Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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The Cure
Concerts

Sebastien Tellier

A prendre au second degré

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Assister à un concert de Sébastien Tellier, c’est pénétrer dans un univers singulier. Faut dire que sa sélection à l’Eurovision (où il y représentait la France), ses multiples participations à divers talk shows pour la télévision on française, sa contribution au fil ‘Steak’ de son ami Quentin Dupireux (Mr. Oizo) ainsi que son look de Sébastien Chabal rock n’roll, ont de quoi aiguiser la curiosité. Pourtant, d’un point de vue strictement musical, je ne connais vraiment que son imparable tube « Divine ».

Impossible de vous décrire le concert de Housse de Racket qui se produisait en première partie. J’avoue avoir volontairement boudé le groupe. Un boycott justifié par la qualité de leur album : le pire achat musical effectué depuis des années. Ces jeunes Parisiens constituent, à mon humble avis, la plus grande imposture du XXIème siècle. Leur humour à deux balles et la caution de Bertrand Burgalat pour le duo ne sont pas suffisants pour masquer leur médiocrité.

Vers 21h, Sébastien Tellier monte sur les planches. Sa classe semble naturelle ; mais elle est surtout travaillée : veste de costume pailletée, lunettes de soleil et bouteille de vin blanc (NDR : elle sera vide à la fin du concert). Les premières chansons son convaincantes : « Roche », « Sexual Sportswear » ou « Kilometer ». Issus de son dernier opus, ces titres passent parfaitement bien la rampe de la scène. « Divine » chauffe le public et la cover de Daft Punk permet à l’ambiance de monter encore d’un cran (NDR : cette reprise n’est pas anodine, car son dernier elpee est produit par Guy-Manuel de Homen-Christo, des vétérans de la scène électro française). Le clou du show sera planté en fin de parcours, lors du magnifique « L’amour et la violence », caractérisé par son refrain imparable ! Il achève ce mini hymne en se couchant ‘sensuellement’ sur son piano (le second degré est permanent chez l’artiste hexagonal).

Si la musique est bonne, le principal charme d’un concert de Sébastien Tellier, c’est Tellier lui-même… Le chanteur assure constamment le spectacle et n’hésite jamais à faire le clown. Toujours drôle, il va quand même parfois très loin dans ses délires. Imitations, private jokes, anglais approximatif ou improvisations ridicules, Tellier cultive un certain sens de l’absurdité. Mais ce détachement communique à sa musique d’autant plus de force. Assumant à merveille son côté Gainsbourg, ses interventions enthousiasment le public. Un bien chic type ce Tellier. Et très décontracté. Bien loin de la hype provoquée par son exhibition à l’Eurovision ! Il ne se prend pas au sérieux, c’est une certitude ; et son contact naturel avec les spectateurs apporte une dimension supplémentaire à l’ensemble. Quel artiste pourrait en effet quitter le podium, une cigarette consumée dans le nez, sans avoir l’air totalement grotesque ?

Organisation AB

Coldplay

Le reflet d'un bonheur fugace, mais intense...

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Il y avait longtemps que je n'avais plus vu autant de monde à Forest National. Si mes souvenirs sont exacts, c'était lors d'un concert de Depeche Mode. En 1997. Celui des britanniques Coldplay était bien évidemment sold out. Même le poulailler était plus que copieusement garni. Malheureusement, je n'ai pu assister qu'à la fin du set accordé par le supporting act, en l'occurrence Idlewild. Un retard provoqué par les travaux, les embouteillages et le temps nécessaire pour trouver une place de parking...

Mais venons-en à Coldplay. Première constatation, le light show est tout bonnement remarquable. Plusieurs écrans restituent, tant au dessus que derrière le groupe, les prestations individuelles des musiciens. Tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. A l'instar de ce que U2 avait utilisé lors de son 'Elevation tour'. Sans oublier les stroboscopes et les lasers. Lors du rappel, un de ceux-ci va même projeter un ciel jaune virtuel, où les nuages circulent, juste au-dessus du public. Magique !

