Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
L7
Festivals

Les Nuits Botanique 2022 : lundi 2 mai

Écrit par

Another night in with Tindersticks…

Tindersticks célèbre les 30 ans de la sortie de son premier album (NDR : un éponyme), mais également celle d’un ‘best of’ (en mars dernier). Et quoi de mieux que les Nuits du Bota (et la classieuse salle Henry le Bœuf du Bozar) pour fêter cet événement, lors de sa tournée programmée dans des auditoires prestigieux. On se souvient, entre autres, de leur passage aux mêmes Nuits, en 2001, pour un quadruple concert, bénéficiant alors du concours de différents guests et ensembles musicaux.

Et ce soir, l’affiche nous promet fièrement, et à nouveau, la présence d’invités et d’un orchestre. Le concert est bien entendu sold out. Les portes se ferment sur le coup de 20h15, et les trois membres originaux du groupe s’emparent du front de scène, soit David Boulter, Neil Fraser et bien sûr Stuart Staples (moustache et grand chapeau vissé toute la soirée sur la tête). Ils sont suivis par Dan McKinna (NDR : il milite au sein du line up depuis 2007) qui alternera la basse et les claviers, durant toute la soirée.

La set list débute déjà par une surprise, en l’occurrence le délicat « Willow », issu du dernier opus solo de Stuart. Le batteur Earl Harvin (dernier arrivé dans le band, en 2010), rejoint discrètement le reste de la troupe, dans un début de concert toujours empreint de sérénité. Un violoncelliste intervient en fin de parcours pour « She’s gone », avant que l’orchestre annoncé, une douzaine de musiciens d’un ensemble à cordes, s’installe sur le côté droit du podium. Ce qui va communiquer une toute autre dimension au spectacle ! Véhiculant des accents empruntés à Calexico, le très rythmé « Her » réveille soudainement la foule. Et déclenche une première salve d’ovations.

Mais le point d’orgue de la soirée est atteint lors du mélancolique « Another night in », transcendé par les violonistes qui vous flanquent des frissons à chaque accord. Pas de temps mort, puisque « City sickness » embraie, un moment savouré, car ce titre figure rarement dans la set list de Tindersticks.

La tension retombe quelque peu pendant « How he entered » et la cover de Peggy Lee, « Johnny Guitar ».

Pendant ce temps on se demande également quand les guests annoncés vont donc débarquer ? Première réponse : lors du « Travelling light », en compagnie de Gina Foster.

Petite parenthèse et souvenir : l’une des rares fois où le duo original s’était produit sur les planches, pour interpréter ce titre, c’était dans le cadre du Cactus festival, à Bruges, en juillet 2000. En effet comme les Walkabouts étaient à l’affiche, Carla Togerson avait rejoint Stuart sur le podium et les deux artistes avaient dû s’aider d’aide-mémoires, avouant n’avoir jamais pu interpréter cette chanson ensemble, en live, auparavant.

Après ce deuxième pallier, orchestre et backing vocal renforcés, le show ne baissera plus d’intensité. Tout comme l’enthousiasme du public. Lors du dernier titre, « For the beauty », feutrée, l’instrumentation (principalement les claviers) laisse toute la place à l’amplitude vocale de Stuart, que l’on constate intacte malgré le poids des années.

Après déjà près de 2 heures de prestation, le public se demande s’il aura encore droit à un rappel, qu’il réclame ardemment. Il sera gâté par pas moins de quatre titres supplémentaires. Proposé sous une version longue, « My sister » bénéficie du concours d’un trompettiste qui y ajoute un crescendo. Sur « Tiny tears », l’orchestration, ici mélancolique et douce, tranche avec les tons graves poussés par la voix de fossoyeur baryton du leader. Un titre qui résume à lui seul une des grandes caractéristiques de la formation.

Et en final, après de longs remerciements, le leader entame un « For those… » qui sonne comme un au revoir, soutenu par Dan McKinna en backing vocal.

Une prestation de haut vol, sonnant comme un ‘best of’, qui cadre donc bien avec la compilation sortie en mars, « Past Imperfect : The Best Of Tindersticks '92-’21 ». A (re)découvrir d’urgence, pour parcourir la riche et longue carrière du band de Nottingham…

Setlist : ‘Willow”, “A Night So Still”, “Medicine“, “She's Gone“, “Sleepy Song“, “Her“, “Another Night In“, “City Sickness“, “How He Entered“, “Trees Fall“, “Pinky in the Daylight“, “Both sides of the blade“, “Johnny Guitar (cover de Peggy Lee)“, “Travelling Light“, “My Oblivion“, “Show Me Everything“, “This Fire of Autumn“, “For the Beauty“

Encore : ”My Sister“, “Harmony Around My Table“, “Tiny Tears”, “For those…”

(Organisation : Les Nuits Botanique)

Tindersticks

Voir aussi notre section photos ici

Fleddy Palooza 2022 : samedi 16 avril

Écrit par

Fleddy Melculy a donc programmé la troisième édition de son ‘Fleddy Palooza’ (NDLR : le ‘lollapalooza’, dans un coin de la tête), ce samedi 16 avril 2022. Les deux premières s’étaient déroulées en 2017 et 2019. Le groupe flamand y invite, chaque fois, les pointures du métal qui sévissent au Nord de la Belgique. En septembre 2021, le groupe a gravé son 4ème album, « And Just Niks For All ». Ouverture des portes à 15h00. On se demandait quand même quel serait l’ordre de passage des groupes ; car rien n’avait filtré sur le net. Le festival n’a cependant attiré que 350 âmes…

Hippotraktor

Les hostilités débutent dès 16h30 par Hippotraktor, un poulain de l’écurie allemande Pelagic. Réunissant des musiciens issus de Psychonaut et Before He Shot Her, cette formation malinoise a publié son premier elpee, « Meridien », en octobre 2021. Elle pratique une forme de metal, qu’on pourrait qualifier de sludge progressif, les compos se révélant tour à tour sauvages ou fluides. Particularité, le line up implique deux vocalistes. Chevelu, Stefan De Graef, tient solidement son pied de micro et lorgne constamment vers le second, Sander Rom. La tignasse blonde, il se cache derrière les amplis entre chaque chanson. En fait, il est normalement préposé à la guitare, mais comme il s’est blessé, il se limite aux parties vocales. C’est Chiaran Verheyden qui se consacre à la six cordes, alors que Jakob Fiszer se réserve la basse et Lander De Nyn, les drums.

