La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Suede 12-03-26

Lokerse Feesten 2015 : samedi 8 août

Écrit par - -

C'est le neuvième jour que votre serviteur arpente le Groote Kaai, dans le cadre des Lokerse Feesten, un festival qui s’étale sur 10 jours. Remarquablement organisé, il prend soin du festivalier. Une seconde scène, la Red Bull Elektropedia Room, est destinée aux nightclubbers ; c’est-à-dire à une majorité de djeuns. Quelques grosses pointures de la techno et de l’électro y sont programmées. Votre serviteur commence à avoir mal aux guiboles ; mais pour être beau (par la musique), il faut savoir souffrir.
Ce soir, Giorgio Moroder (71 balais) se chargera du Dj set alors que la tête d’affiche sera assurée par Nile Rodgers (68 ans). Fondateur de Chic et père du funk moderne, ce guitariste hors pair a notamment produit Bowie, B52’s, Mick Jagger, Madonna et Duran Duran...

Mais le premier artiste à grimper sur l’estrade, c’est Tourist LeMC. A ce jour, il a gravé un elpee, « En Route ». Les lyrics sont interprétés dans la langue de Vondel. Drivé par le rappeur anversois Sergio Herman, sorte de troubadour des temps modernes, ce crew réunit des potes. Notoire au Nord de la Belgique, il ne manque pas de talent. En fait, il n’explore pas seulement le hip hop, mais aussi des tas d’autres styles, comme le folk, le reggae, la country ou la pop. Des genres qu’il maîtrise à la perfection, tout en soignant le sens mélodique de ses compos. Parfois même son univers devient visionnaire, nous entraînant au cœur des grandes plaines de l’Ouest des States, à l’instar d'un Milow. Et puis, il n’en est pas à une collaboration près ; il a ainsi bossé en compagnie de Flip Kowlier pour pondre « De Troubadours », une véritable perle.

« En route » est ici alimenté par des tas de cordes acoustiques, mais pas de banjo, comme sur l’opus. Une instrumentation au sein de laquelle on retrouve néanmoins, de la guitare, de la clarinette et du violoncelle. Un chouette moment !

Quand on évoque Ostende, on pense à sa plage et aux moules. Mais aussi à James Ensor et Arno. La ville balnéaire devra aussi bientôt compter sur The Van Jets. La colonne vertébrale du band est assurée par une fratrie depuis 2003, en l’occurrence les frères Verschaeve. Gagnant du ‘Rock Rally’ en 2004, le band est responsable de quatre long playings à ce jour ; et le dernier s’intitule « Welcome To Strange Paradise », un disque produit par l'Anglais Leo Abrahams (Jon Hopkins, Brian Eno). Le band était d’ailleurs venu le défendre –brillamment– à l’AB. Et puis The Van Jets est presque devenu un résident des Lokerse Feesten. C’est déjà la troisième fois qu’il figure à son affiche.

Grand, Johannes –le chanteur– est coiffé d’un chapeau mou. Il a enfilé un pantalon noir trop court. Ses chaussettes et ses baskets sont de couleur rouge. Personnage charismatique, il fait chavirer les cœurs de l’auditoire féminin. A plusieurs reprises, il va au contact de la foule, au sein de laquelle il va prendre quelques bains…

Le set s’ouvre par « Welcome To Strange Paradise », le titre maître du dernier LP. Et dès le départ, c’est le chaos dans la fosse. Pop/rock, le style du combo est très susceptible de déraper dans le glam, mais également de se convertir à l’électro. Tout en préservant ce sens mélodique spécifique et –ma foi– contagieux…  

Nile a marqué la musique des 4 dernières décennies. Ses accords de gratte, il les a plaqués sur des tas de disques, et notamment ceux de Madonna, Bowie, Daft Punk, INXS, Sheila, Sister Sledge et bien-sûr Chic, combo qu’il avait fondé en compagnie de son pote Bernard Edwards, décédé en 1996…

Le backing group est constitué de quelques pointures : deux claviéristes/vocalistes (Richard Hilton et Selan Lerner) sont installés à chaque extrémité de l’estrade. Raph Rolle se charge des drums et des backing vocaux. Jenny Barnes se consacre à la basse. Deux cuivres : le trompettiste Steven Jankowski et le saxophoniste William. Enfin, Nile est entouré de deux choristes, Folami Thompson et Kimberly Davis-Jones. Un artiste resté humble malgré sa notoriété. Pour avoir eu la chance de le rencontrer en 2011, votre serviteur peut le confirmer. Nonobstant son âge, le papy est en pleine forme. Il monte le premier sur le podium. Souriant, tout de blanc vêtu, son rituel bandana lui enserrant les cheveux coiffés en dreadlocks, il sonde la température de l’auditoire et immortalise l’événement en prenant quelques photos à l’aide de son iPhone. Cool, il discute longuement et sans complexe avec son public. Un public composé de nostalgiques des boules à facettes, mais également de novices et de curieux.

