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mardi, 06 juillet 2010 02:00

The Imagine project

Herbie Hancock vient donc de fêter ses 70 balais. Pour célébrer cet événement, ce compositeur d’exception et remarquable pianiste a donc décidé d’enregistrer un nouvel album, « The Imagine Project ». Il s’est donc entouré une pléiade de collaborateurs notoires issus de l’univers du jazz, mais également du rock, de la pop, du blues, du r&b et de la world, pour concrétiser ce projet. Il a, en outre, enregistré les compos, au sein des pays des musiciens invités, histoire de communiquer le feeling des différents lieux aux compos. Et confié la mise en forme au producteur Larry Klein (partenaire de Joni Mitchell, Madeleine Peyroux, Luciana Souza, Tracy Chapman, Melody Gardot et déjà impliqué sur l’album d’Hancock, « River »).

Véritable icône de la musique contemporaine, Hancock adore expérimenter. Fusionner et transcender les genres. Et c’est ce qu’il a voulu, à nouveau réaliser, sur cet elpee. Une constante, les ivoires d’Herbie. Il n’en fait jamais trop, mais ce sont ses accords parcimonieux et judicieux au piano qui font vibrer les compos. Mais passons un peu au crible les 10 plages de cet opus.

« Imagine » de John Lennon. Un classique. Y participent notamment Seal, Pink, Konono No l, Jeff Beck, Oumou Sangare, India.Arie, Lionel Loueke et Marcus Miller. Malheureusement, les vocalistes veulent en faire un peu trop. Un peu comme dans la Star’Ac. Et gâchent l’excellence de l’instrumentation.

A contrario, sur le « Don't give up » de Peter Gabriel, Pink et John Legend conjuguent leurs timbres à merveille. Sans en remettre trois couches. Un grand moment d’émotion.

Signé Baden Powell/Vinicius De Moraes, l’adaptation de « Tempo de amor » bénéficie la participation de la Brésilienne Céu, et exhale un petit parfum latino très rafraîchissant…

Derek Trucks et Susan Tedeschi se partagent les voix sur le « Space captain » de Matthew Moore. Pour les amateurs de gospel, exclusivement

The Chieftains, Toumani Diabate et Lionel Loueke épaulent Herbie lors de la cover du “The times, they are a’ changin’ » de Bob Dylan. La superbe voix de Lisa Hannigan me rappelle une certaine Mélanie.

Issu de la plume de Juan Esteban Aristizabal, « La tierra » baigne également dans un climat latino. Et c’est la superstar Juanes qui se charge des parties vocales.

Les musiciens de Tinariwen et Los Lobos participent à l’« Exodus » de Bob Marley, une version revue et corrigée par la formation malienne. Superbe !

Encore une belle réussite. Le “Tomorrow never knows” des Fab Four. Dave Matthews est au chant et à la guitare. Matt Chamberlain aux drums. Encore plus psychédélique que l’original.  

L’organe vocal de James Morisson domine le « A change is gonna come » de Sam Cooke. Si vous aimez les vocalises r&b. Pas ma tasse de thé.

Le « The song goes on » de Larry Klein nous projette en Inde. La sitariste Anoushka Shankar (NDR : la fille de Ravi est soutenue, pour la circonstance, d’une myriade de musiciens locaux), s’y révèle vraiment brillante. Chaka Khan ne l’est pas moins, mais sa voix se fond parfaitement dans l’ensemble, tout comme le saxophone de Wayne Shorter. Envoûtant !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que pour célébrer l’anniversaire d’Herbie Hancock, Sony Music publiera, en septembre, un coffret intégral de 35 Cds regroupant l’ensemble de ses albums enregistrés pour Columbia entre 1972 et 1988.