Deux toms basse sont mis à la disposition de Stefan, qui ne va cependant s’en servir qu’à deux reprises. Point d’orgue du set, « God Is In The Slumber » se distingue par la rythmique basse-batterie-percussion très prog. Une rythmique qui se révèle particulièrement saccadée sur « Joncture », un autre morceau prog au cours duquel les cordes électriques paisibles et le tempo martial jouent sur les contrastes. Un peu court, mais excellent !

Coffin Feeder

Chez Coffin Feeder, les musicos sont issus des trois régions différentes de la Belgique. Le band implique des membres d’Aborded et Leng Tch’é, ainsi que le chanteur de Fleddy Melculy, Jeroen Camerlynck, reconverti pour la circonstance, à la guitare. La setlist est puisée au sein d’un Ep 6 titres. Baptisé « Stereo homicide », il est paru début mars 2022. Quelque part entre screamo, death metal, grindcore et hardcore, la musique de Coffin Feeder décoiffe littéralement. Au micro, Sven hurle à s’arracher les cordes vocales. Parfois, ses cris supplantent le volume des drums. Sur les planches, Sven est partout à la fois. Heureusement que le set n’a duré que 30’, sans quoi, il terminait aphone. Une prestation énergique, mais franchement assourdissante !

Setlist : « Volumes », « Plug It In », « Dead Or Alive, You’Re Coming With Me », « Capture For », « Consumption », « Toolbox », « DFENS », « A Good Supply Of Body Bags », « Stereo Homicide », « Doomsday Device », « Several Survival »

Bark

Place ensuite au trash metal de Bark. Dont le sigle est reproduit sur une toile à l’arrière du band, soit celle d’un loup aux yeux rouges, la gueule ouverte et montrant les crocs.

De petite taille et coiffé d’une crête d’Iroquois, Ron Bruyneels se consacre aux vocaux. Sa voix est susceptible de déchirer vos tympans. Une chose est sûre : il a du coffre. Et puis, les grattes libèrent des sonorités sales et graisseuses. Pourtant, ténébreuse, l’expression sonore demeure mélodique. 

Martin Furai, le sixcordiste de Destruction, est revenu expressément de Glasgow, pour se produire en compagnie de Bark. Les compos sont bien structurées. Très présent, le chanteur invite la foule à exécuter des round circles qui s’amorcent timidement. La setlit va privilégier des extraits du dernier long playing, « Relics » (le groupe doit en avoir sorti une dizaine, à ce jour), gravé l’an dernier, et ne pas oublier le dernier single, publié en novembre 2021, « Stitches ». Un set bien structuré, mais pas vraiment conseillé aux tympans délicats…  

« Voice of dog », « All hell breaks loose », « Mass lobotomy », « Day of the witch », « I'm a wreck », « Hollow words », « Written in stone », « They are all dead », « Roll the dice », « Last breath », « I remain untamed ».

Killthelogo  

Originaire de Kontich, Killthelogo réunit deux anciens membres de .Calibre et de Facedown. En l’occurrence le chanteur Daniel Mies et le guitariste Niko Poortmans. Fondé en 2002, .Calibre pratiquait une forme de funk/metal. Et il avait intitulé un de ses albums « Killthelogo », dont le band s’est inspiré pour déterminer le patronyme du groupe. Qui est devenu particulièrement populaire, se produisant notamment dans le cadre des festivals Pukkelpop et Werchter. Le band a cependant pris une pause de 16 longues années, avant de refaire surface, mais en compagnie de trois autres musiciens. En l’occurrence Sven Leyemberg (ex-Minus45°, Cyclus) à la guitare, Herwig Scheck (ex-Quiet, ex-Concrete) à la basse et le drummer Jonas Sanders (Pro-Pain, Angel Crew, Komah, Emptiness). Et un nouvel album est paru en novembre 2021, « Reset ».

Tout comme chez Bark, le logo imprimé sur une grande toile, est tendu à l’arrière-plan. De larges extraits du dernier long playing figurent au sein de la setlist.

« Iconoclast » ouvre les hostilités. D’abord paisible et bercée de cordes de gratte empreintes de sérénité, cette ballade finit par s’emballer. Malgré l’injection d’une dose furieuse de nu-metal, « The Deep State » trahit toute la fragilité du chanteur. Les textes tiennent parfaitement la route, dénonçant les injustices sociales, s’insurgeant face à la vente sur Internet, condamnant les entreprises qui exploitent les transporteurs de colis ou encore critiquant les taxes, l'industrie pharmaceutique et le culte des individus. Musicalement, le mélange de metal, de rap (NDR : la voix est plus scandée que chantée) et de funk s’inspire naturellement de Rage Against The Machine et de Linkin Park. La section rythmique s’impose tout au long des puissants « Taxes » et « Conspiracy ». La ligne de basse domine « Buy More Sh!t », alors que les lignes de guitares s’activent, dans l’esprit d’un Limp Bizkit originel. « Calibre » et « Meritocrazy » retournent aux sources. Back to the 90’s !

Setlist : « Iconoclast », « The Deep State », « Taxes », « Boutique Pharma », « Calibre » (cover), « Meritocracy » (cover), « Conspiracy », « Warehouse Moguls », « Fuck Your Data », « Buy More Sh!t », « Riot As One »

Spoil Engine

Il était temps ! Enfin une femme figure au sein du line up d’un groupe, ce soir. Une chanteuse, fallait s’en douter. Jeune et jolie, Iris Goossens possède une voix grave, mais puissante. Dommage que ce soit la dernière fois qu’elle se produit en concert, car elle a décidé de suivre son ami à Los Angeles, pour s’y installer. Car, c’est elle qui apporte la touche d’originalité au metalcore de Spoil Engine. Pas de bassiste cependant, mais deux gratteurs (Loco et Gaze), dont les interventions huileuses et graisseuses sont pourtant rigoureuses ; et un drummer dont la frappe métronomique est implacable. Le band s’autorise une excellente cover du « Yesterday Don't Mean Shit » de Pantera. D’après les mauvaises langues, la version serait bien plus pétillante que l’originale. La setlist va nous réserver plusieurs extraits du dernier elpee du combo, « Renaissance noire », publié en 2019, ainsi que le single « Unlock And Release », paru en 2021. Lorsque les riffs de gratte commencent à galoper, c’est pour talonner la voix particulière d’Iris. Un concert vraiment épatant. Signe qui ne trompe pas, la formation a réveillé la foule. Elle a même mis une ambiance de feu et déclenché, dans la fosse, de nombreux rounds circles…  Une belle claque métallique dans la tronche…

Fleddy Melculy 

Pendant, le changement de matos, les haut-parleurs crachent des morceaux du Queen. Car évidemment, Fleddy Melculy s’est invité pour son festival. Il assure la tête d’affiche. Au sein du line up, la tête pensante, c’est le chanteur, Jeroen Camerlynck, autrefois impliqué chez Fanfaar. Le patronyme est emprunté à une pièce de théâtre consacrée à feu Farrokh Bulsara. Le quatrième album du combo, « And Just Niks For All », est sorti en 2021.

