La première ébauche de Beguiling Junior

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Twin Temple, amants maudits ?

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Gang Of Four

Un public en effervescence…

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Du line up initial de Gang of Four, il ne reste plus qu’Andy Gill, le guitariste. Le chanteur, Jon King, semble avoir définitivement quitté le groupe, il y a maintenant deux ans. Andy aura 59 balais le 1er janvier 2015 et il est aujourd’hui entouré par trois jeunes aux dents longues. Soit John ‘Gaoler’ Sterry au micro, Thomas McNeice (NDR : dont la chevelure est tissée dans de longues dreadlocks) à la basse et le drummer Mark Heaney. Fondé à Leeds en 1977, Gang of Four est considérée comme un quatuor mythique. Il s’était séparé en 1984 avant de refaire surface 20 ans plus tard. En fait, il s’était alors rendu compte de l’influence que son post punk exerçait alors sur des combos comme Franz Ferdinand, Bloc Party, Radio 4 ou encore Rapture ; et avait fini par conclure que le produit original était tout aussi valable que celui dispensé par ses élèves. Des formations comme Red Hot Chili Peppers, U2, Fugazi et Minutemen le reconnaissent même comme une de leurs références majeures. Leurs guitaristes surtout. Paru en 1981, « Solid gold » est considéré comme un album culte. Enfin, il faut aussi rappeler que Gang of Four (NDR : la Bande des 4) a toujours véhiculé des textes sociopolitiques engagés, critiquant même ouvertement ses contemporains pour la futilité de leurs lyrics. Le gang insulaire se produisait donc ce mercredi 17 décembre au Club de l’Aéronef. Compte-rendu.

Shopping assure le supporting act. Non, non, il ne s’agit pas d’un ‘boys band’ pour les filles (NDR : qui a dit macho ?), mais un trio londonien qui pratique du post punk funk. La chanteuse/guitariste ressemble à Bruce Ellison, le leader de PPZ 30. Enfin quand il était plus jeune et en plus petit. La peau métissée, elle a les cheveux en bataille dressés au-dessus de la tête. Elle s'appelle Rachel ; et franchement, je n'avais pas remarqué (NDR: merci Ludo!), même après avoir taillé une bavette avec elle, à l'issue de la soirée, que c'était une fille (NDR: je vais devoir me méfier des travesti(e)s...) Elle est soutenue par une section rythmique. Soit un drummer et un bassiste. Il s'appelle Billy. Mais c'est aussi une fille ! Qu’on appelle dans un certain jargon, un garçon manqué (NDR : qui a encore crié macho ?) Et il a fallu trois morceaux pour m'en rendre compte... Le band a publié un premier elpee en juin 2013, « In other words ». Et leur musique quoique plutôt aride n’est pas mal ficelée du tout. A suivre de très près et même à revoir ; mais plus juste avant la Noël ou le Nouvel An…

Gang of Four monte sur scène vers 21h30. Et attaque directement par un titre de son tout premier elpee, paru en 1979, « Return the gift ». La setlist va essentiellement se concentrer sur la discographie pré-1995. Et tout particulièrement les classiques. Seuls trois compos de la seconde vie de GOF seront interprétés, soit « Do as I say », de l’album « Content », publié en 2011, et deux plages (*) du nouvel opus, paru en mars 2014 : « Broken talk » (NDR: en studio Alison Mosshart y apporte sa contribution) et « Isle of dogs ». Le son est impeccable et rapidement le public se met à danser. Le set est particulièrement dynamique. Offensif, même. Andy brandit sa gratte comme une arme, alors que Thomas renverse régulièrement les pieds de micros. Si bien que tout un long du show, un roadie va passer son temps à tout remettre d’aplomb. Pas de véritable chorégraphie. Seul le vocaliste s’autorise un peu de show, en se servant alternativement, des trois microphones, étalés en front d’estrade. Quand ils ne sont pas par terre. Ou encore en grimpant sur le petit podium réservé au drummer. Et quand il ne chante pas, il se désaltère. Il boit de l’eau. Par petites gorgées. Dans une petite bouteille d’eau. Sa voix passe pourtant bien la rampe. Angulaires, les sonorités de gratte dispensées par Gill grincent, crépitent, déchirent et régulièrement, il vient les parachever en feedback, devant son ampli ; mais paradoxalement, ses interventions ne sont jamais envahissantes. On a même parfois l’impression qu’elles évoluent un ton légèrement en dessous de l’ensemble. Car manifestement, le groove émane essentiellement de la section rythmique. Les martèlements de drums syncopés et la ligne de basse caoutchouteuse se conjuguent à merveille. Pendant « To hell with poverty » la foule reprend les ‘Ouh, ouh ouh, aah !’ en chœur, avant de repartir dans ses mouvements de danse. Une effervescence qui va durer jusqu’à la fin du set.

