Cette journée des Nuits du samedi 23 mai est consacrée au style rock indie / post-punk et au programme, figurent quelques véritables brûlots, parfaitement en phase avec la chaleur étouffante qui inonde le site du centre culturel.
Neuf ans après leur premier passage aux Nuits, avant Sleaford Mods, Shame revient à Bruxelles et l'énergie est intacte. Le groupe de post-punk londonien n’a rien perdu de sa fougue scénique. Le chanteur et frontman, Charlie Steen, torse nu et habité, a une nouvelle fois dirigé le public en faisant preuve d'une autorité presque animale, transformant l'espace de la Fountain Stage en une fosse à pogo.
Dès le premier titre, « Concrete », le ton est donné : urgence, sueur et rage. Les morceaux plus récents issus de “Cutthroat”, “Cowards Around”, “Nothing Better”, “Quiet Life” et “Lampião“ tiennent magnifiquement la route. Le son, cependant, est assez brouillon, mais n'est-ce pas là une des caractéristiques du punk ? ‘On va vous jouer du folk allemand !’, ironise Steen et la formation se lance dans un dernier galop effréné ponctué par “One Rizla” et “Cutthroat”.
A peine remis de ce déferlement d'énergie brute, les festivaliers sont ensuite invités à se déplacer vers l'Orangerie. ’Here comes the Suuns’, pourrait-on chanter, en paraphrasant les Beatles ! Depuis leur formation, en 2007, à Montréal, les Canadiens de Suuns construisent un univers sonore hypnotique et ce, en affichant une maîtrise impressionnante. Ils laissent s'entremêler indie-rock, krautrock, shoegaze et neo-psychedelia, révélant un style unique et novateur. Emmenés par Ben Shemie, Ils assurent une prestation remarquable, principalement axée sur leurs nouvelles compositions, tout en offrant, en clôture, une superbe interprétation de leur classique « 2020 », sorti en 2013. Un vrai régal !
Retour vers la Fountain Stage pour découvrir la sensation post-punk de ces dernières années : Molchat Doma. Le trio biélorusse est un véritable OVNI. Il est passé du statut de groupe obscur à celui de stars internationales, grâce à "Судно" (’Sudno’, qui signifie ‘Vaisseau’), un morceau qui est devenu viral suite aux vidéos sur Tik-Tok, capitalisant des centaines de millions de vues sur les différentes plates-formes.. Au cours des dernières années, leur son a évolué pour incorporer des sonorités électro.
Sur les planches, c'est le chanteur, Egor Shkutko, qui est le point focal de l'attention. Vêtu d’une longue robe noire et arborant une barbe fournie, il offre un spectacle visuel pour le moins singulier. On pourrait le comparer à un Raspoutine postapocalyptique. Ses déhanchements sont saccadés et sa voix caverneuse donne à l'ensemble une tonalité mélancolique typiquement slave. La setlist s'articule autour de leur dernier album, l'excellent ’Belaya Polosa’ (’White Stripe’), paru en 2024 sur le label américain Sacred Bones Records. Epinglons la magnifique compo “III”, rehaussée de sonorités de synthés hypnotiques, empruntés à la new-wave mais aussi au krautrock. Le public, présent en nombre, réserve un accueil triomphal à la formation biélorusse, qui a prouvé qu'elle était bien davantage qu'un phénomène TikTok !
Signalons qu'en lever de rideau, Sword II, le band d’Atlanta, avait séduit les festivaliers grâce à ses sonorités très 90’s, bien présentes sur leur album « Electric Hour ». Cameron Picton, ex-bassiste de Black Midi, avait, quant à lui, présenté son nouveau projet My New Band Believe, dont le premier opus éponyme est paru il y a peu. On avait pu découvrir une musique ambitieuse, à la croisée du folk baroque et de la pop intimiste, sublimée en ‘live’ par une instrumentation riche et théâtrale.
L’affiche proposait également Maria Somerville • Horse Lords • Ugly • Stonks • Rafael Toral • Sergeant • Truthpaste • The Family Men • Yamila • Alice George Perez • Amanda Mur.
Molchat Doma + Shame + Suuns
(Organisation : Botanique)

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