Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

logo_musiczine

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Viagra Boys
Afghan Whigs
Concerts

William Fitzsimmons

The Lion Sleeps Tonight

Écrit par

A l’aube de la sortie de « Lions », son cinquième LP studio, le sympathique barbu dépressif issu de Pennsylvanie a pris le temps de se réserver un petit détour par la Belgique, qu’il avait déjà visitée à trois reprises en 2011. Deux ans plus tard, il revient sur les planches d’un Witloof Bar aussi complet que lors de son premier passage, sur cette même scène.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand-chose de neuf sous le ciel neurasthénique de William Fitzsimmons. Armé de ses guitares sèches pour un concert acoustique, le singer/songwriter avale un prozac et entame son set dès 21h par un extrait de « Gold In The Shadows » avant d’annoncer que la majorité du set privilégiera « Lions », son nouvel opus à paraître au mois de février prochain. Le Witloof est plein et tout ouïe. Mais lorsqu’on assiste à l’un de ses récitals pour la troisième fois en deux ans, on ne peut s’empêcher d’avoir la désagréable sensation de se taper une rediff’. Fitzsimmons fait du Fitzsimmons.

Loin d’être pénible pour autant, l’homme sait comment capter l’attention de son public à coups de plaisanteries, comme lorsqu’il prétend, non sans une pointe d’humour, avoir laissé sa fille adoptive de 2 ans seule à la maison avec pour tout moyen de subsistance, un grand bol de céréales et un couteau pour se défendre. Du coup, les petites blagues de l’homme à l’allure de fermier de l’Arkansas font beaucoup plus mouche que ses nouvelles compos qui, à priori, n’apportent rien de neuf à sa discographie. Et sont parfois même soporifiques. Peut-être l’effet ‘acoustique’ ?

Niveau capital sympathie, William Fitzsimmons a encore tout gagné. Musicalement, il faudra attendre la sortie de « Lions » et de ses arrangements studio pour se prononcer sur la qualité des nouveaux morceaux qui, dans leur mouture acoustique, paraissent donc bien trop similaires à ses travaux antérieurs…

(Org : Bota)

Voir aussi notre section photos ici

 

Disappears

Un final propice à la transe…

Écrit par

Le Magasin 4 accueillait ce dimanche 1er décembre, une double affiche assez alléchante et personnellement attendue depuis la rentrée. Une affiche caractérisée par son éclectisme, puisqu’elle confirmait la présence d’un des groupes les plus passionnants du moment au sein du paysage garage/psyché indé et celle d’un trio belge capable de fusionner les influences electro, cold mais aussi noise voire même stoner.

Et c'est par ces derniers que la soirée commence, puisqu'ils sont les premiers à entrer en scène (NDR : mais n'y voyez aucune référence biblique!) On remarque immédiatement que le volume sonore est plutôt généreux. Trop en vérité. Difficile de plonger directement dans un tel bain de décibels, d'autant que les problèmes de son ne se limitent pas à ce niveau excessif. La batterie semble détachée des autres instruments alors que la voix sature dans les aigus, particulièrement quand le chant est crié ; ce qui arrive bizarrement assez souvent. Bizarrement en tout cas pour qui connaît un peu Organic. Peut-être est-ce une tentative d'‘aller chercher le public’ de la part du chanteur? Toujours est-il que cette situation a provoqué chez votre serviteur, l'effet inverse, soit une prise de recul et une écoute plus distraite... Dommage, car dans d'autres conditions la formation s'est déjà montrée bien plus convaincante. Que ce soit dans un plus petit club ou en studio comme en témoigne leur album "Under Your Carbon Constellation" qui contourne les clichés du genre et compte parmi les réussites de 2012 sur la scène belge. A revoir donc.

