Westside Cowboy, et ça continue…

Westside Cowboy publiera son premier elpee, It Goes On, le 21 août 2026 chez Island Records. Fondé à Manchester il y a trois ans, le quatuor réunit Jimmy Bradbury et Reuben Haycocks aux guitares et au chant, Aoife Anson O’Connell à la basse et au chant, ainsi…

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Dour festival 20026 : samedi 18 juillet

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Et de trois ! Une journée supplémentaire commence à peser dans les guiboles. Même si le site paraît moins étendu cette année, il faut encore avaler pas mal de kilomètres, les podiums restant bien éloignés les uns des autres.

Les températures, plus respirables que lors des deux jours précédents, offrent un vrai répit aux festivaliers.

La journée se place sous le signe de la détente et de la découverte. Votre serviteur file donc vers la Petite Maison dans la Prairie, l’un des hauts lieux du rock, pour y écouter une toute jeune demoiselle du nom de Théa.

Propulsée par une ascension rapide sur le circuit indépendant francophone, Théa s’impose comme une voix singulière, entre urgence punk, esthétique pop et production électronique acérée.

Elle passe sans peine des climats intimistes de « Echo » ou « PTSMR » aux décharges sonores de brûlots tels que « h4rdro0ck3r ». L’autrice-compositrice-interprète s’est taillé une solide réputation sur les planches. Habituée des clubs underground et des tremplins alternatifs qui l’ont aguerrie, elle promène aujourd’hui sa gouaille et sa rage sur les grands podiums de festivals, auprès d’une jeunesse en quête d’authenticité brute.

Sur les planches, le regard accroche d’abord une batterie rose installée au milieu des projecteurs, tandis que les amplis, placés à l’opposé, affichent le même coloris flashy. À les voir ainsi trôner, on croirait presque le matériel sponsorisé par la Commune de Boussu, voisine du festival, dont le rose passe pour la couleur préférée de la Bourgmestre, affectueusement surnommée Barbie dans l’intimité. C’est dire !

Théa ne s’embarrasse pas toujours de délicatesse, et c’est précisément ce qui nourrit sa force. Tandis que résonnent des titres percutants comme « Hannah Montana », « Allo ? C Moi » ou l’euphorique « Enfants D’la Rave », elle livre ce soir « Bby me laisse pas », composition faussement nostalgique traversée par des beats proches de l’électro-rock. Elle n’abandonne jamais son goût pour le récit cru, notamment sous « Anxiolytiques » et son refrain cathartique – On a baisé une dernière fois. C’est fin, c’est frais et ça se mange sans faim.

Entre deux décharges sonores comme « Guillotine » ou l’entêtant « Cavale ! Cavale ! », l’artiste dessine un versant plus nuancé et réellement intéressant.

Ses textes, chargés d’une rage manifeste, parlent à une foule jeune qui semble connaître l’artiste sur le bout des doigts. Elle scande d’un même élan des titres comme « Qui Fera Taire les Kidz Fucked Up ?? », plus portée à vibrer collectivement qu’à reprendre sagement des refrains balisés.

Au cœur de cette déferlante électrique, le set prend soudain une tournure plus intime grâce à « Juste ami ». En version piano-voix, le registre change, et son grain vocal particulier trouve pleinement sa place, laissant entrevoir une fragilité plus directe.

Fidèle à ses convictions et à l’esprit frondeur de ses prestations, l’artiste ponctue aussi son passage de prises de parole antifascistes et antiracistes, qui donnent une autre portée au concert.

Une chose est sûre : le passage de Théa à Dour ne laisse guère indifférent. C’est cru, brut et sincère.

À une encâblure de là, la curiosité de votre serviteur le pousse vers l’Atelier, non pas pour bricoler, mais pour y voir Lézar. Pas l’animal, mais la formation, pardi !

Né dans le bouillonnement du circuit alternatif, Lézar s’est peu à peu faufilé dans le paysage musical en cultivant une esthétique singulière, loin des sentiers battus.

Nourri d’influences éclectiques, le projet s’est structuré au fil des répétitions et des passages locaux, jusqu’à trouver sa place dans l’effervescence de grands rendez-vous comme Dour.

Sur l’estrade, le quatuor réunit guitare, basse, batterie et chant, ce dernier incarné par une chanteuse à la présence affirmée.

L’univers proposé se situe à mille lieues de l’ambiance nerveuse à laquelle votre serviteur venait de s’habituer. Il doit bien se rendre à l’évidence : préférant d’autres horizons, il décide sagement de changer de crèmerie.

Et la déception ne s’invite pas au programme. Bob Vylan constitue sans doute l’une des belles surprises de cette édition 2026.

