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Denver ou DNVR ?

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La vérité selon RORI

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Bernard Dagnies

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samedi, 31 décembre 2005 01:00

The secret migration

Avant de se concentrer sur Mercury Rev, Jonathan Donahue a sévi quelque temps chez les Flaming Lips. D’abord comme technicien et ensuite comme guitariste. Il a même participé aux enregistrements des albums « A priest driven ambulance » et « Hit to death in the future head ». Sous le pseudonyme Dingus. Wayne Coyne et Jonathan sont d’ailleurs toujours restés de bons amis. Ce qui explique sans doute pourquoi il est facile de faire un parallèle entre la musique des Flaming Lips et celle de Mercury Rev. Même si la naissance des F.L. remonte au début des eighties et que l’aspect théâtral et visuel de leurs prestations scéniques a pris de plus en plus d’importance. D’un style underground pur et dur, les deux formations ont peu à peu évolué vers un univers sonore majestueux, luxuriant, presque prog. Mais en ayant le bon goût de ne pas se départir d’une sensibilité baroque qui les rend si uniques. Certains médias n’ont d’ailleurs pas hésité à qualifier Mercury Rev de Pink Floyd du 21ème siècle. Pour enregistrer « The secret migration », Mercury Rev à de nouveau fait appel à Dave Fridman, collaborateur de longue date et ex bassiste du groupe, à la coproduction. Et pour la première fois, la mise en forme a été raffinée à l’extrême. Un peu dans l’esprit d’un Philip Glass. Résultat des courses, plusieurs écoutes sont indispensables pour en saisir toutes les subtilités. C’est sans doute le seul reproche qui peut être fait à cet elpee. Car lorsqu’on se laisse entraîner, ce disque nous plonge dans un monde tour à tour visionnaire, poétique, pastoral ou magique, un monde au sein duquel Mercury Rev a créé sa propre logique. Chaque parabole que Jonathan aborde de sa voix flûtée, traite de l’homme face à la nature. Et des conflits qui naissent de leur rencontre. Mais si « Deserter’s songs » incarnait l’automne de leur muse, « The secret migration » annonce le printemps. Et si les traces de psychédélisme ne sont plus aussi flagrantes, elles ont toujours aussi présentes. A l’instar du complexe et agité « The climbing rose ». Enfin, si on y recèle encore deux titres menaçants, l’hymnique « Arise », et puis « Black forest (Lorelei) », l’ensemble a plutôt la tête dans les nuages. Un romantisme éthéré, atmosphérique, qui peut parfois rappeler le Barclay James Harvest des débuts, The Church, James (NDR : postcard oblige!),les Beatles circa « Magical mystery tour » ou encore le Floyd de « Wish you were here ». Et en conjuguant ses harmonies vocales à la perfection, un fragment comme « Moving on » lorgne même du côté des Beach Boys. Du grand art !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Into the woods

Malcolm Middleton n’est autre que la seconde moitié d’Arab Strap, duo qu’il partage en compagnie d’Aidan Moffat. En 2001, il commettait un premier essai en solitaire : « 5:14 Fluoxytine Seagull Alcohol ». « Into the woods » constitue donc son deuxième opus solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques invités, parmi lesquels figurent Paul Savage et Alan Barr des Delgados, Jenny Reeve (The Reindeer Section), Stuart Braithwhite et Barry Burns de Mogwai ainsi que son comparse Aidan Moffat. Malcolm possède une belle plume. Et il le démontre à travers les lyrics des 12 chansons de cet opus ; lyrics qui traitent des vicissitudes et des expériences de la vie amoureuse sous un angle tour à tour amer, humoristique, sarcastique, sordide et même autocritique. Des chansons qu’il interprète d’une voix chaude, légèrement nasillarde, caractérisée par un accent écossais très prononcé. D’un ton mélancolique, vous vous en doutez, mais très souvent sur un tempo allègre, insouciant et paradoxalement optimiste. Et dans un style qui mêle subtilement instrumentation acoustique, électrique et électronique (NDR : surtout en fin de parcours). L’ombre de Sophia n’est parfois pas très loin (NDR sous sa forme la plus énergique tout au long du complexe « Bear with me », la plus romantique sur le ténébreux « Autumn »). Celle des Pogues non plus (le celtique « Monday night nothing »). Allègre et gracile, « Break my heart » nous replonge même dans l’univers ‘postcard’ d’Aztec Camera’. Tourbillonnant entre noisy et psychédélisme, l’excellent « Loneliness shines » navigue quelque part entre Ride et My Bloody Valentine. Ondulant et funky, « No modest bear » ouvre la porte au mode électro. Qu’approfondissent « Solemn thirsty », proche d’un Notwist qui aurait opté pour des percus martiales et le très beau et mélancolique « Choir ». Une plaque qui s’achève paradoxalement dans un bluegrass échevelé, presque frénétique, intitulé « A new heart ». Epatant !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Midnight Movies