 

mardi, 06 juillet 2010 02:00

The story of an artist

Dessinateur, chanteur, pianiste et guitariste, Daniel Johnston est né en 1961. Il serait à l’origine de la lo-fi. Faut dire qu’une bonne moitié de son œuvre ne figure (figurait), à ce jour que sur des cassettes, enregistrements qu’il distribuait ou vendait au gré de sa fantaisie. Après y a voir collé un des ses dessins. Surtout à ses débuts. Sur ces supports sonores, la qualité sonore est souvent fort limite, mais les compos, sculptées dans le rock, le folk ou la pop trahissent un sens mélodique particulièrement aiguisé. Des chansons qu’il interprète d’un timbre étonnement juvénile. Munster a décidé de graver ses premiers enregistrements, composés entre 1980 et 1986, sur compact discs. Et de les publier sous un même box. Après remasterisation. Le disque promo, objet de cette chronique, recèle 24 de ces morceaux, puisés parmi les différentes rééditions.

Maniaco-dépressif, Daniel a été interné à plusieurs reprises. Et à chaque sortie, il a refait surface. Souvent en bénéficiant du concours de ses admirateurs. Parmi ses plus grands fans, on retrouve ainsi Beck, Jad Fair, mais aussi les membres de Sonic Youth et de Butthole Surfers. Sans oublier Adem et James Yorkston. Ces deux derniers avaient d’ailleurs permis à Johnston de remonter sur les planches, en juillet 2007, lors d’un concert accordé à Islington, en Angleterre ; un événement immortalisé sur Dvd.

mardi, 06 juillet 2010 02:00

If I had a hi-fi

Le sixième album de Nada Surf est exclusivement constitué de reprises. Un projet qui n’est cependant pas destiné à mettre en exergue de leurs références. En fait, les musicos ont tout simplement décidé de mettre à leur sauce, des chansons qu’ils avaient appréciées, au cours des derniers mois. Des sessions qui n’ont duré que 3 semaines. Elles se sont déroulées en septembre 2009, aux studios texans ‘Resonate’ d’Austin (Texas) ; des sessions au cours desquelles, le trio a notamment reçu le concours du pianiste Louie Lino. Douze covers parfois méconnaissables (et en particulier le « Love and anger » de Kate Bush) mais souvent remarquablement réappropriées (le décalé « Enjoy the Silence » de Depeche Mode, le pétillant « You were so warm » de Dwight Twilley, le ‘byrdsien’ –ces superbes harmonies vocales et cette électricité crépitante !– « Electrocution » de Bill Fox et « Bye Bye Beauté » de Coralie Clément ; chanté dans la langue de Molière par Caws, il est bercé par de subtiles cordes de guitare bringuebalantes). Plus fidèle à l’original, le « Love goes on » des Go-Betweens communique parfaitement son feeling mélodique. Tout comme le vivifiant « The agony of Laffitte » de Spoon. Ballade mid tempo, « Evolution » est signée par un obscur combo espagnol répondant au patronyme de Mercromina. Imprimée sur un mid tempo, elle est enrichie d’orchestrations de cordes. Des orchestrations que l’on retrouve sur la version du « Question » des Moody Blues. Etoffée de cuivres, pour la circonstance. Superbe, elle est presque parfaite. Presque, à cause de la voix de Matthew qui ne parvient pas à moduler son timbre, comme David Justin Hayward, lors du couplet central. Reste le trop bref et intimiste « Janine » d’Arthur Russell, et puis le pêchu et nerveux « Bright side » de The Soft Pack. Une adaptation qui baigne dans la power pop réminiscente des Buzzcocks. Pas l’album de l’année, mais un opus aussi agréable que rafraîchissant…

mardi, 06 juillet 2010 02:00

Neu!

