Le cinquième jour du festival est plutôt propice à la détente. Un jour où l’on flâne, où il nous est loisible de faire des découvertes, outre celles que nous offrent les grandes scènes. Deux immanquables figurent cependant au programme du jour : Franz Ferdinand et Tame Impala…
Day 5
Et, pour commencer ce dernier jour sur l’île, nous assistons à la prestation de Figli De Madre Ignota, un groupe italien qui pratique du Spaghetti Balkan. C’et ainsi qu’il définit son style, c’est-à-dire une mixture de klezmer et de musique rom, le tout soutenu par un brass band et tamisé de folklore italien. Une mise en scène divertissante et une expression sonore pluriculturelle, marques de fabrique constantes de la programmation du 2013 qui, une fois de plus, va remuer la foule.
L’un des concerts les plus attendus du Sziget a failli être annulé pour quelques cacahuètes qui ont provoqué une violente réaction allergène chez Alex Capranos, le leader du combo Franz Ferdinand. Allergique aux arachides, ce dernier aurait été assommé pendant près d’une heure avant le concert. Plus de peur que de mal. Tout est vite rentré dans l’ordre et le groupe portant, par un étrange concours de circonstances, le patronyme de l'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche (Franz Ferdinand en allemand), a enfin pu se produire.
C’est, en effet, au Sziget que le quatuor écossais a choisi de venir présenter en exclusivité les premiers morceaux de son quatrième album, « Right Thoughts, Right Words, Right Action », dont la date de sortie est prévue pour le 26 août prochain. Un festival particulièrement apprécié par le combo glaswégien qui va souligner, en direct, son affection privilégiée pour ses qualités croissante d’organisation. Un troisième passage pour le groupe sur l’île de la Liberté qui ne manquera pas de se faire remarquer.
Pendant toute la prestation, ils vont régner, dans toute leur splendeur, sur cette île baignée par les eaux du Danube. Le public subjugué, assujetti, s’est régalé, de bout en bout, du show offert par les Ecossais. Les festivaliers les célébraient à leur manière en dansant sans arrêt. Un concert original au cours duquel le band a livré du nouveau sans oublier les classiques. En effet, outre quatre nouveaux titres, « Right Action », « Love Illumination », « Stand On The Horizon » et le très étonnant funk/hip-hop « Evil Eye », les quatre musiciens ont pris beaucoup de plaisir à revisiter leur répertoire de manière originale (« Michael », « Take Me Out », « Outsiders »), parfois avec une pointe d’improvisation dédiée au public hongrois sur « Do You Want To ». Sans oublier la reprise de Donna Summer (« I Feel Love ») et quatre généreux rappels (« Jacqueline », « The Fallen », « Goodbye Lovers & Friends », « Uysses »), end of the story. Tous les ingrédients pour plaire et faire le bonheur du public. Bref, les spectateurs n’ont pas été déçus.
Et puisqu’on parle de déception, le concert d’Empire of the Sun sera exemplaire, à cet égard. Le prototype même du show où se conjuguent divers facteurs pour vous pourrir la fête. Des impondérables qui font que ça foire irrémédiablement. Un agent de sécurité qui se fait remarquer par son excès de zèle et vous met des entraves pour entrer dans la fosse, une tente plus adaptée à la techno qu’à la pop électronique, une sensation d’étouffement qui vous incite à jeter l’éponge pour rejoindre au plus vite le concert suivant. Sorry, les gars. Ce sont des choses qui arrivent.
En revanche, Mika (samedi) et David Guetta (dimanche) pour clore les deux dernières soirées de la Pop-Rock Main Stage posent, à mon sens, un gros problème de programmation.
Il est vrai que le plus grand fouteur de (gueule) disque le mieux payé du monde avait sorti son artillerie lourde pour essayer de noyer le son. Une mise en scène impressionnante : jeu de lumières hallucinant, pyrotechnie digne des plus grosses ferias ibériques… Un visuel qui donnerait presqu’envie de rester pour terminer ces 7 jours de fêtes… si l’on coupait le son !!!
Une plaine noire de monde (le site accueillait plus de 50 000 personnes sous piles électriques) qui, fort heureusement, nous a offert le luxe d’aller voir en parallèle les Australiens de Tame Impala, sous l’A38, dans des conditions optimales.
Les premiers cris perçus sous ce chapiteau, lors de notre arrivée, sont ceux d’un public enthousiaste qui hurle en chœur un joyeux ‘Fuck David Guetta! Fuck David Guetta!’. Chacun son école !
Il faut dire qu’après avoir participé aux plus gros festivals du monde et avoir reçu des critiques unanimement positives, Tame Impala fait partie de ces groupes ou artistes les plus remarqués en ‘live’, lors de cette année 2013 (NDR : coupable d’un concert exceptionnel au Primavera Sound de Barcelone !) Une musique rock psychédélique aux visions futuristes qui passionne et hypnotise l’auditoire. Les lignes sont floues, chaque note est un road trip musical passant des sixties à aujourd’hui. Les cinq Australiens se servent de guitares et de claviers cosmiques pour créer des atmosphères visionnaires. Des atmosphères tout en puissance qui ne sacrifient pas le subtil. Un son onirique sublimé d’un délicieux visuel hallucinogène qui pousse le spectateur au voyage. Un voyage garanti sans LSD !
Plus tard, un retour sous l’A38 s’impose pour écouter le ‘live’ électro de notre compatriote anversois Boris Daenen aka Netsky. Lieu où son Drum & Bass et son liquid funk ont royalement bouté le feu.
Un tour encore par l’Ambient Tent, un chapiteau idéal pour se détendre et se reposer avant d’attaquer la Roma Tent où le concert des Serbes de Slobodan Salijevic Orkestra transforme de nouveau la tente tzigane en une authentique et interminable fête. Un bel exemple de convivialité et de variété souhaitée par l’organisation du prestigieux festival. Un endroit où il fait bon vivre.
À l’année prochaine.
(Voir aussi notre section photos ici)

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