Les aficionados sont maintenant chauffés à blanc. Votre serviteur également. Une immense rampe lumineuse s’étale sur toute la largeur du podium. Derrière le drummer une toile sur laquelle figure le nom du band a été tendue.

Les gratteurs sont masqués (un guitariste et le bassiste). Ils sont hyper actifs, livrent des riffs dévastateurs et viennent constamment haranguer le public. Les textes sont dispensés dans un dialecte bruxellois flamand. L’idiome est amusant à écouter.

Jeroen est particulièrement interactif. Entre les morceaux, il raconte des blagues dans son patois si truculent. Sculptés dans un metalcore intense, les titres s’enchaînent dont le plus connu reste toujours « Tee Shirt Van Metallica ». Mais Fleddy a également son tee-shirt. Mais pas de trace du succulent « Apu Van De Nightshop ». Toutes les chansons sont devenues des hits au Nord de la Belgique.

Sven (Goffin Feeder) débarque pour chanter d’une voix puissante « De Wereld Is Wondermooi ». Ross de Length Of Time fait le pitre sur les deux estrades placées à l’avant du podium où sont dissimulées d’impressionnantes machines à fumigènes. Iris prête aussi sa voix à « 668 ». Enormément d’intensité au cours de ce show qui a conquis le public venu applaudir Fleddy Melculy.  

A l’année prochaine pour la quatrième édition du Fleddypalooza !

Setlist : « Slaap », « Ik Ben Kwaad », « Stop », « Fuck Uw Vrienden » », « Feest Je In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « God Is Een Kapper », « De Wereld Is Wondermooi », « 668 », « Freddie », « De Hel Niet Gezien », « Beest », « Backstage », « Niks », « Geen Tijd Voor Spijt », « Brood », « Tee Shirt Van Metallica-Fleddy ».

Rappel : Voor Altijd Jong ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Fleddy Melculy + Spoil Engine + KillTheLogo + Bark + Coffin Feeder + Hippotraktor

Finale Sound Track 2021 : dimanche 19 décembre

Écrit par

Ce dimanche 19 décembre, l’Ancienne Belgique accueillait la dernière finale du concours régional ‘Sound Track’. Alors que les noms des gagnants étaient déjà connus pour le reste de la Belgique, le public était impatient de découvrir le verdict pour les artistes bruxellois. Mais avant de passer au résultats du jury, et aux opportunités offertes aux 18 groupes finalistes, on avait hâte de découvrir ces jeunes musiciens encore trop souvent dans l’ombre.

Six groupes ont performé ce dimanche et c’est Adja qui a ouvert la soirée.

Et spoiler : elle est à peine montée sur les planches qu’on a compris que le niveau serait élevé ! Accompagnée de ses musiciens –batteur, pianiste, guitariste, contrebassiste et trompettiste– et de 4 choristes, la chanteuse a placé la barre très haut. Le silence règne dans la salle. La formation s’installe et déjà l’aura d’Adja fait forte impression. Puis elle ouvre la bouche et cela ferme la nôtre pour le reste de sa prestation ! Rien à dire, elle est bluffante ! Sa voix chaude groove avec délice et ses vibes sont divines ! Ils sont dix sur le podium et alors que l’on apprécie leurs identités distinctes, on souligne aussi l’alchimie qui règne entre eux. Le tout dans un style soul, jazzy, presque bossa nova qui nous a complètement scotchés. Le dernier morceau est déjà annoncé et on reste sur sa faim. Le band, Adja et sa voix de diva nous manquent déjà !

Les 15 minutes d’interruption permettent à certains spectateurs de se remettre de leurs émotions et à leurs proches de débriefer de cette prestation.

Puis KAU Trio entre en scène. Malgré le patronyme, le band réunit quatre musicos décidés à présenter leur projet jazz instrumental. Une batterie, un clavier, un saxophone et une basse qui mettent, sans paroles, une énergie électrisante dans la salle ! Le bassiste communique ses vibrations et le batteur ainsi que le pianiste se lèvent pour l’accompagner. « Mad Max » est particulièrement lourd ! C’est sûr, on est en présence d’un futur tube et il incite à danser. Les influences sont riches et diverses. On décèle notamment du hip hop, du jazz progressiste dans les beats. Ils sont forts, leur univers spatial est hypnotique et on aurait voulu que ça claque encore davantage !

Ensuite, la rappeuse Ysmé et le Dj Shlundee prennent le relais. Et c’est un gros coup de cœur de notre côté ! Sa seule présence sur l’estrade la rend minuscule au premier abord. Le plateau paraît gigantesque, vertigineux. Et pourtant, elle l’habite avec un charisme incroyable. Elle court en cercle sur la scène pour chauffer le public façon battle de danse des années 2000. Son style vestimentaire rappelle les 90’s mais les paroles sont très actuelles. On épinglera « Nice guys » où elle manie les mots sous un flow d’aplomb. Le Dj donne tout ce qu’il a dans le ventre et ses beats sont trop bons. Ysmé danse, chante a capella, nous parle, nous interpelle ; bref elle affiche des attitudes de star qu’elle incarne en libérant une vulnérabilité inouïe. Elle est à nu sur scène. On l’entend respirer et on aperçoit sa poitrine se soulever. Elle joue avec sa timidité –ou en tout cas on a cette impression– avec une sensibilité qui fait mouche. Bref, Ysmé, on n’est pas prêt de l’oublier ! 

Et pour la succéder, ce sont les musiciens d’Indigo Mango qui débarquent. 5 mecs qui, en 20 minutes, ont tout envoyé péter ! Explosion de funk, de groove, d’énergie, de couleur et de smile ! Leur marque de fabrique c’est le ‘live’ ! Alors quel régal de les voir occuper les planches de l’Ancienne Belgique ! Le leader et chanteur à la voix grave siège derrière la batterie et son énergie transporte la salle. Il déclare qu’ils ne quitteront pas la scène ‘without putting the zbeul’ ! Alors le public frustré d’être assis danse avec les bras pour accompagner le chanteur et percussionniste qui met le feu sur le podium ! On peut les avoir déjà vus de nombreuses fois, peu importe, leurs concerts restent toujours une dose de joie. Une dose d’été en hiver dont on ne se lasse pas.

