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EZ3kiel

Lorsque la musique, l’image et la lumière entrent en fusion…

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Un spectacle d’EZ3kiel est censé nous en mettre plein les oreilles et la vue. Sa tournée passait par le Rockhal, au Luxembourg, et l’Aéronef de Lille. Votre serviteur a choisi la métropole nordiste, et il ne va pas le regretter. L’accueil est chaleureux. La salle est superbe. Pour la circonstance elle a été adaptée en configuration Box, comme à l'AB. Les rideaux son tirés et isolent l’auditoire du premier étage et du balcon. Le concert est sold out. L'ouverture des portes est programmée à 20h00 précises. Le supporting act entamera son set 35 minutes plus tard et l’achèvera à 21h05. EZ3kiel monte sur les planches à 21h30 et va nous livrer un show de 90 minutes.

Dorian And The Dawn Riders assure donc la première partie. Il vient de signer sur le label bordelais Animal Factory. Vu le matos sur l’estrade, quelle surprise de voir débouler un gaillard barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et affublé de dreadlocks. Le Bordelais serait-il un adepte du reggae ? Pas du tout. Il est armé d’une gratte et se sert de machines pour créer des beats efficaces, imprimer des percus tribales et dispenser des sonorités en tous genres. Et puis il chante, quand même. Vocodée, sa voix est tour à tour singulière et lumineuse ou glaciale et ténébreuse. Trippante, sa musique baigne dans une pop alternative. Psychédélique et atmosphérique, surtout. Et le climat varie en fonction de tous ces paramètres. Des images sont projetées derrière l’artiste. Par exemple celle d’un grand-duc, dont l’envol est majestueux. Et l’ombre chinoise de Dorian, judicieusement reflétée sur cet écran est allégorique. Elle convie votre âme à se recueillir tout en suivant l’artiste dans son monde particulier. Qui me fait parfois penser à celui de Sigur Rós. Dorian n’est pas parvenu à chauffer la salle, il a tout simplement épaté la galerie, tout en nous préparant religieusement à la suite des événements. En attendant, il a été chaleureusement acclamé. Et c’est tout à fait mérité.  

Mais avant de passer au set d’EZ3kiel, une présentation du groupe s’impose. A l’origine, il avait choisi le patronyme EZEKIEL, en référence au film « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino. Après avoir publié l’album « Handle With Care », il crée son site internet ; cependant le nom de domaine ezekiel.com est déjà réservé, alors il décide de le transformer en EZ3kiel. Matthieu Fays et Yann Nguema en sont les fondateurs. Drummer, le premier a quitté le navire en mai 2012, après plus de vingt ans de navigation. Joan Guillon se charge aujourd’hui des claviers, machines, guitares et autres samplings. Au départ, Yann Nguema se consacrait à la basse et de tout ce qui touche à l’image. En 2012, il a abandonné la quatre cordes pour se concentrer uniquement sur cette dimension visuelle ainsi que la programmation.

Après avoir participé à l'enregistrement de l'album « Naphtaline » comme invité, Stéphane Babiaud a rejoint officiellement le line up en 2007, lors des sessions de « Battlefield. Multi-instrumentiste, il joue de la batterie, du vibraphone, du glockenspiel, de la basse et même des claviers. C’est également le chef d’orchestre du Naphtaline Orchestra, projet alternatif du groupe. Sylvain Joubert récupère ensuite cette basse délaissée par Yann Nguema, à partir de l’elpee l'album « LUX ». Il avait auparavant participé à la tournée Extended. « LUX », c’est bien sûr le dernier long playing d’EZ3kiel. Ce soir il est donc venu le défendre sur les planches.   

Difficile de coller une étiquette sur la musique pratiquée par ce combo. Elle oscille constamment entre électro, dub, rock et classique. Et puis à chaque album, elle est différente, le band prenant le soin de proposer un projet novateur voire même en avance sur son époque…

En 2009, le groupe lance le Naphtaline Orchestra à Grenoble. Il s'agit de déclinaisons de morceaux, notamment de l'album « Naphtaline », exécutées en compagnie d’un orchestre symphonique. L'expérience est renouvelée en 2011, à Tours, pour trois nouvelles dates. En février 2012, le concept EZ3kiel Naphtaline Orchestra se produit au théâtre Sébastopol de Lille. Un événement retransmis en direct sur plusieurs sites internet. 7 000 internautes vont le suivre. Suite à ces expérimentations, EZ3kiel monte un autre projet, l’EZ3kiel Extended, en septembre 2012. Qui va accorder toute une série de concerts associant image et musique. Lors de ce périple, le combo implique Sylvain Joubert à la basse, Cyril Soufflet au piano, Gérald Bouvet à la guitare, Erick Pigeard au séraphin et aux percussions, Thomas Quinart au thérémine, au saxophone baryton et à la scie musicale, Bertrand Margelidon à la trompette et au bugle, Simon Dupire au trombone, Pierre Malle et Ombeline Collin aux violons, Anthony Chéneau au violon alto et Benjamin Garnier au violoncelle. C'est le cd et le dvd consacrés à cette aventure qui m’ont permis de découvrir EZ3kiel.

L’ouverture des tentures laisse apparaître 48 projecteurs équipés sur deux faces. Ecrans de projection d'un côté, lumières de l'autre, les deux dispositifs fusionnent dans des impressionnants mouvements rotatifs, générant en temps réel des explosions de couleurs, calibrées pour interagir avec la musique. Un dispositif scénique et technologique inédit qui place EZ3kiel parmi les pionniers d'un genre qui n'a pas de nom. Il faut rappeler que Yann Nguema contrôle les lasers, lumières, robots et des visuels au sein d’un même support de projection. Et lorsque le drummer se lance dans ses frasques, c’est pour participer à une course interactive avec ces lumières. Les trois musicos s'amusent sur scène et le public en prend plein les yeux et les oreilles.

