New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Epica - 18/01/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 30 mars 2016 01:00

Ravi de retrouver ces vieilles branches!

And Also The Trees vient de publier son 13ème album ; et pour le défendre, il est reparti en tournée. Intitulé « Born into the waves », cet excellent elpee est paru ce 18 mars 2016 (voir chronique ici). Une bonne raison pour aller applaudir cette formation qui compte quand même 35 ans d’existence, à l’Os à Moelle de Bruxelles, ce mercredi 30 mars. C’est la première fois que votre serviteur se rend dans cette salle. Qui pour la circonstance est sold out. Située au sein d’un sous-sol à Schaerbeek, elle est vétuste, mais n’en est pas moins chaleureuse. D’ailleurs, la température ambiante grimpe au fur et à mesure de l’arrivée des spectateurs. Les projecteurs –figés sur une seule teinte blafarde– ont du vécu, les fauteuils en velours aussi, et certains rideaux de couleur bordeaux, notamment suspendus au-dessus du podium, rappellent la configuration d’un café-théâtre voire d’un cabaret. Qui compte parmi ses fondateurs, un certain Joe Dekmine. C’était en 1960. Un bail !

Annoncé à 20 heures, le set ne démarre qu’une heure plus tard. Pendant toute cette longue attente, des haut-parleurs nous bombardent de musique cold ou new wave dansante, sur laquelle personne ne danse (!?!?). Et au fil du temps, elle devient même agaçante. Bref, après quelques émanations de fumées éparses, les hauts parleurs diffusent quelques bribes de « Naitô-Sunjuku », un titre issu du nouvel opus. Le quintet monte alors sur l’estrade. Simon Huw Jones a revêtu son traditionnel long manteau d’hiver, qu’il ôtera au bout de quelques morceaux, laissant alors apparaître un gilet très british, dont la boutonnière est reliée par une chaîne en or jusque la poche (NDR : contiendrait-elle un montre Gousset ?) Son frère, Justin, est habillé tout de noir, l’une ou l’autre mèche de cheveux rebelle lui retombant parfois sur le visage. Les frangins sont épaulés par un drummer, un bassiste et un claviériste/gratteur/clarinettiste, ce dernier s’éclipsant lorsque son concours n’est pas nécessaire. Justin est toujours aussi habile sur ses six cordes. Et même les douze, lors du deuxième titre, « Dialogue ». Il les pince ou les caresse de ses doigts, sans onglet. Et nous envoûte très souvent de ses sonorités si spécifiques de mandoline ou de balalaïka. Dès la valse « Sleepers », on assiste à des échanges entre les deux gratteurs. Et ces échanges communiquent une autre dimension à la musique d’And Also The Trees. Les deux protagonistes ne se servent jamais du médiator. Même le bassiste n’y a recours qu’épisodiquement. Simon est dans son monde. Il conte ou chante ses textes poétiques. Très souvent, les yeux mi-clos et en y ajoutant la gestuelle. Il plaisante quand même entre les morceaux. Titre-phare du band, « Virus Meadow » met à nouveau en exergue le talent de gratteur de Justin. Les sonorités cristallines, hypnotiques, alors libérées par les cordes, évoquent paradoxalement Mike Oldfield. Avant d’attaquer « Winter sea », Simon déclare que la compo s’adresse à Jésus. Sans nous en dire davantage. Le nouveau membre du combo se distingue à la clarinette, alors que les cordes sonnent de nouveau comme des balalaïkas et le drummer souffle dans ce qui ressemble à un harmonica, des tonalités plutôt étranges. Plus climatique, « Boden » permet de nouveaux duels entre grattes, mais empreints d’une telle subtilité, qu’on ne peut succomber sous le charme. Simon a empoigné un tambourin pour « Only », un morceau au profil flamenco. Tout comme « Shaledown ». On en oublierait presque la performance du drummer. Qui se balance tout en martelant ou cajolant ses fûts avec une dextérité impressionnante. Il se multiplie tout au long de « Bridges », et lorsque le tempo s’élève on ne peut s’empêcher de penser au « One of these days » du Floyd. Justin dispense des accords ‘surf’ lors du plus new wave « Brother fear ». Mais également sur le mid tempo « Missing », une compo qui achève magistralement et en puissance le set. Accroupi, Justin utilise un archet électronique qu’il fait glisser sur les cordes de sa gratte. Elles gémissent de douleur. Avant que la compo n’entre dans sa phase la plus sauvage. Nous plongeant au cœur d’un malstrom assourdissant. A cet instant, les portugaises sifflent… et les musicos en profitent pour quitter l’estrade…