Un rappel ? Deux titres. Et puis la nouvelle bande des quatre tire sa révérence. On n’a pas vu le temps passer. Preuve que le concert était excellent.

Setlist

Return the Gift
Not great men
I parade myself
Paralysed
What we all want
Anthrax
He’d send in the army
Isle of dogs*
To hell with poverty
Do as I say (2011)
I love a man in a uniform
Broken Talk *

Rappel

At home he’s a Tourist
Damage Goods

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band

La boucle est-elle bouclée ?

Écrit par

Ce lundi 15 décembre, les couloirs de l'Ancienne Belgique sont fréquentés soit par des passionnés de Bluegrass ou des fans du film « The Broken Circle Breakdown » (également intitulé « Alabama Monroe ») de Félix Van Groningen, paru il y a déjà deux ans. Un long métrage qui avait décroché le César du meilleur film étranger. La formation s’était déjà produite il y a plusieurs mois dans la même salle, et y repassait donc pour plusieurs dates, dont trois sont sold out. Et de nouveau, la troupe est venue nous interpréter une B.O. addictive écrite par Bjorn Eriksson (du duo Eriksson/Delcroix), le moustachu au chapeau de cow-boy caché dans l'ombre des deux acteurs/chanteurs Veerle Baetens et Johan Heldenbergh.

Le moins que l'on puisse dire c'est que la frénésie autour de ce phénomène ne s'est pas estompée. La foule, un mix entre des vieux de la vieille, fans de Johnny Cash ou de Bill Monroe (fondateur du bluegrass), et des jeunes disciples du style, est excitée ; et dès que les sept musicos montent sur l’estrade, soit vers 20h45, les applaudissements et les cris fusent. Dès les premières notes de « Will The Circle Be Unbroken », le public est conquis. Il faut dire que le jeu de scène est particulièrement sympathique. Tous réunis autour d'un micro d'ambiance, chacun à leur tour, les musiciens y vont de leur solo. Ainsi, la mandoline, le banjo, la contrebasse et tous les instruments inhérents au bluegrass se succèdent. Les nombreuses groupies présentes de la salle chantent à tue-tête les titres phares de la BO. Et pour compléter la setlist, le groupe reprend des classiques du country/folk américain comme « I Think Twice, It's Alright » de Bob Dylan ou le superbe « Go to Sleep Little Babe », chanté a cappella.

L'ambiance est enfiévrée. Les deux chanteurs, Veerle Baetens et Johan Heldenbergh, outre leur talent à maîtriser leur organe, sont de fameux entertainers. Avant de se lancer dans la musique, Johan Heldenbergh a certainement dû exceller dans l'art de l'impro. Entre chaque morceau, il se lance dans des monologues interminables qui font mouche  à chaque reprise. Aussi, quand le concert est terminé, on se rend seulement compte qu’il a duré plus de 2h.

Un spectacle parfait au cours duquel les références au film ont été nombreuses. Mais, hormis, les chansons issues de la BO, seules des reprises ont été jouées et donc... rien de neuf à l’horizon. Aussi, plusieurs questions me taraudent l’esprit. Quel sera le futur de The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band ? L’écriture de nouveaux titres est-elle envisageable ? Et dans la foulée, l’organisation d’une nouvelle tournée ? Ou alors la boucle est-elle bouclée ?

