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Hooverphonic
Kreator - 25/03/2026
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 03 octobre 2018 08:39

Their prime

Drivé par Jo Hirabayashi, Jo Passed est un quatuor établi à Vancouver, dont la musique puise aussi bien dans la dream pop, le psychédélisme, le grunge, le post punk, la lo-fi, le noisy que la prog, éveillant dans l’esprit, des tas de références, qui oscillent de Mercury Rev à Yes, en passant par les Pixies, The Oh Sees, XTC, Sonic Youth, Deerhoof, Pavement, Broadcast, Mew, Wolf Parade et même Slowdive. Suivant les morceaux, bien sûr. Le dénominateur commun ? La voix claire et androgyne de Jo. Enrichis par une section de cordes (violon, alto, violoncelle) aux sonorités contemporaines, « Left » ouvre l’opus, alors que le noisy indolent « Please, please » l’achève. Et entre stridulation électriques, méandres mélodiques, groove percutant et instrumentation complexe, l’opus parvient encore à se référer à Bob Dylan (« Millennial Trash Blues ») ou encore émettre une critique ironique à l’égard de Facebook (« Facetook »), parmi des pistes qui rivalisent d’originalité. Excellent !

mercredi, 03 octobre 2018 08:37

Forth Wanderers

Issu du New Jersey, ce quintet, dont le patronyme s’inspire du nom d’un club de football écossais, a une histoire un peu particulière, puisque Ben Guterl, qui grattait déjà la guitare, était tombé sous le charme de Trilling, une prof de l’école secondaire qu’il fréquentait. Et il lui a envoyé une démo en lui demandant d’écrire les paroles. Ce qu’elle a accepté. De fil en aiguille ils ont commencé à collaborer, avant qu’elle ne rejoigne le groupe, qui va alors graver deux Eps et un premier LP. A la sortie du lycée, les étudiants vont malheureusement s’éparpiller aux quatre coins des States. Aussi, pour continuer l’aventure, ils ont commencé à échanger des fichiers, via Internet. Et ont réussi ainsi à concocter ce second opus. Il sera est éponyme.

Dès la première écoute, on ne peut s’empêcher de penser aux Breeders, à Blonde Redhead voire à Veruca Salt, la voix lancinante, aigrelette, d’Ava Trulling rappelant même celles de Kim Deal, Tanya Donnelly voire Kazu Makino. Un joli clin d’œil adressé aux 90’s, en quelque sorte. Et cette voix dialogue régulièrement avec la guitare de Ben Guterl, et particulièrement tout au long de « Taste » ainsi que de « Never face ». Bien que languissantes et rêveuses, les mélodies finissent toujours par mordre. A cause des riffs de gratte subtilement noisy, acides, alors que la section rythmique est particulièrement soignée et bien maîtrisée. Un seul titre acoustique, « Be my baby », au sein d’un long playing de bonne facture, mais peut-être un peu trop homogène au goût de votre serviteur…

 

mercredi, 03 octobre 2018 08:34

Candélabre

Trio toulousain, Candélabre nous replonge au cœur même de la dark wave du début des eighties ; tintinnabulantes, cristallines, les sonorités de cordes évoquant tour à tour Cocteau Twins ou The Cure. La basse est bien post punk et le recours aux synthés ainsi qu’à la boîte à rythmes accentuent le climat mélancolique, gothique, de l’expression sonore, climat hanté par la voix spectrale, fragile et incantatoire de Cindy Sanchez, sorte d’hybride entre Elisabeth Fraser, Dolores O’Riordan et Sinéad O’Connor, qui lorsqu’elle est overdubbée rapelle alors les échanges opérés entre Miki Berenyi et Emma Anderson, chez Lush.  

mercredi, 03 octobre 2018 08:32

Black Paper Plane (Ep)

Issu de la région de Tournai, Black Paper Plane réunit des ex-Pillow, Heroïne et Alien Satellite. Découpé en 5 plages, son premier Ep est éponyme. Baignant au sein d’un climat mélancolique, les compos sont, en général, tramées sur un même schéma : un rythme entraînant imprimé par la section rythmique et les pulsations du synthé, sur lequel deux grattes en strates, en arpèges, parfois chargées de reverb (Durutti Column ?), et souvent en crescendo, viennent se greffer, dont une plus cadencée et l’autre qui se détache régulièrement pour s’autoriser des envols parfaitement maîtrisés ; et puis la voix bien timbrée mais chargée de spleen de Steph, qui tourmentée, claustrophobe, semble parfois hantée par Simon Huw Jones, le chanteur d’And Also The Trees (« Take control »). Et si le titre final lorgne, en tout début de parcours, vers les Pixies (basse et guitare), la suite revient au schéma fondamental, même si la fin du morceau est enrichie par des notes de synthé en émulsion. Exception qui confirme la règle, « Don’t give up », un morceau qui constitue le sommet de cet Ep. D’abord abordée comme une ballade mid tempo, elle s’ouvre par des accords de gratte en picking, puis monte progressivement en intensité ; mais c’est surtout sa jolie mélodie, réminiscente de Mud Flow, qui fait la différence. Pour un premier essai, le résultat est tout à fait convaincant…