Réflexion quand même, hormis « The sleeper », les morceaux réminiscents du Genesis circa « Trespass », comme « Seasons a the storm » et « The skeins of love », sont passés à la trappe. Les interventions du clavier sont d’ailleurs ici le plus souvent discrètes et elles ne tapissent jamais les morceaux, comme l’orgue, sur ces trois plages du dernier long playing.

Lors du premier rappel, Justin nous réserve un solo tout en accords pour amorcer « Prince Rupert ». Edifiant ! Le drummer et le bassiste en profitent pour conjuguer des accords jazzyfiants tout au long de « Rive droite ». Et ils sont superbes. Avant que le morceau ne libère à nouveau toute sa puissance.

Et le band d’accorder un deuxième rappel. Simon reprend son rôle de conteur pour « Slow Pulse Boy », une plage percutante, tramée sur un tempo relativement blues (NDR : surf aussi, sans doute), qui est ponctuée par une nouvelle finale frénétique. Acclamations pour un concert épatant au cours duquel le mixing était réduit à sa plus simple expression. Manifestement ces musiciens n’ont pas besoin d’artifice pour exprimer tout leur talent. Et en toute simplicité, après le concert, les artistes viennent tailler une bavette avec les aficionados dans la salle ou pour y signer pochettes et livrets…

Setlist

1. Your Guess
2. Dialogue
3. A Room Lives in Lucy
4. Hawksmoor & the Savage
5. The Sleepers
6. The Legend of Mucklow
7. Virus Meadow
8. Winter Sea
9. Boden
10. Only
11. Shaletown
12. Bridges
13. Brother Fear
14. Missing

Rappel 1

15. Prince Rupert
16. Rive Droite

Rappel 2

17. Slow Pulse Boy

mardi, 29 mars 2016 17:54

Born into the Waves

« Born into the waves » constitue le 13ème opus studio d’And Also The Trees, un disque qui s’inscrit davantage dans la lignée de « Hunter not the Hunted » que de l’Ep éponyme, paru en 2014, essentiellement acoustique. L’inspiration des compos de ce nouvel elpee émane d’une tournée accomplie en Europe de l’Est et au Japon. Et les lyrics traitent de l’amour, non pas sous sa forme traditionnelle, mais comme une émotion et une force par opposition à la haine : lumière et obscurité, énergie et destruction. Tout un programme qui, vu le contexte dramatique actuel, prend plus que jamais toute sa signification.

Tout au long de l’œuvre on retrouve ces fameuses cordes de guitare en couches qui sonnent soit comme des mandolines ou du balalaïka. C’est une marque de fabrique d’AATT, entretenue par Justin Jones. Et tout particulièrement sur « Boden » ainsi que les trois premiers morceaux de l’elpee, des morceaux mélancoliques, empreints de délicatesse, que Simon chante ou déclame à la manière d’un conteur, et qui évoquent plus que jamais le célèbre long métrage « Docteur Jivago », mais au cours desquels le drummer/percussionniste impressionne par ses interventions empreintes de subtilité et de feeling (« Your guess », « Hawksmoor & The Savage », « Winter sea »). Elément neuf, la présence de sonorités claviers et surtout d’orgue. Sonorités créées par la guitare de Justin Huw Jones (NDR: et c'est tout à fait bluffant!) Elles rappellent même et curieusement le Genesis de l’époque « Trespass ». A l’instar de « Seasons & the storms », sur lequel Adam Sherry (Dead Forest Index) vient poser la voix, une plage dont le vent d’optimisme tourne étrangement à la mélancolie. Ensuite sur la ritournelle « The sleepers ». Et enfin lors du morceau de clôture, « The Skeins of love », un titre remarquable, mystérieux, dont le groove hypnotique est dynamisé par la ligne de basse jazzyfiante et les drums à la fois souples et amples, alors qu’une clarinette traverse épisodiquement cette piste, dans l’esprit du « Pierre et le loup » de Sergueï Prokofiev.