(Organisation AB)

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Jambinai

Un des meilleurs concerts de l’année…

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Ce 14 décembre, la Rotonde accueille un groupe qui nous vient du Pays du Matin Calme. De la Corée du Sud, si vous préférez. Un événement, car les Européens connaissent très mal la scène asiatique, sauf peut-être japonaise. En outre, cette République exporte très peu ses artistes. La salle est à moitié vide. Ou pleine si vous préférez. Et pourtant, Jambinai va nous accorder un remarquable concert. Et jamais je n’imaginais que j’allais assister l’un des meilleurs de cette cuvée 2014… 

Le line up de Jambinai réunit deux filles qui se consacrent à des instruments traditionnels coréens et asiatiques ainsi qu’un guitariste (NDR : talentueux, je vous le précise) ; un trio rejoint après les trois premiers morceaux par Myounghoon Ryu, le drummer, et Dokyo 13, dont la basse compte 5 cordes. Les bios annoncent un des groupes les plus novateurs de la scène sud-coréenne, parce qu’il est parvenu à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, tradition et modernité. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk, d’électro et de tradition indigène. A ce jour, la formation n’a gravé qu’un seul elpee, « Différance » ; et la sortie d’un nouvel Ep est prévue pour 2015.

Tous les musicos sont assis, et derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), Eun Young Sim l’est en mode jogi. Elle pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Elle s’installe à droite sur une petite estrade. Elle joue également du xylophone. Celle de gauche, Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Grâce à son timbre mélodieux, le haegeum sert non seulement à accompagner la musique vocale et instrumentale, mais aussi à se produire en solo à partir du XXe siècle. Depuis cette époque, l'art d'interprétation soliste de l'haegeum s'est développé rapidement, les techniques d'interprétation et la composition musicale se sont enrichies tout comme la construction de l'instrument s'est améliorée. Le point central est certainement le guitariste Ilwoo Lee qui joue également du piri (flûte en bambou), du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Ilwoo est le seul artiste à s’exprimer dans la langue de Voltaire. Il nous confesse avoir entamé sa tournée en mai dernier, au club de l'AB, et la terminer devant nous. Très souvent, lors de l’ultime date d’une tournée, les artistes se lâchent et donnent tout au public présent. Ce sera bien le cas ce soir.

Les trois premières chansons sont assez déroutantes. Ambient, même. Et elles vous nous plonger, pendant un bon quart d’heure, dans le monde de l’Orient. Les riffs de guitare languissants et les sonorités étranges dispensées par les instruments de Bomi Kim et Eun Young Sim accentuent cette impression. Un morceau de plus, et on tombait dans les bras de Morphée. Or, c’est à partir de ce moment que le groupe va totalement changer de cap, pour embrasser une forme bien plus énergique, voire métallique. Soit lorsque la section rythmique fait son apparition. Une bonne demi-heure au cours de laquelle je me suis demandé si je n’assistais pas à un concert de Nirvana ou de Metz. Tout le monde reste cependant en position assise ; ce qui n’empêche pas le climat de se charger d’intensité. Eun s'emballe sur son instrument, l’empoigne à bras le corps et le triture alors que Bomi en extrait des tonalités mélancoliques et lancinantes, semblables à des violons. Les parties vocales sont assez rares, et ne sont que féminines. Des interventions atmosphériques abordées dans l’esprit d’un Sigur Rós.

Puis la section rythmique vide les lieux, sur la pointe des pieds. Laissant Jambinai en revenir à une formule plus paisible, mais toujours aussi fascinante. Pendant 30 bonnes minutes. Bref, finalement, j’ai vécu un des meilleurs concerts de l’année. En mai dernier, le set du trio nippon ZZZ's m’avait impressionné. Signe que cette scène asiatique est en plein ‘boom’…

(Organisation Botanique)

The Shivas

Une future valeur sûre de la scène alternative…

Écrit par

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards.  

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(voir notre section photos ici)

(Organisation Water Moulin)

 

 

 

Thee Marvin Gays

Prêt à sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

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Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground… (voir notre section photos ici)

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR : merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards. 

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(Organisation Water Moulin)

 

The Scrap Dealers

Reste à travailler les voix…

Écrit par

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards. 

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(Organisation Water Moulin)

 

 

AqME

Le nouveau Messie du métal est arrivé…

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Formation parisienne, AqME a enregistré son dernier album, début novembre dernier. Il s’intitule « Dévisager Dieu ». Il s’agit du premier elpee dont les vocaux sont assurés par le nouveau chanteur, Vincent Peignart-Mancini ; un disque que le quatuor est venu défendre au Salon de Silly. Particularité chez ce groupe de métal, à l’une ou l’autre exception près, tous les textes sont écrits dans la langue de Molière. Mais avant la tête d’affiche, deux ‘supporting acts’ ont été prévus. Un Tournaisien (Mingawash) et un Lillois (Unswabbed).

