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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Bernard Dagnies

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lundi, 31 décembre 2001 01:00

Roomsound

Au sein de Califone, on retrouve Tim Rutili, le chanteur/compositeur du défunt Red Red Meat, une formation qui avait concocté un superbe album en 1995, " Bunny gets paid ". " Roomsound " constitue le premier opus de sa nouvelle formation. Et l'atmosphère qui y règne n'est pas à la joie. D'abord à cause des lyrics. Teintés de désespoir et de solitude, ils sont chantés par Tim d'une voix déchirante, dont le timbre campe un hybride entre celui de Mark Lanegan, de Kurt Cobain et de Kevin Weatherill (Immaculate Fools). De la musique ensuite. Fruit d'un mélange de rock, de country et de blues, elle évolue sur un tempo plutôt lent, opérant des méandres entre les mélodies sinistres. Une musique qui repose sur une instrumentation minimaliste : guitare acoustique et électrique, slide et percussions clairsemées reçoivent épisodiquement le concours d'un piano, d'un banjo, d'un harmonica, d'un violon et de quelques bruitages électroniques. Un disque plutôt bien fichu qui me rappelle parfois " If I could only remember my name " de David Crosby, mais sans les harmonies vocales…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Miscellaneous

La nouvelle formation d'Axl Peleman, mieux connu pour avoir sévi au cours des 90's comme bassiste et chanteur du groupe Ashbury Faith, vient de commettre son premier album. Un disque beaucoup plus intimiste, que ceux qu'il avait enregistré à l'époque où il militait au sein de son précédent groupe. Pas de samples, de digitalisation, ni de bidouillages technologiques, mais une instrumentation basique destinée à alimenter une pop mélodique et contagieuse, qu'Axl épice de son timbre vocal fragile, légèrement nasillard, proche de celui d'E. A l'écoute de ce " Miscellaneous ", il ne fait guère de doute qu'Eels a exercé et exerce encore et toujours une influence majeure sur Camden. Tout comme les Beatles, Elvis Costello et Ben Harper. C'est d'ailleurs Axl qui le concède. Personnellement j'y ajouterai David Gray. A cause des accords raffinés que dispense par sa six cordes acoustique. Et puis le Band. Dès que les claviers poussiéreux, rognés, infiltrent la mélodie. L'opus recèle, en outre, un fragment consacré au trip hop (Mr HSP "), une aventure jazzyfiante (" That's just me "), une épatante cover, mise à la sauce blues acoustique, du " Cold turkey " de Plastic Ono Band et deux morceaux cachés.

 

La face électronique de Bowie remonte à 1977. Après une cure de désintoxication, il part vivre quelque temps à Berlin. C'est à cette époque qu'il commence à enregistrer sa trilogie " Low "/" Heroes "/ "Lodger ", considérée comme une œuvre majeure de l'artiste ; une oeuvre qui va jeter les bases d'une nouvelle approche musicale et bouleverser les structures traditionnelles du rock. " Low " en compagnie de Brian Eno. " Heroes " flanqué du guitariste de King Crimson, Robert Fripp. Une chose est sûre, avant d'entamer ces enregistrements, il est tombé sous le charme du krautrock, et en particulier de Krafwerk. Sur les deux premiers elpees de cette trilogie, il développe des climats synthétiques, atmosphériques, industriels ou ambient qui auront une influence considérable sur la new wave dépressive de la fin des 70's et du début des 80's. Mais également sur toute la musique électronique qui suivra, y compris contemporaine, telle que la trip hop. Neuf titres sont extraits des deux disques en question. Deux de la bande sonore de l'émission TV " Buddha of Suburbia ". Un de " …hours ", commis en 1999 ; ainsi qu'une excursion symphonique entreprise en compagnie de Philip Glass, pour l'adaptation de " Low Symphony ". Sans oublier trois raretés (" All Saints ", " Abdulmajid " et " Crystal Japan "). Pas d'extraits de " Lodger ". Normal, " All Saints : collected instumentals 1977-1999" ne réunit des que des titres instrumentaux…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

