TRAVO avance sur terrain vague

Le quatuor portugais TRAVO publiera « WASTELAND » le 2 octobre 2026 sous la bannière de Fuzz Club, en partenariat auprès de Spinda Records et gig.ROCKS! pour l’Espagne et le Portugal. Premier disque du combo chez le label londonien, ce quatrième opus studio…

Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits.…

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Bernard Dagnies

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mercredi, 16 août 2023 08:26

They live in my head

Fondé en 1979, Bush Tetras a connu plusieurs interruptions au cours de son existence. Il a ainsi été actif depuis sa naissance à 1983, de 1995 à 1998, et à partir de 2005. Principalement féminin, le combo a changé de bassiste à plusieurs reprises ; Laura Kennedy, membre originelle, qui avait quitté le band en 1998, est décédée le 14 novembre 2011, des suites d'une longue maladie. Et en 2021, alors que le groupe bossait sur son nouvel elpee, c’est le batteur Dee Pop qui tombe subitement mort. L’ex-Sonic Youth, Steve Shelley, a pris le relais depuis l’an dernier (NDR : il s’est également chargé de la production de l’album) et après plusieurs remaniements, Cait O'Riordan (NDR : elle a milité chez les Pogues et a été mariée à Elvis Costello !) a finalement repris la basse…

Bush Tetras est considéré comme un groupe de no wave américain. Engagé politiquement à gauche, il est d’ailleurs issu de New York. « They live in my head » constitue son sixième elpee, et son esprit contestataire semble ne pas avoir fléchi, les textes traitant de la pandémie, du besoin de protester et de contester les injustices ainsi que des inégalités qui gangrènent notre société. Et lorsque Cynthia Sley adopte des intonations vocales proches de Patti Smith, le message semble encore plus percutant, à l’instar du titre maître. Ou alors de Grace Slick (Jefferson Airplane). Comme sur « Another room », une compo à la jolie mélodie, malgré les cordes effilées et grinçantes dispensées par La sixcordiste Pat Place. Elles le sont régulièrement, parfois acides, tranchantes comme du funk blanc labellisé Gang of Four (« I am not a number », « So strange »), cosmiques (« Walking out the door ») ou même psychédéliques (« The end »). On épinglera quand même le drumming de Pete Shelley, jamais envahissant, mais toujours aussi efficace. Même que parfois, on a l’impression qu’il imprime, sur certaines plages, un tempo new wave.

mercredi, 16 août 2023 08:23

Lightning Trails

Laundromat Chicks est un quatuor issu de Vienne et « Lightning Trails constitue son deuxième elpee. Il fait suite à « Trouble », paru en juin 2022. Agé de 19 printemps, Tobias Hammermüller en est le chanteur/guitariste, mais également le leader. Sept plages figurent sur ce mini elpee, dont la musique indé évoque, tour à tour, The Reds Pinks & Purples, Belle & Sebastian, les Pastels, Kings of Convenience ou Feist, alors que lorsque la section rythmique devient offensive, on ne peut s’empêcher de penser à Wilco.

Des guitares ‘jangly’ ondoyantes, parfois traitées en slide, à l’instar du titre qui ouvre le disque, « Sunday mystery », de la mélancolie douce, une section rythmique feutrée mais efficace et circonstanciellement un filet de clavier vintage alimentent de jolies mélodies interprétées d’une voix détachée, douce et indolente par Tobias…

Rafraîchissant !

 

mercredi, 16 août 2023 08:21

Sunset 666

En 1990, J&MC avait choisi Nine Inch Nails pour assurer le supporting act de sa tournée aux States. En 2018, Trent Reznor, qui a acquis depuis, une notoriété inversement proportionnelle, lui a renvoyé l’ascenseur en l’invitant à se produire en première partie, d’une tournée aux Etats-Unis, dont une série de concerts au Hollywood Palladium.

Le 15 décembre 2018, la bande aux frères Reid s’y produit pour la dernière fois.  Le band n’a pas l’intention d’enregistrer l’événement, mais Michael Brennan, l’ingé-son, avait remarqué qu’il était possible de connecter son ordinateur portable sur la console et il n’a donc pas hésité à le brancher.

Les trois premières faces de ce double vinyle immortalisent l’intégralité de ce concert, au cours duquel, invitée, Isobel Campbell vient poser la voix sur « Sometimes always ».