Place ensuite à Disappears, quatuor chicagolais au sein duquel a milité Steve Shelley (le batteur de feu Sonic Youth), un combo qui extrait, d'une substance garage indie, des mantras bruitistes et hypnotiques des plus tripants. Le chanteur/guitariste a la mine du type qu'on vient de réveiller il y a 5 min pour lui rappeler que son concert va démarrer : yeux mi-clos, cheveux en pétard et lippe en avant. Une nonchalance sympathique (ou peut-être une vraie fatigue de tournée) qui lui sied plutôt bien et ne semble pas diminuer l'intensité de la performance. En effet si le début du set est à nouveau quelque peu gâché par les problèmes techniques (basse trop absente et accordage approximatif) rencontrés sur les 2 ou 3 premiers morceaux, le reste se passe sous les meilleurs auspices. Le répertoire est essentiellement constitué de la quasi-totalité de l'excellent dernier opus "Era" ainsi que de nombreux extraits du précédent "Pre Language". Quelques exemples? "Replicate", caractérisé par son groove sec et mécanique, "All Gone White" qui serpente insidieusement ou bien encore "Joa" et sa rythmique très 60's. Mais s'il fallait épingler un moment bien particulier de cette prestation live, ce serait certainement "Elite Typical". Propice à la transe, cette compo est dynamisée par des rythmes tribaux ; un morceau de post-punk qui se fond dans des nappes de guitares étirées à souhait façon space-rock. Envoûtant!

Et c'est peu dire que nous étions encore sous le charme quand s’est terminé leur concert trop court (forcément...) après un rappel consacré à un extrait d’une de leurs œuvres plus ancienne. Mais bon l'heure c'est l'heure! Les voisins tatillons ne le savent que trop bien...

(Organisation Magasin 4)

 

Terakaft

Le blues des hommes bleus

Écrit par

Terakaft en Tamasheq, la langue des Touaregs, se traduit par la caravane. Une caravane qui s’est accordée une halte à Bruxelles, ce samedi, pour notre plus grand plaisir. Moins connue que Tinariwen, la formation entretient pourtant pas mal de liens avec les membres du plus célèbre des groupes de blues touareg. Le leader, Kedhou ag Ossad et le guitariste Diara, frère d'un des membres fondateurs, ont d'ailleurs collaboré à l'enregistrement du tout premier album de Tinariwen, en 1992, ainsi qu’à celui des « Radio Tisdas Sessions », en 2001. Khedou est autant adulé par la communauté touareg pour ses compositions que pour sa participation active à la rébellion des années 90. Blessé et annoncé plusieurs fois mort par les médias à l'époque, il demeure un symbole de la révolte des hommes bleus face à l'indifférence des gouvernements maliens et nigériens. 

Nous n'avons malheureusement pas eu droit au line up complet. Le bassiste et le percussionniste ont en effet été remplacés par deux musiciens occidentaux que l'on a senti très heureux de pouvoir partager la scène auprès de tels artistes. Ils ont eu le bon goût de ne pas trop en faire, se contentant d’épauler humblement les deux Berbères. Le batteur va même apporter une dimension légèrement plus dansante aux compositions.

Il est 23h lorsque le concert commence devant une petite assistance qui va très vite être emportée par la transe de cette musique. Enchaînant des morceaux relativement courts, Terakaft a l'intelligence de proposer un set varié. On avait en effet un peu peur d’éprouver une certaine redondance. Ce n'est pas le cas. Tour à tour, on se balance nonchalamment, comme hypnotisés, puis on sautille carrément quand le rythme s'accélère. On perçoit bien toute l'influence de la musique occidentale sur certaines chansons qui vont puiser dans le rhythm’n’blues et le rock psychédélique des années 60 et 70. Le groupe a d'ailleurs souvent cité Jimi Hendrix et John Cipollina (Quicksilver Messenger Service) comme références. Mais la dimension africaine est également très présente. Certaines parties de guitare évoquent le blues gnawa quand d'autres nous entraînent davantage vers l'Afrique noire. Décidément, cette musique est majestueuse et le flow arabisant des deux Touaregs nous transporte loin, très loin. A la fois apaisants et euphorisants, ces chants sont puissants et spirituels. Le corps ne peut que suivre, happé par les notes psychédéliques de ces guitaristes émérites. Que ce dépaysement fait du bien. C'est sans doute un cliché mais un concert de Terakaft est un vrai voyage. Envoûtant, pénétrant, dense, poétique même. De ceux que l'on n'oublie pas.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout)

 

Crystal Stilts

Une mécanique parfaitement huilée…

Écrit par

Grâce une affiche gargantuesque mêlant découvertes, valeurs sûres et émergences de nouveaux talents, l’Autumn Falls Festival s’est forgé en quelques éditions une réputation incontournable.
Voguant de salles en arrière-salles au gré de ses affiches, cet événement bruxellois propose tellement de qualité qu’il nous forcerait presque à migrer dans la capitale pour éviter d’incessants allers-retours.
Un troisième album sous le bras, les New Yorkais de Crystal Stilts débarquaient ainsi ce vendredi et s’installaient confortablement entre les murs de la Maison des Musiques.