Ah oui, et le concert alors ? Somptueux, tout simplement ! Pourtant, après quelques morceaux, j'ai eu un peu peur, que la formation se contente de reproduire méthodiquement les plages de ses deux albums. Un peu comme le groupe l'avait fait lors de son dernier passage à l'AB. Une impression qui a duré 20 bonnes minutes. Et puis Coldplay s'est totalement libéré. Alternant chansons issues de ses deux opus, Chris Martin passe du piano à la guitare sèche ou électrique, comme si c'était déjà un vieux briscard. Assis derrière les ivoires, il ne tient pas en place. Debout, il saute d'un côté à l'autre de la scène. Aussi lorsque l'intensité électrique jaillit, c'est toute l'assistance qui s'enflamme. Et je pense tout particulièrement à cette interprétation flamboyante de « One I Love », issue du single « In my place », qui m'a rappelé les meilleurs moments de House Of Love. Faut dire que Jon Buckland, le guitariste, y met la gomme. Chris s'excuse de ne pas trop bien parler dans la langue de Molière. Mais il le fait avec une telle candeur, qu'on en tombe sous le charme. Sa voix est bourrée de feeling et correspond parfaitement au profil romantique de ses chansons. Mais, il a pris de la bouteille et tourne le micro vers le public pour le laisser reprendre en chœur ses plus belles mélodies. Des moments d'émotion indescriptibles pour les aficionados. Et n'oublions pas pour autant le travail de Guy Berryman à la basse et de Will Champion aux drums, une redoutable section rythmique décidée à ne laisser déraper le concert que si elle le contrôle. Une bonne heure trente-cinq plus tard, y compris le rappel, on pouvait lire sur le visage des spectateurs le reflet d'un bonheur fugace, mais intense. Comme quoi le rock ça peut rendre encore heureux.

Après un tel set, je me suis juste posé une question : celle de savoir si le groupe avait encore l'intention de grandir et risquer de perdre sa spontanéité juvénile, ou alors de conserver sa dimension humaine. Je n'ai pas la réponse, mais j'ai toujours en mémoire des (mauvais) exemples de groupes, qui au sommet de leur art, ont oublié qu'il fallait aussi se renouveler. Pensez à Simple Minds. Et même à Radiohead, qui à une certaine époque, a failli tomber dans le piège. Croisons les doigts pour que l'histoire ne soit pas un éternel recommencement.

 

Add N To (X)

Un seul être vous manque...

Add N To (X) en concert, c’est une orgie de sons vintage, au croisement de l’avant-garde électronique et du rock le plus garage. Leur nouvel album, « Loud Like Nature », sonne d’ailleurs comme du Stooges kraftwerkien : des guitares, des refrains, des mélodies, mais passés à la moulinette d’une électro « rétro-futuriste ». entendez par là une électro faite avec de vieux synthés trouvés aux puces, des machines ancestrales truffées de boutons de toutes les couleurs, qui font « wizzz » et « tuuut » quand on les tourne dans tous les sens.

En concert, le trio est accompagné d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. De quoi donner davantage de punch et d’envergure à leurs ritournelles sexy. Malheureusement, cette fois-ci, leur prestation ne fut pas à la hauteur de nos attentes. Sans doute était-ce dû à l’absence de la charmante Ann Shenton, dont la vigoureuse poigne (comme elle triture ces synthés !) donne d’habitude une couleur « sensuelle » aux délires bruitistes de Steve Claydon et Barry 7, ses deux comparses particulièrement frappés du ciboulot. Add N To (X) sans les déhanchements fantasques d’Ann Shenton (cette main baladeuse qui caresse le theremin !), c’est un peu comme Boss Hog sans Christina, Nashville Pussy sans sa bassiste, Mazzy Star sans Hope Sandoval : triste et sans saveur. D’autant plus qu’en son absence, ces deux compères n’auront pas hésité à pousser le volume à fond et à gueuler comme la créature de Frankestein, entraînant l’exaspération du public et, par là, son indifférence. Au programme : que des titres du nouvel album, à part ce « Metal Fingers In My Body » toujours aussi bandant. Un peu court, comme orgasme… Surtout sans les clins d’œil aguicheurs d’Ann déguisée en cow-girl de la Planète Mars. « Plug Me In », qu’elle disait. Pfff.

