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Dour festival 2025 : samedi 19 juillet

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‘On n’a plus 20 ans’. Cet adage n’a jamais reçu autant d’écho en ce samedi, avant-dernier jour d’un festival qui aura marqué par sa diversité.

Cette journée est traditionnellement plus ‘accessible’, le line-up des jours précédents se focalisant essentiellement sur la découverte, bonne ou mauvaise d’ailleurs.

Le soleil peine à montrer ses rayons. Les plus précautionneux ont scruté leur appli météo et ils ont pu constater qu’on annonce de la flotte. Mais ne dit-on pas que la météo est douroise ?

Comme la plupart des scènes sont couvertes, les permanentes des donzelles ne devraient donc pas trop souffrir.

Au moment où votre serviteur foule la plaine, YoussefSwatts vient d’entamer son set. Originaire de Tournai, c’est un rappeur dans l’âme, auteur et manager d’artistes belgo-algériens, connu pour son style introspectif, poétique, ancré dans le hip‑hop à l’ancienne, parce qu’il reste très digne dans ses propos en dispersant ici et là des messages remplis de bon sens.

Il a déjà bien bourlingué. Il compte plusieurs albums à son actif (dont un fraîchement tombé dans les bacs), des collaborations avec des artistes belges et français notoires tels qu’Oxmo Puccino (« Le poids des mots ») ou Demi Portion (« Maintenant ou jamais ») et a assuré le supporting act des concerts de IAM, en 2022, mais aussi de Bigflo et Oli, notamment en 2023. Une chance, le duo est aussi attendu en début de soirée sur ce même podium.

Swatt’s a très vite été popularisé lorsqu’il a remporté le concours organisé par l’émission française de rap, ‘Nouvelle Ecole’, d’autant plus qu’en apothéose, la finale a été diffusée sur Netflix.

L’histoire de cet artiste s’apparente à un véritable conte de fées. Âgé de seulement 14 ans, il sort un premier Ep, « L’Amorce », qui lui permettra d’être repéré par le phénomène belge, Scylla. Prolifique, il a déjà gravé « Vers l’infini et au-delà » en 2017, « Poussières d’espoir » en 2020, « Pour que les étoiles brillent », en 2022 et enfin « Chute libre » cette année.

Son histoire est belle et constitue une référence aux relations qu’il entretient depuis toujours avec sa fan base. Sa victoire n’est pas seulement sienne, mais celle de toute une équipe.

Alors que votre serviteur n’épouse pas nécessairement le genre, la musique du gars est différente, essentiellement pour deux raisons. Premièrement, il se produit en groupe, phénomène plutôt rare dans le style, les artistes se contentant souvent de recevoir le concours d’un DJ, derrière les platines pour l’enveloppe musicale. Ensuite, et surtout, son écriture n’est pas vindicative à l’instar d’autres de ses congénères. Et pas davantage d’insultes vis-à-vis des ‘keufs’ (Trad : les agents de police) et des ‘meufs’ (Trad : les femmes) qui ne sont pas toutes des putes. Ah bon ?

Youssef est soutenu par quatre musicos chargés d’appuyer ses propos tentaculaires (basse, guitare, clavier et batterie). Le parterre est plutôt timide, les festivaliers éprouvant des difficultés à se remettre des guindailles vécues les jours précédents.

Maîtrisant les codes du hip-hop grâce à des compositions enivrantes et chaloupées, l’artiste se livre entre lyrisme poétique et introspection maladive. Maniant une plume taillée comme du silex, il regarde dans le rétroviseur de sa vie avec humilité. Des compos touchantes et une expression sonore légère sur fond grave ainsi que des thématiques qui traitent de la vie, la mort ou la résilience.

Il se rappelle que jadis, il était lui-même festivalier à Dour et campeur. Et de ses propres aveux, le camping ‘D’ ne semble pas lui manquer. Et en guise de pied de nez à cette situation qu’il a éprouvée, à cette époque, il s’est offert le luxe de louer un teepee, afin de s’assurer davantage de confort.