Neu! est considéré comme un des ensembles les plus radicaux de la scène krautrock. Si Michael Rother et Klaus Dinger ont brièvement transité par Kraftwerk, le duo s’est rapidement orienté vers un style minimaliste, réputé pour son groove hypnotique et mécanique. Urbaine, expérimentale et répétitive, la musique de ce duo allemand se voulait le reflet de l’aliénation moderne, à contrario de l’évasion et du rêve proposé par nombre de ses contemporains, insulaires tout particulièrement. Elle a ainsi influencé le mouvement punk, mais également industriel. Fondé en 1971, Neu ! s’est séparé, puis reformé à plusieurs reprises. Il avait même enregistré un opus au cours des 80’s qui n’est sorti qu’une dizaine d’années plus tard. De nombreux artistes et groupes se sont réclamés et se réclament toujours de ce combo ; et pas des moindres. Jugez plutôt : David Bowie, Brian Eno, PIL, LCD Soundsystem, Radiohead, Julian Cope, Sonic Youth, Stereolab, et la liste est loin d’être exhaustive.

Un coffret réunissant cinq vinyles vient de paraître en édition illimitée. C’est Michael Rother en personne qui a pris l’initiative de sortir ce box. Il contient « Neu ! », « Neu 2 », « Neu 75’ », « Neu ! ‘86 » (remixé par Michael) et « Neu !72 », un enregistrement ‘live’ inédit de 20 minutes. Le tout est enrichi d’un livret de 36 pages signé Illife. T-shirt et codes d’accès pour téléchargement numérique complétant le packaging.

 

mardi, 29 juin 2010 02:00

Satellites

Skarbone 14 compte déjà 9 années d’existence. Et nous propose son troisième album. Un disque qui a bénéficié du concours de Rudy Coclet (Arno, Mud Flow, Sharko), notamment à la masterisation. Au cours des derniers mois, le collectif a énormément tourné à travers l’Europe. Ce qui lui a permis de rencontrer une multitude d’artistes issus d’horizons sonores différents. Et « Satellites » illustre parfaitement ces nouvelles influences. D’autant plus que lors de sessions d’enregistrement, la formation a reçu le concours de toute un volée de collaborateurs. Dont Baba Sissoko, aux vocaux et au tamas sur le superbe « Bibissa », le chanteur de Black Sheep, Vankou, tout au long du punkysant « Talk ablout it » (NDR : la compo est d’ailleurs interprétée dans la langue de Shakespeare), Gaston (toujours au micro) pour un ragga vindicatif ; sans oublier Alex Coventi, le claviériste de 100 Grammes de Têtes, lors des compos les plus reggae et Mathieu Borgne, responsable d’interventions judicieuses à la steel drum. Toutes des nuances qui viennent donner un petit coup de fraîcheur au ska festif de Skarbone 14. Enfin, presque, puisque plusieurs compos sont manifestement contaminées par la world (cumbia, salsa, merengue), alors que les cuivres, dispensés tout au long de « Capital dilemme », le titre qui ouvre l’elpee, empruntent subrepticement aux fanfares slaves.

Reste les lyrics. Toujours aussi engagés. Peut-être un peu baba-cools. Traitant de politique, de problèmes sociétaux, de l’image, de la liberté ou encore de sentiments humains. Dommage que le timbre de Simouns manque de nuances. Sans quoi, sur les planches, ces compos devraient mettre le souk au sein de la foule. Et c’est sans doute ce qui va se produire, lorsque le band se produira lors de l’édition 2010, du festival de Dour…

dimanche, 27 juin 2010 17:11

Jean-Michel Jarre à Anvers

Jean-Michel Jarre se produira ce vendredi 3 décembre au Sportpaleis d’Anvers, à partir de 20h30.

Info et tickets: 070/345 345 – http://www.teleticketservice.com – 0900/00.600  

dimanche, 27 juin 2010 17:11

Francofolies de Spa 2010 : l’affiche !

