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Hooverphonic
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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Resonating

Sam Mitchell est, depuis plusieurs décennies, l'une des valeurs sûres du country blues anglais. Un spécialiste du bottelneck. Mais aussi du dobro. Cet instrument introduit un "Refugee blues" tout à fait superbe, terriblement émouvant. Un grand moment! "Blues in the bottle" est du blues acoustique traditionnel, un thème emprunté à Mance Lipscomb. Je tire mon chapeau pour la prise de son de cet album. On peut ainsi clairement discerner le son des doigts qui caressent les cordes sur "Let there be smoke". Impressionnant ! La production est signée Sam et Rob Orlemans. Musicien hollandais, membre de Half Past Midnight, ce dernier a joué durant des années pour Curtis Knight. J'aime la douceur de la mélodie de "Unfinished business" et la paresse dans la voix de Sam. Il nous plonge ensuite dans l'ambiance de "Studio 51", un ancien et prestigieux club de folk à Londres de la fin des 60s. Il narre l'histoire de ce lieu qui accueillait Jo Ann Kelly, Tony McPhee, John Dummer, Simon & Steve et bien d'autres... Plus surprenant encore, "Solar skates" campe une longue jam, espèce de trip psychédélique, avec un solo déjanté de Rob Orlemans. Un autre jeu de cordes, très aérien, se retrouve sur "Jiggy jiggy man". Parmi les quelques reprises, je soulignerai le "Same ole blues" de JJ Cale, pour son travail impeccable au dobro, et "Kokomo" de Fred McDowell. Ce musicien a réellement intégré toutes les techniques du blues grâce à une dextérité remarquable et un respect profond du style. Pour preuve l'hommage à Robert Johnson, "Talkin' Mr Johnson". Il termine par " Hey Alexis ", un autre témoignage sympathique à un véritable pionnier du blues anglais, Alexis Korner, bien sûr...

jeudi, 10 mai 2012 19:18

Beyond the crossroads

Au sein de ce duo, Sue Foley est certainement l’artiste la plus notoire. Notamment à cause de son timbre vocal délicieux, éternellement enfantin. Canadienne, cette rouquine compte déjà une belle carrière à son actif ; et pourtant elle n’est âgée que de 44 ans. Elle a assez longtemps vécu à Austin, au Texas, où elle a enregistré dès 1992 son premier album, “Young girl blues” pour Antone’s (NDR : c’est aussi le meilleur club de blues local). Une bonne dizaine d’albums plus tard, elle se lie à Peter Karp, un compositeur réputé, que l’on compare volontiers à John Hiatt voire John Prine. Il est originaire de l’Alabama. Le premier fruit de leur collaboration remonte à 2010, lors de la publication de l’elpee, “He said she said”, un disque paru sur le label californien Blind Pig.

Peter est aussi à l’aide à la guitare qu’au piano. Sue s’est également forgé sa notoriété par sa technique sur la Fender Telecaster. Les 12 nouvelles chansons de ce « Beyond the crossroads » sont cosignées ou issues de la plume d’un des deux artistes. Le duo est soutenu par leur section rythmique rituelle : Mike Catapano aux drums et Niles Terrat à la basse. Pour la circonstance, ils ont reçu le soutien de quelques amis dont la section de cuivres de Swingadelic.

“We’re gonna make it” ouvre le feu et tire sur le R&B largement cuivré. Les deux voix s’échangent les chorus ; Sue, de sa voix de fillette un peu fausset, Peter, d’un timbre assuré et autoritaire. Il est armé de sa guitare Gibson 335 et me rappelle l’un de ses gratteurs favoris, Freddie King. Miss Sue conduit “Analyze ‘n blues”, un blues bourré de charme, que colore son compagnon, à l’aide de sa slide. “Beyond the crossroads” est une excellente compo de roots rock. Poussées par les chœurs et les cuivres, les cordes sont bien en place. Le trombone de Mark Miller est à l’avant-plan tout au long de “Fine blues”, une plage relaxante, caractérisée par un chant paresseux. Proche de l’esprit du jazz traditionnel, “Take your time” trempe dans le folk blues. Retour dans le roots blues pour “More than I bargained for”. Les vocaux sont excellents, tant la voix de Peter que les répliques féminines. Un enchantement ! Chaque composition signée Mr Karp fait mouche. A l’instar des subtils et savoureux “Blowin”, illuminé par la pureté des cordes, ainsi que “Chance of rain”, moment au cours duquel il brille aux ivoires, pendant que Sue se réserve la gratte acoustique. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par “You’ve got a problem”, un boogie jump bien nerveux, que Peter drive à la perfection depuis son piano. 