La première chose qui nous frappe est l’exiguïté des lieux.

Il y fait chaud, et l’ambiance, loin d’y être étouffée, va très vite se muer en communion entre Crystal Stilts et le parterre, alors que lentement, le son s’extirpe de l’étroitesse perpendiculaire des murs et gagne progressivement les étages, à l’image de la musique du quintet de Brooklyn qui prend son temps pour instaurer son propre tempo.

Jusqu’à prendre toute son ampleur aux premières mesures de “Prometheus At Large”, extrait de leur second opus “In Love With Oblivion”, cadencé par sa rythmique martiale.

Du coup, l’assistance s’ébranle de façon syncopée et suit le combo dans ses terres promises à d’éternels soubresauts hypnotiques.

L’ambiance monte d’un cran, jusqu’à se matérialiser en un épais rideau de velours qui enveloppe l’atmosphère, drape l’assistance et étouffe les soupirs sceptiques qui jugent “Nature Noir” moins pertinent que ses deux opus précédents.

C’est que l’approche est certes différente sur ce disque paru dernièrement, sans doute plus réfléchie, mais laisse sans doute aussi toute sa place à l’expression subtile du spectre sixties mâtiné de cold wave chère à ces dignes héritiers du Velvet.

Le mariage des anciennes compositions et des nouvelles ne souffre donc d’aucune incompatibilité d’humeur et la voix nonchalante, presque abandonnée de Brad Hargett constitue le fil conducteur entre les salves de bruit blanc perdues dans un écho lointain.

Pas de heurts, pas d’incidents, la mécanique huilée pétarade sans accrocs d’un bout à l’autre du set et si celui-ci est exempt de surprise, il assure l’assise du groupe sur un public de convaincus.

Le rappel, offrande entendue (et attendue) sur l’autel des fans connaisseurs, propose deux titres dont  un “Love is a wave” énergique qui boucle la boucle d’effets.

La soirée s’échappe ainsi dans les volutes de fumée d’un kaléidoscope aux intonations psyché et aux relents hallucinés pour le plus grand plaisir de tous ceux présents ici, n’ayant vraiment pas à regretter les malheureux huit euros dépensés ce soir.

Autumn Falls

(Organisation : Toutpartout + Maison des Musiques + Vk*)

 

Youngblood Brass Band

Copie parfaite!

Écrit par

Avant de se rendre à Louvain pour y prester une dernière date européenne, les New-yorkais opéraient une halte dans le Nord de la France. A Tourcoing très exactement. Ce vendredi soir, ils se produisaient donc en la salle du Grand Mix. Jouissant d’une excellente réputation en ‘live’, le collectif avait attiré la foule. Le concert était d’ailleurs presque sold out. Youngblood Brass Band venait défendre son dernier opus, « Pax Volumi ». Un album que je vous conseille vivement, si vous aimez le style. Pas de souci à se faire, il vaut le coup.

En première partie, le Grand Mix avait invité un DJ anglais répondant au doux nom de A La Fu. Vu le pseudo, on devait manifestement être aux aguets… Seul derrière ses platines, il triture ses boutons durant une quarantaine de minutes. Si son électro minimaliste ne passe pas trop mal rampe, le public s’es tape complètement. Bref, on se serait bien passé de cette mise en bouche. Quant au gaillard, nul doute qu’il aurait préféré s’exprimer dans de meilleures conditions. Ou même à la limite, rester dans son Albion natal.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Dix musicos montent sur les planches et prennent possession de leurs instruments respectifs. Visuellement, le band transpire la classe. A gauche du podium, s’installent deux trompettistes et le sousaphoniste. Au centre, deux saxophonistes. A droite, deux trombonistes. Et enfin, à l’arrière trois percussionnistes. Aucune note n’a encore été jouée, mais on pressent que la soirée sera bonne.  

Pas de round d’observation, la formation entre immédiatement dans le vif du sujet. Par section, les musiciens se réservent à tour de rôle leurs solos et reprennent en chœur le refrain. Impossible de rester de marbre face à l’énergie libérée par le Brass Band. Dès le second morceau, le préposé à la caisse claire passe au micro. Et ses interventions communiquent une autre dimension au groupe, la rendant plus accessible. Entre chaque compo, les membres du groupe communiquent avec le public. Et ce dernier est très réceptif. En particulier lors de la finale, lorsqu’il accepte de s’agenouiller ou encore en reprenant en chœur les paroles. Pendant plus d’une heure, la setlist va alterner morceaux instrumentaux et chantés. Le point d’orgue de la soirée ? L’interprétation de leur désormais classique « Brooklyn ». Difficile de faire mieux !