Sioen

Un talent en herbe à l'état pur...

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La Maison de la Culture de Tournai était pleine comme un œuf pour accueillir le spectacle qu'An Pierlé avait dû reporter trois semaines plus tôt, pour cause de vilaine bronchite. En première partie, le tout jeune Sioen, flanqué pour la circonstance du violoniste Renaud Ghilbert, a laissé une belle impression. Sioen est Gantois, joue du piano et chante dans la langue de Shakespeare. Il a fréquenté le conservatoire, au cours de sa tendre enfance. Cela s'entend. Mais ce bagage classique, il le met au service de chansons délibérément pop. Des chansons pop, qu'il chante d'un timbre un peu rocailleux, proche d'un Stef Kamil Carlens (ex dEus, Zita Swoon). Par contre, sa manière de plaquer ses accords de piano en les couplant avec ses inflexions vocales me font penser à Peter Hammil. Une technique qu'il utilise régulièrement. Sioen injecte énormément de sensibilité dans ses chansons, des chansons contagieuses, nonobstant un style austère et des compositions qui tirent parfois en longueur. Pourtant, a contrario de son premier album, il est ici accompagné d'un violoniste. Beaucoup trop discret à mon goût, il ne s'est véritablement libéré que lors de l'avant dernier titre du set. Et ce qui me semblait latent a alors éclaté au grand jour : Renaud Ghilbert a eu une formation jazz et est un fervent admirateur de Django Reinhardt. Mais pourquoi a-t-il attendu si longtemps pour exprimer tout art ? La réponse est simple: un plâtre à l'avant-bras handicapait ses mouvements. Ce qui n'a pas empêché le duo de décrocher un rappel. Pour conclure, s'il est indéniable que Sioen est un talent en herbe à l'état pur, il aurait tout intérêt à s'entourer d'un véritable groupe (NDR : et pourquoi pas un quatuor à cordes ?), pour rendre sa solution sonore plus fluide, plus accessible. Et en particulier sur les planches. Ce qui n'enlève rien, je le répète, à ses mérites…

An Pierlé monte sur les planches, seule, et s'assied derrière son piano sur une grande balle de plastique transparent, siège sur lequel elle rebondit comme un enfant sur un fauteuil moelleux. Très souriante, elle ouvre un thermos pour remplir un grand bol de tisane fumante (NDR : serait-ce une potion de Merlin ?) et en avale une bonne rasade. Un geste qu'elle va reproduire régulièrement, au cours de la soirée Elle s'excuse tout d'abord de n'avoir pu jouer trois semaines plus tôt, dans la même salle, suite à ses problèmes de santé. Elle parle tantôt en néerlandais, tantôt en français, souvent en mélangent les deux, parfois même en Allemand. Une véritable polyglotte, puisqu'elle chante en anglais. Mais surtout, elle fait preuve de beaucoup d'humour. Pourtant, il plane un certain mystère sur ses chansons, un peu comme si on entrait dans un conte de fées. Elle entame son set par " Mud flow ". Limitée à la voix et au piano, cette composition est extraite de son premier album. Et An y montre déjà toute l'étendue de son registre vocal. Qui définitivement me fait penser à celui de Kristin Hersh. Et c'est un compliment ! Passé cette entrée en matière, An fait entrer ses musiciens. Un drummer (Diederick De Kock), un violoncelliste/bassiste (Klaas Delvaux) et son ami et guitariste, Koen Gysen. Et les chansons tantôt romantiques, tantôt terribles, commencent à défiler. Passant de la pop au rock, de la ballade à la musique de chambre, avec une facilité déconcertante. Et pour point d'orgue, " Nobody's fault ", qu'elle chante en duo avec Koen. Bouleversant ! Soudain, An sort de sa réserve et empoigne un accordéon, le temps d'un morceau très enlevé. Puis retourne derrière son piano pour entamer un pot pourri classique totalement désopilant. Elle a beaucoup de charisme et fait reprendre en chœur les " Wouh ! wouh ! " de son " Sing song sally ". A l'issue de cette interprétation, ce même public en remettait encore une couche. Et pour clore le spectacle, la formation s'est lancée dans un morceau de noisy rock, le guitariste puisant joyeusement dans le feedback. Deux rappels, et le public était totalement conquis par sa prestation. Pour preuve, les nombreux albums qu'elle est parvenue à vendre, à l'issue du spectacle, jusque tard dans la nuit. An Pierlé participera aux prochains festivals d'été. Ne la manquez sous aucun prétexte !