L’hémicycle de la Petite Maison dans la Prairie affiche complet. Signe que le spectacle annoncé risque de secouer les lieux.

Originaire de Londres, Bob Vylan réunit Bobby au chant et Bobbie à la batterie. À la croisée du punk, du rap et du rock alternatif, le duo s’est rapidement taillé un nom sur le circuit international grâce à des prestations viscérales et à un engagement politique tranché, qui bousculent les codes des grands festivals européens.

Sur le podium, un grand écran occupe l’arrière-plan. S’y succèdent des images de nature et, surtout, des textes politiquement engagés. La configuration s’avère minimale : un chanteur, un batteur et une bande-son percutante, qui renforce les compositions du duo.

La musique de Bob Vylan secoue d’emblée : elle respire une énergie foutraque et nerveuse.

Dès les premières notes de titres comme « We Live Here », « Down » ou l’explosif « GYAG (Get Yourself a Gun) », le ton est donné.

Le frontman, engagé et tendu comme un ressort, ne tient pas en place. Il bouge, sautille sans discontinuer et galvanise la foule au rythme de morceaux incisifs tels que « Makes Me Violent », « Take That », « Northern Line » ou le cynique « Sick Sad World ». Qu’il enchaîne l’urgence de « Ring the Alarm », la lourdeur moite de « Wicked & Bad » ou l’ironie mordante de « Pretty Songs », il occupe l’espace scénique par une intensité constante.

Entre « I Heard You Want Your Country Back » et l’implacable « Hunger Games », on retient aussi l’hommage rendu à Stephen Lawrence.

Pour rappel, ce jeune étudiant noir britannique de 18 ans a été assassiné en 1993 à un arrêt de bus de Londres, lors d’une attaque raciste qui a profondément ébranlé le Royaume-Uni et mis en lumière les failles institutionnelles ainsi que le racisme systémique de la police britannique.

En invoquant sa mémoire, le duo ancre sa prestation dans une réalité historique et militante forte. Rage, mémoire et frontalité : voilà le triptyque Bob Vylan.

Pour terminer cette journée, place aux déjantés de TVOD. Derrière cet acronyme ne se cache pas une chaîne de télévision, mais une bande de joyeux lurons déchaînés dont l’objectif consiste à contenter une foule exigeante musicalement.

Dans la lignée des formations qui raniment l’urgence du rock indépendant, TVOD s’est forgé une solide réputation au fil de prestations intenses. Entre nostalgie vénéneuse, énergie post-punk et tension abrasive, le sextuor s’impose comme une valeur sûre à suivre sur les scènes alternatives européennes.

Sur les planches, le line-up est complet et généreux : une batterie, une basse, deux guitares, un clavier et un chant. Côté style, le frontman annonce la couleur grâce à un t-shirt jaune à manches longues flanqué du logo Martini, clin d’œil rétro assumé qui donne le ‘la’ de la performance.

La formation délivre une sonorité héritée des années 80-90. Dès que résonnent « Uniform », « Pool House » ou l’implacable « Car Wreck », les guitares suintent la distorsion et le batteur claque ses baguettes sur les fûts par une précision rageuse, rappelant la grande époque des vieux briscards du rock.

Mais les frasques survoltées du chanteur justifient à elles seules le détour et propulsent le show dans une zone délicieusement foutraque. Il court, hoche la tête frénétiquement et sautille sans répit sur des salves sonores telles que « Super Spy », « MUD », « Ex-Boyfriend Beat » ou le cinglant « Clorox ». Entre deux accélérations sauvages comme « Pilots », « Rerun » ou le percutant « PIT », il mène la danse de bout en bout, pour le plus grand bonheur des aficionados massés au pied du podium.

Alors que la tension grimpe au son de « Meetings », « Wet Brain », « Wells Fargo » et de l’hymne incandescent « Party Time », le set s’embrase pour de bon.

Sous les vagues sonores hypnotiques de « Alien » et de l’entêtant « Mantis », les musiciens finissent par emboîter le pas de leur gourou. Dans un élan collectif, la troupe entière s’abandonne à un final où elle s’écroule sur les planches, couchée au sol et happée par la transe.

Nostalgie, transe et sueur : TVOD vient à bout des derniers organismes encore debout.

Plus rien de vraiment apaisant n’apparaissant au menu, votre serviteur préfère tourner les talons et parcourir les quelques kilomètres qui le séparent de son cocon.

(Organisation : Dour festival)

Informations supplémentaires

  • Date: 2026-07-18
  • Festival Name: Dour festival
  • Festival Place: Parc éolien
  • Festival City: Dour
  • Rating: 8
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