Copie parfaite remise par le Youngblood Brass Band. Un sans faute ! Que demande le peuple ?

(Organisation le Grand Mix)

 

Mayer Hawthorne

Do You Wanna Get Funky?

Écrit par

Pour défendre son troisième LP, Mayer Hawthorne, le crooner au physique relativement ingrat, posait ses bagages ce 26 novembre à l’Ancienne Belgique, à peine plus d’un mois après avoir assuré la première partie de la tournée européenne de Bruno Mars, dont l’étape belge s’était arrêtée au Sportpaleis d’Anvers. De quoi se choper des centaines de nouveaux fans, me direz-vous ? Bah, non.

Explications. D’abord annoncé dans la grande salle de l’AB, le show de Mayer Hawthorne a dû être rétrogradé à l’ABBox, faute de vente suffisante. Et malgré ce changement, on ne peut pas dire qu’on se marchait sur les pieds dans la salle réaménagée. Après une mise en bouche très funky d’Aeroplane, dont le DJ set s’est révélé  plutôt irrésistible, Andrew Mayer Cohen, aka Mayer Hawthorne, débarque sur les planches, accompagné de ses cinq musiciens sur le coup des 21h tapantes.

Et c’est parti pour un show ultra millimétré. Tiré à quatre épingles, le chanteur démarre sa prestation sur un nouveau morceau avant d’enchaîner par « Back Seat Lover », premier extrait de son troisième opus, « Where Does This Door Go ». Un disque que d’aucuns décrierait comme surproduit, ce qui ne l’empêche pas d’être ultra-addictif. A l’image des « Designer Drug », « The Innocent » ou « Allie Jones », qui ne laissent personne indifférent aux premiers rangs. Mais l’ambiance peine à décoller. Hawthorne et ses musicos s’essaient alors à quelques pas de danse, certainement chopés du côté de chez Bruno Mars, et distribuent même quelques verres d’un mix de Scotch et Ginger Ale pour arroser le titre « Henny & Gingerale ».

Il faudra attendre « Crime », lancé à mi-parcours et amputé du rap de Kendrick Lamar, pour que l’ensemble du public se réveille. Il s’agira d’ailleurs de l’un des morceaux les plus acclamés de la soirée. S’ensuit un enchaînement de compos principalement issues des deux derniers albums. En l’occurrence « Wine Glass Woman » et « The Stars Are Ours », deux plages produites par Pharrell Williams, « Get To Know You », « Corsican Rosé », le single « Her Favourite Song » et encore « I Can’t Go For That », une reprise funky de Hall & Oates. Celle-ci vaudra à Hawthorne de recevoir un soutien-gorge lancé sur scène par une fan ultra enthousiaste. Il immortalisera d’ailleurs immédiatement le moment en enfilant l’objet pour une photo, immédiatement publiée sur Instagram.

Le set, oscillant entre Soul, Funk et R’n’B, aurait certainement pu se passer des ballades, qui on desservi complètement le rythme de croisière du concert. Autre défaut, cette conception toute américaine du prototype d’un show live. Il y quelques années Mayer Hawthorne se produisait sur la scène du festival de Dour en toute simplicité lors d’un show spontané. Aujourd’hui, le gars suit une ligne conductrice de manière machinale, proposant la même setlist, adoptant les mêmes pas de danse, et balançant certainement les mêmes plaisanteries… Bref un 8/10 pour la mouture live des morceaux, mais un zéro pointé pour la performance on ne peut plus robotique.

Le temps d’une deuxième et dernière reprise, celle du « May I Come In » de Nancy Wilson, et les six hommes tirent leur révérence après 1h30 de show, et sans rappel. Et oui les gars, restez pas là à hurler : 22h30, c’est couvre-feu à l’AB !

(Org : AB)

 

Bertrand Belin

Une hyper-bonne-soirée !