The tailored soldier

Boxharp est le projet du vocaliste de The Court and Sparks, MC Taylor. Une formation qui, à l'instar d'Uncle Tupelo et de Calexico, jouit d'une solide réputation sur la scène country alternative. Pour enregistrer son premier opus solo, Taylor a quand même fait appel à plusieurs collaborateurs. Et parmi ceux-ci, on retrouve inévitablement trois musiciens de son groupe. Un disque qui explore un même univers sonore, mais en plus expérimental, atmosphérique. Un peu comme si Sigur Rós s'était mis à la country & western. Car si on retrouve bien l'indispensable steel, des tas de guitares acoustiques, un piano tintant et l'inévitable voix âpre, graveleuse, crépusculaire de Taylor, l'œuvre est traversée subrepticement de bruitages insolites, tels que grincements de portes, bruits de pas, clameurs distantes, soupirs, souffle du vent, etc. Des chansons qui sont parfois teintées de gospel ou de blues. Toutes des propriétés qui accentuent le climat spectral, ténébreux, mystérieux, à la beauté poussiéreuse, de l'œuvre ; une œuvre peuplée de chansons aux lyrics douloureux, nostalgiques, empreints de solitude. Mais là, fallait s'en douter !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Love peace & fuck

Julian Cope est de retour. Mais au sein d'un trio, impliquant deux membres de Spiritualized, Doggen et Kevlar. Le line up idéal pour entreprendre une aventure cosmique, pensez-vous. Et bien non. En fait, le premier opus de Brain Donor est avant tout sculpté dans le métal urbain, inspiré des Stooges, de MC5, de Blue Cheer, voire des Troggs. Un métal dont le flux sonique évoque la face la plus féroce, frénétique, distordue du Spacemen 3, voire de Loop ; mais un métal abordé sous un angle psychédélique, obsessionnel, hypnotique, réminiscent du mouvement krautrock des Can, Faust, Amon Düül II et consorts. Une seule composition est contaminée par le sens mélodique pop à coloration ‘new mersey sound’, auquel Cope nous avait habitués : " Lughnasad " ; mais c'est bien le seul répit qu'il nous accorde sur huit longues compositions … Impressionnant !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Ladies, women and girls

Lorsqu'on évoque le mouvement ‘riot grrrl’ on pense immédiatement à Veruca Salt, Juliana Hatfield ou encore aux Breeders. Moins à Bikini Kill ou à Bratmobile. Normal puisque ces deux formations ont nettement eu moins de succès. Pourtant, elles ont eu une influence majeure sur cette scène. A cause de leur attitude fondamentalement féministe. Que Bratmobile n'a jamais eu trop de mal à observer, vu son line up exclusivement féminin. Ce trio s'était pourtant séparé en 94, avant de se reformer quatre ans plus tard. Ce qui n'a pas changé grand chose à leur démarche musicale. Et ce " Ladies, women and girls " en est le plus bel exemple. Un disque découpé en treize fragments instinctifs, contagieux, féroces, sauvages, imprimés sur un tempo tribal, impitoyable et lacérés par le vocal gémissant, grinçant d'Allison Wolfe, responsable de lyrics aussi sarcastiques qu'effrontés. Il plane même les spectres des Cramps, d'X-Ray Spex, des Raincoats, d'Huggy Bear ou même des Avengers sur leur solution sonore, qui doit autant au punk, à la pop, au surf qu'au psychobilly. Et lorsque Jon Nikki (The Primadonnas, Gene Defcon) injecte ses claviers fluides, psychédéliques, c'est même aux 13Th Floor Elevators que l'on se met à penser. A l'instar de " Your're fried ", " Well you wanna know what ", " Flavor of the month club " ou " Affection training ", les meilleures chansons de cet elpee. Enfin, pour être complet, sachez que c'est Jon qui partage la production avec Tim Green (Bikini Kill, Sleater-Kinney, Melvins).