Issu de la Cité des 5 Clochers, Mingawash est né en 2012. Un sextuor réunissant Martin et Clément au chant, le bassiste Denis, les guitaristes Quentin et Max ainsi que le drummer Théo. Sans oublier Xing Hui, le panda qui s'est évadé de Pairi Daiza, venu foutre le souk aussi bien sur les planches que dans la fosse. L'un des deux chanteurs se prend pour Angus Young. Il a enfilé des culottes courtes, porte une cravate et trimbale une mallette de pc portable. A plusieurs reprises, le combo demande à l’auditoire, un peu mou du genou, de s’approcher du podium. Invitation qu’il exécute timidement.

Les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire et ne manquent pas d’humour. A prendre au second degré, bien sûr. La bonne humeur est de rigueur. Les musicos déménagent littéralement sur l’estrade. Dans le public s’amorcent quelques petits ‘round circles’. Le panda se décarcasse tellement pour mettre l’ambiance, qu’il en attrape des bouffées de chaleur et se retrouve en slip… Carrée, l’expression sonore oscille du hardcore au metalcore et peut s’appuyer sur une section rythmique particulièrement solide. De la setlist, j’épinglerai « Choco-Jeanne », « Fish Boy », « Polygame », « Infection Cérébrale », « Chope Ton Biker » et en apothéose, « Mingawash », titre qui a donné le patronyme au groupe. Bref, une chouette découverte qu’il faudrait suivre du coin de l’œil… Et le public d’affluer dans l’auditoire, au fil du set…

Changement de matos et place à Unswabbed. Il s’était déjà produit en mai dernier au Salon, en première partie du second projet de Vincent, le chanteur d’AqMR, The Butcher's Rodéo. Le combo est venu présenter son nouvel Ep « Tales From The Nightmares vol.1 » paru ce 31 mai. Séb, Bruno, Mathias, Filz et Charles se sont rencontrés en 1995. A l'époque, ils n'avaient pas 20 ans. Bien qu'issus d'horizons musicaux différents, ils décident de monter Unswabbed. Premier objectif : se faire plaisir ! Filz abandonne néanmoins l'aventure, réduisant le line-up à un quatuor. Qui compte plus de deux cents dates de concerts à son tableau de chasse. Leur participation dans la catégorie 'Découverte Rock/Métal', lors de l'édition 2011 du Printemps de Bourges, suscite l'intérêt de Canal +. Aussi dans le cadre de l'émission 'Un Monde de Brutes', la chaîne les suit pendant cinq jours. Leur répertoire est partagé entre titres interprétés dans la langue de Molière (une majorité) et celle de Shakespeare (quelques-uns). Leurs textes sont engagés. Les mélodies accrocheuses et les riffs incisifs. Sur le podium, le chanteur grimpe sur tout ce qui est susceptible d’être escaladé. Le chant est puissant et assez mélodieux. Les riffs de gratte sont incisifs et le drummer tape sur ses fûts comme un vrai malade. Bref, la foule commence à remuer et les ‘round circles’ se multiplient alors que le crowdsurfing s’intensifie…

Mes biens chers frères, mes bien chères soeurs, accueillez le nouveau Messie du métal, j'ai nommé Vincent Peignart-Mancini. Il s'agit du nouveau chanteur du groupe parisien AqMe. Il a débarqué en 2012. Pourtant, peu de formations résistent au départ de leur vocaliste. Maintenant, n'imaginez pas que leur musique s'écoute religieusement. Comme une messe célébrée par trois curés et une bonne soeur. Depuis l'arrivée de Vincent, le combo a retrouvé une nouvelle vigueur et est prêt à affronter l'adversité. La pochette est illustrée par un gaillard à deux têtes dont le coeur est bien au milieu et les veines lui traversent le corps. Déroutant ; mais surtout biologique ou alors mystique. Le drummer et dernier membre fondateur Etienne Sarthou (NDR : la naissance d'AqME remonte à 1999), la bassiste Charlotte Poiget (depuis 2000) et le guitariste Julien Hekking (il a rejoint le combo en 2009) complètent l'équipe. « Dévisager Dieu » constitue leur 7ème album et le premier d'une longue lignée, un disque qui a été mixé une nouvelle fois par un vieux complice, Magnus Lindberg.