Interprétés cinq jours plus tôt, au même endroit, les cinq morceaux qui figurent en face D constituent un hommage à l’album « Automatic », avant de s’achever par « In a hole », issu de l’elpee « Psychocandy ». Quant aux trois premières faces, elles ne recèlent aucun titre de « Darklands ». Et pas davantage de trace du single « Sidewalking ». Doit-on s’attendre à une suite ? C’est toujours dans le domaine du possible. En attendant, les aficionados vont probablement se ruer sur cet objet de collection, Jesus & Mary Chain n’ayant plus rien sorti de neuf depuis 2017 ! Ça fait un bail !

mercredi, 16 août 2023 08:20

Rajan

Night Beats, c’est le projet de Danny Lee Blackwell, un Texan établi à Los Angeles. « Rajan » constitue son sixième elpee. Un disque dont les compos semblent nées de la rencontre improbable entre psychédélisme et soul vintage. Légèrement reverb et en retrait, le falsetto de Danny rappelle celui de Moby. Encore que sur « Dusty jungle », sa voix devient aussi versatile que celle de Finn Andrews (The Veils). Il règne un climat particulièrement cool tout au long de cet opus à l’instrumentation complexe. Et le spectral « Osaka » en est certainement le plus bel exemple, une plage au cours de laquelle Ambrose Kenny-Smith (King Gizzard & The Lizard Wizard) se réserve le micro et l’harmo. La guitare traverse de nombreuses pistes. Ses sonorités tentaculaires épousent parfois celles de Carlos Santana, mais sur le blues Cautionary tale », elles se révèlent à la fois grinçantes et sinistres. « Thank you » laisse transparaitre, dans le refrain, le célèbre « Sunny » de Bobby Hebb, repris par une multitude d’artistes, dont Ella Fitzgerald, Marvin Gaye, Shirley Bassey, Boney M, etc.

Petit coup de cœur pour « Morocco blues », dont l’atmosphère psychédélique filtrée insidieusement par un sitar, est hantée à la fois par Marc Bolan, Syd Barrett et Brian Jones…

mercredi, 16 août 2023 08:11

I’m not there anymore

Malgré ses quatre intermèdes plutôt brefs (« Radial »), le neuvième elpee du groupe londonien est plutôt copieux. Dix-neuf titres en tout pour un total de 63 minutes. Première constatation, la formation, qui compte 32 années d’existence, a incorporé des éléments de jazz, d’électronique, de psychédélisme et surtout de musique classique, dans son expression sonore, et tout particulièrement des cordes (violons, violoncelle, alto), mais aussi des cuivres (trompette, cor). Et ces arrangements ‘dits’ classiques rappellent inévitablement ceux qu’Arthur Lee réservait à son Love. Le grinçant « My childhood » émarge même à la musique classique contemporaine, alors qu’invitée, Jessica Griffin y récite des poèmes sordides.

Tout au long de « I’m not there anymore », les textes parlent de la mémoire de l’enfance et en même temps de l’impossibilité de se souvenir réellement de cette période. Mais également de sa propre mort, à travers celle de la mère du chanteur/compositeur/multi-instrumentiste Alasdair MacLean. Et comme l’opus est structuré comme un opéra rock, on pourrait presque le qualifier de conceptuel, vu sa thématique. 

S’étalant sur une durée de 8’30, le titre qui ouvre le long playing, « Fables of the Silverlink », est régulièrement chamarré de cordes à la « Eleanor Rigby ». Violoncelle, mellotron et polyrythmes presque tribaux alimentent « Dying in May ». On retrouve le spoken word de Jessica Griffin sur « Conjuring summer in ». « Claire’s not real » flirte avec la bossa nova. La voix de MacLean devient incantatoire sur « Garden eye mantra ». Enfin, certaines compos, et tout particulièrement « Chalk flowers », véhiculent des accents médiévaux réminiscents de l’lncredible String Band.

mercredi, 16 août 2023 08:07

Did you hear the kids ?

Depuis 2019, Magon a enregistré la bagatelle de 6 albums. Difficile d’être plus prolifique. Après avoir vécu tout un temps à Paris, l’Israélien s’est installé au Costa Rica en compagnie de toute sa famille. C’est là qu’il a enregistré son sixième elpee. Alon Magen (NDR : c’est son vrai nom) se réserve la quasi-intégralité de l’instrumentation et du chant. Sur « Onie Was A Kid », Louise Bou, aka SOS Citizen, assure les backing vocals et Alan Borg se consacre à la guitare ; et tout au long de « Havana Bay », Cary Morin se réserve la pedal steel. Et puis, c’est tout.