L'album « Lux » sera intégralement interprété et prendra réellement vie sur scène. On ressent par la musique, les émotions des artistes qui sont à la fois torturées et vous entraînent dans un voyage intemporel. Ou carrément dans la troisième ou quatrième dimension. Le concept/concert qui se déroule devant nous pourrait même servir de bande originale du troisième millénaire pour une rencontre visuelle du troisième type. La musique, l'image et la lumière fusionnent, nous prouvant le savoir-faire du quatuor. Tel est le secret du nouveau support de la musique d'EZ3kiel.

Les guitares sont acérées et à la limite incendiaires sur « Born in Valhalla ». « L'Oeil Du Cyclone » est une ballade atmosphérique. « Lux », la plage éponyme vous entraîne sur le dancefloor d'une autre galaxie. Enfin, sur celui de la fosse également où règne un fameux remue-ménage. En fermant les yeux, « Dead in Valhalla » pourrait vous transporter du côté de la voie lactée. Mais il est préférable de les garder grands ouverts, afin d’apprécier le déluge de lumières et de lasers. « Anonymous » est un titre déconcertant. Caractérisé par la douceur de l’instrumentation, « Never Over » concède quelques minutes paisibles. La version ‘live’ de « Via Continum » (NDR : tirée de l’opus « Handle With Care ») est plus nerveuse que sur disque. L’expédition est plus aquatique, nous emportant dans les profondeurs de la grande bleue en compagnie du Capitaine Nemo, à bord de son Nautilius. La mélodie de « Zero » est particulièrement contagieuse. Et le set de s’achever par le jubilatoire « Versus », une compo à la fois tribale et éthérée. Pendant 1h30, les yeux des spectateurs ont pétillé de bonheur. Pas étonnant qu'EZ3kiel ait été applaudi pendant plus de sept minutes.

Et on aura même droit à un rappel d’enfer. Deux titres. « Antiloop ». Et puis surtout « Wagma », un morceau complexe, digne de la face la plus atmosphérique de Pink Floyd. Autrefois alchimistes du son et de l’image, EZ3kiel a aujourd’hui acquis une maîtrise totale de son art. Et ce concert exceptionnel en est la plus belle illustration.

 (Organisation : Base Productions + Aéronef)

Coffee Or Not

Coffee Or Not : ‘What else ?’

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C'est dans une grange rénovée –et franchement elle a belle allure– de la cité castelloise que Coffee Or Not s’est produit. Un lieu bien convivial et comble pour l'occasion. Coffee or Not est un duo établi à Bruxelles. « SoRe » constitue son troisième opus, un disque sur lequel, il a abandonné les instruments acoustiques. « SoRe » (première syllabe des prénoms de protagonistes : Soho Grant et Renaud Versteegen) verse dans une électro-pop mélancolique, atmosphérique et parfois même ténébreuse. Chantée dans la langue de Shakespeare…

Le trio du jour, au travers de ce nouvel elpee, nous a offert son univers et imposé son savoir-faire qui, au nez, nous a éclaté.

Deux voix, un synthétiseur, une guitare, une basse et une batterie pour une performance inoubliable.

Du goût, de l'élégance, de la délicatesse et de l'harmonisation obtenue à travers les voix, les nappes de sons et les boucles de guitares.

Et quoi d'autre ?

Des séquences rythmiques, basse et/ou batterie, dignes de ce nom. Une vraie claque !

Nous sommes face à des musiciens soucieux du détail, mais dans sa discrétion.

Aucune démonstration, donc... au profit d'une grande musicalité.

"Simple is beautiful", serait la formule magique du groupe.

La maîtrise de l'exercice cache très bien la complexité de ce dernier. La complicité règne et s'avère être un atout majeur au sein du combo bruxellois.

Au vu de l'applaudimètre, c'est sûr, ce soir, Coffee Or Not a conquis les coeurs et vendu quelques albums au passage.

En quittant La Grange, « SoRe » en main, j'appréhendais moins la monotonie habituelle du dimanche matin.

La pochette est à l'instar du groupe : humble et originale à la fois.

(Organisation : La Grange)

 

 

Joey Bada$$

The Moneymaker

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Jo-Vaughn Scott est une usine à tubes à lui seul. Son nom d’artiste, Joey Bada$$, affiche deux ‘dollar signs’ bien à propos. Le rappeur bankable à mort était de passage ce jeudi 27 novembre au Botanique, dans une Orangerie bondée et bouillonnante pour y présenter « B4.DA.$$ » (lire ‘before the money’), un premier LP très attendu, après trois impeccables mixtapes qui ont mis l’eau à la bouche des aficionados d’excellent Hip Hop circa nineties.

Après un premier passage sur les planches belges l’été dernier à Dour, le rappeur originaire de Bed Stuy, à Brooklyn –quartier d’origine de nombreux artistes tels que Jay-Z, Mac DeMarco, Norah Jones, Mos Def ou les regrettés Notorious B.I.G. et Aaliyah– revenait mettre le feu en Belgique pour la seconde fois en moins de 5 mois.

Le concert, sold-out depuis plusieurs semaines, réunit principalement un public jeune et chaud bouillant. Pile à l’heure, Bada$$ investit la scène, précédé par une surprise de taille puisque c’est le DJ et producteur Statik Selektah qui est en charge des beats ce soir. Dès l’entame, le parterre est déjà conquis à la cause du MC, qui parcourt à la même mesure ses deux mixtapes principales « 1999 » et « Summer Knights » ainsi que le premier LP ‘officiel’, « B4.DA.$$ » à paraître en janvier 2015.

Les tubes se suivent et ne se ressemblent jamais. Le flow de Joey Bada$$ est limpide et n’a rien à envier à des Method Man ou autres Jay-Z. Le public connaît tous les hits du bonhomme, scandés d’une seule voix, des énormes « Waves », « Christ Conscious » et « Big Dusty » aux frémissants « Snakes », « Sweet Dreams », « On & On » et « Unorthodox ». Kirk Knight est le seul membre du collectif Pro Era, auquel appartient Bada$$, à accompagner son collègue sur les planches. Le temps de mettre le feu sur deux ou trois morceaux ainsi que sur les courtes reprises du « Simon Says » de Pharoahe Monch et « Ante Up » de M.O.P., qui vont déclencher l’hystérie dans le parterre. D’autant que le jeune homme, âgé de 19 balais à peine, n’hésite pas à se jeter dans la foule, histoire de mettre de l’huile sur un feu déjà ardent.