Simon Huw Jones se lance dans le ‘spoken word’ tout au long du minimaliste « The bells of St Chritopher’s », une compo qui s’achève par quelques bruitages électro, cliniques, comparables à ceux émis par une machine de réanimation cardio-pulmonaire. Un instrumental ? « Naitô-Shinjuku ». Qui met surtout en exergue les percus de Paul Hill, et tout particulièrement des cylindres fabriqués par ses soins. Ce qui communique un climat oriental à ce morceau.

Spectral, « Bridge » alterne entre deux tempos. Et lorsqu’il devient offensif, on ne peut s’empêcher au « One of these days » du Floyd.

Bref, And Also The Trees vient de commettre un des meilleurs albums de sa discographie et peut-être déjà un des albums de l’année. On en reparlera. Il se produira à Bruxelles (Os à Mœlle) et à Paris (Petit Bain), respectivement, ces 30 et 31 mars, mais c’est sold out pour ces deux dates.

 

dimanche, 27 mars 2016 00:00

Octaves de la Musique : les lauréats

Les lauréats 2016

Chanson française : Karim Gharbi « Poisson d’or »

Pop / Rock : Great Mountain Fire « Sundogs »

Musiques urbaines : Baloji « 64 Bits and Malachite »

Musiques électroniques : Ulysse « Cashmere Guns »

Jazz : Aka Moon « The Scarlatti Book »

Musiques du monde : Vardan Hovanissian & Emre Gültekin « Adana »

Musique classique : L’Ensemble Vox Luminis, dirigé par Lionel Meunier, pour son interprétation de motets des ancêtres de Jean-Sébastien Bach.

Musique contemporaine : Jean-Luc Fafchamps    « Gentle electronics »

Artiste de l’année : Nicola Testa

Album de l’année : « Mont Royal » de Roscoe

Spectacle/ Concert de l’année : Starflam

Octave d’honneur: Jacques Stotzem

Octave Plug RTL : Loïc Nottet

Octave PointCulture : Sigrid Vandenbogaerde, violoncelliste, pour son album « Gift »

Octave de la Fédération des Jeunesses Musicales Wallonie-Bruxelles : « Tonnerre de la Plaine » de la Compagnie Fouchtra (Jean JADIN, Alexis DOURDINE et Isabelle VANDERMEERSCH)

Octave Zinneke : Roméo Elvis avec « Drôle de décision »

Octave de la Ministre de la Culture : Fùgù Mango

Octave Fun Radio : Sacha DMB & Andy D

http://lesoctavesdelamusique.be/

 

 

lundi, 21 mars 2016 16:43

The mean solar times

« The mean solar times » constitue déjà le cinquième elpee de Stay, une formation barcelonaise dont la musique devrait enchanter les nostalgiques de Ride, Kula Shaker ou encore The Stone Roses. Pas étonnant, lorsqu’on sait que lors des sessions d’enregistrement, le combo a reçu le concours du guitariste Andy Bell (Ride, Hurricane # 1, Oasis, Beady Eye) pour trois titres (« Pinkman », « Smiling face », « Dirty alone ») et d’Owen Morris (The Verve, Oasis) à la mise en forme. Les cordes de guitares sont savoureusement tintinambulantes ou bringuebalantes ; il y a de l’orgue rogné (Farfisa, Rhodes), des harmonies vocales limpides, hymniques, sinusoïdales, beatlenesques et parfois même byrdsiennes (« Always here », « You know it’s right ») alimentant des mélodies hymniques. Sans oublier les interventions circonstancielles mais judicieuses d’un sitar qui donne à l’ensemble ce petit côté exotique bien en phase avec l’expression sonore.