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Letting off the happiness

" Letting off the happiness " n'est pas un nouvel album de Brigt Eyes, mais un elpee paru en 1998 qui bénéficie, enfin, d'une distribution officielle en Europe. Au début de cette année, il nous avait gratifié d'un opus fort intéressant et surtout particulièrement original ; un disque dont j'avais d'ailleurs dit le plus grand bien. " Letting off the hapiness " est tout aussi intéressant. Mais beaucoup plus expérimental, il est aussi plus difficile à assimiler. Partagé entre chansons intimistes, limitées au vocal versatile de Conor Oberst et à sa six cordes acoustique, et compositions étrangement déchirées entre country industrielle et lo fi alternative, où une foultitude de collaborateurs , parmi lesquels figurent des membres de Cursive, Lullaby For the Working Class, Drip, Neutral Milk Hotel, Of Montreal, Sorry About Dresdin et quelques autres, se partagent accordéon, claviers étranges, drums, samples, pedal steel ou piano, cette œuvre reflète les pensées et les inquiétudes confessées par Conor Oberst, chanteur/compositeur et surtout seule constante de l'entité à géométrie variable, Bright Eyes…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Brighter now

My Bloody Valentine sommeillant au beau milieu d'un champ de violettes rêvait d'une Galaxie 500 où brillait une Mazzy Star. Une belle métaphore pour définir la musique de ce duo londonien. Du nord de Londres, très exactement. Un duo constitué de Martine Roberts et de Clive Painter responsable d'une musique légèrement psychédélique, résolument atmosphérique et inévitablement mélancolique, hantée par le vocal intimiste, glacé, austère, de Martine, dont le timbre rappelle tantôt Alison Shaw (Cranes), tantôt Harriet Wheeler (Sundays). Et lorsque l'univers sonore se charge d'électrons cuivrés, jazzyfiants, c'est alors à Robert Wyatt qu'on se met à penser…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Music of the spheres

N'en déplaise aux esprits chagrins, mais que ce soit en compagnie des Stone Roses ou pour son compte personnel, Ian Brown a toujours eu le bon goût d'apporter un soin tout particulier à la finition de des albums. A contrario de ses prestations scéniques qui ont souvent été brouillonnes. Bref, son nouvel opus solo ne déroge pas à la bonne règle. Un disque riche en arrangements, en orchestrations (parfois symphoniques) et en effets spéciaux puisés dans la technologie moderne, que la production parvient à harmoniser avec une rare maîtrise. Faut croire que sa brève collaboration avec UNKLE lui a été très profitable. Et la plus belle preuve nous vient de " The gravity train ", résultat hypothétique d'une composition de Hall & Oates qui aurait remixée par Stereo MC's. Tout au long de cet opus, les rythmes électroniques flemmards servent de support aux confidences de King Monkey, responsables de lyrics bileux, à l'humour sauvage, qu'il dispense de sa voix de stentor, au timbre chaud et ample. La guitare n'a cependant pas été négligée. Mais elle n'est cependant maître du jeu que sur le seul " Stardust ". Torturée dans son électricité, elle semble même rendre un hommage aux Stone Roses. Sans quoi, ses interventions parcimonieuses se limitent à quelques envolées floydiennes, ou alors purifient la mélodie de leur picking acoustique.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Live à l´Olympia

Comme son titre l'indique, cet album a été enregistré en public, à l'Olympia de Paris. Le 6 juillet 1995, très exactement. Au cours de ce set physique, intense, d'une virulence rare, il avait notamment repris le " Kick out the jams " de MC5. Un climat qu'il maintient tout au long de " Dream brother " et d' " Eternal life ". Le reste de l'opus s'inscrit davantage dans l'esprit de " Mystery white boy ", réunissant les inévitables " Lilac wine ", " Grace " ou " Hallelujah ". On a même droit à un pastiche assez humoristique du " Kashmir " de Led Zeppelin, auquel Jeff vouait pourtant une grande admiration. L'opus est, en outre, enrichi d'une version de " What will you say ", qu'il avait interprétée dans le cadre du festival des musiques sacrées de Saint-Florent-le Vieil, le 18 juillet de la même année, en compagnie d'un des plus grands chanteurs mugham, l'Azeri Alim Quasimov. Le 29 mai 1997, Jeff Buckley disparaissait tragiquement dans les eaux du Mississipi. Son corps ne sera retrouvé que le 4 juin de la même année, en aval, au pied de la célèbre Beale Street de Memphis, le berceau du blues…