 

jeudi, 10 mai 2012 19:04

Heaven

Le blues est plus que centenaire. Pourtant, je ne connais, à ce jour, aucun bluesman qui soit devenu centenaire. Le plus grand espoir à ce titre était Willie ‘Pinetop’ Perkins, né en juillet 1913. Hélas, il est décédé, dans son sommeil le 21 mars 2011, à près de 98 ans! Il sera désormais difficile à un bluesman authentique de fêter ce jubilé.

Perkins était pianiste. A ses débuts, il a joué auprès des légendaires Robert Nighthawk et Sonny Boy Williamson. Son premier passage en studio date de 1953, il enregistre en compagnie de Earl Hooker, la reprise de “Pinetop’s boogie woogie” du mythique Clarence ‘Pinetop’ Smith, qui avait créé ce thème en 1928. C’est à partir de ce moment que Perkins va se voir attribuer le sobriquet de Pinetop. Il connait sa période de gloire quand il rejoint le groupe de Muddy Waters, en 1969, une aventure qu’il va vivre douze longues années. Il succède alors à l’incomparable Otis Spann. Il passe ensuite au sein du Legendary Blues Band au sein duquel militent d’autres anciens du Waters Band. Son premier opus personnel “After hours”, sort en 1988.

C’est toujours Blind Pig qui nous propose, sur cet elpee, une séance inédite remontant à 1986, des sessions qui s’étaient déroulées au studio Chelsea Sound, à New York. Perkins démarre par “44 blues”, un blues lent empreint d’émotion au cours duquel il s’accompagne, tout naturellement, de ses 88 touches d’ivoire. “4 o’clock in the morning” demeure dans le même climat. Un frisson nous parcourt l’échine, quand il nous conte ses aventures nocturnes, des aventures authentiques, empreintes de réalisme, qui nous plongent dans une infinie tristesse. Instrumental, “Relaxin” baigne au sein d’une atmosphère sereine. Son jeu à deux mains est distinct. La gauche assure les basses. La droite explore au gré de l’inspiration. “Sitting on top of the world” est un classique signé par deux membres des Mississippi Sheiks. Ce morceau date de 1930. Des vocaux ont été ajoutés. Et c’est son comparse de toujours, Willie ‘Big Eyes’ Smith (NDR : ils militaient déjà ensemble, au sein du Muddy Waters Band) qui s’y colle. C’était en juillet 2011, et deux mois plus tard, il décédait à son tour! Une partie chantée a également été greffée, sur le “Since I fell for you” de Buddy Johnson. Un rôle dévolu au vocaliste de soul/blues, Otis Clay. Il brille de mille feux sur ce blues nightclubbien. Tout au long de cet elpee, on est envahi par un sentiment de nostalgie. Et des pistes bourrées de charme, comme “Pinetop’s blues” ou le superbe “Ida B”, balayé par l’harmonica de Mike Markowitz (NDR : c’était le leader de leader de Little Mike & The Tornadoes), en sont les plus belles illustrations. Enfin, pour être complet, cet opus recèle encore le thème éculé “Sweet home Chacago”, dans une énième reprise de “Pinetop’s boogie woogie”.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Blues for the soul

Né à Monroe en 1953, ce chanteur louisianais avait déjà connu l'excitation du succès à la fin des 60s. Il avait depuis, disparu de la circulation avant de réapparaître au début des 90s. Depuis, il aligne album sur album. Septième opus, " Blues for the soul " fait suite à "Give it up to love" (en 93), "Keep on movin" (95), "Sledgehammer & down home blues" (96) et à "Journey", tous les quatre sur Audioquest. Sans oublier la collection "Soul survivor" (99) et un remarquable live "Joy and pain", sur Crosscut en 98.