Mercredi 21 juillet

Village Francofou : Ghinzu - Yodelice - Izia - MontparnassE - Isola - Magnus - Dominique A - Baloji - Acta - Patxi - Samir Barris - Matt Bioul - Nadine Nix

Le Lido: Sound of Stereo - Highbloo - Raph

Casino de Spa: Yves Duteil - Alix Leone - Marie chante Henri Salvador - Kloé K - Du haut des Airs

Franc'Off: Dalton Télégramme - The Waow - Piangerelli

Scène Carrefour des Talents: Lu7 - Loveless Age - Zero Sugar - Las Caras Karelia - Gérôme Gallo - Pierre Simon

Jeudi 22 juillet

Scène Pierre Rapsat : Jacques Dutronc - Christophe - Eté 67

Village Francofou : Coeur de Pirate - Pony Pony Run Run - Emmanuelle Seigner - Miéle - Belyn d'Arc - Daan - Piano Club - Féfé - Pablo Andrés - Art Mengo - Yann Perreau - Dan San - Pierre Simon

Le Lido: Surting Léons - Sexy Sushi - Orange Orange

Casino de Spa: Twin Twin - Coco Royal - Mélanie Pain - Mike Ibrahim - Silva - Du haut des Airs

Franc'Off : + Si Affinité - Stereo Grand - Bistro Palace

Scène Carrefour des Talents: Ensemble... avec Pierre - Animalation - The Nightclubbers - La Jarry - BAP - Marco Calliari - Acta

Vendredi 23 juillet

Scène Pierre Rapsat : Renan Luce - Alain Souchon - Baï Kamara Jr

Village Francofou : Arid - Gaëtan Roussel - Milk - Auryn - Superamazoo - Yuksek - Oxmo Puccino - Vismets - Showstar - JP Nataf - Richard Gotainer - Pierre Souchon - Guillaume Ledent

Le Lido: Feadz - DJ Sonar - Chris Hingher

Casino de Spa: Jean.Louis Murat - Marc Dixon - Alcaz - Amour & Grivoiseries - Du haut des Airs

Franc'Off: On prend l'Air - StéréOnaute - Monsieur Galante

Scène Carrefour des Talents: Todo esta aqui - Besac Arthur - Filiamotsa - Oli.F - La Blonde - Colin Moore - Ian Kelly - Les Plugins

Samedi 24 juillet

Scène Pierre Rapsat : Pascal Obispo - Stanislas - Thierry Dell

Village Francofou : BB Brunes. Sharko - Daran - Yew - Larko - My Little Cheap Dictaphone - Stteilla - Saint André - Daphné D - Marie Warnant Isbells - Léopold Nord & JP Mader - Wakas

Le Lido: JD Davis vs Telex - Patrick Balzat - Lex Newton

Casino de Spa: Ibrahim Maalouf - Quentin Dujardin - Du haut des Airs

Franc'Off : Folks Divine - Sab - Rony Rone & les Balltraps

Scène Carrefour des Talents: Meli Melo - Adequate - Monday Morning - Plug Me - Lemon Straw - Mad'moiZèle GIRAF - Tricia Foster

Francos Juniors: The Nino's - Thibault - David Sire

Dimanche 25 juillet

Scène Pierre Rapsat : Christophe Willem . Marc Lavoine . Mr Dupont

Village Francofou : K's Choice - Thomas Fersen - Congo Groove - Jean-Pierre Froidebise - Jali - MVSC - Puggy - Phantom feal Lio - Atomique Deluxe Da Silva - Ian Kelly - Nolwenn Leroy - Tricia Forster

Le Lido: Ivan Smagghe - Sierra Sam - Dan Valentino

Casino de Spa: Du haut des Airs - Lola Baï - Ateliers Chanson de Bruxelles

Scène Carrefour des Talents: Slash Maniacs - We don't care - The High-dolls Common Fates - 14 weeks - Cédric Gervy - Hitch a hike

Francos Juniors: Raphy Rafaêl - Chilly Pom Pom Pee

Du 21 au 25 juillet : les bars en folie

Acta - Cédric Gervy - Colin Moore. Gaelle Mievis Gérôme Gallo -Ian Kelly - Jean-François Maljean Lemon Straw - Les Superluettes - Marco Calliari - Pierre Simon - Tricia Foster - THX2U

Pour plus d’infos : http://www.francofolies.be

mardi, 22 juin 2010 02:00

Hasards de trajectoires

Avant d’écrire ces quelques lignes, je suis allé m’oxygéner quelque peu dans mon jardin. Et pou cause, après avoir écouté cet album, un sentiment de claustrophobie était occupé de m’envahir. Une véritable angoisse.