Midnight Movies nous vient de Los Angeles. Un trio au line up plutôt insolite : une chanteuse/drummeuse, un guitariste et un guitariste/claviériste. Et à la musique tout aussi insolite. C’est en tout cas la sensation que nous laisse l’écoute de leur premier opus éponyme. A l’instar de Stereolab, la formation doit avoir beaucoup écouté le ‘krautrock’ (Faust, Can) et le Velvet Underground. A cause de la trame hypnotique, envoûtante, lancinante, répétitive de leur solution sonore. Une impression accentuée par le vocal impassible, monocorde de Gena Oliver. Mais M.M. a le bon goût de donner une coloration alternative à ses compositions. En lui administrant une bonne dose de feeling gothique, un peu dans l’esprit des groupes à chanteuse de la seconde moitié des eighties (His Name Is Alive, Cranes, Sundays). Mais aussi en se frottant à l’ambient (NDR : en jouant sur les oscillations des instruments, « Tide and sun » explore un monde parallèle à Boards of Canada) ou au psychédélisme. Mid tempo, « Love or a lesson » et « Oh twilight » libèrent ainsi un groove réminiscent des Dandy Warhols, alors que « Human mind trap » et « Time and space » sont littéralement torturés par des accès de guitares gémissantes, cosmiques, comme à la belle époque d’ « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly. L’opus épingle également une compo plus orchestrale, élégiaque, enrichie d’un violoncelle et de cuivres : « Words for a love song ».
mardi, 30 décembre 2008 01:00

Little Grace

Yasushi Yoshida nous vient du pays au soleil levant (NDR: fallait pas être devin pour s’en douter). D’Osaka, très exactement. Il est surtout connu pour avoir composé des bandes sonores destinées aux séries télévisées ("Walk Alone in Arktos", "Mr. Hyohichi Kohno Walked to the North Pole", etc.) et au théâtre. Mais c’est également un multi-instrumentiste, même si ses instruments de prédilection sont le piano et la guitare. Et un ingénieur du son qui s’intéresse autant à la musique classique, au jazz et à la world qu’à la musique électronique. Son précédent opus baignait d’ailleurs dans l’ambient. Pour cet elpee, on n’en est pas plus éloigné. Simple différence, si l’électronique est toujours  bien présente, les drums, la guitare, le violon, le violoncelle, la basse, la scie musicale, le saxophone et la clarinette sont également de la partie. Une constate : le piano trame toute l’œuvre. Le résultat embrasse un format post-classique qui pourrait servir de bande sonore pour un film mélancolique voire dramatique. Mais privé de tout support visuel, ce disque suscite rapidement l’ennui…

 

mardi, 30 décembre 2008 22:55

In the house of mirrors

Hector Zazou est donc décédé dans la nuit du 7 au 8 septembre. A l’âge de 60 ans. Mais avant de tirer sa révérence, il avait réalisé une dernière expérimentation dans l’univers de la musique world : « In the house of mirrors ». Il est ainsi parti avant la sortie de cet elpee.

Des expérimentations, Hector en a opéré une multitude. C’était d’ailleurs le fil conducteur de sa carrière. Souvent en mélangeant tradition et modernité. C’est-à-dire musiques du monde et électro. Et tout d’abord la musique africaine dont il a été le premier à réussir cette fusion en compagnie de Bonny Bikaye. C’était déjà, il y a un quart de siècle.