AqME est en forme. Il a même une pêche d’enfer. Et pourtant, c’est la force tranquille du band, Etienne, le seul rescapé du line up, qui donne le ton. Sa frappe métronomique mais percutante est en quelque sorte fédératrice. La voix de Vincent est puissante, parfois à la limite de la rupture, mais constamment mélodieuse, sauf bien sûr lorsqu’elle se mue en hurlement. Charlotte a beaucoup de charme. Elle est même très sexy. De ses doigts cajoleurs, elle palpe ses quatre cordes.  

En toile de fond, deux tapisseries représentant le logo de la pochette du nouvel opus Le concert s’ouvre par une petite intro qui permet aux trois métallos mystiques de prendre place sur scène. Vincent attaque « Avant le jour », le single qui a précédé la sortie de « Dévisager Dieu ». Le guitariste et le bassiste sont bien en ligne. « Lourd Sacrifice » est une ancienne compo, sur laquelle le hurlement de Vincent est digne de son prédécesseur. Il donne même une nouvelle dimension aux anciens titres. Il affiche une attitude rock’n’roll tout au long de « Au-delà De L'Ombre », issu du dernier elpee. Manifestement, c’est un excellent showman et il monopolise tous les regards. Il parvient à faire monter la pression dans une fosse qui commence à jumper. Les riffs de Julien sont incisifs, meurtriers même. Et il nous le démontre tout au long de « Culte De Rien », tiré de « En l'Honneur de Jupiter » (2009) et « Rouge/Noir », du premier long playing, « Sombres Efforts » (2002). « Ce Que Nous Sommes » et « Enfant De Dieu » sont deux morceaux à la fois musclés et savoureux. Et le concert de s’achever par une petite bombe sonore, « Luxe Assassin », tiré d’« Épithète, Dominion, Epitaphe » (2012).

En rappel, on aura droit à  « Pornographie » et « Superstar ». Une belle soirée trempée dans le métal ! AqMe se produira au Durbuy Rock Festival, l’an prochain. A vos agendas...

(Organisation : Le Salon de Silly - François Meertens)

Calogero

En apesanteur…

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Paru le 18 août 2014, le sixième opus de Calogero a été enregistré entre Paris, Bruxelles et Londres (pour la frime, raconte-t-il ironiquement à son public) ; et il est excellent ! Il aborde, dans un langage accessible, certains sujets sociétaux sensibles tels que l’acceptation de soi, la problématique des familles recomposées ou encore les relations mères/enfants… Sa plume n’est pas formatée par les diktats de l’industrie du disque. Elle est acerbe et sagace.  

C’est au Palais 12, à Bruxelles, devant un parterre de fans complètement ‘en apesanteur’ que le chanteur d'origine sicilienne a, le 12 décembre dernier, livré son cœur et dispensé ses riffs de guitare lors d’un show ‘son et lumière’ parfaitement huilé, durant près de deux heures! 

Evitant la surenchère, la discographie du chanteur a bien été revisitée. Le tout dans une ambiance tantôt intimiste, la formule piano/voix exacerbant l’émotion des textes, tantôt hystérique, comme par exemple lors de son interprétation de « Un jour au mauvais endroit », un morceau au cours duquel le public, poings en l’air, encouragé par l’artiste, a clamé haut et fort son indignation face au drame d'Echirolles (banlieue de Grenoble) où deux jeunes adolescents ont trouvé la mort.

Fils d'immigrés et d'ouvriers, le plus gaucher des bassistes (il s’en amuse tout au long de « Conduire en Angleterre ») vient du peuple d’en bas et on se ressent dans son rapport affectif avec son auditoire ! 

Le spectacle a d’ailleurs offert de jolis moments de complicité, comme lors de cette séquence plutôt cocasse au cours de laquelle le public a chantonné le gimmick de « Seven Nation Army » des White Stripes. Calogero a saisi la balle au bond et s’est tout naturellement livré au jeu en balançant quelques notes de basse provoquant l’hilarité du public.