Puis c’est au tour de Mek’dr’dr de débouler ! Un nom qui fait bégayer. Un duo féminin qu’il est difficile de qualifier. Elles nous ont laissé bouche bée. Et c’est sans doute l’effet escompté car elles ne font rien dans les codes et tout est décalé. Dans un style sans doute post punk, elles chantent en harmonie et explorent leurs voix sur des lignes de basses groovy et des percus inédites. Et si les mots nous manquent ou qu’on a du mal à se positionner (peut-être sommes-nous un peu trop ‘tradi’ ?) alors c’est gagné : leur performance artistique interpelle et trouble par leur douce étrangeté. 

Enfin, pour clôturer la soirée c’est le jeune rappeur Onha que nous avons eu le plaisir de découvrir. Accompagné de Rocco et Dumbeat aux instrumentales, il nous entraîne dans son univers instantanément. Les productions aux inspirations hip hop mais dans lesquelles on entend aussi du jazz ou du funk sont lourdes ! Onha rappe en français dans un flow nonchalant, souvent langoureux au cours duquel on découvre son écriture et son macrocosme. Mais il sait aussi kicker et envoyer des refrains qui pénètrent tout de suite dans la tête et que le public chante avec lui : ‘Je tourne en rond comme un poisson...’ Alors qu’il est tout jeune, il s’installe dans ses beats avec une aisance fascinante. Bref, sa voix cassée nous a séduits, ses textes aussi. Onha c’est du rap actuel, presque futuriste chargé de riches influences qui permettent de naviguer entre la chaleur de la soul et les claques de ses punchlines bien sèches. Et, comme un roi, il a parfaitement assuré la clôture de cette soirée !

Après une demi-heure de délibération, le jury a remis son verdict : pour compléter l’équipe des 18 lauréats, ce sont donc Adja, Ysmé et Indigo Mango qui ont été récompensés ! Adja s’est, en outre, adjugé le prix du public en prime. Sursauts d’émotions sur scène et dans le public ce soir-là. Et de belles opportunités, résidences, coachings, etc. pour l’année à venir.

Nous de notre côté, on ne lâche pas pour autant tous les autres participants qui, tous, débordent de talents. Et franchement, ça émoustille nos petits cœurs de pouvoir participer à cette mise en lumière des artistes qui nourrissent leur art mais aussi le nôtre. Qui accompagnent nos quotidiens et nos playlists. Alors sortons de l’ombre ces trésors de créativité. 

(Organisation : Ancienne Belgique)

Les Nuits Botanique 2021 : jeudi 16 septembre

Écrit par

Nous sommes dans l’avant dernière semaine des Nuits Botanique ; une édition 2021 d’un grand cru, même si elle a manqué d’artistes internationaux. Ce soir, place à Adèle Castillon (aka Videoclub).

En mars dernier, Adèle et Matthieu Reynaud annonçait que Videoclub se séparait, via un clip intitulé « SMS » (NDR : une méthode également utilisée par Daft Punk, mais en plus explosive !). Le parcours du couple nantais aura duré 3 ans. Un seul elpee à son actif, « Euphories », paru en janvier dernier.

Ce couple, alors à la vie comme à la scène, a eu beau ne pas avoir connu la décennie des années 80, il nous a bel et bien replongé dedans, au rythme de morceaux électro pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Sous le regard bienveillant de Matthieu, Adèle a décidé de continuer l’aventure seule. Le duo s’est cependant séparé en bons termes…

Lyonnaise, Poupie assure le supporting act. Paru en 2019, son premier Ep, « Feu » dévoilait toute l’énergie et la singularité de cette artiste en construction permanente, capable d’alterner une production autotunée avec un morceau où elle s’accompagne au piano ou à la guitare.

Poupie est une jolie poupée à la chevelure longue et rousse. Elle est vêtue d’un body de couleur noire et d’un pantalon de jogging, et possède un certain sex-appeal. Ou sex-appeal certain, si vous préférez. Et elle va mettre une sacrée ambiance dans l’auditoire. Une véritable chauffeuse de salle. Et cela se ressent dans sa façon d’être et dans sa musique aux couleurs reggae, trap et pop. Elle est épaulée par un drummer et un bassiste juchés sur une estrade. Rien de nouveau sur la planète Poupie alors qu’elle signale à plusieurs reprises sortir un premier album dans 8 jours (« Enfant Roi »). De son premier Ep, elle va interpréter quatre extraits : « Feux », « Tiens-toi bien », « Mojito » et « Nada de nada ». Et un seul du nouvel opus, « Thelma et Louise », même si plusieurs titres de son premier essai figurent sur l’album. A l’écoute de sa musique, on est transporté sous le soleil brûlant de Kingston. L’auditoire ne compte guère de trentenaires, mais bien d’adolescentes boutonneuses. Pas étonnant, puisque dans ses chansons, elle parle de ses petits secrets de jeune fille, de ses amours et même de son clitoris. Et puis ce public participe activement à mettre l’ambiance. Poupie chante aussi bien en anglais, en français qu’en espagnol. Bref, rien de bien neuf sur la planète jeunesse…

Setlist : « Ca Me Dérange », « Faut Me Croire », « Nada De Nada », « Thelma Et Louise », « Bongo-Filage », « Comme Personne », « Instinct Animal », « Mojito », « Comme Les Autres », « Feux », « Tiens-Toi Bien », « Ne M’invite Pas ».

Rappel : « Bed Time » 

Adèle a peu connu les années 80 mais nous en parle avec intérêt. Elle nous replonge dedans, au rythme de morceaux électro/pop dansants et aux mélodies à la fois tendres et authentiques. Il y a une sacrée ambiance et Adèle signale qu’hier elle se produisait à Lille, mais que les gens étaient un peu coincés. Ce n’est pas le cas ce soir. On ignore si elle s’inspire du cabri ou d’un kangourou, mais elle bondit aux quatre coins du podium. Parfois, elle me fait penser à Angèle. Une chose est sûre, elle sait s’y prendre pour mettre le feu dans l’assemblée. Tout comme lors du festival de Ronquières, elle est vêtue d’un pantacourt blanc et d’un body blanc et est épaulée par deux musicos. Mais son spectacle est similaire à celui accordé sur le site du Plan Incliné. Donc difficile d’en rajouter une couche. Dans ces conditions, rien de tel que d’aller relire le compte-rendu de Videoclub du 15 août 2021, ici

Setlist : « Intro », « Suricate », « Petit Monde », « En Nuit », « XXX », « Enfance 80 », « Roi », « Un Autre Monde » (cover Téléphone), « Polaroïds », « Intro Kick », « Amour Plastique », « Mai », « SMS ».