Replaçons donc cet opus dans son contexte. Il nous plonge dans le métro de Bruxelles, au cours d’un ‘road movie’, mettant en scène une certaine Lisa (?) vivant et travaillant à Bruxelles depuis 3 ans. Elle observe le comportement des usagers pendant des heures. Dresse l’oreille dès qu’une conversation est entamée. Au GSM, par exemple. C’est dans l’air du temps. Des entretiens qui rivalisent de futilité. Mais qui meublent le décor sonore. Fatalement, elle est aussi observée. Et puis elle réfléchit à son mode d’existence. Au sens à donner à sa vie. Réglé comme une horloge. Au regard des autres. Au stress permanent. A l’embarras face à la mendicité. A la fuite face à la réalité de tous les jours. Qui se résume encore en 2010 à une même formule : ‘métro, boulot, dodo’…

Cloé Defossez avait décroché le prix coup de cœur de l’Académie Charles Cros, en 2008, pour son album « Microclimat ». Dans ces conditions, vous vous doutez bien que les textes (NDR : hormis « So you’re back here », ils sont tous écrits dans la langue de Voltaire) ont une grande importance dans ses compos. Et elle pose ses lyrics, d’une voix intimiste, sur une musique qui oscille entre l’ambient et le trip hop. Une exception qui confirme la règle : « Arts-loi », une plage hip hop au cours de laquelle, le rappeur d’origine marocaine Manza est venu dispenser ses rimes. Accords de piano et de sèche, samplings, boîte à rythmes, bidouillages électro et arrangements entretiennent un climat de malaise et d’oppression tout au long du nouvel elpee de Cloé du Trèfle. Deux bouffées d’air frais quand même : l’excellent « La conductrice » (NDR : Lisa est dans son appart’), une plage dont les accès de cordes apportent un joli relief à la mélodie et puis en final, l’instrumental « Exit ». Caractérisé par son piano allègre, on a l’impression de retrouver la lumière du jour.

Si l’œuvre a été mixée et masterisée par Rudy Coclet aux studios ‘Rising Sun’, le booklet a été réalisée par la dessinatrice Laurence Demaret. Et il est superbe ! En outre, le vidéaste français Fred Vaillant a été invité à mettre cette histoire en scène et en image pour les concerts prévus lors de sa tournée. Une chose est sûre, après avoir écouté cet opus et surtout lu ses textes, vous risquez fort de ne plus jamais emprunter le métro, avec le même état d’esprit…

 

Edwyn Collins publiera enfin son 7ème elpee, ce 13 septembre prochain. Il s’intitulera « Losing sleep ». Une majorité de titres ont été coécrits en compagnie de collaborateurs ; et en particulier Johnny Marr, Roddy Frame, Alex Kapranos etNick McCarthy de Franz Ferdinand, Romeo Stodart des Magic Numbers, Ryan Jarman des Cribs et des The Drums. Il a été coproduit par Edwyn et Sebastian Lewsley. En outre, l’album a aussi bénéficié du concours de toute une série d’artistes, parmi lesquels figurent Paul Cook, Dave Ruffy, Carwyn Ellis, Sean Read, Barrie Cadogan, Andy Hackett, Luca Santucci et William Collins. Son dernier opus remonte à 2007. Faut aussi dire que suite à un empoisonnement du sang, dû à l’ingestion de nourriture impropre à la consommation, il avait été victime d’une sévère hémorragie cérébrale. L’ex-Orange Juice semble être sur la voie de la guérison ; d’autant plus qu’il a recommencé à se produire sur scène…