 

An Pierlé

Un conte de fées...

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La Maison de la Culture de Tournai était pleine comme un œuf pour accueillir le spectacle qu'An Pierlé avait dû reporter trois semaines plus tôt, pour cause de vilaine bronchite. En première partie, le tout jeune Sioen, flanqué pour la circonstance du violoniste Renaud Ghilbert, a laissé une belle impression. Sioen est Gantois, joue du piano et chante dans la langue de Shakespeare. Il a fréquenté le conservatoire, au cours de sa tendre enfance. Cela s'entend. Mais ce bagage classique, il le met au service de chansons délibérément pop. Des chansons pop, qu'il chante d'un timbre un peu rocailleux, proche d'un Stef Kamil Carlens (ex dEus, Zita Swoon). Par contre, sa manière de plaquer ses accords de piano en les couplant avec ses inflexions vocales me font penser à Peter Hammil. Une technique qu'il utilise régulièrement. Sioen injecte énormément de sensibilité dans ses chansons, des chansons contagieuses, nonobstant un style austère et des compositions qui tirent parfois en longueur. Pourtant, a contrario de son premier album, il est ici accompagné d'un violoniste. Beaucoup trop discret à mon goût, il ne s'est véritablement libéré que lors de l'avant dernier titre du set. Et ce qui me semblait latent a alors éclaté au grand jour : Renaud Ghilbert a eu une formation jazz et est un fervent admirateur de Django Reinhardt. Mais pourquoi a-t-il attendu si longtemps pour exprimer tout art ? La réponse est simple: un plâtre à l'avant-bras handicapait ses mouvements. Ce qui n'a pas empêché le duo de décrocher un rappel. Pour conclure, s'il est indéniable que Sioen est un talent en herbe à l'état pur, il aurait tout intérêt à s'entourer d'un véritable groupe (NDR : et pourquoi pas un quatuor à cordes ?), pour rendre sa solution sonore plus fluide, plus accessible. Et en particulier sur les planches. Ce qui n'enlève rien, je le répète, à ses mérites…

An Pierlé monte sur les planches, seule, et s'assied derrière son piano sur une grande balle de plastique transparent, siège sur lequel elle rebondit comme un enfant sur un fauteuil moelleux. Très souriante, elle ouvre un thermos pour remplir un grand bol de tisane fumante (NDR : serait-ce une potion de Merlin ?) et en avale une bonne rasade. Un geste qu'elle va reproduire régulièrement, au cours de la soirée Elle s'excuse tout d'abord de n'avoir pu jouer trois semaines plus tôt, dans la même salle, suite à ses problèmes de santé. Elle parle tantôt en néerlandais, tantôt en français, souvent en mélangent les deux, parfois même en Allemand. Une véritable polyglotte, puisqu'elle chante en anglais. Mais surtout, elle fait preuve de beaucoup d'humour. Pourtant, il plane un certain mystère sur ses chansons, un peu comme si on entrait dans un conte de fées. Elle entame son set par " Mud flow ". Limitée à la voix et au piano, cette composition est extraite de son premier album. Et An y montre déjà toute l'étendue de son registre vocal. Qui définitivement me fait penser à celui de Kristin Hersh. Et c'est un compliment ! Passé cette entrée en matière, An fait entrer ses musiciens. Un drummer (Diederick De Kock), un violoncelliste/bassiste (Klaas Delvaux) et son ami et guitariste, Koen Gysen. Et les chansons tantôt romantiques, tantôt terribles, commencent à défiler. Passant de la pop au rock, de la ballade à la musique de chambre, avec une facilité déconcertante. Et pour point d'orgue, " Nobody's fault ", qu'elle chante en duo avec Koen. Bouleversant ! Soudain, An sort de sa réserve et empoigne un accordéon, le temps d'un morceau très enlevé. Puis retourne derrière son piano pour entamer un pot pourri classique totalement désopilant. Elle a beaucoup de charisme et fait reprendre en chœur les " Wouh ! wouh ! " de son " Sing song sally ". A l'issue de cette interprétation, ce même public en remettait encore une couche. Et pour clore le spectacle, la formation s'est lancée dans un morceau de noisy rock, le guitariste puisant joyeusement dans le feedback. Deux rappels, et le public était totalement conquis par sa prestation. Pour preuve, les nombreux albums qu'elle est parvenue à vendre, à l'issue du spectacle, jusque tard dans la nuit. An Pierlé participera aux prochains festivals d'été. Ne la manquez sous aucun prétexte !