Rappel : « 3 Jours », « Euphories »

Voir aussi notre section photos là.

(Organisation : Botanique)

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2021 : mercredi 15 septembre

Écrit par

C’est la fête, ce soir, au sein de l’écurie Humpty Dumpty. Au programme trois de leurs poulains sont programmés dans le cadre des Nuits Botanique, dont deux découvertes : Paradoxant, le side-project d’Antoine Meersseman, l’étonnant Unik Ubik et les valeurs sûres Mountain Bike, même si les cyclistes pédalent en roule libre depuis 4 ans. Etienne et son band ont d’ailleurs conservé la forme. Ils ne sont pas encore rouillés et en ont encore sous le pédalier. Une superbe soirée en perspective !

Bassiste et claviériste chez BRNS, Antoine Meersseman est bien dans sa peau, mais c’est un forçat du travail. Entre 2016 et 2017, il a écrit pas mal de nouvelles compos ; et donc, il voulait les concrétiser à travers un side projet. Il y a deux ans, il a donc fondé Paradoxant... Il avait confié lors d’une interview : ‘Ça faisait longtemps que j’avais envie de me challenger un peu, mais j’avais peur de m’y confronter parce que c’est difficile de porter un projet tout seul. Quand on est en groupe, on assume moins certaines responsabilités même si ça peut générer aussi d’autres frustrations…’ L’album « Earworm » est sorti en mars dernier. Un elpee qui a bénéficié du concours d’Antoine Pasqualini (Monolithe Noir), lors des sessions d’enregistrement.

Sur les planches, Antoine est épaulé par deux musicos. En l’occurrence Romain Bernard (Roporose) aux drums ainsi que la très jolie claviériste (Whoman) aux synthés et aux machines. Antoine se plante au centre devant ses claviers. A l’instar de BRNS, le trio a opté pour une configuration en triangle afin de renforcer la cohésion du band. Le jour du concert, la formation a lancé une cuvée spéciale. Baptisée ‘Brazilier-Paradoxant’, elle libère deux saveurs : « Mighty Sorrow » et « A New End », qui nécessitent cependant un code de téléchargement pour être dégustées. Romain signale qu’il s’agit d’une très bonne cuvée de ‘60-15 cl’ qui nous vient du Loir et Cher. Et il nous en sert une première, à consommer sur place.

Sinon, Paradoxant va nous réserver une bonne partie de son premier LP. D’abord certains morceaux improbables et envoûtants, abordés dans l’esprit de BRNS. Puis d’autres décousus et torturés qui nécessiteraient plusieurs écoutes avant d’être appréciés à leur juste valeur. Autrement dit, Ils sont tantôt accessibles, tantôt impénétrables, un peu comme s’ils naviguaient sans cesse entre l’univers de Liars et d’Ariel Pink. Sur une trame électronique, le rock de Paradoxant convoque voix déformées et rythmes exaltants. « Dead Beat » nous replonge dans les eighties, alors que « Ha Ha Ha Ha » se fend d’un rire glacial. Braillardes et vocodées, les voix inondent « Sometimes ». Enfin, l’électro/pop « Faster » est chargé d’intensité…

Setlist : « Unamed », « Unheimlich », « Modern Lie », « Dead Beat », « Rebirth », « Mighty Sorrow », « Ha Ha Ha Ha », « Sometimes », « Faster », « Asylum », « Summer », « Glow »

Issu de la région de Tournai, Unik Ubik pratique une musique hybride et festive, transgressive et difficile à étiqueter aussi, mais qui se nourrit notamment d’afro, de jazz, punk, rock, psychédélisme, ska, klezmer et folklore balkanique.  

A son actif deux album, mais un troisième, « I Am Not Feng Shui », paraîtra en novembre prochain.

Les musicos ont opté pour des pseudos à coucher dehors. Jugez plutôt : à la guitare... Orkestralone Seb Dlay (Kofeee) ; à la basse... T.Raznor (Maria Goretti Quartet, Spagguetta Orghasmmond) au saxophone… JB (Louis Minus XVI, Cheikh de stael) ; et à la batterie…  O'Von Pimpont ; von Basècles

Ils ne se prennent pas au sérieux mais techniquement, les musiciens sont doués. 

Sur scène, on sent que le quatuor est animé par un vrai plaisir de jouer. Les membres d’Unik Ubik ne reculent devant rien, collant aux riffs ravageurs des échappées ethnologiques, dopant leurs propos par une folie exploratoire débridée. Les voix sont entêtantes et complémentaires.

Légèrement bedonnant, le chanteur/guitariste met l’ambiance. ‘Santé’ crie-t-il en s’adressant à la foule tout en remplissant son verre de vin. Alimentée par une fureur et une humeur bien punk, cette atmosphère vire parfois au délire. Notamment lorsque le saxophoniste se déchaîne, tout en affichant une grande maîtrise de son instrument ; on pense alors à ‘Orchestre Du Belgistan’…

Setlist : « Maximum Delirium Maxi », « Western », « Bodies », « Mesmer », « Cab », « Dan-Jun », « I Am Not Feng Shui », « Right Or K », « Not-Ik », « Panther ».

Charles-Antoine, Aurélien, Étienne et Stefan sont de retour. Quelle bonne nouvelle ! Les vététistes ont repris la route et se sont lancés à la poursuite de Mathieu Van Der Poel. Maintenant, Stefan va devoir éliminer la bibine qu’il ingurgite pendant un concert (4 chopes sur une heure). C’est vrai quand même, que ça le rebooste. Si les trois-quarts de Mountain Bike ont abandonné les tee-shirts trop longs et les slips moule-bite, Stef est toujours vêtu d’un short léopard ; et ses interventions à la basse sont volontairement désaccordées. Etienne pète la forme. La sauterelle à l’humour décalé est toujours aussi habile sur sa Fender. Bandana rouge lui enserrant le crâne, le gros nounours derrière les fûts est imperturbable. Il s’est coupé les coupé ses cheveux et a taillé sa barbe. Pogos et crowdsurfing agitent la foule. Dans la salle, ça sent la sueur et la bière.

Hormis un morceau improbable et hilarant intitulé « Sandwich », la setlist est partagée entre morceaux issus des deux premiers long playings.

