait sans aucun doute faire plus de victimes en festival et en soirées qu’en salle. Bref : bon mais peut définitivement mieux faire.

(Org : AB)

 

Tunng

Epatant !

Écrit par

Rien de tel que de terminer un dimanche ensoleillé par un bon concert au Botanique. Et puis ce soir, se produisent à la Rotonde, deux poulains de l’écurie Full Time Hobby ; en l’occurrence Tunng et Pinkunoizu. Soit une formation anglaise et danoise. Il n’y a plus que quelques places disponibles, preuve que l’affiche est alléchante…

A 20h, le quatuor scandinave monte sur l’estrade. Il jouit d’une moins bonne notoriété que son compagnon de label. Et manifestement, l’auditoire ne s’est pas déplacé pour leurs beaux yeux. Alors que le combo ouvre son set, personne ne semble décidé à se lever. Au grand dam du public qui veut pénétrer dans l’hémicycle et reste coincé à l’entrée. Il faudra l’intervention d’un vigile pour décoller les fesses des spectateurs réticents. On connaît surtout Pinkunoizu pour son répertoire pop, accessible et coloré. Pourtant, ce soir, il va explorer sa face sombre et progressive. Trois morceaux en quarante minutes ! Emmené par une batteuse énergique et impressionnante de précision, Pinkunoizu s’embarque dans des morceaux longs et hypnotiques. Le chant, contrairement à la version enregistrée, est quasi absent. On a parfois l’impression d’assister à une jam session. Différence, mais elle est de taille, à contrario des ‘jam sessions’ habituelles, on ne s’ennuie pas. Même si tout le public ne semble pas adhérer à leur choix, j’estime qu’on ne peut qu’applaudir l’audace du groupe. Car si cette nouvelle orientation leur confère une nouvelle dimension, elle n’est pas de nature à rencontrer l’assentiment de l’observateur lambda. Chapeau bas donc !!!

Vingt minutes plus tard, plus aucun spectateur n’est assis. La Rotonde est maintenant pleine à craquer. Les mélomanes sont impatients de découvrir, en ‘live’, l’excellent dernier opus des Britanniques, « Turbines ». Depuis le départ de Sam Genders, hormis le remplacement de Becky Jacobs par une autre demoiselle, pour assurer la tournée, le line-up du groupe s’est stabilisé. Armé d’une gratte acoustique, l’autre membre fondateur, Mike Lindsay, est toujours au poste. Et sa chemise est vraiment originale. Sur les planches, il est soutenu par un second gratteur, un bassiste, un drummer et un bidouilleur/bruitiste. Tunng entame sa prestation par des morceaux figurant sur son dernier long playing. La conjugaison des voix est à nouveau parfaite. Et colle parfaitement à leur électro/folk, dont les compos font mouche à chaque fois. Mieux encore, quand les Insulaires décident d’interpréter des compos issues de leur plus ancien répertoire, on entre alors dans la quintessence du set. « Jenny Again », « Hustle » : la quasi-totalité des ‘tubes’ y passe. Les musicos semblent heureux d’être sur les planches, et ce sentiment est communicatif. Mais alors qu’on pensait que le band avait négligé « Bullet », il nous le réserve lors du premier rappel. On aura même droit à un second ‘encore’ au cours duquel, il va nous interpréter « With Whiskey ».

Un set épatant ! De la mélancolie à l’enthousiasme, Tunng est parvenu à explorer une large palette d’émotions, avec une facilité déconcertante. Pour notre plus grand bonheur…

(Organisation Botanique)

 

Pinkunoizu

Audacieux !

Écrit par

Rien de tel que de terminer un dimanche ensoleillé par un bon concert au Botanique. Et puis ce soir, se produisent à la Rotonde, deux poulains de l’écurie Full Time Hobby ; en l’occurrence Tunng et Pinkunoizu. Soit une formation anglaise et danoise. Il n’y a plus que quelques places disponibles, preuve que l’affiche est alléchante…

A 20h, le quatuor scandinave monte sur l’estrade. Il jouit d’une moins bonne notoriété que son compagnon de label. Et manifestement, l’auditoire ne s’est pas déplacé pour leurs beaux yeux. Alors que le combo ouvre son set, personne ne semble décidé à se lever. Au grand dam du public qui veut pénétrer dans l’hémicycle et reste coincé à l’entrée. Il faudra l’intervention d’un vigile pour décoller les fesses des spectateurs réticents. On connaît surtout Pinkunoizu pour son répertoire pop, accessible et coloré. Pourtant, ce soir, il va explorer sa face sombre et progressive. Trois morceaux en quarante minutes ! Emmené par une batteuse énergique et impressionnante de précision, Pinkunoizu s’embarque dans des morceaux longs et hypnotiques. Le chant, contrairement à la version enregistrée, est quasi absent. On a parfois l’impression d’assister à une jam session. Différence, mais elle est de taille, à contrario des ‘jam sessions’ habituelles, on ne s’ennuie pas. Même si tout le public ne semble pas adhérer à leur choix, j’estime qu’on ne peut qu’applaudir l’audace du groupe. Car si cette nouvelle orientation leur confère une nouvelle dimension, elle n’est pas de nature à rencontrer l’assentiment de l’observateur lambda. Chapeau bas donc !!!

Vingt minutes plus tard, plus aucun spectateur n’est assis. La Rotonde est maintenant pleine à craquer. Les mélomanes sont impatients de découvrir, en ‘live’, l’excellent dernier opus des Britanniques, « Turbines ». Depuis le départ de Sam Genders, hormis le remplacement de Becky Jacobs par une autre demoiselle, pour assurer la tournée, le line-up du groupe s’est stabilisé. Armé d’une gratte acoustique, l’autre membre fondateur, Mike Lindsay, est toujours au poste. Et sa chemise est vraiment originale. Sur les planches, il est soutenu par un second gratteur, un bassiste, un drummer et un bidouilleur/bruitiste. Tunng entame sa prestation par des morceaux figurant sur son dernier long playing. La conjugaison des voix est à nouveau parfaite. Et colle parfaitement à leur électro/folk, dont les compos font mouche à chaque fois. Mieux encore, quand les Insulaires décident d’interpréter des compos issues de leur plus ancien répertoire, on entre alors dans la quintessence du set. « Jenny Again », « Hustle » : la quasi-totalité des ‘tubes’ y passe. Les musicos semblent heureux d’être sur les planches, et ce sentiment est communicatif. Mais alors qu’on pensait que le band avait négligé « Bullet », il nous le réserve lors du premier rappel. On aura même droit à un second ‘encore’ au cours duquel, il va nous interpréter « With Whiskey ».

Un set épatant ! De la mélancolie à l’enthousiasme, Tunng est parvenu à explorer une large palette d’émotions, avec une facilité déconcertante. Pour notre plus grand bonheur…

(Organisation Botanique)

 

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