 

Aston Villa

Une pêche d'enfer...

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C'est face à un large contingent de fans que Yel s'est produit sur les planches du Bota, en première partie d'Aston Villa. Faut croire qu'ils avaient organisé le voyage en car… Curieusement en interprétant ses premières chansons, Jean-Christophe Van Achter épouse les inflexions de Fred Franchitti. Le groupe avait-t-il assisté au soundcheck d'Aston Villa ? Le mystère reste entier. Mais c'est plus que vraissemblable… Ce qui n'a pas empêché le quatuor de dispenser un set de bonne facture et d'aligner les « Nos cœurs à genoux », « Nouvelle vague » et consorts, sans oublier de réserver l'une ou l'autre composition au format acoustique. Le moment le plus fort de leur prestation restera cependant « Comme un seul homme », lorsque Jean-Christophe fit allusion à Bush, en regrettant que parfois les décisions soient parfois prises seulement par un seul homme. Lors du rappel, Yel a délivré une nouvelle chanson, au cours de laquelle le chanteur y a démontré un certain talent à l'harmonica. En quittant la scène, le groupe a également annoncé qu'il entrait bientôt en studio pour enregistrer un nouvel album…

La dernière fois que j'avais assisté à un concert d'Aston Villa, c'était (NDR : si mes souvenirs sont exacts), en 1999. A Lille. Au Splendid. Pour un spectacle de bonne facture, sans plus. Depuis, le groupe a sorti un 'live' acoustique et surtout l'an dernier « Strange », qui figure parmi mes albums de l'année. Je voulais donc un peu voir, dans quelle mesure, ils avaient également progressé sur les planches. Première constatation, il y a eu du changement au sein du line up. Les frères Nico et Doc Muller (guitariste et drummer) ont été remplacés respectivement par Franck Pilant (NDR : il avait déjà participé à l'enregistrement des deux premiers elpees du groupe) et l'ex Ben's Symphonic Orchestra, Gregory Baudier. Ne reste donc plus du line up original que Fred, le chanteur, et Djib le bassiste. Tout ce remue ménage aurait pu laisser croire au pire. Et bien non ! Aston Villa nous a délivré un set absolument épatant. Ils avaient une pêche d'enfer. Faut dire que la présence de deux drummers y est aussi pour quelque chose, même si le second (NDR : Eduardo Tomassi qui accompagne régulièrement la formation en tournée) se concentre davantage sur les percus, avec une dextérité pas possible. Fred est en plein forme. Son regard vous transperce. Il bondit d'un côté à l'autre de la scène. Ne s'arrêtant que pour jouer de son clavier adapté. Oui, ceux qui n'ont jamais vu Aston Villa l'ignorent : il manque l'avant bras gauche à Fred. Il ne s'en formalise pas. Et avant de gratter un peu de guitare lors de sa cover d'« All apologies » de Nirvana, il promet que la prochaine fois, il le laissera repousser. Et finalement, lorsqu'il tournoie sur scène, sa manche de chemise virevolte un peu dans tous les sens, avec une certaine élégance. Et puis si ses chansons sont truffées de jeux de mots, ce n'est jamais gratuitement. « L'âge d'or », « Les codes » et « Le chien », sont autant de messages et d'attitudes qui raillent les mécanismes de notre société de consommation. Une attitude fort proche de celle de Noir Désir. Une comparaison renforcée par la puissance du set. A ce sujet, vous pouvez me croire : les riffs de guitare étaient cinglants ; et lorsqu'ils bavardaient avec la ligne de basse, on retrouvait presque une structure en crescendo digne de dEus. Ce qui n'a pas empêché le public de partager de formidables moments hymniques. Et en particulier à l'issue de « Peu importe » ; parce que le groupe dût se résoudre à improviser pour embrayer sur le refrain entonné par une partie du public. Génial ! Pour souffler un peu, Aston Villa nous quand même réservé l'une ou l'autre chanson un peu plus acoustique et même permis au bassiste (NDR : de son baryton profond, il prétend même faire craquer toutes les filles…) d'en interpréter une plus badine. J'avais même failli l'oublier. Et lors du rappel, on a eu droit à un « J'en rêve » de rêve. Le groupe semblait même surpris de l'ovation que lui a accordée le public. Vibrant ! Et le mot est faible. Manquait plus qu'ils reprennent le « J'aime regarder les filles » de Coutin et c'était la folie… Une grande claque !