Ce retour sur les planches annonce-t-il un nouveau départ ? La sortie d’un nouvel album ? Ou est-ce simplement un comeback ponctuel ? On devrait en savoir plus d’ici quelques semaines, en attendant, ce set avait de quoi regonfler le moral des aficionados. Car il serait dommage de voir des gars qui ont autant de potentiel, d’humour et de talent rouler dans le jardin et tomber au fossé…

Setlist : « Torture », « Escape Plan », « Mean With You », « Nothing At All », « Bost My Hopes », « B + B - », « Pauspain », « Got Power », « Sandwich », « Photographs », « Lum », « Money », « Word Land », « Kissable Girl »

Mountain Bike + Unik Ubik + Paradoxant

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Botanique)


 

Les Nuits Botanique 2021 : vendredi 10 septembre

Écrit par

En septembre 2001, Björk –alors au sommet de son art– se produisait au Botanique, soutenue par un orchestre symphonique, une chorale et un duo électronique. Plus près de nous, Great Moutain Fire avait eu une idée semblable, lors d’un concert accordé au Cirque Royal, également épaulé par un ensemble classique. Ce type d’expérience a été inauguré par Deep Purple en 1969. Pas une grande réussite, il faut le reconnaître. A contrario de ce que vont réaliser Procol Harum, les Moody Blues, The Nice, Renaissance, Barclay James Harvest ou encore ELO, au cours des 70’s ; mais aussi, il ne faut pas l’oublier, de nombreux groupes de métal (Page & Plant, Metallica, Within Temptation, … et la liste est loin d’être exhaustive), par la suite. Et cocorico, à partir de 2012, Hooverphonic a accompli une longue tournée en compagnie d’un orchestre philarmonique, dénombrant parfois plus de 60 musiciens. On ne va pas refaire l’histoire, mais simplement rappeler que ce type d’aventure nécessite une énorme préparation et qu’elle est souvent… casse-gueule ! Bref, le projet imaginé par Julie Rens et Sasha Vovk est audacieux, même s’il a bénéficié du concours de Jean-Marie Rens, le papa de Julie. C’est lui qui s’est chargé de tous les arrangements. Vibration (c’est le nom du collectif) implique donc 23 musiciens, dont quatorze préposés aux instruments à cordes (violons, violoncelles), sept aux flûtes, un contrebassiste et un guitariste. Et c’est Denis Menier qui est à la baguette.

En 2019, lors de la release party accordée au Vk de Molenbeek, suite à la sortie du second Ep, « Crumbs », Juicy avait déjà surpris tout le monde en jouant au milieu du public, flanqué d’un quatuor à cordes, deux flûtistes et un contrebassiste, lors de la partie acoustique du concert. Le duo avait également créé la sensation en 2019, dans le cadre du festival de Dour, en proposant un set réarrangé par le trompettiste Thomas Mayade, impliquant 13 cuivres différents. Mais également la même année à Paris en la salle Le New Morning, appuyé alors par les ‘jazzeux’ de Commander Spoon et la chanteuse Yseult.

Pas de doute lors de cette création, l’orchestre va devoir sortir de sa zone de confort…

Le supporting act est assuré par Wayi. Agée de 28 ans, grande, effilée, cette belle femme afro a figuré dans différentes chorales gospel, au cours de sa jeunesse. A ce jour, elle a gravé un Ep 5 titres, « Love In Progress », en 2019, et un single, « What I Want », en juin dernier. Elton John n’a pas hésité à louer son talent de vocaliste. Et il est vrai que c’est une fameuse voix pour chanter le r&b et la soul. On dirait presque qu’elle s’en sert comme d’un instrument.

Sur scène, elle est épaulée par une choriste et un préposé à la guitare semi-acoustique. Les deux voix se complètent parfaitement et a cappella, le résultat est superbe. A vous flanquer des frissons partout ! Et en fermant les yeux on se plaît à rêver des artistes qui ont illuminé la Tamla Motown ou encore issus de la Nouvelle-Orléans…

Il y a du peuple sur le podium. Outre les 23 musiciens (le guitariste n’interviendra qu’à deux reprises) et le chef d’orchestre, il faut également caser Sasha et Julie. La première se plante à gauche, devant ses pianos, Julie à droite, derrière un tom bass sur pied et des cymbales. La foule est debout. C’est sold out ! Et comme d’habitude, c’est Benoît, l’ingé-son de Puggy, qui est derrière les manettes.

Sous une explosion lumineuse, le set démarre. Julie et Sasha sont vêtues de robes bouffantes à paillettes (NDR : pas pratique pour se déplacer !) ; des paillettes qui illuminent également leurs chevelures.

La setlist va proposer 6 anciens morceaux des 2 premiers Eps (« Cast A Spell » et Crumbs »), revus et corrigés pour la circonstance. Et puis une majorité de titres prévus pour le prochain elpee, dont la sortie est prévue pour l’an prochain.  

L’orchestre est impressionnant. Cordes et flûtes nous plongent au sein d’un univers atmosphérique qui fluctue constamment, mais parfait de maîtrise. Les filles et tout particulièrement Julie observent régulièrement le maestro pour rester en phase avec l’ensemble...

Tout en se concentrant sur les ivoires, Sasha et Julie posent leurs voix en couches successives. Et lorsqu’elles fusionnent, le résultat s’avère aussi beau qu’harmonieux ; mais quand elles montent en puissance, elles entrent alors en duel.

Si Juicy puise ses influences majeures dans la musique urbaine et tout particulièrement le r&b et le hip hop, au cours de ce concert, elles vont se frotter, bien entendu aux références classiques, mais également contemporaines et jazz.

Sasha et Julie vont même goûter à la langue de Voltaire, pour deux morceaux, alors que leur répertoire est interprété dans celle de Shakespeare. Tout d’abord « R’n’b de rue ». Puis l’improbable et décalée « La gigue de la quequette », chanson qui adresse un petit clin d’œil à Jean Sébastien Bach.

Conquis, le public a savouré ce moment de bonheur. Mais surtout, Juicy a gagné son pari. Le duo remettra le couvert à l’Ancienne Belgique, en février 2022.

Juicy Orchestra + Wayi

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Le Botanique)


 

Les Nuits Botanique 2021 : jeudi 9 septembre

Écrit par

Un an plus tôt, Pomme était programmée dans le cadre des Nuits Botanique, à la Rotonde. Suite à la Covid, le spectacle avait été annulé. Et aujourd’hui, elle est tête d’affiche sous le chapiteau. Bonne nouvelle, pour accéder aux concerts, le masque et la distanciation sociale ne sont pas imposés, mais un Covid Save Ticket doit être fourni à l’entrée. Baptisée ‘Les Failles Tour’, sa tournée visite la Belgique, depuis un bon mois (Festival de Ronquières, Théâtre de Mons, Nuits Solidaires à Namur) et ce soir elle se produira devant 1 200 personnes.  