Il rappelle s’être alors présenté devant un public alors qu’il n’avait pas la popularité qu’on lui connaît aujourd’hui. D’OVNI à artiste confirmé, il se remémore le temps passé, avec un brin de nostalgie. Généreux à souhait, afin de remercier celles et ceux qui le suivent depuis ses débuts, il offre une toute nouvelle compo « Je t’en veux », une ballade aigre-douce dans laquelle il exprime sa haine.

Après avoir servi ses titres les plus connus (mais pas nécessairement les plus joyeux, comme il aime le reconnaître), le set touche doucement à sa fin. Il lui reste exactement 5 minutes. Mais n’ayant pas d’autres matières à offrir sur sa setlist, il propose au public de lui dicter la prochaine compo. Espiègle, le public dourois joue le jeu, le chanteur troubadour s’exécutant forcément dans une belle communion.

Couronné de succès d’estime et critique, Swatt’s est devenu une figure de proue dans le paysage noir-jaune-rouge et attise la curiosité, tout en proposant une prestation éblouissante, où scintille une « Etoile filante ».

Et parlant d’étoile, il est temps de filer à l’anglaise pour y assister au concert d’Uwase, une artiste belge en devenir. Une chose est sûre, son univers suscite la curiosité.

Votre serviteur a déjà assisté à l’une de ses prestations, mais dans une dynamique différente, nettement plus familiale. Il est donc impatient de découvrir sa prestation dans un contexte différent.

Originaire de Bruxelles et bien qu'encore nouvelle sur la scène indie pop belge, elle s'est déjà distinguée par sa maîtrise de la production et de l'écriture, construisant un univers musical intimiste qui reflète ses pensées et émotions les plus profondes. C’est cette singularité qui a attiré l’attention de Jasper Segers (Sylvie Kreusch, Jaguar Jaguar), avec qui elle a coopéré pour produire son nouvel Ep.

Avant l’été, Uwase a dévoilé un premier aperçu de cette collaboration à travers le single « Chorus Baby », suivi de « Fine », à l’avant-goût prometteur.

Elles sont trois sur scène. Des blacks. Une préposée au chant, une à la batterie et la troisième à la basse.

Elles sont relativement jeunes, la trentaine à tout casser. Il va donc falloir jouer des coudes et bousculer les codes, afin d’assurer une crédibilité artistique auprès d’un public qui n’est pas forcément venu pour les découvrir. C’est ça aussi la force et la faiblesse des festivals, métisser le plus grand nombre pour satisfaire la franche la plus large. Et face à un auditoire qui peut se révéler impitoyable dans ses réactions Ainsi, BB Brunes, De la Soul ou Patrick Juvet en ont fait les frais. Dour est un laboratoire au sein duquel il est parfois préférable de ne pas s’exposer.

Le set débute par le percutant « Pls Don’t Take It Away » qui confirme le style dans lequel s’inscrit l’artiste. Un univers sonore empreint de sensibilité, une forme de dreampop mélancolique traversée d’instants groovy. Et ce n’est pas « Gone » ou « Other side » qui iront à l’encontre de cette constatation. 

La jeune fille a acquis une certaine assurance. Ce qui semble logique.

Poursuivant son concert intelligemment, elle alterne chansons douces et languissantes et compos un peu plus énergiques, tout en se frottant au blues et la soul, à l’instar de « Perfect Blue », qui fait mouche auprès de l’auditoire.

Le public qui ne s’est pas pressé en masse, semble tout de même réceptif à l’univers musical de cette belle et jeune artiste.

« Pedestal » sert de référence. Même les plus sourcilleux reconnaissent immédiatement le refrain de cette chanson largement diffusée sur les ondes radiophoniques.

Une autre artiste belge à se produire à une encablure d’ici est Sylvie Kreusch. En novembre, elle soufflera ses 34 bougies et pourtant elle a déjà bourlingué.

Originaire d'Anvers, Kreusch est âgée de seize ans lorsqu'elle fonde son premier groupe, Soldier's Heart, en compagnie d’amis d’enfance. Elle mène en parallèle de la musique une carrière dans le mannequinat. Pas étonnant au vu de son physique attrayant.

Elle s’est entourée d’une bande de musiciens pour servir un set qui risque de faire mouche. Pas mal de néerlandophones se sont donnés rendez-vous.