Elvis’ Ghettoblaster

Gros son crade et rampant au service d'un rock burné et cocasse...

Pour ceux qui aiment le rock'n'roll, celui qui sent les aisselles et le sexe, mêlé à l'odeur âcre du whisky, le Botanique avait encore une fois tout prévu. D'abord avec Elvis Ghettoblaster, un groupe de jeunes Bruxellois à la carrière déjà chaotique : un album éponyme sorti sur Magnet, des concerts furibards dans les pires bouges de Wallonie (du cercle sciences-éco de l'ULB au Cabaret Voltaire de Huy), et surtout ce gros son, crade et rampant, prêt à vous bondir dessus tel un lion en cage affamé après des années de vaches maigres. Parce que ça fait plus de cinq ans que ça dure, Elvis Ghettoblaster a donc décidé de mettre, en 2003, les bouchées doubles : avec quelques nouveaux morceaux déjà rodés sur scène et cet album sympathique enfin dans les bacs, ils seraient prêts à en découdre. Et montrer de quel bois ils se chauffent. Ca commence fort avec quelques morceaux rock bien trempés dans le blues le plus coriace, tendance Screamin' Jay Hawkins. Le chanteur, un peu timide devant cette assemblée " à qui on ne la fait pas ", hésite entre le cirque façon JSBX et les poses concentrées, tête baissée sur ce micro qu'il tient avec dédain, pendant que derrière, des images stroboscopiques défilent à un rythme effréné. Romero, Herzog, Bill Viola, Berkeley, Antonioni, Twin Peaks : apparemment, le gars qui a fait ce montage vidéo s'y connaît en cinéma bis. On y voit aussi le zizi du chanteur, et même des gros nichons (Russ Meyer), comme un hommage badin à l'univers grossièrement hormonal du type qui leur succède, le Rémi Bricka du rock'n'roll branque, Bob Log III. Dommage qu'à la moitié de leur concert habité, la sauce soit un peu retombée : plus du tout sur la même longueur d'onde, les quatre zozos (secondés par Fabrice Detry, leader d'Austin Lace) ont alors perdu de leur puissance de feu, emmêlant leurs guitares et leurs voix dans un capharnaüm dilaté. Du tricotage très vite oublié dès le retour, sur la fin, d'un rock burné et cocasse (entre les Butthole Surfers! et Pavement), avec même de l'harmonica et des samples en renfort. Un groupe à suivre ! En concert aux Fêtes de la Musique de Woluwé le 22 juin, au parc George Henri.