Si à l’écoute de « All in your eyes » on ne peut s’empêcher de penser au « Magical Mystery Tour » des Beatles, le groove libéré tout au long de « Last time » ainsi que « Shake the sun » nous replonge dans l’univers du mouvement madchester qui a marqué la seconde moitié des eighties et la première moitié des nineties (NDR : pensez à The Stone Roses, of course)

Ce n’est pas nouveau, mais après avoir écouté un tel album, on peut continuer sa journée, le cœur léger…

lundi, 21 mars 2016 16:42

Mourn

Mourn est un jeune groupe catalan, fondé en 1996. Un quatuor dont la musique nerveuse, sauvage et énergique, aurait pu naître d’une rencontre entre celle de Throwing Muses, Bikini Kill, Sleater-Kinney, des Pixies et de PJ Harvey. Faut dire que le voix de Jazz Rodriguez Bueno doit autant à celle de Kristin Hersh que de Polly Jean. Elle chante d’ailleurs dans un anglais parfait ! Eponyme, le premier album de Mourn est découpé en 10 plages, dont la plupart ne dépassent pas les 2 minutes. Et l’opus va même à peine au-delà des vingt ! Manifestement, les musicos de Mourn doivent certainement avoir été biberonnés à la musique du début des nineties…

 

Hurricane # 1 s’est donc reformé en 2014, mais sans Andy Bell. Qui est quand même venu donner un coup de guitare sur un titre de cet elpee, « Think of the sunshine ». Un gage d’amitié pour Alex Lowe, victime d’un cancer, qui a composé les morceaux de l’album, alors qu’il suivait une chimiothérapie en milieu hospitalier. Parue en single, cette compo bénéficie d’un refrain particulièrement contagieux. Bref, en remontant le combo, c’était sans doute un acte davantage thérapeutique qu’artistique. Au sein du nouveau line up, figurent les frères Carlo et Lucas Mariani, respectivement gratteur et bassiste, ainsi que l’ex-Teenage FanClub, Chris Campbell, aux drums.

L’album recèle inévitablement des titres britpop, aux mélodies hymniques, sculptés dans des guitares épiques. A l’instar du titre d’ouverture, « Best is yet to come » ou du single (NDR : qui se termine même comme une jam). D’autres plus allègres. Comme « Crash », rogné de claviers ou « Where to begin », une piste bluesy caractérisée par des cordes grésillantes. Des compos sur lesquelles le timbre graveleux de Lowe manque quand même de justesse. On a même parfois l’impression qu’il essaie de pasticher Liam Gallagher. Mais en général, l’ensemble de l’opus est tramé dans l’instrumentation acoustique ou semi-acoustique. Et paradoxalement, c’est dans ce contexte que la voix de Lowe –bien plus limpide– révèle sa face la plus intéressante. Des plages qui sont très susceptibles d’émarger à l’americana. Il y a même de la slide sur la ballade uptempo « Has it begun » (Imitating life) » et de la pedal steel sur la valse « Coyote ahoy ». Enrichi par de superbes harmonies vocales, « Roomed in circles » aurait pu figurer au répertoire de Crosby, Stills & Nash, alors que tapissé de chœurs en arrière-plan et sublimé par une jolie conjugaison de cordes acoustiques, « Heathen mother » lorgne plutôt vers Poco. On se croirait revenu à la fin des 70’s en pleine période west coast. Et l’album de s’achever par le bouleversant « Find what you love, and let it kill you », une chanson hantée (NDR : et le mot est faible) par une chorale…

 

lundi, 21 mars 2016 16:32

The luminous veil (Ep)

The Artctic Flow est le projet de Brian Hancheck, un musicien issu de la Caroline du Sud, qui s’inspire, paradoxalement, de la scène musicale britannique. Celle qui a sévi au cours des 80’s, tout particulièrement. Depuis Aztec Camera au Cure, sous sa forme la plus allègre (pensez à « Love cats »), aux Smiths, en passant par Belle & Sebastian et Strangelove. Soit un mix entre cold wave, postcard, post punk atmosphérique et dream pop. Seul souci, hormis la dernière (NDR : la très new wave « Ready for the rain »), les trois premières plages sont imprimées sur un tempo binaire, par une boîte à rythmes. Dommage, car alimentées par des guitares carillonnantes ou subtilement gothiques, enrobées de claviers atmosphériques et dynamisées par des accès de basse aventureux (« Daffodils ») que soulignent des harmonies vocales célestes (« When we were something »), elles auraient mérité un meilleur support...