Aurélio Mattern assure le supporting act. Il a milité chez Lucy Lucy, Paon et Sonnfjord. Multi-instrumentiste, il a décidé de se lancer en solitaire, en empruntant, pour patronyme, Aurel. D’Aurel à Aurélien, en passant par Aurélio et l’empereur romain Marc Aurèle, les racines sont identiques. Aurélio a gravé un premier Ep. Baptisé « Ah Ouais », il est paru en juin dernier.

Il est seul sur les planches avec pour équipement sa gratte électrique, son synthétiseur, ses machines et son iPAD ; et il jongle parfaitement entre les différents instruments. L’artiste semble bien plus détendu qu’au festival de Ronquières, en enchaînant facilement morceaux cool, nerveux, électro ou/et hyper dansants.

Aurélio adore la musique des années 80. Interprétées dans la langue de Voltaire, ses chansons sont autobiographiques. Celles d’un trentenaire pépère, perdu, et en même temps décidé à aller au bout de sa démarche. Il parle de tour-bus qu’il n’aura jamais. Il chante les couples qui se lassent. Il traite parfois du deuil et souvent de l’insomnie. Et s’autorise même d’un petit trip du côté de Coxyde, pour prendre un bain de soleil en amoureux (« Hier la plage »).

« Désert », « Vingt vingt » et « Saison Mandarine » sont de nouvelles compos écrites pendant le confinement. Aurélio voulait les partager et n’imaginait pas les jouer devant un vrai public. Bonne mise en bouche avant de croquer la Pomme…

Setlist : « Hier La Plage », « Esquisse », « Désert », « Vingt vingt », « Krang », « Ah Ouais », « Oxygène pour 2 », « Saison Mandarine ».

Claire Pommet a choisi comme patronyme et nom de scène, Pomme. C’est à l’école que ses camarades de classe lui avaient attribué ce surnom.

Pomme monte sur le podium et salue la foule, puis empoigne sa gratte semi-acoustique. Elle a coupé ses cheveux au bol comme Mireille Mathieu et n’arbore plus sa fameuse sa mèche blanche centrale si caractéristique. Elle est vêtue d’un pantalon noir et d’une chemise blanche à froufrou. Pomme est soutenue par le même backing group qu’au festival de Ronquières : une bassiste, également préposée aux synthés, juchée sur une petite estrade, et une drummeuse.

Elle entame son set par « Anxiété », un extrait de son second LP, « Les Failles », qui a forgé son succès. A cet instant, on aurait pu imaginer qu’elle allait dérouler le tracklisting de cet elpee. Finalement, elle n’en interprétera que 4 extraits.

Lors de ses chansons les plus acoustiques, donc intimistes, on dirait une petite sœur qui se confie en chuchotant à votre oreille.  

Particulièrement interactive, elle affiche un sourire permanent. Elle confirme tourner en Belgique depuis un petit temps et avoue apprécier le pays et sa gastronomie. Elle raconte qu’à Namur, elle avait demandé quelle était la spécialité culinaire. On lui avait appris qu’il s’agissait de la bière et du péquet. Mais elle avait répondu le vert à la pomme (NDR : c’est la couleur de cette eau-de-vie). Ce qui a déclenché l’hilarité dans l’auditoire.

Sa version du « Désenchantée » de Mylène Farmer booste l’ambiance. La foule connaît les paroles et chante en chœur. Notamment les aficionados agglutinés devant le podium. Et lorsqu’elle interprète « Les Séquoias », « Je Sais Pas Danser » et « Les Oiseaux », le public met littéralement le feu.  

Elle se sert de différents instruments : de la gratte semi-acoustique à l’électrique, en passant par le piano, un mini-synthé (qu’elle pose sur les genoux) et une autoharpe, un instrument à cordes pincées utilisée dans la région des Appalaches pour accompagner la musique folk, americana ou bluegrass. Et manifestement ces sonorités apportent une coloration originale à l’expression sonore.

Au bout de 50 minutes, le set proprement dit est terminé. Elle signale, qu’en général, elle passe un contrat verbal avec le public. S’il applaudit, elle reviendra pour 4 chansons. Finalement, on aura droit à 70 minutes de prestation.

En rappel, Claire revient coiffée d’un chapeau en forme d’énorme champignon. Elle déclare l’avoir reçu d’un certain ‘Pilou’ lors d’un concert à Tours. Depuis il est devenu son couvre-chef fétiche qu’elle porte à chaque concert. Projetés depuis l’arrière-scène, les faisceaux lumineux se focalisent sur Pomme ; surtout quand elle est seule sur scène. Tantôt de couleur verte ou rouge, ils passent au bleu et aveuglent littéralement les spectateurs, pendant « Soleil, Soleil ».

A l’issue du concert, un constat s’impose : Pomme est à l’aube d’une grande carrière…

Setlist : « Anxiété », « Je Sais Pas Danser », « Les Cours D’Eau », « Pourquoi La Mort Te Fais Peur », « Désenchantée » (Mylène Farmer), « Les Oiseaux », « Saphir », « De Quoi Te Plaire », « Les Séquoias », « La Lumière », « Ceux Qui Rêvent ».

Rappel : « Grandiose », « Soleil Soleil », « Une Minute », « On Brûlera ».

Pomme + Aurel

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Le Botanique)  


 

Gate Festival feat Couleur Café : samedi 4 septembre

Écrit par

Couleur Café est de retour à travers le Gate Festival. II avait été programmé du jeudi au dimanche, du 26 au 29 août et du 2 au 5 septembre. C’est donc à l’avant-dernière journée que votre serviteur participe. Après 8 jours de pur bonheur sous un soleil radieux, au cours desquels se sont déroulés plus de 40 concerts et DJ sets, le public a vécu du fun sans fin grâce aux ‘Anger Games’ ou s’est émerveillé devant les skate shows et d'innombrables autres surprises ; on peut dès lors honnêtement parler de succès. Les 10 000 festivaliers ont été comblés. Lieu magique, le ‘Studio CityGate’ a brillé de mille feux. Et ce festival s’est déroulé sans distanciation, sans masque mais avec le Covid Save Ticket.