Un très bon concert donc !

 

Boyz II Men

Il n’y manquait que des musiciens…

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Les voix soul de Boyz II Men sont au programme ce mardi 9 décembre, à l’AB. En arrivant vers 18 heures, la file est déjà bien longue. Pas de tartiflette ce soir, je suis le mouvement. La soirée n'est apparemment pas sold out. Ce soir, l’auditoire, multiethnique, va parfaitement refléter la population de Bruxelles, ville multiculturelle par excellence. Un public qui va vibrer face à ce trio d’exception…

L’ouverture des portes accuse un gros quart d’heure de retard. Après avoir récupéré mon sésame, je fonce vers le balcon afin de me procurer une place assise la plus confortable possible. Ce sera au troisième rang, au milieu de la rangée. Idéal pour ne rien rater du spectacle. Devant moi, il y a quelques jeunes filles qui incarnent parfaitement le métissage qui fait la fierté de la capitale européenne. En outre, tout en demeurant assises, elles vont communiquer leur bonne humeur et leur joie de vivre, tout au long de la soirée, à l’ensemble du public de l’étage.  

Lorsqu’un Dj se produit en première partie d'un concert, on a souvent droit à un enchaînement de morceaux destiné à faire passer le temps. Et quand il faut s’en farcir 75 minutes, on est littéralement assommé. J'appréhendais donc ce scénario. Or, Dj Da Vinci va épater toute la galerie. De son véritable nom Robert Hoogduin, ce Batave mixe depuis 1984. Et il le fait divinement. Il crée une interaction avec le public et parvient à chauffer l’ambiance doucement, graduellement, mais efficacement. A tel point qu’il va transformer la fosse en immense dancefoor. Sa programmation nous réserve des titres de Alt J, Beyonce, Rihanna, Ken West, 50 Cent, et même, pour passer à la vitesse supérieure, de Michael Jackson. Bref, Da Vinci a parfaitement joué son rôle d’entertainer pour Boyz II Man. Une vraie bête derrière ses manettes…

Le public est impatient de voir monter Boyz II Men sur l’estrade. Perso, c’est la première fois que j’assiste à ce type de spectacle.

A l’origine, les Boyz II Men impliquaient 5 membres ; mais le line up s’est rapidement réduit à un trio, un noyau dur réunissant Nate Morris, Wanya Morris et Shawn Stockman. Leurs 10 premiers elpees se sont écoulés à plus de 60 millions d’exemplaires. Ils sont ainsi devenus le groupe de R&B le plus populaire de leur époque. En 2007, ils ont décidé d’adapter des standards du catalogue Motown. Un projet qui a surpris pas mal de monde –y compris le groupe– mais qui s’est soldé par un nouveau succès. Dans la foulée, il publie « Love » en 2009, « Twenty » en 2011 et « Collide » en 2014 (NDR : c’est leur quinzième LP), un disque qu’il va présenter en troisième partie du spectacle. C'est la troisième fois que le trio se produit à l’AB. Il s’y était déjà illustré en 2010 et 2012, au sein d’une salle sold out…  

Le décor est dépouillé. Un écran a été placé en arrière-plan pour recueillir les projections de vidéos. Une petite estrade sert uniquement de table pour déposer les rafraîchissements des artistes. Trois tabourets ont été installés sur les planches. On remarque également la présence d’une guitare, côté gauche, et d’une basse, côté droit, placés contre l'estrade. Pas d'autres instruments ni d’amplis. La musique est préenregistrée sur bande. C'est un peu dommage ! Mais c’est la volonté des artistes, et il faut la respecter. Tout est mis en place pour mettre en exergue leurs voix. Quant au light show, il va évidemment se focaliser sur les artistes.  