Son album posthume, il l’avait enregistré en Inde. A Mumbai, très exactement. Il y avait reçu le concours du quartet Swara. Des musiciens indiens et ouzbeks qui se partagent tambûr (un luth à long manche), l’oud, de violon, la flûte et la slide guitare indienne. Mais également de collaborateurs plus conventionnels. Tels que le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer, le pianiste de flamenco Diego Amador, le violoniste hongrois Zoltan Lantos, le percussionniste Bill Rieflin (NDR : actuellement batteur de R.E.M.) et le flûtiste espagnol Carlos Nuñez. Si le titre de cet opus fait référence à la galerie de glaces de La Dame de Shanghaï, la musique propose une approche élégante de la musique classique d'Asie. Zazou a ajouté à la solution sonore de subtils bidouillages pour lui donner une texture plus contemporaine, même si manifestement elle émarge totalement à l’ambient…

 

mardi, 30 décembre 2008 22:54

Binario

Franchement, en lisant la biographie et les différents articles consacrés à Binario, je m’attendais à recevoir la claque de l’année. De découvrir un groupe susceptible de rivaliser avec CSS ou Bonde Do Role. D’autant plus que le line up est constitué de sept musiciens dont deux drummers et trois guitaristes. Et nous vient du Brésil. On avait donc le droit d’imaginer une musique excitante et criblée de percus. De type samba ou bossa nova. On est loin du compte. Et si on en recèle quelques traces, elles constituent l’exception qui confirme la règle (« Experimental (Catnip) ») ou sont bien étouffées. En fait, cet opus nage dans un jazz-funk-rock-prog-electro alambiqué. Encore que régulièrement, l’électronique prend le pas sur les autres instruments (NDR : joués par d’excellents musiciens, il faut le souligner) en essayant de nous faire croire à des envolées psychédéliques. Il y a bien quelques vocaux chantés en portugais, mais ils ne parviennent pas davantage à donner de l’impulsion à la solution sonore de ce combo qui reconnaît pourtant pour influences majeures Radiohead, Velvet Underground, Can, Kraftwerk, Zappa et Miles Davies. Et manifestement ; c’est évident pour les deux derniers artistes cités…

 

mardi, 30 décembre 2008 01:00

Blind Faith

Universal a donc décidé de ressortir l’unique album de Blind Faith. Blind Faith était né de la rencontre entre Steve Winwood qui venait de quitter Traffic, Eric Clapton le dieu de la guitare et Ginger Baker, le virtuose des drums, tous deux ex-Cream, ainsi que l’ancien bassiste de Family, Rick Grech. Un quatuor alors annoncé comme le futur Supergroupe. Jimmy Miller, le producteur des Stones avait même été choisi pour mettre en forme leur premier opus. Qui ne va pas récolter le succès escompté. Pourtant, il recèle plusieurs morceaux absolument remarquables. Et je pense tout particulièrement à la cover du « Well all right » de Buddy Holy. Ou encore des superbes « Presence of the Lord » et « Can’t find my way home ». Finalement, c’est la pochette qui fera parler le plus parler d’elle. Affichant une jeune fille impubère au torse nu, elle sera interdite en Grande-Bretagne. Pourtant, les musiciens disposaient de tout le potentiel pour se forger une notoriété incontournable. Des instrumentistes exceptionnels, un chanteur (Steve Winwood) à la voix éthérée, belle et envoûtante. N’empêche si ce disque ne mérite pas de figurer parmi les albums culte, il demeure un classique que tout collectionneur doit posséder dans sa discothèque. Ah oui, j’allais oublier, l’elpee n’est ressorti qu’en vinyle. A low price. Mais le plus intéressant procède du coupon inséré dans la plaque qui vous permet de télécharger l’œuvre en MP3.