Mighty Sam est à coup sûr l'une des plus belles voix du soul blues contemporain. Pour apprécier ses ressources vocales, tendez immédiatement l'oreille au très lent "Mighty's prayer". La prière de Mighty déborde d'émotion et repose sur un accompagnement discret, partagé entre l'orgue de Barry Seleen, le piano de Bruce Katz et la guitare de Kevin Belz. Mon Dieu que c'est beau ! Chez Mc Clain, la production est toujours sans faille, l'accompagnement musical solide et les arrangements de cuivres particulièrement travaillés. Une approche qui lui permet d'atteindre un maximum d'effet. Son R&B paraît très relax, tant le plaisir de jouer est évident. Sa voix claire emmène tout ce beau monde sur "Dark side of the street". Bruce Katz s'inscrit dans le rythme alors que Seleen prend un solo d'orgue Hammond. Sam a dû fréquenter, dans sa jeunesse, les églises du quartier, car il se montre régulièrement influencé par le gospel et l'amour du prochain. C'est tout à fait évident sur "Love one another", un blues brûlant de sentiments intitulé " Jesus got the blues ", "Not I" et le déjà cité "Mighty's prayer". "No one can take your place" est une merveilleuse ballade blue soul, à la mélodie bien accrocheuse. Le swing naturel et le brio des musiciens, de Bruce Katz en particulier, scintillent sur "Sing me some blues". Je soulignerai enfin une autre ballade nerveuse, "Can't stand it" qui entre et ne sort plus de l'oreille, avec un ballet de cuivres. Excellent!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Shoutin’ in key

Né à New-York en 1942, Taj Mahal est l'un des artistes majeurs de la musique roots de la fin de ce siècle. Eponyme, son 1er album date déjà de 1968. Une œuvre superbe, commise en la compagnie de Ry Cooder et de Jesse Ed Davis. Pour enregistrer ce " Shoutin' in key ", événement qui s'est produit au Mint de Los Angeles, en novembre 1998, Taj s'est entouré d'une solide formation. En l'occurrence Tony Braunagel à la batterie (et à la production), le bassiste maison du club Antone's, Larry Fulcher, l'anglais Mick Weaver à l'orgue Hammond et au piano, Denny Freeman à la guitare, ainsi que Joe Sublett et Darrell Leonard aux cuivres.

Cet opus entame les hostilités par une adaptation du célèbre "Honky Tonk" de Bill Dogett. Et enchaîne par un funk bourré de groove sur le superbe "EZ Rider". Un titre qui figurait sur son 1er opus. Taj a une voix naturellement puissante. Il ne doit jamais la forcer. Il peut ainsi chanter clairement le blues, comme sur "Woulda coulda shoulda". Freeman se réserve un solo tout en délicatesse et sans la moindre note de trop! Quelle heureuse surprise de réentendre le "Leavin' trunk" de Sleepy John Estes qui était aussi sur son tout 1er album ; et notamment ces notes d'harmonica qui préludent la colère dans la voix. Un autre tout bon blues, c'est "Mail box blues". L'ensemble est très soudé. Taj est l'adepte prototype de la world music. Ne soyons donc guère étonnés de le voir aborder le reggae sur "Rain from the sky". En fin d'album, quel bonheur de retrouver sa chanson la plus célèbre, "Corrina", suivie d'un vigoureux et nerveux "Hoochie Coochie Coo" de Hank Ballard.

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Steve Marriott & The Official Receivers

Qui donc ignore encore, dans l'univers du blues, les vertus vocales de ce petit bonhomme anglais, disparu tragiquement le 20 avril 1991 dans l'incendie de son cottage ? Au cours des années 60, il avait ‘enflammé’ les foules du monde entier avec les Small Faces ; et plus tard, au sein d'Humble Pie, un des premiers supergroupes. Il y a côtoyé deux guitaristes d'exception. Peter Frampton d'abord, Dave ‘Clem’ Clemson ensuite. Quelques reformations de ces deux groupes émaillèrent, par la suite, sa carrière. Mais sans grand lendemain. Dans les années 80, il a sévi au sein du trio Packet of Three. Un groupe fréquenté par le bassiste Jim Leverton et différents batteurs.

Lors de son 40ème anniversaire, le 30 janvier 1987 très exactement, il monte une nouvelle formation, les Official Receivers. Jim Leverton est encore au poste, et le line up est complété par Richard Newman aux drums et Mick Weaver à l'orgue. Ce dernier est toujours actif, puisqu'il fait encore partie du backing band de Taj Mahal. Le groupe jouera cette année-là pas moins de 200 concerts. Mais si un album studio est alors planifié, il ne sortira pas avant l'an 2000. En 88, Steve change à nouveau de partenaires. Il collabore régulièrement avec une formation anglaise drivée par l'harmoniciste Simon Hickling et le futur et actuel guitariste de Dr Feelgood, Steve Walwyn : les DTs.