En guise d’intro, l’historique de la carrière du band défile sur l’écran. Les trois vocalistes débarquent sous un tonnerre d’applaudissements ; acclamations qui vont se répéter tout au long du show. Les portables et les appareils photos crépitent dans la fosse. L’effet est plutôt surprenant quand on se trouve au balcon. Le set s’ouvre par l’énergique et plutôt dansant « Believe / Muzak ». L’expression sonore baigne dans le funk et le r&b. Un départ à l’américaine, digne de LMFAO. Issu de « II », « On Bended Knee » est interprété à trois voix. Les fantômes de Marvin Gaye, des Temptations, de Stevie Wonder et de Mickael Jackson rôdent…

Les tubes, tels que « End Of The Road », « I'll Make Love To You » et « Can't Let Her Go » sont repris en choeur par la foule. Les artistes confessent adorer le mouvement old school de la Motown, mais admettent qu’ils appartiennent à la nouvelle école. Ils vont nous le démontrer à travers de nouvelles compos. Les images défilent. Dont certaines destinées aux applications à télécharger sur son I Phone, afin d’y disposer constamment de leur musique. Explications à la clé. Parmi les covers, j’épinglerai « Money (That's What I Want) » de Barrett Strong, « It's The Same Old Song/Reach Out I'll Be There » des Four Tops, « Amazed » de Lonestar et « Open Arms » de Journey. Du nouveau long playing, « Collide », on aura droit à quelques plages paisibles, mais chargées de swing. De quoi mettre du baume à l'âme et au coeur.

Lors du rappel, deux des artistes empoignent enfin la basse et la guitare pour attaquer le « Never Mind » de Nirvana. Et la version est particulièrement électrique. Ces instruments ne servaient pas seulement de décoration.

Bref, si j’ai assisté à un superbe concert, dans une ambiance du tonnerre, et savouré les voix remarquables de Boyz II Men, j’ai quand même regretté la quasi-absence de musiciens. Lors de leur retour, c’est un souhait que je formule. Certain que le spectacle y sera encore plus remarquable…

(Organisation : Greenhouse Talent)  

 

Triggerfinger

Public apathique pour trio sympathique…

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Pour le concert de Triggerfinger, Forest National recense 6 000 personnes. Un belle prouesse quand on sait que la capacité totale de cette salle est de + ou – 8 400 spectateurs. Le nombre d’artistes ou de groupes belges capables de la remplir n’est pas légion (dEUS, Machiavel, Vaya Con Dios, Puggy, etc.) ; mais en général, ils jouissent déjà d’une belle notoriété ou sont à l’aube de la reconnaissance internationale. Et ce soir, c’est blindé de chez blindé pour assister au set du trio anversois, éminemment sympathique. En supporting act, on retrouve la formation canadienne Big Sugar, qui avait déjà joué ce rôle, lors du show accordé à l'Ancienne Belgique, en mai 2014.

 

Big Sugar est un combo qui a déjà connu deux vies. La première entre 1991 et 2004. La seconde depuis avril 2010, soit depuis leur reformation. Le line up réunit Kelly 'Mr Chill' Hoppe au saxophone, à l'harmonica et aux claviers, Garry Loweest à la basse, Gordie Johnson au micro et à la six ou la douze cordes et enfin le drummer St ainsi que le claviériste DJ Friendlyness. Big Sugar est une véritable institution au pays de l’érable. Dans l’univers du blues et du roots, il est considéré comme un des plus créatifs ayant sévi au cours des 90’s. Il est né de la rencontre improbable entre un guitariste de hard-rock, un bassiste jamaïquain et un batteur punk.

Leur musique est plutôt originale et métissée. Une forme de blues aux réminiscences reggae et ragga. Le chanteur a une bonne voix et se révèle excellent gratteur. Les musicos bougent pas mal sur les planches. Le band s’était produit le 1er mai dans le cadre du Roots & Roses de Lessines ; et honnêtement, il ne m’avait pas particulièrement marqué. Bref, si le son manque quand même de pêche, il faut reconnaître que le show est dynamique et bien rôdé. En outre, les musicos manifestent une belle interactivité avec le public…