 

lundi, 21 mars 2016 16:30

Night thoughts

Suede, c’est en quelque sorte la réincarnation de la face la plus glam de Bowie. Ce n’est pas nouveau. A cause de Brett Anderson, bien sûr, dont la voix a toujours évoqué celle de son maître. Enfin, lors de sa période la plus décadente ; celle de « Ziggy stardust » voire de « Diamond dogs » ou encore d’« Aladdin Sane ». Pourtant, musicalement, Suede a toujours émargé à la britpop. Mais son style emphatique lui a permis de se démarquer des autres formations. Il faut cependant avouer que lors de sa séparation, en 2003, l’inspiration semblait tarie. Faut dire que depuis le départ du guitariste, Bernard Butler, on avait l’impression que le ressort était cassé. Lorsque le groupe se reforme en 2010, c’est avant tout pour se produire sur scène. Ce qui ne l’empêche pas de publier « Bloodports » en 2013, un opus d’honnête facture. Et puis ce « Night thoughts ». Un elpee précédé par la sortie d’un clip vidéo consacré à « Outsiders », relatant l’histoire d’une tragédie familiale qui a poussé un homme à se suicider, en se noyant dans la mer (voir ici).

Et de famille, il est encore ici question, tout au long de « Night thoughts », puisque thématique, cet LP traite notamment des rapports conflictuels entre le père et le fils, au cours desquels Brett a l’impression de devoir assumer les deux rôles…

Proposant 12 plages, ce long playing s’achève par trois pistes au cours desquelles on retrouve toute la grandiloquence de Suede. Des morceaux atmosphériques, mélancoliques, luxuriants, gonflés aux orchestrations symphoniques, même si la seconde version de « When you were young » est tramée sur un piano et autorise des effets électroniques. Mais venons-en aux trois premiers quarts de l’œuvre. Au cours desquels, Suede réussit la fusion entre arrangements somptueux et instrumentation basique. Parfois même en y ajoutant un zeste de psychédélisme (Love ?) Certains aspects sont cependant parfois davantage accentués. A l’instar de ce fameux « Outsiders » et de l’excellent « No tomorrow », deux plages ciselées dans des cordes de guitares limpides, cinglantes, réminiscentes de Bauhaus voir de Sad Lovers & Giants. Et lors de la deuxième, la voix overdubbée de Brett évoque tout bonnement… Bowie ! D’autres sont encore plus complexes. Comme « I don’t know how to reach you », la valse lente « Tightrope » ou encore la première version de « When you are young », qui ouvre l’oeuvre.

Et on épinglera encore le très offensif « Like kids », un titre contagieux, dont le riff accrocheur se mue en chorale d’enfants, lors de la finale. Génial ! Et comme toutes les plages de cet album se fondent l’une dans l’autre, on a l’impression de n’écouter qu’un seul morceau, démontrant ainsi que ce « Night thoughts est bien conceptuel…

 

Le célèbre claviériste britannique Keith Emerson s’est tiré une balle dans la tête, ce vendredi 10 mars 2016, à Los Angeles. Il était âgé de 71 ans et souffrait de dépression, consécutive à une maladie dégénérescente du système nerveux.

Né à Tordmonen, en Angleterre, il avait fondé The Nice en 1967 en compagnie de David O’List et de Lee Jackson, avant de monter le super groupe Emerson, Lake & Palmer. Respectivement ex-chanteur de King Crimson et ex-drummer d’Arthur Brown et Atomic Rooster. De cette aventure, le trio va publier 9 elpees, dont l’incontournable concept album, « Tarkus ». Emerson va se lancer dans de nombreux autres projets, et pas seulement en solitaire, mais ne rencontrera plus jamais le succès phénoménal récolté par l’EL&P, une véritable machine de guerre, dont le matos était véhiculé, lors des tournées, par 3 semi-remorques. Une démesure qui va finalement coïncider avec le déclin de la musique progressive, baliser le terrain pour une révolution dans l’histoire du rock’n’roll et favoriser l’explosion du punk.