Joey Bada$$, Statik Selektah et Kirk Knight sont, ce soir, les parfaits ambassadeurs  de la ‘Beast Coast’, une East Coast nouvelle génération qui ne cesse de surprendre en s’appropriant et réinventant un Hip Hop Old School qui avait disparu des radars depuis le début des années 2000. En une heure à peine, l’acteur principal de la soirée est parvenu à asseoir sa réputation sans le moindre effort. Enorme ambiance, playlist parfaite. On a déjà hâte de retrouver les prochains représentants de la ‘Beast Coast’ effectuer un passage dans nos contrées. En l’occurrence il s’agira des Flatbush Zombies et The Underachievers, qui passeront par le VK* le 23 mars prochain. Le rendez-vous est pris.

(Organisation : Botanique)

Slash

Un Slash des grands jours…

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Il y a bien longtemps que votre serviteur n’a plus mis les pieds dans l'ancien temple dédié au rock'n'roll : Foret National. Pour assister au spectacle, vous avez le choix. Soit vous débarquez suffisamment tôt et allez vous coller contre les barrières du frontstage. Soit arrivez ‘pépère’ et vous vous installez assis, face à la scène, juste à côté de la table de mixage. Votre serviteur a choisi la seconde solution et il ne va pas regretter son choix.

Il revenait à Monster Truck d’assurer le supporting act. Pas vraiment un cadeau d’ouvrir pour un mythe comme Slash. La salle a été configurée en taille club. Elle est alors susceptible d’accueillir 4 000 spectateurs. Le combo est drivé par deux barbus. Jon Harvey et Jeremy Widerman. Ils se partagent les vocaux. Le premier se charge de la basse et le second de la guitare. Brandon Bliss, le claviériste, s’est planté à gauche. Il se sert le plus souvent d’un vieil Hammond. Et le drummer Steve Kiely, occupe une position centrale. A ce jour, le combo a publié deux Eps : « Monster Truck » en 2010 ainsi que « The Brown » l’année suivante ; et un premier elpee en 2013, « Furiosity ».

La musique de cette formation canadienne trempe dans le rock'n'roll. Le set s’ouvre par  « The Lion », un démarrage sur les chapeaux de roues. Les riffs de gratte sont puissants et huileux. Les barbus arpentent toute la largeur du podium. Un peu à la manière du band australien, Airbourne. Les claviers ruissellent comme ceux de feu John Lord, lors des débuts de Deep Purple. Quel bonheur de revivre ce rock aussi musclé que mélodieux. « Furiosity » est le titre maître du dernier LP. Les riffs de gratte vous donnent envie de vous lever de votre siège et de rejoindre la fosse afin de participer à la fête. D’ailleurs, dès le deuxième morceau, c’est déjà le bordel, là-dessous. « Old Train » est un autre extrait du dernier opus. Le morceau est puissant, mais la mélodie est palpable et le refrain efficace. Wolfmother, AC/DC, Led Zeppelin, Airbourne et In Flames vous traversent l’esprit. « Sweet Mountain River » s’inscrit dans le même registre. Les sensations sont excellentes, d’autant plus que le son est irréprochable. « Swordest Beest » est une compo speedée et dynamique. Franchement, pour une première partie, Monster Truck a assuré grave. A revoir absolument comme tête d’affiche. En tout cas, il faut remercier Slash pour avoir emporté ce combo dans ces valises… (Pour les photos voir ici)

De son véritable nom Saul Hudson, Slash est né le 23 juillet 1965, dans le quartier de Hampstead, à Londres. Il a cependant grandi au sein d'un petit village répondant au nom de Burton. Le pseudo 'Slash' lui aurait été attribué par le père d'un ami lors d'une soirée. Depuis qu’il a quitté Guns N' Roses en 1995, le légendaire guitariste a multiplié les projets : Velvet Revolver, Slash’s Sankepit et une aventure solo ; des épisodes auxquels ont participé, selon les circonstances, de grosses pointures comme Ozzy Osbourne (Black Sabbath) et Lemmy Kilmister (Motörhead). Faut dire que l’artiste jouit quand même d’une solide notoriété. Son étoile brille d'ailleurs fièrement depuis quelques années sur le Walk Of Fame d'Hollywood. Pas étonnant, puisqu’il a aussi bossé en compagnie d’Iggy Pop, de Dave Grohl, de Chris Cornell, d’Alice Cooper et de Myles Kennedy.

Eponyme, le premier LP de Slash est paru en 2010. Le deuxième LP en solitaire, « Apocalyptic Love », remonte à 2012. « World On Fire » constitue donc son troisième. Une oeuvre pour laquelle il a de nouveau bénéficié du concours de Myles Kennedy flanqué de ses Conspirators. Compositeur et guitariste rythmique, Myles s’est forgé une fameuse réputation de vocaliste. Et pour cause, sa voix est susceptible de couvrir 4 octaves. Excusez du peu !  

A contrario du show qu’il avait accordé à l'Ancienne Belgique, et tout au long duquel, je l’avais trouvé particulièrement statique, Slash –coiffé de son éternel haut de forme– ne tient pas en place. Hormis pendant un solo de guitare kilométrique qu’il réserve à « Rocket Queen ». Surdoué, il dégaine ses riffs avec une énergie sans faille. Tout au long du set, la part belle sera donnée à six reprises judicieusement choisies des Guns. A l’instar de son dernier opus, et comme il y a deux ans, à l'Ancienne Belgique, Slash est épaulé par Myles Kennedy, le brillant chanteur d'Alter Bridge, ainsi que de ses Conspirators. Soit le drummer Brent Fitz et le bassiste, ainsi que le gratteur Franck Sidoris, aux vocaux pour deux compos.