Véritable institution en Flandre, Triggerfinger jouit aujourd’hui d’une notoriété internationale, qu’il a acquise au fil du temps. Surtout comme groupe ‘live’. A tel point, qu’au cours des dernières années, le combo a été programmé au sein des plus grands festivals européens : Werchter, Vieilles Charrues, Rock Am Ring, Dour, Pukkelpop, Pinkpop, Sziget, Lowlands, Main Square, etc. Il a même assuré le supporting act des Stones à Hyde Park, l’an dernier. Eponyme, son premier opus est paru en 2004. Suivi par l’album ‘live’ « Fathers Up » en 2007, « What Grabs Ya » en 2008, « All this Dancin' Around » en 2010 (NDR : il a récolté un succès phénoménal qui s’est traduit notamment par un disque de platine en Belgique) et le dernier, « By Absence Of The Sun », cette année. Un enregistrement qui a été postposé, suite au succès imprévisible de leur cover du « I Follow Rivers » de Lykke Li, immortalisé lors d’une session radio pour la chaîne hollandaise 3FM. Un tube aussi énorme qu’inattendu qui les a renvoyés sur les routes, pour un nouveau périple de 6 mois, aux quatre coins du Vieux Continent. Une reprise qui figure sur le nouvel LP ‘live’ « Faders Up 2 ». Mais si vous souhaitez en savoir davantage sur l’épisode qui a marqué les sessions de leur dernier long playing, réalisé aux States, je vous renvoie à l’interview que le trio avait accordée à Musiczine au printemps dernier (voir ici)

A l’instar de la pochette du dernier LP, le chanteur/guitariste Ruben Block, le bassiste Paul Van Bruystegem, aka Monsieur Paul, et le drummer Mario Goossens ont revêtu leurs costards. Sexy, zébré mauve et rose pour Ruben, bleu foncé aux rayures verticales bleu ciel et blanches pour la veste chez Mario et comme d’hab’, blanc pour Mr Paul. Le rideau gris habituel est tiré en fond de scène. Et le set va bénéficier d’un solide light show. Avant que le combo ne monte sur l’estrade, une intro ténébreuse est crachée par les haut-parleurs. Et le spectacle de commencer par « Black Panic », un premier extrait du petit dernier, « By Absence Of The Sun ». Ruben triture sa gratte. Mario est déjà en super forme et invite la foule à se remuer en frappant dans les mains. Il se lève régulièrement de son siège pour haranguer la foule. Les 120 minutes de concert ont démarré à du 100 à l’heure ! D’autant que Mario martèle ses fûts toujours aussi frénétiquement. Comme sur le titre suivant, « And There She Was Lying in Wait ». Faut dire aussi que la section rythmique est particulièrement solide et balise les compos à la perfection. Car le showman, c’est avant tout Ruben. Il arpente l’estrade de long en large. Petit problème quand même, récurrent à Forest National, la voix de Block est trop en retrait. « By Absence Of The Sun » déclenche un véritable délire dans l’auditoire. Mario marque la cadence à l’aide de ses sticks pendant que les spectateurs frappent des mains. Enfin, l’ambiance commence timidement à décoller. Et « There Isn't Time » prolonge cet engouement. On My Knees » est un extrait du premier album, gravé en 2004. L’éponyme ! Une compo qui leur a permis de faire leurs premiers pas. Il fait de plus en plus chaud. Sur le podium. Les trois musicos se livrent et donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Ruben tombe la cravate ainsi que la veste. Normal, il assure le show. Mario se charge plutôt de relancer (NDR : réveiller ?) la foule, quelque peu mollassonne et l’incite à applaudir le barbu. Après « Perfect Match », la voix légèrement vocodée de Block amorce « My Baby's Got a Gun » (NDR : tiré d’« All This Dancin' Around »), un titre qu’il va charge d’intensité à l’aide de sa guitare, par paliers, avant d’atteindre une saturation ultime. C’est évidemment lors d’« All This Dancin' Around » que Mario va nous accorder un solo d’enfer sur ses fûts, moment choisi par ses deux comparses pour l’éclairer à l’aide de deux énormes spots ; et pendant les 20 bonnes minutes de son exercice de style !

« Is It » achève le set, un excellent boogie issu du premier elpee. Les membres de Big Sugar et du trio sont devenus très proches. Aussi, plusieurs d’entre eux les rejoignent sur le podium. Pour rappel, on aura droit à « Off the Rack », une version singulière du « I Follow Rivers » de Lykke Li (NDR : surtout l’intro) et à « Cherry ». Bref, si Triggerfinger s’est montré à la hauteur de sa prestation, il faut avouer que le public a quand même manqué de réactivité. La faute à une qualité de son insuffisante ? Sans doute. Mais pour le régler à la perfection, dans une telle salle, il faudrait bien une baguette magique. Ou alors disposer d’un matos hyper pro comme Neil Young, par exemple…

(Organisation : Live Nation)

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