Tracklisting

1.   Losing Sleep
2.   What Is My Role? (Co-written with Ryan Jarman)
3.   Do It Again (Co-written with Alex Kapranos & Nick McCarthy)
4.   Humble
5.   Bored
6.   In Your Eyes (Co-written with The Drums)
7.   I Still Believe In You (Co-written with Ryan Jarman)
8.   Come Tomorrow, Come Today (Co-written with Johnny Marr)
9.   It Dawns On Me (Co-written with Romeo Stodart)
10. Over The Hill
11. All My Days (Co-written with Roddy Frame)
12. Searching For The Truth

http://www.edwyncollins.com/
http://www.myspace.com/81170767

mercredi, 16 juin 2010 02:00

Ambitieux, pas suicidaire…

Peu d’artistes sont capables d’adapter des œuvres aussi obscures que celles de Brecht et Kurt Weill. Peter Wilson, alias Duke Special, s’y est frotté ; et ma foi, a fort bien réussi son challenge. D’autant plus qu’il se traduit par la sortie d’un triple cd baptisé ‘The stage, A book & The silver screen’. Un box luxueux incluant deux elpees et un Ep. Peter est un personnage fort sympathique, loquace. Et n’élude aucune question. Dès la première, il se lance même dans une sorte de monologue pour bien expliquer ce qui l’a poussé à se lancer dans cette aventure…  

Le premier disque s’intitule ‘Mother Courage and her children’. C’est aussi le plus théâtral, dramatique et ambitieux. Il s’agit de la bande-son d’une des neuf pièces de Berthold Brecht. Signée Paul Dessa, elle a été revue et corrigée par Wilson, en 2009, après une nouvelle traduction opérée par Tony Kushner. 100 000 personnes ont assisté à la représentation de ce spectacle au Théâtre National irlandais. Et l’an prochain, elle sera jouée à Broadway. « Non seulement on m’a demandé d’écrire la musique, mais on m’a taillé un rôle sur mesure : celui d’un hybride entre un cheval et un cavalier grec. J’ai joué cette pièce, l’automne dernier. Une expérience qui a duré 4 mois… » Oui mais lorsque Brecht a écrit ces vaudevilles, c’était pour stigmatiser la montée du fascisme et du nazisme. « Mon job était de mettre en musique, des lyrics existants. Il fallait que je sois en parfaite adéquation avec les paroles. De nombreuses compos parlent de personnages qui ont vécu avant la guerre, alors qu’ils étaient encore purs, intègres. Les textes sont empreints de nostalgie. Par exemple sur ‘Yvette’, on y parle d’une femme qui sortait en compagnie d’un militaire. Il la battait. Elle l’a quitté. Et a voulu se suicider. Puis s’est tournée vers la prostitution, pour pouvoir protéger, élever ses enfants. C’est la guerre, mais il existe également un conflit entre les individus, à l’échelle sociale, humaine. Une tension entre l’égoïsme et l’amour, le don de soi. C’est cette étude conflictuelle, qui est la plus intéressante… »    