Écrit par

Discrètement actif en solo depuis 2005, le Français Bertrand Belin tisse peu à peu son univers musical, un univers à part au sein de la très obturée chanson française… En particulier depuis qu’il a publié ses deux derniers albums souvent encensés par la critique : les magnifiques « Hypernuit » et le petit dernier « Parcs ». C’est une Orangerie toutefois réduite d’un tiers de sa capacité qui accueille ce crooner moderne à la voix très profonde.

Soutenu par une drummeuse, un guitariste, un claviériste et un bassiste, Bertrand le débonnaire débute son set par les murmures de « Comment ça se Danse », le morceau qui introduit son nouvel album. D’abord hésitant, il ne faut pas très longtemps pour qu’il se sente à l’aise. Il attaque son « Hypernuit », une compo ultra efficace caractérisée par son ambiance estampillée ‘France profonde’. Il base son improvisation sur les rumeurs locales et se transforme en étonnant acteur. Pas pour rien qu’il a tourné dans plusieurs courts-métrages. Si on savait ses textes particulièrement soignés, tout au long de la soirée, l’artiste va jongler avec les mots de la langue française tout en affichant un sens de l’humour surréaliste mais plutôt séduisant. La musique n’est cependant pas négligée. Aux backing vocals, la drummeuse assure son rôle à la perfection. Et son timbre me fait penser à celui de la choriste qui a participé à l’enregistrement du dernier elpee de Baxter Dury. C’est particulièrement flagrant sur l’allègre « Un Déluge » et « La Chaleur », une chanson au cours de laquelle elle échange un ravissant duo en compagnie du Breton (NDR : il est né à Auray). Empruntant des intonations à Alain Bashung, il échafaude des histoires qui nourrissent des ambiances influencées par l’americana (« Plonge », « Ca va, ça va, ça va, ça » et « Avant les Forêts »). Guitariste inspiré, doublé d’un étrange talent de showman, il communique beaucoup avec son auditoire. Deux rappels et plus d’une heure et demi de concert plus tard, le public est conquis. Il finira même par entrer en communion avec lui. Bertrand Belin est un artiste dont on devrait encore entendre parler dans un futur proche. Et il le mérite. Une ‘Hyper-bonne-soirée’ !

(Organisation Botanique)

 

Chokebore

Plus vraiment dans l’air du temps…

Écrit par

Onze après avoir publié son dernier album studio et trois après leur reformation, Chokebore a entamé une nouvelle tournée européenne, sans rien avoir de nouveau à nous proposer. Habitué des lieux où il se produit plus ou moins chaque année en solo, Troy Von Balthazar était pour la première fois accompagné de ses acolytes hawaiiens, au Botanique. Ce soir, le public n’est plus tout jeune. Il plane comme une atmosphère de nostalgie dans la Rotonde. Il est loin le temps où Kurt Cobain plébiscitait Chokebore parmi ses groupes favoris…

Pour assurer la première partie, les organisateurs ont invité Adolina. Choix judicieux et cohérent ! Le line up du band a été remodelé suite au départ de leur drummer. Et le combo mouscronnois monte sur les planches vers 20h. Les morceaux s’enchaînent parfaitement malgré quelques hésitations rapidement oubliées. La puissance est au rendez-vous et le public est prêt à accueillir Chokebore.

Dès leur entrée sur scène, une constatation s’impose : les quatre musicos ont vieilli ! Troy Von Balthazar est le seul à ne pas arborer une toison argentée. Après quelques morceaux rapidement exécutés, tout suspense est définitivement écarté. On apprend ainsi que la setlist ne sera composée que de titres issus des deux premiers albums. Pas vraiment les meilleurs. Tant pis ! M’enfin, après mûre réflexion, leur décision peut sembler logique, car ces elpees viennent d’être réédités. Même si la quintessence de leur répertoire n’est pas abordée, ces opus recèlent quand même quelques perles comme « Lemonade » et « Thin as Clouds » sur « Anything Near Water, le deuxième, et « Anything Near Water », « Never » ainsi que « Van Coy » sur « Motionless », le premier.

Musicalement, rien n’a vraiment changé. Malgré quelques années de plus au compteur, les Américains ont encore de l’énergie à revendre même si tout le long du concert, on avait l’impression que le guitariste était proche de la syncope. Lorsqu’il chante, Troy affiche encore ces mimiques caractéristiques, mais sa voix est toujours aussi impeccable. Suivant le rituel, il exécute son fameux cumulet sur l’estrade qu’il enchaîne par une fougueuse escapade au sein de la foule.