Tout de bleu vêtue, on pourrait la confondre avec la Schtroumpfette.

Le concert s’ouvre par « Ding Dong », une compo au cours de laquelle l’artiste joue de la mélodie en l’amenant là où l’on ne se doute pas qu’elle puisse aller, cette mélodie restant le plus important à ses yeux, au-delà des mots.

Il y a quelque chose de très organique dans la manière dont le live est construit, avec tous les musiciens, les chœurs, les percussions. C’est théâtral et ça incite à danser. La magie opère immédiatement, naturel donc qu’« Hocus Pocus » embraie.

« Let it all burn » met tout le monde d’accord. Au-delà de l’élégance du projet, de l’intelligence d’écriture et d’une voix au timbre atypique, la prestation de Sylvie est digne d’une messe envoûtante.

Mais, c’est encore lorsqu’elle s’exprime seule en piano-voix ou armée d’une sèche, qu’elle se sublime entre douceur et détermination.

Au cours de son spectacle, elle interagit énormément avec son public, comme lorsqu’elle s’amuse à l’aide d’un parapluie sur lequel figure un motif de pastèque. Original !

Elle est venue défendre son dernier né, « Comic Trip », une exploration audacieuse de l'identité et de l'indépendance.

Puisant ses influences dans la country et la pop expérimentale, ses chansons soufflent le chaud et le froid. Femme moderne, elle refuse de se conformer aux normes, laissant ses imperfections et sa vulnérabilité s'exprimer avec sincérité.

D’une durée approximative d’une heure, SK s’impose majestueusement en femme du monde, attentive à ce qui l’entoure et soucieuse de faire le bien.

Le ciel se couvre méchamment, des gros nuages surplombent le site, alors que Big Flo et Oli doivent y donner un concert sur la main stage, la seule non couverte.

Le décor est impressionnant. Une structure avec de part et d’autre des escaliers qui mènent vers une plate-forme destinée, semble-t-il, aux musiciens. Petit clin du jour, à côté de l’idiome ‘Big Flo et Oli’, est affiché en grandes lettres ‘Dour festival’. Une pensée émue, qui fait mouche !

La plaine est pleine à craquer.

Originaires de Toulouse, ces deux-là ont acquis une célébrité certaine bien malgré eux en devenant également jurés dans une célèbre émission de télécrochet sur la chaîne nationale. Ils ont même remis le couvert dans l’hexagone, ce qui leur a également permis d’y recueillir une reconnaissance certaine.

Selon leurs dires, ils sont heureux de se produire à Dour, le plus grand festival d’Europe.

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence. Leur dernier né, date un peu, puisqu’il est paru en 2022 (« Les autres c’est nous »).

Bien que les goûts musicaux de votre serviteur soient à mille lieues de ce que propose le duo, il faut admettre qu’il va livrer un bon concert. A bien des égards !

D’abord, le rap qu’il prodigue est authentique, loin des clichés du genre, même si leur accoutrement, lui, suit la tendance…

Après une intro permettant à toute l’équipe de sortir d’un pas décidé depuis la grande porte au centre du décor, le show commence par « Papa » qui rend un hommage vibrant au ‘padré’ sur fond de musique latine.

La paire ne fragilise pas les faits sociétaux, mais les renforce par un positivisme élancé. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à critiquer. La verve est plutôt à considérer comme une diction philosophique vue à travers le prisme du quotidien.

L’humour aussi alimente le show, « Pour un pote » proposé entre « Aujourd’hui » et « Demain », des morceaux où ils se racontent, leur enfance ainsi que leurs expériences récentes, abordent le sujet de leur renommée nouvelle. Des textes qui fédèrent auprès du plus grand nombre.

Les deux zigotos sont biberonnés à la musique et à la pratique des instruments depuis leur tendre enfance, n’hésitant d’ailleurs pas à mettre la main à la pâte, l’un à la trompette et l’autre à la batterie.

Les titres s’enchainent : « Je suis », « Comme d’hab », « Sur la lune », alors qu’une pluie diluvienne s’invite elle aussi. Mais, cela n’altère en rien la bonne humeur de tous.

L’amour fraternel qui lie le duo n’est pas feint, la complicité est belle à voir.