Le show s’ouvre par deux brûlots qui ont enflammé les pistes de danse, sous la ‘mirror ball’ : « Everybody Dance » et « Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah », deux plages issues du long playing « Chic », gravé en 1977. Nile et ses deux choristes font face au drummer qui incite le public à frapper dans les mains. Jenny et Raph constituent une section rythmique d'enfer. Les choristes n’hésitent pas à pousser leurs voix dans les derniers retranchements. Nile se déplace de gauche à droite et invite la foule à chanter. Le Groote Kaai est transformé en immense dancefloor. Dès le troisième morceau Rodgers interroge les festivaliers, et demande à celles et ceux qui l’ont déjà vu en ‘live’, de se manifester. Finalement, de nombreuses mains se lèvent… Les versions de 2015 sont différentes de celles enregistrées en 1977. Davantage funk, techniquement plus élaborées et pas du tout disco. Rodgers et Edwards avaient notamment signé deux compos pour Diana Ross, « I'm Coming Out » et « Upside Down ». Tout au long de ces deux titres, des vidéos réactualisées sont projetées en arrière-plan. A ce moment, ce sont les filles qui mènent la barque, même si funkysant, le morceau est balisé par la six cordes de Nile. En fermant les yeux, des images défilent dans la tête…

Chic a également prêté sa plume à The Sister Sledge. Bien soutenu par les cuivres et les chœurs, il se réserve alors le micro pour « He's The Greatest Dancer », « Lost In Music » et « We Are Family ». Nile avoue à l’assistance, qu’il adore se produire en Belgique ; surtout pour la qualité de ses festivals. Il n’a pas oublié son ami Bernard Edwards, disparu des suites d’une pneumonie. Et tout au long de « Chic Cheer » (« C'est Chic », 1978), son âme plane sur le Groote Kaai… Nile évoque également son cancer, qu’il est parvenu à vaincre et la fondation qu’il a créée pour la recherche, 'Planet C'. Les hits composés pour d’autres artistes défilent : « Notorious » (Duran Duran), « Spacer » (Sheila), « Thinking Of You » (The Sister Sledge), « Lady (Hear Me Toninght) » (NDR : pour lequel le band français Modjo avait créé un sample du « Soup For One » de Chic) et « Like A Virgin » (Madonna). Sans oublier l’incontournable « Let's Dance » (Bowie), une version rock vitaminée au cours de laquelle le batteur va se mettre en vedette, en se consacrant aux vocaux. Pendant le « Get Luky » (Daft Punk) la foule reprend le refrain en chœur. Après « My Fobidden Lover », « I Want You Love », « Le Freak » et « Good Times », le set s’achève par « Rapper's Delight », un final au cours duquel plus de 20 personnes sont invitées à grimper sur l’estrade.

Chic vient de publier son premier album depuis 23 ans : « It's About Time ». Une compile d'anciennes chansons inachevées, entamées au cours des eighties, dont on ne retiendra que « I'll Be There » et « Back In The Old School ». Des adaptations qui sentent quand même le réchauffé, même si elles ont été mitonnées à la sauce contemporaine. Bref le show a quand même duré 120 minutes. Et Nile Rodgers ne quitte le podium que lorsque tout le matériel est embarqué. Impossible de le mettre dehors. Il présente même l’artiste qui le suit, Giorgio Moroder, un autre illustre personnage qui lui, a marqué les 70’s. Et s’attarde même backstage, en compagnie de quelques aficionados qui ont la chance de le rencontrer.

Bien que natif d’Italie, Mr Giorgio Moroder salue la foule 'In een perfect Nederlands'. Le Transalpin a délaissé le disco –et par la même occasion la boule à facettes– mais il va tenir la foule en haleine. Malgré l’heure tardive (NDR : il est 2h00 du matin), il parvient également à transformer le Groote Kaai en dancefloor. Une superbe soirée avec un grand 'S' !

Giorgio Moroder + Nile Rodgers Feat Chic + The Van Jets + Tourist LeMC

(Organisation : Lokerse Feesten)

(Voir aussi notre section photos ici)

Informations supplémentaires

  • Date: 2015-08-08
  • Festival Name: Lokerse Feesten
  • Festival Place: Groote Kaai
  • Festival City: Lokeren
  • Rating: 0
Lu 1682 fois