Si le concert était plutôt de bonne facture, il faut avouer qu’il manquait cruellement de  fraîcheur. Déjà que les deux premiers long playings ne sont pas les plus intéressants et encore moins les plus subtils. En outre, si grâce à sa noise-pop, Chokebore a connu ses heures de gloire, aujourd’hui sa musique est un peu datée. Et des morceaux qui se contentent de trois accords finissent automatiquement par lasser. Il n’est donc pas étonnant que certains spectateurs aient quitté la salle à l’heure de jeu. Ce qui n’a pas empêché les inconditionnels d’être aux anges, des aficionados de la première heure dont les étoiles brillaient dans les yeux…

(Organisation Botanique)

 

Simple Minds

Always ‘Alive and Kicking’

Écrit par

Simple Minds, un des groupes les plus emblématiques des années 80, est revenu à Forest National, ce 23 novembre, dans le cadre de son ‘Tour Greatest Hits+’, un périple qui fait suite à la sortie de sa nouvelle compilation « Celebrate », parue en mars, un disque sur lequel figure deux chansons inédites, « Broken Glass Park » et « Blood Diamonds ».

En pratiquant un cocktail de pop de rock et de new wave, ce groupe écossais formé à la fin des années 70 est aujourd’hui à la tête d’une discographie conséquente qui a généré une multitude de disques d’or et de platine. Ce soir ce groupe légendaire nous a gratifiés d’un véritable voyage musical à travers ses trente-cinq ans de parcours, en nous réservant ses meilleurs tubes comme « Alive and Kicking », « Sanctify Yourself », sans oublier « Don't You (Forget About Me) », considéré comme un classique des eighties.

Et cette plongée dans sa carrière artistique a démontré qu’il a profondément influencé la musique contemporaine.

En cet après-midi de novembre, le température est plutôt frisquette. Pas de quoi décourager les fans. Ils attendent dehors depuis quelques heures, afin de se dénicher une place de choix au sein de la salle. Le concert est sold out depuis des mois. Les portes s’ouvrent… Les aficionados se ruent dans l’antre de Forest. La plupart des spectateurs ont la trentaine, voire plus.

Le show commence à l’heure prévue. Jim Kerr et ses acolytes montent sur les planches et attaquent le « Broken Glass Park », avant d’affronter « Waterfront ».

Pour réchauffer la foule, rien de tel qu’« I Travel ». L’onde de choc est provoquée par la rencontre entre les nappes de synthés et la ligne de basse profilée par Charlie, pendant que Jim se démène comme un beau diable pour mettre une ambiance de feu.

Les titres se succèdent. Le public reprend en chœur « Promise you a miracle ». Les claviers épousent parfaitement le tempo. Tout comme sur « Glittering Prize ».

Jim s’accorde quelques instants de répit, lorsque Simple Minds attaque l’instrumental « Theme for great cities ». Faut dire que jusqu’alors, il s’est livré à fond.

« Someone, Somewhere in Summertime » fait vibrer l’auditoire surchauffé. Sa mélodie très sentimentale nous rappelle alors notre adolescence. On en reste bouche bée !

Malgré les années, Jim Kerr maîtrise parfaitement son répertoire. Il parvient encore à entrer en communion avec le public. Par contre, Charlie se montre plus réservé. Quoique charismatique, il préfère se concentrer sur son instrument. Et à la quatre cordes, il est toujours aussi balaise. Quant au drumming de Mel Gaynor, il allie précision et efficacité.

Lorsque le band aborde « Lovesong », le public devient euphorique. Il s’agit d’une des chansons les plus notoires de leur période post-punk. Et une des plus dynamiques accordées au cours du set.

Autre grand moment du spectacle, le tube « Don’t you (forget about me) ». Une ovation phénoménale s’élève de l’auditoire. Les spectateurs sont littéralement survoltés pendant l’interprétation de ce grand classique des Minds que Jim Kerr nous incite à fredonner.

Tout au long du spectacle, Jim prend un plaisir évident à jouer avec son micro. Il le balance, le triture, le cajole, le tourne vers ses fans, pour les inciter à l’accompagner.

En fin de parcours, « New Gold Dream » transforme la salle en une immense discothèque inondée de lumières psychédéliques.

