Cette année, la finale de Concours-circuit a puisé ses graines de star dans une cuvée de pop rock caféiné. Les cinq finalistes semblent avoir affronté autant leurs compositions que leur énergie. De l’ambiance générale, on retiendra des mines échevelées, des gestes explosifs, des mises en scène corsées. (C.P.)
Il revenait à la formation The Archbishop d’ouvrir le concours. Un quatuor namurois qui aurait presque pu postuler à la version rock dur du Court-circuit (NDR : c’est pour la saison prochaine !) Surtout à cause du guitariste. Casquette et veste en cuir laissant apparaître son torse nu. De grande taille. On le verrait bien intégrer n’importe quel gang de Hells Angels. Et sa technique sur la râpe est plutôt impressionnante. Le chanteur porte la barbe. De couleur rousse comme ses cheveux. Il possède un bon timbre vocal. Mais ses inflexions passent complètement à travers. Parfois on a l’impression qu’il chante faux. Il joue aussi de la guitare rythmique. A propos de rythmique, la section ne manque pas de punch, mais elle ne parvient que trop rarement à canaliser correctement les compos. Si bien que souvent, on a l’impression que chaque musicien joue sa propre partition.
Alpha 2.1. maîtrise bien son électro-rock glamour. Suffit d’observer les airs lascifs du vocaliste, enrobé d’un boa blanc. Deux guitares, basse, batterie pour faire exploser le rock’n’roll ; clavier, synthé et platine pour arrondir les angles à coups de courbes électroniques. Un peu ‘too much’ quand les chœurs en ouhouh et ahahah s’épanchent dans une inondation baroque. Trop consensuel quand les douceurs sucrées évoquent Tahiti 80. Accrocheur quand les percussions prennent la main. Et au final, on se laisse emporter sans trop de résistance par cette fusion cohérente des angles et des courbes.
Après l’univers enfumé d’Alpha 2.1., papa dada goûte l’eau fraîche. C’est pop au possible. Spontané là où c’est imparfait. On est surpris par le manque d’assurance de cette voix sur le fil du rasoir, dont les inflexions semblent empruntées à Billy Corgan des Smashing Pumpkins. Perplexe vis-à-vis des imperfections des arrangements. Mais agréablement surpris par la fraîcheur des chansons. Et ça emporte en tout les cas le cœur de l’assemblée. On se laisse en effet gagner par la détermination du piano aux mélodies balle magique –dans la lignée du ‘pop song’ de Vénus– (NDR : à moins que ce ne soit dans l’esprit de Ben Folds), qui compense largement l’absence de guitare. Et quelque part, ça fait mouche.
Bikinians, quant à eux, se distinguent par leur professionnalisme. Pas une bavure ; contrairement à papa dada, la voix est parfaitement maîtrisée ; on sent les gestes sûrs et déterminés, les compositions travaillées au millimètre. Rien n’est laissé au hasard et l’explosion punk-rock ne laisse pas un instant de répit. On regrette le sens mélodique parfois assommé par ces guitares cinglantes mais une chose est sûre, en creusant un peu plus, on se lassera du manque de variété des compositions. Mais sans réfléchir trop au comment ni pourquoi, c’est diablement efficace. Par contre, la formation repassera pour l’attitude. Un peu trop sophistiquée pour un style qui se veut garage. Voire même complètement décalée par rapport à l’image crade, malsaine, rageuse, que ce type de musique véhicule habituellement (NDR : pensez aux Strokes, aux Vines, et même aux Stones de la mi-sixties)
OK Cowboy ! monte sur les planches. Ils sont ‘tout feu tout flamme’. Le spectacle fait dans la séduction. Droit au but. Poses sexy, décolleté non ménagé, danse sensuelle. Des rythmes aux amphétamines oscillant entre l’électro, le disco et le punk, sur une voix soul-funk. C’est éclectique mais peu importe. Ça a l’ambition des inconscients. Et si le guitariste et le batteur semblent plus en marge du cabaret, la chanteuse fait la bringue avec elle-même. Jouissif. Sauf quand elle partage ses idées décousues et ses rires incontrôlés ; mais avec des boules Quiès à moitié enfoncées, c’est parfait. N’empêche, leur set va s’achever par un long morceau dont le groove va littéralement souffler l’auditoire. Un final opéré en force qui ne pourra que frapper les esprits…
Les Vagabonds étaient annoncés comme des vainqueurs en puissance de la finale. Et plusieurs stations radiophoniques diffusaient déjà régulièrement certaines de leurs chansons sur leurs ondes. Pas trop bon de figurer comme favori avant l’heure. Pourtant, leur folk rock intimiste, très mélodique, flirtant volontiers avec la country, ne manque pas de charme. Les harmonies vocales sont excellentes. Le chanteur appuie de temps à autre ses vocaux d’un harmonica. Le bassiste balise bien les mélodies. Lors des titres les plus électriques, pour ne pas dire crazyhorsiens, il est même capable de leur donner une impulsion pixiesque. Mais il excelle aussi à la sèche, cédant alors le relais de ses quatre cordes à un cinquième larron. Sous cette forme la plus acoustique, on ne peut alors que penser aux Tellers. Et c’est bien là que le bât blesse. Les styles sont beaucoup trop proches. Et s’il existe une formation qui répond au nom des Tellers, il n’en faut pas deux. Surtout en Belgique. Le groupe aurait –et ce n’est qu’un avis personnel– tout intérêt à se démarquer de cette référence. Sans quoi elle risque de leur coller aux basques, encore pour un bout de temps. Dommage, car leur set frisait la perfection…
Et finalement, la délibération du jury s’est déroulée sans la moindre contestation. Délégué pour la presse dans le jury final, je m’attendais à vivre des négociations longues et difficiles. Comme il y a deux ans. Pas du tout ! Tout le monde était sur la même longueur d’ondes. papa dada (NDR : c’est vrai que le patronyme n’est pas génial !) vainqueur, OK Cowboy ! deuxième, The Bikinians remportant le prix des auditeurs de Pure FM et The Archbishops celui de la Fiesta du rock. En outre, papa dada repartait également avec sept prix 'coup de cœur'! (BD)
Pour plus d’infos : http://www.concourscircuit.be

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