On ne présente plus Bob Log III, ce bluesman de bazar au costume ridicule, qui chante des inepties cachées sous un casque d'aviateur, en tapant sur une grosse caisse d'un pied lourd et mécanique. On ne vous parlera pas de ses chansons, puisqu'elles se ressemblent toutes. De toute manière, on n'a pas les albums… Bob Log, c'est un peu comme une attraction foraine : on achète un ticket pour rire, mais pas l'abonnement annuel. C'est drôle une fois, et encore… Alors, pensez donc, l'écouter à la maison… Il paraît que Tom Waits adore. Et que l'hurluberlu est " big in Japan ". Pas étonnant quand on sait le goût nippon pour les crétineries binaires, genre Guitar Wolf et Zeni Geva. Comme annoncé au premier paragraphe, le " one man band " le plus lourdingue de la planète ne pense qu'aux nichons : il estime par exemple qu'une chanson sonne mieux si elle est accompagnée d'un " battement mammaire ", le fameux " tits clapping " (" It is much nicer and softer sound than a hand clap ". Et d'ajouter, goguenard : " But Please, do not imagine the sound of a man's balls clapping together ! This is not a good sound ! "). Evidemment, tradition oblige, il n'oubliera pas de faire monter deux filles sur scène pour son fameux " I want your shit on my leg ", pelotage en règle d'une double paire de fesses consentantes et hilares. Bob Log III nous aura bien fait rire ! Au moins cinq minutes. Quand il insiste encore pour qu'une demoiselle vienne tremper ses seins dans son whisky (le " Boob Scotch "), on trouve ça juste con. D'ailleurs, ce sera peine perdue : on n'est pas au Japon. Et d'abord comment fait-il avec les Japonaises, pas vraiment réputées pour avoir de grosses poitrines ? Blaireau, va…

 

The BellRays

Une voix d'exception...

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel (NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEUS dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence ainsi que la fulgurance de leur musique mêlée à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

 

 

Millionaire

Millionaire a mis le public dans sa poche!

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel (NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEUS dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence ainis que la fulgurance de leur musique mêlées à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

 

 

 

 

The Faint

Leur horloge s'est arrêtée il y a vingt ans...

Aaargh, la cold-wave est de retour ! The Faint n'a plus écouté de musique depuis 1982, à l'époque ou Human League et Front 242 faisaient un tabac dans les clubs de Mouscron et de Detroit. De l'EBM qu'ils appelaient même ça ! Les saligauds, v'là-t-y pas qu'ils nous refont le coup comme en 40, avec les combat shoes et les tenues en treillis ! Ce beat ! Ces poses ! Cette voix ! Mais que diable, serions-nous au Steeple Chase de Waregem à danser sur Wumpscut, en balayant le sol de nos cheveux longs corbeau, les poings fermés se balançant d'avant en arrière ? The Faint ? Chouette alors, on se sent rajeunir, et pour ceux qui n'était pas nés, voilà une belle entrée en matière dans le fabuleux monde des années 80 ! Elektroklash meets Billy Idol, pour qu'ils comprennent mieux. Ah ouaiiis ! The Faint : le groupe qu'on aimerait ne pas aimer. « Danse Macabre » (NDR : ce titre !) est en vente chez tous les bons disquaires).

Radio 4 : on en a déjà parlé. Le punk funk, cette tendance rétro qui replonge dans le début des années 80, à l'époque ou Gang Of Four, A Certain Ratio et co. faisaient danser l'undergound avec leur mix de rock abrasif et de grosses basses frétillantes. Mais le public serait-il venu pour The Faint et son EBM figé dans le temps ? A voir l'ambiance (nulle) et les gens qui dansaient (personne), on se dit que Radio 4 s'est trompé de salle. Pourtant, leur « Gotham ! » est une pure merveille de rock dansant, produit par un duo de choc composé de Murphy et de Goldsworthy, alias DFA. Liars, The Rapture, c'est aussi eux. Bon, patience : un « Dance To The Underground » devrait embraser la salle en un quart de tour. Raté : « On se croirait presque à New York », ironise Anthony Roman, le chanteur-bassiste. Un petit rappel pour être polis (avec deux chansons de leur premier album, « The New Song And Dance » et le fameux « Certain Tragedy »), et puis Radio 4 met les voiles. Triste… Que dire de plus ?