Ce double CD réunit l'album studio dont question ci-dessus et un concert live immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres. C'est probablement le premier disque qui emportera vos suffrages. Tout au long d'"In concert 87", Steve Marriott démontre qu'il était probablement l'un des seuls blues shouters anglais. Il vivait intensément sur les planches. Il reprend des titres qui avaient fait sa gloire avec les Small Faces : "Watcha gonna do about it", "All or nothing" et "Tin soldier". Mais le reste se partage vraiment entre le blues et le R&B qu'il affectionnait tant. Avec beaucoup de bonheur et de vigueur, il passe en revue "Don't you lie to me", "My girl", Shame shame shame", "Don't need no doctor" et surtout une bouleversante interprétation de "Five long years". Je me demande si les parties de guitare ne sont pas assurées par Steve Walwyn ; car si Marriott était capable de sortir quelque chose de sa Gibson ES 335, je ne pense pas qu'il aurait pu produire un tel solo.

Le deuxième elpee, "Studio sessions 1987-1988", est d'un intérêt secondaire. Il épingle le célèbre "Oh well", composé par Peter Green. Steve joue de l'orgue hammond sur plusieurs plages. On comprend mieux ainsi pourquoi Booker T était une de ses références. Il exerce donc son talent de claviériste sur "Lonely no more", "Ain't you glad" et le très beau "Stay with me baby". Mais le meilleur de cet album procède du traitement vocal, menaçant et dramatique qu'il opère sur "I just want to make love to you", à l'art zeppelinesque très réussi! En bonus, il reste 4 titres live dont deux commis avec les DTs, "Watch your step" et "Let's work together". Repose en paix Steve!

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Everything I need

Aynsley est un jeune espoir du blues rock d'outre-Manche. Pas étonnant, dès lors, que de plus en plus de monde s'intéresse à lui. Thomas Ruf qui comptait déjà Walter Trout dans son écurie, a décidé de le prendre sous son aile protectrice. Le jeune homme a du talent et une voix qui passe bien dans le style. Particulièrement dense, le boogie rock lâche ses décibels sur "Everything I need". Il est vrai que la production est assurée par Jesse Davey des Hoax. Cette plage se fond dans la suivante, "Angel o' mine". Une composition au tempo plus lent, mais à la mélodie accrocheuse. Aynsley se sent manifestement plus à l'aise sur ce terrain. "Soundman" trempe dans un Rockin' blues à nouveau proche des Hoax. Retour au calme ! Pour interpréter "As the crow flies" de Tony Joe White, l'électricité est même coupée. Lister se révèle le plus à l'aise dans les tempos lents, à l'instar de "Without U". A moins que ce ne soit sa voix qui s'y prête le mieux. Lister est un bon guitariste. Lorsqu'il se concentre sur son manche et ne tombe ni dans la facilité ni les effets, il peut alors devenir intéressant ; très Proche de Freddie King même, comme sur l'instrumental "Quiet boy!". Sans quoi son rockin' blues, destiné à un public plus jeune, reste agréable à l'oreille. Il se souvient qu'il existait en Angleterre un très grand guitariste du blues appelé Peter Green. Ce souvenir lui inspire le très lent et confidentiel "Need her so bad". La plus belle pièce de l'album ! Il termine par "Little wing", un hommage à l'une de ses références, l'inoubliable et mythique Jimi Hendrix…

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Delta crossroads

Robert est né en 1913 à Turkey Scratch, dans l'Arkansas. Le tournant de sa vie intervient lorsque sa mère se met en ménage avec un homme à peine plus âgé que lui. Et pour cause, il s'appelait Robert Johnson ! Ce dernier apprit tous ses secrets à la guitare à Robert Jr, son beau-fils. La vie d'un bluesman n'a jamais été dorée. Ce qui explique pourquoi Lockwood a abandonné la musique, au moins à six reprises. Il vit depuis longtemps à Cleveland, dans le Mississippi ; et c'est là qu'il a enregistré ce premier album pour Telarc. Seul, sa voix et sa guitare. Il y interprète un country blues tellement pur, tellement rafraîchissant, nonobstant l'âge de son répertoire. A plus de 85 ans, il reste l'un des plus vieilles gloires du blues encore en vie ; une légende vivante en quelque sorte.