Lors du rappel, les Minds nous livrent une intro instrumentale de « Speed your Love to Me ». A cet instant, c’est Andy Gillespie qui se charge des claviers. Le band embraie alors par « Sanctify Yourself ». La ferveur du public est à son paroxysme. Il chante. Se lève et balance les mains lorsque les musicos se lancent pour le dernier hit de la soirée. Une apothéose ! Démontrant, s'il le fallait encore, qu’ils sont toujours « Alive and Kicking ».

Ce véritable voyage à travers le temps nous a permis de revivre une époque au cours de laquelle le walkman déversait leur musique directement dans notre âme, et permettait de faire le vide autour de nous…

(Organisation Live Nation) 

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Jake Bugg

Un secouriste de premier choix…

Écrit par

L’Aéronef est relativement bien garni, ce vendredi 22 novembre, pour accueillir le kid de Nottingham. De son véritable nom Jake Edwin Kennedy, Jake Bugg vient de sortir son second opus. Intitulé « Shangri-La », il fait suite à un éponyme, publié l’an dernier. Un disque pour lequel il a notamment reçu le concours du drummer de Red Hot Chili Peppers, Chad Smith, mais également de Rick Rubin à la mise en forme. C’est d’ailleurs au sein des studios du célèbre producteur que Jake a enregistré cet elpee. Son titre se réfère d’ailleurs au nom de son studio, sis à Malibu, en Californie.

Mais place tout d’abord à HoneyHoney. Le duo monte discrètement sur l’estrade. Ben Jaffe se charge de la batterie et de la guitare, tandis que Suzanne Santo se réserve les vocaux, alternant banjo, violon ou gratte sur les titres les plus perspicaces et engagés. Malgré sa silhouette de rêve, Suzanne n’a pas une voix exceptionnelle. Elle est même plutôt insipide. Et si le couple nous a proposé un cocktail de Jazz, Country, Soul, Pop, Rock et Prog, je dois avouer ne pas y avoir trouvé mon compte…

Vers 21h30, les lumières s’éteignent et Mister Bugg entre en scène. « There’s A Beast And We All Feed It » ouvre le bal. Pas de doute, la température de la salle va rapidement s’élever. Et pour cause, les applaudissements sont à peine terminés que « Trouble Town » embraie dans le même registre.

Jake Bugg affiche beaucoup de maturité malgré son jeune âge et on ressent très rapidement qu’il est adepte de la perfection. Il maîtrise complètement son sujet et captive très rapidement son auditoire, enchaînant pour troisième morceau, « Seen It All », instant choisi par les aficionados pour dégainer les smartphones. C’est aussi à ce moment que les jeunes filles, venues en nombre ce soir, entrent en hystérie (NDR : bonjour les oreilles !)

La selist du Kid est bien rôdée et équilibrée. Il alterne judicieusement passages acoustiques et solos électriques.

«  Slum Sunrise » est un titre qui me fait penser à Arctic Monkeys. A cause des riffs très recherchés et tellement efficaces ; mais on se rend compte que la voix de Bugg ne colle pas vraiment aux compos trop enlevées.

Heureusement «  Ballad Of Mr Jones » va réconcilier tout le monde. Son timbre si particulier colle bien mieux aux ballades folk, très old school.

Jake va cependant devoir stopper l’interprétation d’une de ses merveilleuses ballades, au beau milieu d’une d’entre elles, suite au malaise vécu par un spectateur. L’artiste est soucieux de son public. Il signale alors instantanément aux services de secours, l’endroit exact de l’incident. Avant de reprendre le cours de sa ballade, dès que la situation est à nouveau sous contrôle.

« What Doesn’t Kill You » achève le concert au cours duquel le Britannique a puisé dans ses deux long playings.

Il va encore nous réserver trois titres lors de son rappel. Tout d’abord « Broken », puis une cover du « Hey Hey, My My (Into the Black) » de Neil Young, avant de définitivement tirer sa révérence sur le très Cash « Lightning Bolt » !

Setlist :

There’s a Beast and We All Feed It, Trouble Town, Seen It All, Simple as This, Storm Passes Away, Two Fingers, Messed Up Kids, Ballad of Mr Jones, Country Song, Pine Trees, Song About Love, Slide, Green Man, Kingpin, Taste It, Slumville Sunrise, What Doesn’t Kill You

Encore : Broken, Hey Hey, My My ( Into the black ) ( Neil Young cover ), Lightning Bolt

(Voir la section photos ici)

 

 

Page 77 sur 133