« Did you hear the kids ? » baigne au sein d’un cocktail particulièrement soigné de psych folk, de soft rock et de garage. Mais pas seulement ! Ainsi, Magon parvient à propulser une section rythmique de manière offensive comme chez Wilco, sur « Right here », « Back in the day » et même « Havana Bay » ou dans l’esprit groovy de Mink Deville, sur « Johnny was a son of a bitch », une compo au cours de laquelle il emprunte les intonations vocales semi-déclamatoires chaleureuses et nonchalantes de Lou Reed, tout comme sur « Back in the day ».

mercredi, 16 août 2023 08:05

Jupiter

Après « Mars » (2018) et « Venus » (2021 »), Upper Wilds met le cap sur « Jupiter », une nouvelle destination dans son exploration du système solaire. Le guitariste, chanteur et leader, Dan Friel, est un passionné de l’espace et il reflète cette passion dans ses compos. Dans sa musique aussi ? Oui, mais d’une manière subtile. Surtout dans ses lyrics.

Parce que l’expression sonore et quand même pêchue, frôlant régulièrement l’univers du métal.

« Greetings », bref morceau d’ouverture, mêle 55 langues, dans un chœur en cascade. La repise du « Books about UFOs » de Hüsker Dü se distingue par son riff de guitare à la Thin Lizzy et l’intervention du saxophone hurlant de Jeff Tobias (Sunwatchers). Ce dernier ainsi que Katie Eastburn (KATIE) assurent les backing vocals sur « Short centuries », un morceau qui rend hommage à Julia Mora et Waldramina Quinteros, le couple marié le plus âgé de la planète terre, mettant ainsi en exergue le pouvoir de l’amour et son pouvoir sur la durée de l’existence. Plusieurs plages sont imprimées sur des tempos bien enlevés. A l’instar des bien punks et frénétiques « Drifters » et « Radio to forever ». D’« Infinity drama » et d’un « Voyager » lancé au galop. Faut dire que la section rythmique du bassiste Jason Binnick et du drummer Jeff Ottenbacher impose régulièrement un rythme impitoyable voire tonitruant. Si « 10’9’’ » ne dure que « 6’56’’ », il est profilé sur deux lignes de guitares. L’une groovy et l’autre crépitante, stridulante, un peu dans l’esprit du hard rock des seventies, alors que sinistre, la voix de Dan emprunte les inflexions de Peter Murphy (Bauhaus). Des inflexions et même un timbre qui réapparaissent circonstanciellement sur cet opus, car, en général, le chant de Friel se décline plutôt en falsetto… 

Enfin, le long playing a été enregistré sous la houlette de Travis Harrison, dans son studio ‘Serious business’ à Brooklyn (Guided By Voices, Built To Spill, The Men) …

mardi, 15 août 2023 08:34

Frontier’s edge (Ep)

Neuf musicos ont participé à l’enregistrent de ce « Frontiers’ edge », un Ep découpé en 6 plages. Au sein du line up figurent un bassiste, trois percussionnistes, un drummer, un trompettiste, un claviériste et puis les deux leaders, le saxophoniste baryton Jared Tankel et le guitariste Tom Brenneck.

Pas de chanteur, la musique est exclusivement instrumentale et elle est le fruit d’un cocktail énergique entre jazz/rock, funk, afro-beat et proto-metal. Percussifs et bien cuivrés (NDR : vous vous en doutez), les compos pourraient aisément servir de B.O. pour des séries TV ou des films. A l’instar de « Curled steel », une piste infiltrée par un subtil filet d’orgue qu’on imagine aisément sonoriser une série policière des 70’s. De « Crescent Blade » également, plutôt des 80’s, du style ‘CHIPS’. Ou encore de « KRITN », pour un long métrage à suspense, une plage serpentueuse caractérisée par le drumming syncopé et l’intervention très free du saxophone de Jared. Claviers rognés et poussées de cuivres alimentent « A passage to « Ashinol », un morceau qui communique des vibrations empruntées à l’Orient Express. Enfin la mélodie du titre maître est tramée par la guitare, qui s’autorise pourtant des accès de pédales wah-wah, alors que les cuivres presque mariachi s’échappent régulièrement de l’ensemble. Des cuivres qui soufflent à l’unisson sur l’intrépide « Devil doesn’t care ».

mercredi, 16 août 2023 07:59

Supermodels

Originaire de Chicago, Claud Mintz s’est établi depuis quelque temps à New York. Il a choisi son nom de famille comme patronyme pour son trio. Il se charge de la guitare et du chant et est soutenu par une section rythmique réunissant un drummer et un bassiste.