Le logo du dernier opus de Slash (NDR : un smiley !) trône en arrière plan. Le nom du band y est bien sûr associé. Et celui de Myles, en-dessous. Pour bien rappeler qu’il est de la partie ce soir. Ce smiley est également reproduit sur la face avant de la grosse caisse.

Après une intro digne d’une musique de cirque, le concert s’ouvre par « You're a Lie », un extrait du deuxième elpee, « Apocalypse Love ». Slash s’est planté à droite du podium. Myles a vraiment une voix remarquable. Et franchement je la préfère à celle d’Axl Rose, qui ne m’a vraiment jamais bottée. Ce qui ne va pas empêcher Slash de nous rappeler qu’il a sévi chez les Guns N' Roses. Et tout au long du set. Notamment à travers « Nightrain », « Mr. Brownstone », « Rocket Queen » et le splendide « Sweet Child O' Mine » (« Appetite for Destruction ») ainsi qu’une version percutante du « You Could Be Mine » (« Use Your Illusion II »).

La section rythmique est solide. La gratte de Slash est bien plus amplifiée que celle de Franck. Dès « Halo », Slash se dégourdit les jambes, arpente l’estrade de gauche à droite ou encore vient confronter le drummer. « Avalon » est imprimé sur un tempo rapide. Dans la fosse, la foule commence à jumper. Dispensées en ‘live’, les nouvelles compos passent bien la rampe.

Myles remercie le public. Slash fait une véritable démonstration sur sa Gibson, tout au long de « Back From Cali ». Il mérite manifestement son statut de guitar hero. « Automatic Overdrive » est également tiré du dernier long playing ! Le maître de cérémonie nous réserve un petit solo sur « Ghost », plage qui figurait sur l’opus éponyme de Slash. Myles prend un pause backstage et cède le micro à Todd Kerns pour les deux chansons suivantes : « Doctor Alibi » et « Out Ta Get Me », encore un titre des Guns, qui relève à nouveau d’« Appetite for Destruction ». Brent se fend d’un superbe solo de batterie pour introduire « Too Far Gone », moment choisi par Myles pour reprendre sa place aux vocaux. Après « Beneath the Savage Sun », les quelques instants de calme sont consacrés à une chouette ballade intitulée « Bent To Fly ». « World on Fire » redémarre en trombe. Myles y étale l’amplitude de sa voix. Tout au long d’« Anastasia », piste issue de son dernier LP, Slash se sert d’une Gibson à 12 cordes (NDR : de couleur verte !) et livre alors un exercice de style époustouflant de technique. Manifestement, il vient de marquer des points.

Et le show –qui a quand même duré deux heures– de s’achever par « Slither », une cover du Velvet Revolver, issue de l'album « Contraband ». Myles présente les musicos et remercie le public. Slash le remercie également. Il faudra attendre la fin du show avant qu’il ne place 3 mots.

Le rappel va se limiter à une ultime reprise de Guns N' Roses, « Paradise City ». En délire, la foule reprend le refrain en chœur. Une apothéose magnifiée par la pluie de confettis multicolores tirée par deux canons. Un remarquable concert pour un Slash des grands jours… Peut-être même le meilleur set post Guns N' Roses du Londonien auquel j’ai pu assister ! (Pour les photos voir là)

(Organisation : Live Nation)

Hatebreed

Un réel exutoire qui fait du bien

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Après s’être produit au Festival de Dour en juillet 2013 et au Graspop Metal Meeting, au mois de juin de cette année, c’était à Torhout que les Américains d’Hatebreed avaient décidé de revenir en Belgique, dans le cadre de leur tournée anniversaire. Vingt ans que ce groupe, considéré comme une des meilleures synthèses du Metal et du Hardcore, sévit sur scène. Une chose est sûre : il est loin d’être essoufflé.

Pas moins de quatre formations figurent ce soir à l’affiche. Pas question donc de perdre de temps. Deconsecrate monte sur les planches à 20h précises et délivre pendant une demi-heure un Metalcore, certes classique, mais efficace ; entraînant dans sa rage le public présent. Pas question ici de première partie ‘tiède’, le décor est immédiatement planté et annonce une soirée à la barre haute, sous les auspices du Metal et du Hardcore. Mention spéciale à la présence de deux vocalistes, se partageant les chants graves et aigus. Cette distinction, fréquente il y a une dizaine d’années, permet aux frontmen de se répondre mutuellement, générant une dynamique non négligeable.

Les Bruxellois de Resistance prennent ensuite possession des lieux. Considérée à ses débuts comme formation ‘Hardcore’, Resistance a transformé ses compositions, au fur et à mesure des changements de line-up, en un Death Metal, tout en ne reniant pas ses origines. Un mélange intéressant qui a permis de relever d’un cran l’ambiance au sein de la salle. Après une demi-heure de set, Resistance se retire (pour se rendre à Namur où il est attendu en fin de soirée pour jouer en tête d’affiche !), à l’exception du guitariste Shaun Van Calster.

Ce dernier milite en effet au sein du dernier supporting act, Length of Time. Ce soir, le line up est marqué par l’absence de Michel Kirby (forçant pour la circonstance Shaun à assurer les deux lignes de guitare) et la présence de Phorgath à la basse (Enthroned, Black Metal belge). Après dix-sept ans d’existence, Length of Time n’a plus grand-chose à prouver et fait partie des pionniers du Hardcore en Belgique. Caractérisées par une alternance entre chants hurlés et clairs, leurs compositions parfois plus lentes et plus lourdes que les deux groupes précédents, entraînent une dilution de l’ambiance qui règne dans la salle. La qualité du show est pourtant irréprochable ; mais la question peut se poser quant au choix, judicieux ou non, de programmer Length of Time juste avant Hatebreed. Mais comme le dit l’adage, les goûts et les couleurs…