‘Huckleberry Finn’ est un Ep partagé en cinq titres, un disque plus léger consacré à des chansons inachevées de Kurt Weill. Le compositeur allemand s’était inspiré du chef-d'œuvre de Mark Twain, pour les écrire, mais elles n’avaient jamais été traduites en musique, ni enregistrées. « J’ai travaillé sur ce projet pendant un an et demi, en plusieurs étapes. Je suis tombé sous le charme de ‘Catfish song’, qu’il avait composée. C’est ainsi que j’ai découvert son œuvre. Et cette comédie inachevée. J’y ai ajouté des cuivres et du piano. Les morceaux ont été enregistrés à la maison. Les paroles, à Belfast. Et les cordes à New York… » Des chansons enjouées, insouciantes, susceptibles de nous replonger dans le rêve américain… Peter précise : « Oui, c’est quelque chose de beau et d’innocent à la fois. Quand j’ai écrit ‘Mother Courage’, je baignais dans l’univers musical de Kurt Weill. ‘Huckleberry Finn’ était une sorte de récréation. Weill était capable d’écrire des mélodies simples, malgré les aspects dramatiques de la pièce. Ces compos coulent de source. C’est le plus candide des trois enregistrements… » Et le plus amusant. La mélodie d’‘Apple Jack’ aurait pu servir de B.O. à un dessin animé de Walt Disney. Dans le ‘Livre de la Jungle’, certainement. « Elle est facile à chanter. Mais elle raconte d’une manière imagée, l’addiction à l’alcoolisme du père d’Huckelberry, et la difficulté d’en sortir… Kurt écrivait cette autre comédie musicale, quand il est mort. Je suis allé visiter le studio d’enregistrement où il travaillait. C’est devenu un musée. Il y a encore sa chaise. Des lettres. Des compos en friche. Quelque part, c’est un hommage à ce mythe ; et en même temps cette expérience m’effraie. Je porte une forme de responsabilité dans cette aventure… »

Mais le plus fort et le plus cohérent des concepts est manifestement ‘The Silent World of Hector Mann’. Mann était un obscur acteur de cinéma muet mis en scène par le romancier Paul Auster, dans son livre ‘The book of Illusions’. Wilson a composé la première chanson, inspirée par le titre du film ‘Mister Nobody’. Puis, il a eu l’idée de transmettre le bouquin à onze amis musiciens, pour les inviter à écrire une chanson sur un des autres titres de films, au sein duquel figurait Mann. Leur précisant que ces compos étaient destinées à être interprétées par trois stars de la musique rock. Ce processus a très bien fonctionné, puisqu’elles sont rentrées en un laps de temps assez court. Trois jours, suivant les déclarations de Peter. Et finalement, chacune d’entre-elles est marquée par la plume de chaque collaborateur.

Parmi les artistes qui ont coopéré à ce dernier projet, figurent Neil Hannon, le leader de The Divine Comedy et le Londonien, Ed Harcourt. En ce qui concerne le premier, on devine que c’est parce qu’il partage les mêmes sensibilités musicales. Pour les compositeurs allemands du XXème siècle comme Kurt Weill. Mais aussi Scott Walker, Burt Bacharach, le music-hall et le cabaret. Chez le second, on imagine, qu’il doit apprécier sa vision du romantisme. Peter s’explique : « J’ai effectué une tournée en compagnie de Neil, en 2006. Qui est passée par la France, l’Angleterre et la Belgique. J’admire cet artiste depuis longtemps. Il vit à l’extérieur des courants et des modes ; et c’est ce que j’aime chez lui. C’est d’ailleurs ce que j’apprécie toujours chez les artistes. Il est intemporel comme Jacques Brel ou Scott Walker. Je pense que nous partageons les mêmes influences. Et le goût de cette musique d’une autre époque. Mais l’essentiel, c’est qu’il fait ce qu’il a envie et aime. Qu’il reste lui-même. Tous les compositeurs qui ont participé à l’écriture de ‘The Silent World of Hector Mann’, je les ai choisis, parce que je savais qu’ils étaient capables de composer à l’ancienne et comprenaient ce que j’attendais d’eux. Comme Ed Harcourt, qui a écrit ‘Jumpin’ Jack’… » Certaines plages de cet elpee épousent même la forme dansante de l’époque : tango, valse ou charleston. Un feeling qui reflète parfaitement les années 20. Peter admet : « C’est un peu comme si ces artisans peignaient un tableau de l’époque. Mais le plus passionnant, c’est que chaque chanson recèle l’ADN de son compositeur… J’ai demandé à Bob Weston de tout mettre en forme, afin que l’ensemble sonne comme du Duke Special. Car le but, c’était que le mélomane ait l’illusion d’écouter du Peter Wilson… »