« Supermodels » constitue son second elpee. Mis en forme par Ethan Gruska (Phoebe Bridgers, Ryan Beatty), ce disque est plutôt éclectique, alternant morceaux plus acoustiques et titres bien rythmés.

Valse, « Glass wall » est parcourue de sonorités de guitares stridentes. Elles se révèlent élégantes sur le mid temo « Dirt », une chanson mélodieuse qui libère un bon groove. Courte plage acoustique, la dépouillée et mélancolique « Crumbs » baigne au sein d’un climat proche du « Double blanc » des Beatles, nonobstant quelques incursions subtiles d’électronique. Une sèche qu’on retrouve sur « Spare tire » et « Every fucking time », une compo qui rappelle parfois le « Wonderwall d’Oasis. « Wet » aurait pu figurer au répertoire de Mylène Farmer », mais dans la langue de Molière. « A good thing » et « All over » émargent à l’indie rock. Enfin, entraînant, « The moving on » est une compo dense, enrobée de chœurs, interprétée dans l’esprit de Weezer…

Bref, un album qui souffle le chaud et le froid…

Robbie Robertson est décédé à l’âge de 80 ans. Avec sa disparition, il ne subsiste plus que le seul Garth Hudson (NDR : c’était le claviériste), comme musicien survivant du mythique The Band.

Au début des années 1960, The Band était un groupe de soutien à la star de rockabilly, Ronnie Hawkins. À l’origine, le groupe s’appelait les Hawks (NDR : il avait aussi répondu au nom de Crackers et de Canadian Squires), avant d’adopter le patronyme The Band, parce que c’est ainsi que les spectateurs le désignaient quand il servait de backing group pour Bob Dylan.

En 1965, Robbie Robertson et Levon Helm, deux membres des Hawks, avaient déjà participé à l’enregistrement de l’album « Blonde on Blonde » de Robert Zimmerman.

C’est lors de la tournée mondiale 65-66, que le Zim avait engagé la formation pour partir en tournée. Peu de temps auparavant, il avait décidé de délaisser la guitare acoustique pour embrasser un style plus électrique, plus rock, au grand dam des puristes folk.

En 1966, Dylan est victime d’un grave accident de moto. Il s’enferme en compagnie des membres du band (c’est le cas de le dire) dans une vieille maison peinte en rose près de Woodstock, à New York, et ensemble ils enregistrent des tas de démos qui donneront naissance, en 1968, à l’album « Music from Big Pink ». Et de ces sessions, naîtra également ces fameuses « Basement Tapes », considérées comme une source majeure de la musique Americana et roots. D’abord parues sous forme de bootleg, Columbia les sortira officiellement en 1975.

Robertson a écrit les morceaux les plus connus de The Band, tels que « The Weight », « The Night They Drove Ol' Dixie Down » et « Up On Cripple Creek ».

Le groupe a aussi participé au mythique festival de Woodstock en 1969.

Le concert d'adieu de The Band à San Francisco en 1976 a été immortalisé deux ans plus tard par un documentaire du cinéaste Martin Scorsese, ‘The Last Waltz’, film qui a ouvert la voie aux longs métrages sur le rock. Robertson est alors devenu un proche de Martin Scorsese, qui l'a engagé comme musicien, notamment pour ses films Casino’ et ‘Gangs of New York’.

Le guitariste n'est plus reparti en tournée mais il a sorti ensuite de nombreux elpees en solo.

The Band et Robertson se sont séparés au début des années 1980, ce dernier poursuivant une longue carrière en tant qu’artiste solo et compositeur de bandes originales.

Robbie Robertson était né 5 juillet 1943 à Toronto. Sa mère était amérindienne, Mohawk plus précédemment. Il est mort ce mercredi 9 août 2023, entouré de sa famille à Los Angeles après une longue maladie.

RIP

 

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