Il y a moins de monde que deux semaines plus tôt (pour Machine Head, le 9 novembre dernier) mais néanmoins, sur les starting-blocks le public s’apprête à accueillir Hatebreed. Une tournée particulière, organisée à l’occasion de leur vingtième anniversaire (ne se privant pas d’afficher cette durée de vie notable, du classique marchendising aux médiators de guitare frappés pour l’occasion). Suivant une forme de rituel, le quintet fait monter la pression dès l’intro, en diffusant le morceau mythique « Gonna Fly Now » de Bill Conti, un titre repris dans la B.O. du film ‘Rocky’. De quoi libérer la tension au sein de l’auditoire qui attend les Américains depuis maintenant un peu plus de deux heures et demie. Les musicos montent sur l’estrade et se lancent dans un set qui va frôler les 90 minutes. Sans interruption. Rarement un show aura été si concentré, sans aucune perte de temps entre les morceaux. Difficile à croire, mais cette énergie sera maintenue tout le long de la prestation. ‘Si on est là aujourd’hui, c’est parce que vous avez été tellement nombreux à venir nous voir au Dour Festival et au Graspop. C’est vraiment un plaisir d’être ici. Et quand je pense que nous serons de nouveau l’année prochaine au Graspop, avec Kiss en tête d’affiche, c’est tout simplement incroyable !’. Une information pour le moins intéressante, car Hatebreed n’a pourtant pas été annoncé dans la fournée des premiers 47 noms divulgués par le festival pour l’édition de l’année prochaine… Bonne nouvelle, donc. Pour le plaisir de toutes et tous, les plus grands succès se succèdent (« Defeatist », « Live for This », « To The Treshold », « I Will Be Heard », etc.), entrecoupés de tracks parfois moins connus. En une vingtaine de titres (!), l’ensemble de la discographie du band sera ainsi passé en revue à un rythme effréné, ne reprenant sa respiration que pour aborder la compo suivante. Autre fait marquant : Hatebreed joue sans setlist scotchée aux pieds des musiciens. Le mystère reste donc entier quant à savoir quelle composition jouer à quel moment, vu que l’ordre de cette setlist était complètement différent de celui joué la veille, à Paris. ‘C’est maintenant le dernier morceau de la soirée. « Destroy Everything ! »’, annonce le chanteur Jamey Jasta. Comme pour la plupart des concerts, on sait que le dernier track annoncé n’est jamais vraiment le dernier et sera suivi d’un ou plusieurs ‘we-want-more’. Mais Hatebreed a apparemment décidé de rompre avec cette vieille tradition et d’exécuter sa décision. Le morceau à peine fini, les musicos se réunissent face à la batterie pour l’éternelle photo souvenir, distribuent les quelques médiators et autres bracelets-éponges qui restent aux poignets et s’en vont. La foule en transe peut désormais retrouver une pulsion cardiaque stable. Un réel exutoire qui fait du bien.

 

Milow

Idéal pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

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Milow se produisait deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, et votre serviteur avait choisi le dimanche pour assister à son set. Le James Taylor belge va nous accorder un show de plus de deux heures face à un auditoire sold out. Une soirée qui s’annonçait inoubliable et chargée d’émotion…

Stephen Kellogg déboule seul sur l’estrade. Barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et armé d’une sèche (électrifiée), il se lance dans un récital teinté d'americana, de country et de bluegrass. Il a une superbe voix, mais grevée d’un accent à couper au couteau. Agé de 37 balais, il nous vient de Northampton dans le Massachusetts. Sa prestation va se limiter à 30 minutes au cours desquelles les grandes plaines de l'Ouest Américain vont défiler dans notre subconscient. Il parle volontiers avec la foule ; ce qui va le rendre sympathique. D’ailleurs, il sera bien applaudi à l’issue de son spectacle.

Milow, aka Jonathan Vandenbroeck, possède également une très belle voix. Très caractéristique, chaleureuse, elle évoque celle de James Taylor. En outre, malgré le succès récolté à travers le monde, il ne se prend pas la tête et reste fondamentalement humain.

C’est en reprenant le « Ayo Technology » de 50 Cent qu’il va se faire connaître. En 2008. Une version qu’il va désacraliser en l’épurant de sa bestialité pour lui insuffler une bonne dose d’humour. Mais le succès, il ne va le décrocher qu’à partir de 2011, en publiant son troisième elpee, « North And South ». Recelant une multitude de tubes, dont « Never Gonna Stop », « You And Me (In My Pocket) » et « Little in The Middle », il devient disque d'or, six semaines à peine après sa sortie en Belgique. Et s’écoule à plus d'un million d'exemplaires à travers le globe. Depuis lors, l'artiste enchaîne les tournées mondiales, à guichets fermés. Et son dernier périple est destiné à défendre son quatrième elpee, « Silver Linings », une œuvre dont les dix perles ont été enregistrées à Los Angeles, au célèbre studio Fairfax Recordings, qui a notamment accueilli, dans le passé, Fleetwood Mac, Neil Young et Nirvana. Lors des sessions, le Belge a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs. Notamment le fidèle guitariste Jo Francken, le producteur Kevin Augunas (The Lumineers, Cold War Kids) et l'ingénieur du son Clif Norrell (Bruce Springsteen, R.E.M.). Et parmi les autres musiciens, du claviériste Larry Goldings (Norah Jones, Maceo Parker), du batteur Matt Chamberlain (Smashing Pumpkins, David Bowie, Kanye West), ainsi que les gratteurs Val McCullum et Tom Vanstiphout.

D’ailleurs le Louvaniste nous rappelle qu’il y a 10 ans, il foulait les planches de cette même scène, dans le cadre de la finale du Humo’s Rock Rally. Il bavarde énormément entre chaque morceau. Le plus souvent en néerlandais et en anglais. Rarement en français. Il nous parle de sa rencontre avec Stephen Kellogg, de l'amitié, de la tournée, du bus de tournée, de son chien, des Etats-Unis ; et même de sa maman ainsi que celle de Tom, présentes dans la salle, sous le ton de la plaisanterie. Un discours qui finit cependant parfois par lasser…   

Le décor est dépouillé. On remarque la présence d’une petite estrade qui ne doit pas dépasser la quinzaine de centimètres pour accueillir à droite, le batteur, le bassiste ainsi que la choriste et à gauche le claviériste. Milow est en front de podium, tout comme Tom Vanstiphout qui va essentiellement se servir de la sèche et plus rarement de la guitare électrique. Assurant également les backing vocaux.