Les sessions d’enregistrement de ‘The Silent World of Hector Mann’ se sont déroulées sous la houlette de Steve Albini. Etonnant pour ce type de projet, quand on sait que le producteur fait pratiquement tout en une seule prise. Peter clarifie : « C’est vrai qu’il est plus notoire dans l’univers du rock. Au service de groupes ou d’artistes qui privilégient la guitare. Comme chez Shellac. Finalement, on pensait que le choix n’était pas si insensé, car c’est avant tout un remarquable ingénieur du son. Il n’est pas vraiment producteur. Nous étions trois. Un joueur de banjo et de mellotron. Et moi. Puis on a loué les services d’une section rythmique à Chicago. On a tout exécuté. N’ont été overdubbées que les paroles. Le reste était en ‘live’. C’est la meilleure méthode d’enregistrement, car elle te force à bien jouer. Et ces compos ont été mise en boîte rapidement. Les sessions étaient très intensives. Mais j’ai apprécié cette manière de travailler… »

A premier abord, on pourrait penser que ce concept est un véritable suicide commercial. Pas tant que ça. En fait, Peter s’est tourné vers ‘Pledge music’ pour le financer. Oui, mais ‘quekcèqça’ ? « Traditionnellement, un groupe ou un artiste signe chez un label. Il dispose d’un budget pour l’enregistrement. La maison de disques doit payer les salaires et prendre sa marge bénéficiaire. ‘Pledge Music’ est un nouveau système pour recueillir des fonds. Les gens achètent les œuvres avant qu’elles ne sortent. J’ai réussi à récolter entre 42 et 43 000£ (+ ou - 40 000€), lors de cette prévente. J’ai aussi écrit des poèmes pour les souscripteurs. Certains d’entre eux m’ont demandé de leur consacrer des covers. Et je me suis fait rétribuer pour ce boulot. Tout un arsenal de moyens pour lever des fonds. L’industrie du disque est en pleine tourmente et chacun essaie de trouver des idées et des solutions. Il y a tellement de gens qui écoutent de la musique gratuitement. Comment voulez-vous gagner votre vie ? »

En 2006, j’avais eu le plaisir d’assister à un concert de Duke Special. A l’Aéronef de Lille, très exactement. Un chouette concert, amusant même, qui m’avait également permis de découvrir un fantastique percussionniste (NDR : il n’hésite pas à se servir de toute une batterie de cuisine, comme instruments de musique) répondant au nom Chip Bailey Wilson. Sera-t-il de la prochaine tournée ? « Il s’agira d’un autre spectacle impliquant d’autres partenaires. Je bosse en compagnie d’une dizaine de musiciens différents. Donc il ne participera pas à cette nouvelle tournée… Et on va d’abord se concentrer sur ‘The silent world of Hector Man’. Puis ‘Mother courage’. On va y ajouter des éléments visuels, des interviews qu’on projettera lors des intermèdes, etc. »

Dernière question qui s’écarte complètement du sujet, mais qui méritait d’être posée, qu’est ce que Wilson aime chez les Dresden Dolls ? Et la réponse reflète parfaitement l’état d’esprit de notre interlocuteur. « En fait, j’étais en tournée, quand j’ai découvert ce groupe. J’aime beaucoup le concept cabaret de leur spectacle. Leurs déguisements, leur maquillage, le chapeau melon de Brian… sans oublier le talent de pianiste, de compositrice et de chanteuse d’Amanda. Mais j’apprécie aussi leur manière indépendante de gérer leur carrière. Tant d’un point de vue artistique que financier. A l’écart du circuit conventionnel des labels » (NDR : on y revient…)

Merci à Vincent Devos