Le live durera une heure durant laquelle Florian ‘Bigflo’ et Olivio ‘Oli’ Ordonez ont transformé la plaine du festival de Dour en une célébration du rap francophone, les deux frères interagissant fortement avec la foule, la faisant vibrer au rythme de leurs succès, sans ménagement.

On peut dire que les Toulousains ont livré un set d’une grande ferveur, alors que ce n’était pas gagné d’avance !

Une sacrée jolie surprise !

Il faut attendre maintenant trois heures pour assister au concert de Parcels.

A l’heure prévue, les musiciens chevelus, moustachus comme feu Frank Zappa, vêtus de chemises venues d’un autre temps et de pantalons à pattes d’eph’, débarquent. Malgré la cascade de poils, ils ont des visages de poupon. Ils s’installent sur l’Autel. Seraient-ce les descendants des Beatles ? Pas du tout, les membres de Parcels (NDR : un patronyme qui s’inspire du nom d’un café/pâtisserie au sein duquel les musicos ont effectué leurs premiers pas), sont australiens.

Rappelez-vous, la formation avait fait, il y a quelque temps déjà, la une des médias en dévoilant « Overnight », un morceau réalisé sous la houlette du duo français Daft Punk.

Centenaire à eux cinq, Noah Hill (basse), Patrick Hetherington (clavier), Louie Swain (clavier), Anatole ‘Toto’ Serret (batterie) et Jules Crommelin (guitare), se sont rencontrés au lycée de Byron Bay, la ville sise la plus à l’Est du continent australien.

Entourés de parents encourageant l’expression artistique, ils sont parvenus à unir leur différente culture musicale pour former un savant mélange de pop, funk, et electronica.

Etablis à Berlin, ils sont vite repérés par label parisien Kitsuné (NDR : celui qui a découvert Two Door Cinema Club, Klaxons ou encore Hot Chip).

Aujourd’hui, le combo jouit d’une renommée internationale et sillonne les festivals et concerts, nous offrant régulièrement de nouvelles surprises sonores, bien que son dernier album date de 2018. Toutefois, la sortie d’un nouveau single pourrait bien présager celle d’un long playing…

Après une intro en guise de teaser, le groupe sert un « Overnight » qui, justement, ne manque pas de piment. Sourires béats, ils prennent manifestement leur pied. Le bonheur est communicatif, le public est complètement subjugué.

Grâce à des titres comme « Safeandsound » ou encore « Somethinggreater », les gaillards possèdent une maîtrise absolue de leur art ! On frôle la perfection harmonique ! C’est d’une justesse et d’une finesse sans pareil ! Les guitares délicatement pincées et le groove finement mené. On peut aisément parler de génie mélodique !

Toujours transportées par des cordes enjouées, les chansons se distinguent par leur simplicité et leur efficacité. Mais, sans contexte, c’est encore « Tieduprightnow » qui éveille auprès du public une joie onirique.

En permanente oscillation entre le rock et le funk des 60’ et 70’s, en passant les Beach Boys aux Bee Gees, Parcels a su trouver un équilibre en réinventant ce passé musical. Par ailleurs, l’influence de la musique contemporaine, de ses sons électroniques dans une vision pop et moderne sert de contrepoids aux sonorités surannées, mêlant plusieurs esthétiques musicales entre passé et présent.

Multi-instrumentistes et chanteurs, chacun des membres évolue autour d’un univers contrasté d’ombre et de lumière où le groove en est le maître.

Après plus d’une heure d’un ‘live’ surprenant, les superlatifs ne manquent pas ! Tout simplement impressionnant... à faire pâlir les plus grands !

Parcels a réconcilié votre serviteur avec la vie !

Il est minuit lorsque le set s’achève. Il est temps de reposer ses lombaires. La route est longue et parfois semée d’embûches…

Le festival de Dour tire doucement sa révérence. Demain clôturera une édition qui aura marqué les esprits par son esprit de tolérance, sa diversité et son empreinte musicale.

(Organisation : Dour Festival)

 

Informations supplémentaires

  • Date: 2025-07-19
  • Festival Name: Dour festival
  • Festival Place: Parc éolien
  • Festival City: Dour
  • Rating: 8
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