Le concert s’ouvre par une superbe reprise du « Blue Skies » d'Irving Berlin, un classique (1926 !) notamment interprété par Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Milow passe la plupart de son temps aux States. Et tant sa voix que sa musique ont pris une forte coloration américaine. Dans un style qui oscille du folk à la country en passant par l’americana et le bluegrass.

Pendant « Learning How To Disappear », morceau d'entrée du nouvel opus « Silver Linings », on a l’impression de traverser les plaines de la Californie à bord d’un 4x4, confortablement installé. Tout au long de son « You Don't Know », le public reprend les paroles qu’il connaît par chœur et réserve à l’artiste une formidable ovation. Un premier grand moment de ce spectacle qui débute à peine. Et autre hit, « Little In The Middle », déclenche une même réaction de l’auditoire. Qui n’est pas venu pour sauter, jumper, crowdsurfer, organiser des round circles ou se bousculer. Mais pour apprécier paisiblement le concert d’un crooner. « Echoes In The Dark », c’est la deuxième piste du dernier opus ; une jolie ballade au cours de laquelle Milow et la choriste se partagent les vocaux. Une chanson qu’on imagine parfaite pour danser un slow tout en enlaçant sa partenaire... Egalement issue du nouvel LP, « Wind Me Up » est une autre plage empreinte d’une grande tendresse. La voix, le chant, la mélodie et la musique : tout converge pour communiquer cette perception. 

Milow attaque « One Of It », une plus ancienne compo. Les spectres très sixties de Donovan et Dylan planent. Les cordes sont sublimes. Les accords efficaces. Nouveau titre du nouveau long playing : « We Must Be Crazy », un morceau tapissé en arrière-plan par le piano Hammond. Mais perso, je me concentre sur les vocaux et les deux grattes. Et honnêtement, c’est ce que je tente de faire depuis le début du show. La voix de Milow est très proche de James Taylor, tout au long du romantique « Building Bridges ». Quand on écoute Milow, on a le blues… Entre le public et Milow ainsi que Jo se crée une forme d’échange à deux voix provoquant un moment d'émerveillement lors de « Cowboys Pirates Musketeers ». Milow a 2 000 personnes dans le creux de la main et d’un coup de baguette magique les propulse dans les étoiles grâce à « She Might She Might », « Mistaken », « The Ride », « Ayo Technology », « You And Me (In My Pocket) » et « Against The Tide », qui clôt le set.

Après une petite pause, Milow revient seul armé de sa gratte interpréter « Out Of My Hands ». Le public est aux anges. Milow s'adresse alors à son public : 'Nog een liedje'. Il en voudrait encore jusqu’au bout de la nuit. Stephen Kellogg vient rejoindre son ami et complice. Et les deux compères  se lancent en duo pour deux derniers titres qui vont clôturer définitivement la soirée. Idéale pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

(Organisation Ancienne Belgique + Live Nation)

The Boxer Rebellion

Pas mal, mais pas phénoménal non plus…

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La soirée est un peu froide, normal l’hiver approche. Direction rue du Miroir, juste derrière la Grand-place de Mons pour, se rendre à l'Alhambra. Il y a une fameuse file d’attente à l’entrée pour obtenir son sésame. The Boxer Rebellion a attiré la grande foule. Faut dire que le groupe s’était déjà produit à Mons, et une relation privilégiée s’est établie entre le combo et le public local. En outre, le supporting act sera assuré par les régionaux de l'étape, Larko. Ca tombe bien, Larko vient de sortir un Ep 6 titres. Et il est venu nous le présenter ce soir.

Larko est issu de la Cité du Doudou. Aussi, de nombreux fans ont tenu à venir les encourager. Et c’est tout à fait normal. Le quatuor réunit le chanteur/guitariste Jean Tourneur, le claviériste Alexis Andrigo (NDR : un barbu coiffé d’une casquette), le bassiste Jérémie Gilbert et le drummer Timothée Huge, également préposé au sampler. J’avais assisté à leur concert, il y a au moins deux ans et suis heureux de revoir le quatuor en ‘live’. Pas un combo inconnu. Et pour cause, en 2009 il avait remporté le prix Franc'Off des Francofolies de Spa. Il a aussi pas mal bourlingué, assuré quelques scènes prestigieuses et participé à certains festivals. En 2011, il a publié son premier elpee, « Empathie » sur le label LDM (Les Disques Modernes). Après avoir pris une pause, il vient de graver un nouvel Ep, dont ils vont interpréter ce soir quatre morceaux.

Vu la présence du matos de The Boxer Rebellion sur l’estrade, il ne reste plus beaucoup d’espace pour la première partie. Les 4 musicos se sont donc postés en ligne à l’avant-scène. Le drummer à l'extrême droite, le claviériste au milieu, et les deux grattes à gauche. Jérémie va quand même s’autoriser quelques allers-retours entre les fûts et son pied de micro, afin de se dégourdir les jambes. Les textes sont chantés dans la langue de Voltaire. Et les nouvelles compos lorgnent davantage vers la pop et l’électro que le rock.

Après une petite « Intro », « Obsession » entre dans le vif du sujet. Le claviériste donne le ton. Il est appuyé par la section rythmique, même si c’est la basse qui aura finalement le dernier mot. Les accords de gratte dispensés tout au long de « Pour Une Heure » sont funkysants, dans l’esprit d’un Nile Rodgers. « Empathie » est un morceau qui a récolté un certain succès. C’est également le titre maître du premier LP, plus sauvage et plus rock. « 28 Janvier » est littéralement découpé par les riffs électriques. Mais le refrain est contagieux. « Ce Que tu Veux ». Je ne sais pas ! Une nouvelle compo pas mal torchée. « Lâcher Les Chiens » se singularise par ses lyrics réalistes. Des textes qui peuvent se révéler plus sombres, traitant de l’existence, de la guerre.