 

mercredi, 03 octobre 2018 08:31

Archi Deep (Ep)

Depuis que Martin Leroy, le bassiste est parti vivre aux States, Archi Deep est réduit à un duo réunissant le batteur Camille Sullet et le chanteur/guitariste Arthur Di Piazza, un Oléronnais qui a monté ce projet en 2013. Au départ flanqué de l’appendice Monkeyshakers, le duo a donc décidé de l’amputer. 

Pour ces 6 plages, la paire a bénéficié du concours de Lucas Thiéfaine et de Frédéric Scaps, respectivement à la sèche et aux claviers, sur deux plages. Bien rock, la musique d’Archi Deep se réfère davantage aux 90’s qu’aux 70’s, évoquant tour à tour Smashing Pumpkins (« Losing my mind »), Black Crowes, Queens of The Sone Age, Lenny Kravitz et surtout White Stripes, pour l’empreinte blues, à l’instar du percutant et âpre « With no money no time » ainsi que du premier single « I’m just a man », une plage cependant plus pop, sifflotée en cours de route, mais sont le tempo s’accélère en milieu de parcours. Souligné par un filet de clavier, et joué à la guitare en picking, l’acoustique « Hey » met en exergue la superbe voix, bien timbrée, d’Arthur Piazza, alors que variant constamment de ryhtme entre refrain et couplet, « I’ll be by your side » est saupoudré de ‘ou ouh’ rollingstoniens (NDR : c’est dans l’air du temps !)

 

mercredi, 03 octobre 2018 08:46

Any common sense

Avant d’opter pour le patronyme Seno Nudo, cette formation sévissait sous celui de La Tentation Nihiliste ; elle avait même publié un Ep, intitulé « One year without sex », en 2014. Réunissant les guitaristes Yasmina H’mamou et Pierre Constant, la bassiste Sonia Hoge, ces trois musicos participant également aux vocaux, ainsi que le drummer Gérald Bouchat, elle pratique une forme de noisy/shoegaze plutôt complexe, mais qui tient parfaitement la route. Bien que pour la plupart mélodieuses, contrastées, les compos se caractérisent par de fréquents changements de rythme et s’achèvent volontiers dans des finales éruptives. Les harmonies vocales sont tour à tour claires, lancinantes, désabusées, proférées en retrait ou même déclamatoires, « We always know » ressemblant même à une scène de ménage, probablement extraite d’un film. On pense tour à tour à Jesus & Mary Chain, My Bloody Valentine, Slowdive, Blonde Redhead, les Breeders, les Pixies, Throwing Muses, et surtout Telescopes, lorsque les cordes de gratte se mettent à grésiller ou à crépiter, si vous préférez… Excellent !

jeudi, 20 septembre 2018 13:48

Hope downs

Après avoir commis deux superbes Eps, ce quintet australien nous propose son premier opus. Un disque remarquable, qui s’inscrit dans la lignée de la scène ‘Dunedin sound’ du label néo-zélandais Flying Nun, dont les artistes ont marqué la scène indie des 80’s. Pensez à JPS Experience, The Chills, The Verlaines, Bailter Space ou encore Able Tasmans. Tout en intégrant quelques références puisées chez Go-Betweens, il faut le souligner ! Vous vous en doutez, la musique du band fait la part belle aux guitares (deux grattes électriques et une sèche), mais aussi aux superbes mélodies qui peuvent se révéler contagieuses, un peu comme chez REM (« Talking straight »). Drums métronomiques et basse caoutchouteuse communiquent un feeling post punk à certaines compos. Les trois gratteurs se consacrent aux vocaux, et leurs voix sont totalement complémentaires. Parfois elles se colorent subtilement de hip hop quand elles n’adoptent pas des inflexions empruntées à Robin Proper-Sheppard (Sophia) et tout particulièrement sur « Exclusive grave ». Dans le style, c’est un des albums de l’année !

 

jeudi, 20 septembre 2018 13:41

Moods

Dirk Da Davo et TB Frank ont fondé Neon Judgement au tout début des eighties. Ce duo et Front 242 sont considérés comme des pionniers de l’electro body music (EBM). La paire s’est séparée et reformée à plusieurs reprises, moments choisis par Dirk pour se concentrer sur son autre projet, Neon Electronics, se consacrer à son label Dancedelicd ou encore entreprendre une aventure en solitaire.