 

mardi, 30 décembre 2008 22:47

Harmonia

Produit par Kurt Ebelhäuser de Blackmail, "Harmonia" constitue le second opus de la formation allemande Earthbend. Un trio dont la démarche est fort comparable à celle de Motorpsycho. Ce qui peut se comprendre, quand on sait que les deux combos puisent essentiellement leurs influences dans les sixties et les seventies. Nuance, chez Earthbend, on a parfois l’impression de se farcir un Thin Lizzy qui se serait mis à la prog. André Kunze (guitare, chant), Tilo Hustan (drums, piano) et Christian Heinrich (basse, orgue) ne sont pas des manchots. Et leurs compétences instrumentales sont au-dessus de tout soupçon. Maintenant, il faut reconnaitre que leur musique est un peu datée…

mardi, 30 décembre 2008 22:46

Electric arguments

The Fireman est un projet monté par Youth, le bassiste/producteur de Killing Joke, et Paul McCartney, dont le premier elpee, exclusivement instrumental, est paru en 1993 (“Oceans ship forest”). Un second opus va même suivre en 1998 (« Rushes ») ; un disque sur lequel il y a bien des parties vocales, mais elles sont constamment triturées par les effets électroniques. Bref, il faut bien reconnaître que ces deux œuvres sont plutôt passées inaperçues.

« Electric arguments » se révèle, comme son titre l’indique beaucoup plus éclectique. Et la voix de Macca est ici nettement distincte. Surtout en première partie de l’opus. Depuis le blues rocailleux, virulent (NDR : il s’en prend à son ex-femme Heather Miller) « Nothing too much just out of sight », dont certains accents peuvent rappeler « Helter Skelter » au ‘philspectoresque’ « Dance ‘til we’re high », en passant par la ballade acoustico-jazzyfiante « Two magpies », qui aurait pu figurer également sur le « Double Blanc », le très pop et hymnique « Sing the changes », le lancinant « Travelling light », un morceau imprimé sur un rythme de valse, le rock carré « Highway », le récréatif « Light from your lighthouse » et l’hypnotique « Sun is shining ». Des titres plutôt sympas mais qui ne cassent quand même pas la baraque. La deuxième partie de l’œuvre s’aventure davantage dans l’ambient et les expérimentations électro. Il y a même des beats sur « Lovers in a dream ». Il faut cependant attendre le tout dernier et très long morceau (NDR : 10 minutes !) « Don’t stop running » pour retrouver une mélodie plus pop, nonobstant un tempo plus lent et un climat atmosphérique. Avant qu’un titre caché ne nous replonge dans l’ambient. Anecdotique !

 

mardi, 30 décembre 2008 22:44

A killer for that ache

Cette jeune chanteuse/compositrice finnoise vient d’enregistrer son premier album sous son propre patronyme. A ce jour, elle avait commis deux elpees au sein du groupe TUB Quartet : Red shoes diary » en 2004 et « Twelve o’clock tales » l’année suivante. Evidement, lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de toute une panoplie de collaborateurs qui se partagent une belle brochette d’instruments : notamment à vent (clarinette, saxophone, trompette, flûte, etc.) ; mais aussi de la basse, des guitares, des percus, du banjo, du piano, des claviers, des drums, etc. Insolites également. Dont une harpe miniature (autoharp) que se réserve cependant Marie. Sans oublier les effets électroniques et les arrangements (NDR : de cordes surtout).

Les trois premiers morceaux de l’elpee ne sont guère convaincants. Ils sont, à la limite, soporifiques. Il faut attendre « Marie Antoinette » pour que cette œuvre commence enfin à perdre la tête. Ou plus exactement permette de découvrir le véritable potentiel de cette artiste. Dont la voix limpide, brumeuse, douce, épouse parfois les inflexions de Björk ou de Sharleen Spiteri (Texas), mais sans en avoir le timbre. Mais le plus intéressant procède de l’apport des chœurs. Impressionnants a capella sur le titre maître et « Save up », ils peuvent devenir angéliques, complètement ‘cartoonesques’ (« It is easy ») ou épouser des harmonies dignes d’Abba (« Catching a star »), une compo dont la mélodie rappelle également le célèbre quatuor suédois, même si la structure du morceau est plus proche de la prog. Car finalement, la plupart des morceaux de cet opus sont assez complexes. Puisant, outre la prog,  aussi bien dans le jazz, la pop, la country (l’excellent « Midwest country ») que le trip hop. Bref, un disque dont une première écoute peut laisser de glace ; mais qui au fil des écoutes se révèle aussi mystérieux qu’intriguant…