Plus électro, « Rotterdam » est une compo hymnique. Place ensuite à « Myself ». Le single. Qui fait l’objet d’un clip vidéo. Jean invite d’ailleurs le public à aller la découvrir sur la toile. Le set s’achève par « La Nuit », c’est-à-dire la piste qui ouvre l’Ep. Caractérisé par son ‘beat’ irrésistible et ses 'lalala', c’est une belle invitation à rejoindre le dancefloor tout proche. Encore une ou deux chansons et tout le monde jumpait. Trente minutes, c'est un peu court pour un groupe de cette trempe ; et en plus issu de la région. Bah, c'est aussi le rôle du support act de chauffer l’ambiance. J'espère bientôt revoir Larko en tête d'affiche.

The Boxer Rebellion est une formation que votre serviteur a eu le loisir de voir et d’écouter à trois reprises au Botanique de Bruxelles. Parce que sa musique me plaît. Le groupe a entamé une longue tournée pour présenter son quatrième opus studio, « Promises », déjà paru en 2013. Natham l'a annoncé, c'est la dernière date ; aussi on espère que les musicos vont se lâcher pour la circonstance. Le quatuor vient juste de publier un LP live, « Live At The Forum ». Le line up réunit Nathan Nicholson (chant, guitare, claviers), Adam Harrison (basse) Piers Hewitt (drums) et Andrew Smith (guitare).

En ouverture, le band attaque « The Gospel Of Goro Adachi » (extrait du long playing « Union »). Dans le passé ce morceau achevait en apothéose ses concerts. Permettant alors aux aficionados de les rejoindre sur l’estrade. Ce ne sera donc pas le cas ce soir.

Nathan a une voix très particulière, qui monte assez haut dans les aigus, un peu à la manière de Matthew Bellamy (Muse). Le très poignant « Take Me Back » en est une parfaire illustration. Les mélodies sont accrocheuses, mais quoique puissant le son n’est pas suffisamment net à mon goût. Je me déplace et me recentre près de la table de mixage. Tout au long de « Locked In The Basement » (NDR : un extrait du troisième opus « The Cold Still »), la voix de Nathan me paraît quelque peu étouffée par les autres instruments. ‘u2esques’, les guitares sont soutenues par des nappes de claviers légèrement agressives sur « Keep Moving ». Encore issu de « Union », « Evacuate » est une des perles de l’album. La voix, est alors proche de celle de David Jakes (chanteur de Lonely The Brave, une des nouvelles sensations du rock insulaire). Quant à l’expression sonore, littéralement poussée par la section rythmique, elle monte en crescendo avant d’atteindre son apogée. « The Runner » et « Diamonds » adoptent une structure semblable. « You Belong To Me » évoque un bonbon sucré qui fond lentement dans la bouche. Les problèmes de mixing semblent résolus. Faut dire que la configuration de la salle n’est pas de nature à faciliter la tâche de l’ingé-son. Nonobstant leur refrain immédiat, « Flight », « Semi-Automatic » et « Always » montent dans les tours. Sur « New York », bien soutenue par les drums, la voix de Nathan s’envole vers les sommets. Et elle atteint le sublime sur le dernier titre du spectacle, « Promises ». En fermant les yeux on l’accompagne dans la stratosphère…

Pas de final festif, mais un rappel de trois morceaux : « No Harm », « Spitting Fire » et « Watermelon ». Quoique content d’avoir retrouvé The Boxer Rebellion, je dois avouer que les musicos me paraissaient fatigués. Le band achevait sa tournée à l’Alhambra. Ce qui explique sans doute pourquoi la magie n’a pas opéré, comme les fois précédentes…

(Organisation : Mons 2015-Alhambra)

Bonnie Prince Billy

Un retour réussi!

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Tout passionné de country-folk ne pouvait manquer l’événement de ce jeudi soir, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Et pour cause, Will Odham, aka Bonnie ‘Prince’ Billy s’y produisait. Pas étonnant qu’on assiste également à une forte concentration de barbus. Mais c’était surtout l’occasion d’enfin (re)voir et (ré)écouter un des songwriters les plus influents de ces 20 dernières années. Le roi du country-folk avait fait le déplacement pour présenter son dernier album « Singer’s Grave a Sea of Thongues ». Et il a emporté dans ses valises The Caïro Gang et, ainsi qu’en guest star, Matt Sweeney.

Et le supporting act suscite déjà un intérêt particulier, puisqu’il s’agit de Xylouris White, soit le projet né de la rencontre entre l’extraordinaire drummer de Dirty Three, Jim White et le Grec George Xylouris, chanteur et talentueux joueur de luth. Et croyez-moi, Jim White est un véritable virtuose. Personnellement, je n’avais jamais assisté à un tel exercice de style à la batterie.  (Voir photos ici)

Le maître de soirée monte sur l’estrade à 21 heures pile. Matt Sweeney s’installe à sa gauche et Emmett Kelly à sa droite. Et comme guitariste, c’est loin d’être un manchot. Un batteur et un contrebassiste complètent le line up du band. Will Oldham arbore une belle barbe et comme tout musicien de country qui se respecte, il est vêtu d’une chemise à carreaux. Dès les premières notes, les sceptiques qui mettent en doute les qualités scéniques de l’Américain sont rassurés. Bien sûr sa voix est reconnaissable entre mille et est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Puis, il reproduit certains stéréotypes adoptés par la plupart des musiciens de country. Parfois, on se croirait en face de Cloney dans ‘O’Brothers’. Une gestuelle qui lui permet finalement de rendre ses compos plus expressives. D’ailleurs son set ne sera ni morose ni déprimant. L’air de rien, Bonnie ‘Prince’ Billy est même un fameux showman. Et puis, ses morceaux sont davantage électrifiés que sur disque. Il les adapte pour le ‘live’. Et c’est très bien ainsi. Difficile cependant d’identifier les morceaux du tracklisting, vu le gigantesque répertoire dont il dispose. Il est d’ailleurs allé puisé au sein de toute sa discographie au cours de la soirée, nous réservant même des plages issues de son chef-d’œuvre « I See a Darkness », dont le titre maître qu’il va interpréter d’une manière allègre et le magnifique « Death to everyone ». Il alterne morceaux plus ‘rock’ et tracks paisibles et émouvantes. Mais c’est lors des titres les plus calmes que le barde peut démontrer toutes ses aptitudes vocales, échangeant alors en compagnie de ses acolytes, de superbes harmonies vocales. Quant aux trois guitares jouées par les trois musicos, on peut affirmer que leur conjugaison était proche de la perfection.