Deux scènes ont été prévues : une petite dénommée ‘Brikabrak’ et une Main Stage, à droite, juste à côté. Comme à Couleur Café il y a des foodtrucks, des artistes de rue et des bars à profusion. On peut s’assoir et faire la fête. Les gens sont heureux de revivre et ont la banane. La vie normale reprend son cours…    

Scène Brikabrak : Diane

Il n’est pas évident d’ouvrir un festival. C’est la DJ bruxelloise et ingénieure du son Diane qui s’y colle. Un DJ set comme on les aime. Elle nous y réserve de la house (notamment afro), de la dance, du dubstep, du jazz, du funk, du disco, de la future bass, de la lo-fi et des soulful vibes, sous une forme percutante.

Bref, la musique est assez éclectique qui incite à remuer le popotin. Certainement à l’affiche du Couleur Café 2022…

Main Stage : Juicy

Juicy, c’est un duo réunissant Sasha Vovk (chant, claviers, guitare) et Julie Rens (chant, clavier, batterie électronique). Il est responsable d’une musique qui puise ses influences dans la pop, la soul, le jazz et le r&b, mais également le hip hop, notamment lors des covers de Diam’s…

Sasha et Julie sont en pleine forme et impatientes de retrouver un vrai ‘live’ face à un public démasqué, après ce long confinement. Une période au cours de laquelle elles ont décidé d’élargir leur palette sonore, s’affranchissant du RnB, pour embrasser le jazz, la musique contemporaine et classique, tout en se servant d’une instrumentation aussi bien électronique qu’acoustique…

La setlist prévoit 9 morceaux issus du futur elpee, dont la sortie est prévue pour 2022, ainsi qu’une nouvelle mouture de « Count Our Fingers Twice ».

Les filles sont vêtues de robes noires à froufrous et chaussées de claquettes, quand elles grimpent sur le podium. D’habitude, dès le début d’un set, Sasha est survoltée. Aujourd’hui elle est plutôt paisible. Julie lui fait face, derrière son piano. On aura ainsi droit à une prestation plutôt cool en mode piano/voix. Hormis tout au long de « Truth » et « Treffles », titres au cours desquelles elles sont vocodées, les voix sont parfaitement dosées et se conjuguent pour former différentes nappes, alors que les ivoires accentuent le climat atmosphérique des compos. Dans le passé, il se produisait plus que régulièrement un incident technique, lors de leurs concerts. Ce ne sera pas le cas en cette fin d’après-midi. Le son est nickel. Normal, puisque c’est Benoît (ingé-son de Puggy) qui est derrière les manettes. Enfin, on épinglera au sein du nouveau répertoire, « La gigue de la quequette », un morceau qui adresse un clin d’œil au célèbre Cantor de Leipzig, Jean-Sebastien Bach… Peut-être une indication pour le concert que Juicy accordera dans le cadre des Nuits Botanique, ce 10 septembre, flanquée de 23 musiciens…

Setlist : « You Don’t Have To Know », « Count Our Fingers Twice », « Truth », « Youth », « Haunter », « Remain », « Treffles », « La gigue de la quequette », « Call Me »

Main Stage : Kabola

Kabola est un collectif qui regroupe une nouvelle génération de jeunes musiciens congolais qui vivent à Bruxelles et pratiquent, bien évidemment, de la rumba congolaise. Le line up de base implique un drummer, un percussionniste, trois guitaristes, un bassiste, un chanteur, une chanteuse et un claviériste. Et au cours du set, des invités, chanteurs et/ou musicos, viennent rejoindre la troupe, pour atteindre, à un certain moment, la bagatelle de onze personnes.

Il ne faut pas très longtemps, avant que l’ambiance n’atteigne son paroxysme. Et pourtant dehors, la foule, massée aux premiers rangs, est accablée par un soleil de plomb. Qu’importe, les spectateurs sautent et dansent sans se ménager. Impossible de rester sur place.

Les chansons sont interprétées en français et en lingala. L’association drums, percus et basse remue littéralement les tripes. Les guitares libèrent chacune des sonorités différentes, dont la rythmique aux tonalités tour à tour afro ou caribéennes, lorsque la musique vire au reggae…

Main Stage : L’or Du Commun (ODC)  

Affichant au compteur plus de 10 ans d’existence, L’or du Commun est donc loin d'être un crew inconnu sur la scène hip hop, et notamment à Bruxelles où il multiplie les collaborations. Son line up réunit Swing, Loxley et Primero. Son style ? Du rap accrocheur, des flows old school, des lyrics pointus et des beats de qualité… Le projet a mûri, grandi et pris de l’assurance tout en restant très proche de son public. De la bande rigolarde, bourrée d’énergie boom bap décalée à la Saïan Supa Crew, la formation a conservé la spontanéité, la simplicité, mais en rendant le propos plus personnel. La famille est bien présente et en nombre, c’est ainsi qu’ODC interpelle ses fans.

Très concentré, Dj Junior Goodfellaz est planté derrière les platines. Il remue surtout les bras. Les 3 Mc’s bougent, sautent dans tous les sens, incitent le public à les imiter et à former des round circles. Dès le premier skud, « Négatif », la foule réagit au quart de tour. Le son est excellent. La setlist se limite à des titres issus du dernier opus, « Avant la nuit ». Mais en milieu de parcours, une panne de courant force les artistes à se retirer pendant 20 bonnes minutes. Le temps de chercher la cause du problème. Heureusement, le set ne sera pas écourté, mais simplement prolongé au-delà du temps normalement imparti.

Retour sur les planches pour le crew qui reprend donc du service…

Parfois le flow ralentit. Sans doute pour mieux comprendre les textes engagés, parfois quand même davantage teintés de mélancolie, comme sur le dernier long playing qui parle du passé, de leur carrière, des doutes et des nuits sans sommeil...  

La prestation monte progressivement en puissance. Anecdote, l’un des MC’s balance, en rigolant, qu’ils sont devenus des stars car ils ne circulent plus en tram et en bus…

Ils ont aidé Roméo Elvis à décoller et il leur rend bien. Il est ainsi sur place pour ce concert et les rejoint sur le podium pour attaquer les 4 dernières chansons. Coiffé d’une casquette et vêtu d’un short pantacourt, il prend même le temps de se rouler… ce qui ressemble à une cigarette…

La combinaison des trois voix est magnifique. Et lors du dernier morceau, le quatuor reprend, pour la seconde fois de la soirée, « Négatif ». Ils se produiront en concert à l’Ancienne Belgique le 15 avril 2022…

Setlist : « Intro », « Négatif », « C’est Dingue », « Ciel Rouge », « Nuit d’Hôtel », « Pansement », « Descente », « Cassé », « Ac », « Apollo », « Pollen », « Négatif »

Philou Louzolo + L’or du Commun + Juicy + Kabola + O’Simmie + DJ Insécure + Diane

(Organisation :  Couleur Café)


 
Page 11 sur 77