Cette compile réunit des morceaux récents de Da Davo publiés en numérique sur son label. Des titres qui titres figuraient sur les Eps « Protest », « DDJMX », enregistré sous la houlette de l’ex-TC Matic Jean-Marie Aerts (NDR : pour rappel, d’abord guitariste, mais également producteur, c’est lui qui avait déjà mis en forme le « Blood and thunder » de Neon Judgement », en 1989 !), et « 3DFLY », sous celle de Make Marena, mieux connu pour avoir produit, notamment, des œuvres de Screaming Trees, The The et Bootsy Collins. Et ces deux collaborateurs cosignent chacun 4 pistes. Outre les 12 plages annoncées, le disque recèle deux bonus tracks.

De « Protest », on épinglera « Bound », un titre hanté par New Order, au cours duquel on retrouve les influences c&w de Dirk. Et puis l’hypnotique « Deny it », une morceau imprimé sur un tempo plutôt basique. On ne parvient d’ailleurs pas à déterminer s’il s’agit d’un rythme à deux ou quatre temps.

La patte de Jean-Marie Aerts est particulièrement présente tout au long des plages retenues de « DDJMX », notamment à travers les accords surf/funk de sa gratte (« Attack dogs achieve », « We’re slipping and sliding »), alors que le plus cool « New normality » baigne au sein d’un climat cinématique digne d’Ennio Morricone, une piste introduite par des accords de cordes jouées en picking. 

Hormis l’EBM électrifié « Money back », « 3DFLY » privilégie une forme de disco. Excellent, l’enlevé « How much more » lorgne même vers Pet Shop Boys.

Reste les deux extra tracks. Le premier est expérimental, alors que le second emprunte plutôt un profil indus/funk.

jeudi, 20 septembre 2018 13:39

American utopia

« Grown Backwards », le dernier album studio de David Byrne remonte déjà à 2004. Bien sûr, entre-temps, il a participé à de multiples projets, dont un opéra disco, en compagnie de Fatboy Slim, à partir de 2005. Pour enregistrer « American utopia », il a reçu le concours d’une belle brochette de collaborateurs, dont Jack Penate et surtout Brian Eno, qui non content de se charger du volet électronique, coécrit « Everybody’s coming to my house ». Une excellente composition qui aurait pu se révéler sublime, dans l’esprit de « Remain in light », si elle avait été davantage organique. Car le défaut de cet opus est bien là ! On retrouve bien la voix si particulière de Byrne, mais hormis le funky « It’s not dark up here », cet excès de synthétisme délave toute bonne disposition. Et « This is that », titre minimaliste dispensé dans l’esprit de sa collaboration avec Ryuchi Sakamoto, opérée sur la B.O. du film « Le dernier empereur », fait pâle figure. Une déception !

jeudi, 20 septembre 2018 13:38

Emotions singulières

Fondé en 2015, Antidote (NDR : ne pas confondre avec le band punk batave, ni le groupe anarcho/hardcore/punk britannique) est un duo réunissant Alain Verdier et Khadija Othman. Le premier est loin d’être un néophyte, puisqu’il a participé à l’aventure de The Shakes, au cours des sixties, une formation considérée comme précurseur du psychédélisme ; un combo au sein duquel figurait un certain Dany Lademacher, guitariste belge qui a notamment milité chez Herman Brood & His Wild Romance ainsi que Kleptomania. La seconde a sévi au sein du groupe africain Princesse Mansia M’Bila, du crew hip hop Zamenhof et du combo electro/pop Urban Vibe ; en outre, sous le pseudo de Zelda, elle a atteint la finale de la Biennale de chanson française, qui s’était déroulée à Bruxelles (NDR : concours qui est devenu ‘Parcours Francofaune’).

Mixé par Ian Caple (Bashung, Higelin, Kate Bush, Tricky, Tindersticks, Yoko Ono, Simple Minds, etc.), « Emotions singulières » baigne au sein d’une mélancolie sombre qui reflète des sentiments comme la nostalgie, l’ironie, l’espoir, le désespoir ou l’humour, à travers des textes poétiques rédigés dans la langue de Molière, des poésies que chante d’une voix incantatoire, mais au timbre proche de Pierre Bachelet, Alain Verdier, ou/et –mais trop peu souvent– chatoyante, vibrante et expressive, Khadija Othman ; des textes qui reposent, à l’instar de Seterolab, sur une forme d’électro/pop minimaliste, le plus souvent dispensée en boucle. Une homogénéité qui, au fil de l’opus, finit par rendre l’ensemble monocorde...

Dommage, car quelques titres sortent du lot, à l’instar de « Soho 66 », dont la mélopée rappelle « Set the control for the heart of the sun » du Floyd, alors que les interventions vocales de Kahdija communiquent une touche arabisante à l’ensemble, de l’indolent « Femme éphémère », réminiscent du duo Gainsbourg/Birkin ou encore d’« Eclipse du sommeil », au cours duquel la voix féminine épouse la musique, un peu à la manière de Mylène Farmer.

Un concept orignal, mais bien trop dépouillé, à mon goût…