Nous l’attendions depuis 5 longues années sur terres, et son retour n’a pas déçu. Finalement on peut affirmer que Will Oldham était toujours le Prince du country/folk… (Voir photos là)

(Organisation AB)

 

Benjamin Booker

On dirait le Sud…

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Souvent présenté comme l’enfant illégitime, né de la rencontre entre Jack White et Dan Auerbach, le jeune Benjamin Booker se produisait à la Rotonde du Botanique à Bruxelles, jeudi dernier. La météo rock annonçait donc une salve de riffs crapuleux et une ambiance rock’n’roll à souhait !

C’est une salle archi-comble qui accueille le natif de Virginia Beach (NDR : c’est en Virginie). Pour la circonstance, le chanteur/guitariste est flanqué d’une section rythmique (basse/guitare) particulièrement efficace. Sans adresser le moindre mot au public, Benjamin Booker parvient aisément à capter son attention, grâce à la ses compos percutantes ainsi qu’à son attitude très rock’n’roll rappelant les fantômes de ses ancêtres bluesman de la ‘Bible Belt’ du Sud des States. A peine âgé de 25 printemps, le tout petit Benjamin (NDR : non, non, je vous assure qu’il n’est pas plus grand que votre serviteur…) semble avoir écumé les saloons en compagnie de Blind Willie Johnson ou de Jeffrey Lee Pierce, dès qu’il a pu tenir une guitare en mains… Le set baigne indéniablement au sein d’une atmosphère sudiste, même si la voix irrésistible et enrouée de Booker me fait souvent penser à celle d’Adam Stephens de Two Gallants. Entre folk US et garage rock, les ambiances sont variées et le show atteint d’ailleurs son point culminant émotionnel sur une comptine americana au cours de laquelle Benjamin Booker délaisse sa guitare, le drummer troque ses fûts contre un banjo et le bassiste sa basse pour un violon… on se croirait alors plongé dans le Bayou en pleine Louisiane ! Particulièrement en forme ce soir, le jeune prodige va nous livrer plus d’une heure d’un show impeccable qu’on espérait cependant plus long. Le trio termine son set aussi bien qu’il ne l’a débuté mais, en affichant une évidente morgue rock’n’roll, il quitte la salle sans un merci, sans un rappel, mais avec un grand sourire témoignant d’un plaisir réciproque… Ce soir à la Rotonde seule la musique –authentique– comptait. Pas étonnant que l’animal ait tourné en compagnie de Jack White…

(Organisation Botanique)

 

JOY

Plus rock, tout simplement

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Le ‘Dôme des Découveres’ accueille ce soir, l’ex-leader de Venus, Marc Huyghens. Il n’aime pas trop qu’on revienne sur le sujet. Donc, je n’en parlerai plus. Marc et Françoise Vidick ont fondé Joy, que la violoncelliste Anja Naucler est venue rejoindre au moment de l’enregistrement du tout premier elpee. Eponyme, par ailleurs. Le second, « All The Battles » vient de sortir. Anja ne participe plus à l’aventure. Elle a été remplacée par Katel, préposée à la guitare ou à la basse. La Rotonde est bien remplie.

Un duo assure le supporting act. L’un d’entre eux joue de la sèche et l’autre déclame, tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare, pendant que des vidéos sont projetées sur un écran. Le spectacle ne me botte pas du tout. Et je m’éclipse pendant les 30 minutes de leur prestation.

A travers Venus, formation belge majeure des 90’s, Marc Huyghens s'était joué des codes en introduisant des instruments atypiques, en communiquant une dimension théâtrale à son show et en s'imposant grâce au désormais classique "Beautiful Days", un hymne à la joie au texte désespéré. Marc est venu défendre son second opus solo, « All The Battles », paru chez Caramel Beurre Salé, le 3 octobre 2014. Après avoir gravé un premier elpee qui laissait une belle place au violon et à la contrebasse, le second adopte un format plus rock et plus insulaire. Il a été enregistré sous la houlette du maître du son organique, John Parish (PJ Harvey, Eels), et masterisé par John Dent (Radiohead, Goldfrapp). En à peine vingt jours de sessions.

Le trio ouvre le set par une nouvelle compo, « Drift And Drive ». La voix de Marc domine l’expression sonore. Les percussions de Françoise Vidick sont singulières. En fait, elles émanent de deux toms basse. « Jab The Fix », « Sunday And I » et « All The Battles » sont des plages issues du nouvel elpee. Et manifestement elles sont plus rock, moins cérébrales. Plus accessibles, aussi. A l’instar de « Mirage » pour lequel la basse a remplacé le violoncelle. Caractérisé par ses harmonies vocales envoûtantes, « 1924 » est plus calme mais troublant. Joy attaque deux plages du premier long playing, « The Long Way Around The Sea » et « Vertigone ». Piste contagieuse, « DNA » libère une belle intensité. « The White Coat » et « Great Fire » sont aussi deux compos issues du dernier elpee. On se rend alors compte, à travers ces deux titres, du souffle irrésistible que John Parrish est venu leur insuffler. Et le set de s’achever par « Golden Gun », encore un extrait du dernier LP. Une prestation qui a duré 60 minutes. Pas une de plus. Enfin, avant le rappel, au cours duquel JOY va nous réserver Life » et « Empire », deux titres particulièrement puissants. Un excellent concert !

(Organisation : Botanique)

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