Sans quoi, Emerson était un virtuose des claviers. Un innovateur et un fantastique showman, qui poussait son sens de l’humour jusqu’à planter des poignards entre les touches de son orgue. En outre, tant au sein de Nice, d’EL&P ou en solitaire, il a constamment cherché à établir des passerelles entre la prog, le rock, le jazz et le classique. Il a d’ailleurs régulièrement reçu le concours d’orchestres symphoniques.

R.I.P.

mercredi, 09 mars 2016 12:03

Blackstar

Le dernier album de Bowie a fait couler beaucoup d’encre. Enfin façon de parler. D’ailleurs, il suffit d’aller voir sur les moteurs de recherche, pour se rendre compte du nombre de chroniques qui lui ont été consacrées. Bref, votre serviteur va essayer d’aborder ce texte sous son angle, le musical possible. En remettant l’œuvre dans son contexte, bien sûr.

Si ses lyrics sont tour à tour explicites (NDR : au cours de « Dollar days », il confesse : ‘je vais mourir’) ou alors symboliques, il servent d’indices à un véritable jeu de piste qui scanne de nombreux moments de son existence. Un peu comme un mourant, avant de s’éteindre, repasse le film de sa vie. La booklet est de couleur noire, et les paroles sont en surimpression brillantes, mais de la même teinte. Pas toujours facile de les décrypter. Le titre de l’opus se réfère à l’étoile noire. Pas celle de Dark Vador, quand même. Suivant la bible, Jésus a ressuscité « Lazarus ». Bowie espérait-il secrètement un miracle ? Une chose est sûre, il avait parfaitement programmé sa fin de vie. Publiant, par ailleurs, cet opus, deux jours avant son départ. Vers quelle constellation ?

L’œuvre ne baigne certainement pas dans la béatitude. C’est sûr ! Le climat est sombre, très sombre, mais l’expression sonore est riche, très riche, même. Le premier instrument dont a joué l’artiste était le saxophone. Et lors des sessions, il a notamment reçu le concours d’un saxophoniste de free jazz notoire, en l’occurrence Donny McCaslin, qui accentue l’aspect dramatique et tourmenté de la plupart morceaux. A l’instar du titre maître (NDR : près de 10’ quand même), piste dont la succession d’atmosphères, entretenues par la voix (parfois overdubbée ou vocodée) de Bowie, embaumées de chœurs, mais aussi déchirées par les drums, parsemées d’effets électro et même balayées par un filet de flûte, évoque l’univers de King Crimson. Celui qu’a illuminé Mel Collins de son sax. Pensez à « In the wake of Poseidon », « Islands » et « Lizard ». Un instrument toujours très présent sur « ‘Tis a pity she was a whore », un titre bien enlevé par des drums métronomiques. Qui se révèlent bien plus amples sur « Lazarus », un morceau aux nappes sonores gémissantes, sensation de douleur accentuée de nouveau par ces cuivres.

Plus surprenant et même carrément angoissant, bien que rythmé, « Sue (Or in a season of crime ») nous replonge dans la galaxie de la bande à Robert Fripp qui aurait percuté celle de Boards of Canada après avoir frôlé une comète drum & bass. Incantatoire (NDR : cette voix suppliante !), « Girls love me » baigne au sein d’une atmosphère plutôt mélancolique, mais paradoxalement réminiscente de Peter Gabriel, circa « Us ». Même la voix et les arrangements rappellent l’œuvre la plus amère de l’Archange. Et si les deux derniers morceaux de l’elpee se révèlent davantage pop, ils ne sont pas pour autant plus allègres. « I can’t give » est hanté par un saxophone plus nightclubbien. Tout comme « I can’t give everything away » ; mais sur cette plage finale, la voix de Bowie se contente de crooner.

Un fameux testament, dont il faudra des années (lumières ?) avant d’en connaître tous les secrets… C’était certainement sa dernière volonté ! Coproduit par le fidèle Tony Visconti, et pas vraiment facile d’accès, « » est un album 5 étoiles, mais de couleur noire !