Il reprend avec bonheur six compositions de son beau-père mythique : "32-20 blues", "I believe I'll dust my broom", "Stop breakin' down blues", "Love in vain blues", "Little Queen of spades" et "Ramblin' on my mind". Il y est réellement poignant. Il adapte également d'autres thèmes du blues ; et notamment "C.C Rider" de Lightnin' Hopkins, "In the evening (when the sun goes down)" et un superbe "Mean mistreater mama" de Leroy Carr ainis que "Key to the highway" de Big Bill Broonzy. Robert pouvait aussi écrire ses blues. Souvent des dialogues échangés avec sa guitare qu'il jouait d'une manière très rythmique et surtout fort originale. A l'instar de "Run your Mama", "This little girl of mine" ou "Train my baby" que l'on retrouve sur cet opus. Enfin, il produit de bonnes vibrations, lorsqu'à la manière d'un jeune songster du bon vieux temps, il reprend ce vieux canon du blues, "Mr Downchild" (qu'il attribue à Robert Johnson).

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

U don´t know what time it is

Trudy Lynn est texane. Elle a toujours vécu dans sa bonne vieille ville de Houston. Considérée comme la reine de la soul locale, elle possède une superbe voix, puissante et limpide à la fois. Son répertoire se situe entre le blues et le southern soul. Elle a enregistré jusqu'alors sur le label soul Ichiban. Son meilleur date de 1995, "First lady of soul".

Ce nouvel album a été enregistré à Dallas en 1997. Parmi les invités, on retrouve Lucky Peterson, aux claviers, et Bernard Allison, à la guitare. La majeure partie de cet opus est consacrée à la musique soul, mais une soul négociée le plus souvent en douceur. Je me bornerai donc d'évoquer les meilleurs titres de cet elpee, ou plus exactement ceux que j'ai préférés. Et notamment, "Shake rattle & roll", profilé sur un rythme funky et nappé par l'orgue Hammond de Lucky. La fort belle reprise du "Help me through the day" de Leon Russell, sous le contrôle impeccable de la guitare d'Allison. "Time gone by", lorsque Lucky passe aux cordes. Et un vrai blues, "I should have known". Le reste se situe le plus souvent dans un registre pop soul, qui n'interdit pas à Trudy de chanter remarquablement "Nothing but love" ou le lent "Mama and Papa Hopkins". Ceci n'est pas un album génial, mais un l'ensemble tient bien la route et ne manque pas de charme...

 

dimanche, 31 décembre 2000 02:00

Take your time and get it right

Les Kingsnakes viennent d'opérer des changements importants dans leur line up. On y retrouve toujours Paul Lamb et son fidèle guitariste, Johnny Whitehill ; mais deux vétérans de la scène blues anglaise ont rejoint la formation. En l'occurrence le bassiste Rod Demick et l'excellent chanteur Earl Green, un personnage qui a autrefois milité au sein des Dance Kings et du Big Blues Band d'Otis Grand.

Cet opus démarre par le rythmé "I'm a bluesman", une composition au cours de laquelle le piano boogie flirte avec l'harmonica de Paul. Ce piano, c'est celui de West Weston. Invité de marque, il constitue un des meilleurs espoirs du blues outre-Manche. Avant de prendre la succession de Mike Sanchez chez les Big Town Playboys, il dirigeait ses propres Bluesonics. Il serait peut-être indiqué aux Kingsnakes, d'héberger un bon claviériste, car "No glue in the world" poursuit dans cette excellente impression, dans un style proche de la Nouvelle Orléans. "Lend a hand" est un superbe blues au cours duquel Earl Green prend toute sa dimension. Le chanteur a de l'épaisseur sur cet exercice proche du meilleur de Magic Sam. Il s'essaye encore avec plus de brio sur le merveilleux "Open up". La voix d'Earl est l'une des meilleures de l'autre côté de la Manche. Elle impressionne sur le riff de Bo Diddley, "Crazy for me", avec les Kingsnakes qui répondent à ses injonctions. Whitehill est comme un poisson dans l'eau sur ses cordes. Cette voix est toujours aussi conquérante sur "I don't want" avec Lamb qui se promène de manière nonchalante au chromatique. "Tuesday blues" est abordé sur un mode plus proche des racines, électrique mais imbibé du son du Delta. L'opus reste dans le sud paresseux lors d'un blues de haute facture, "Looking back" ; mais plus proche encore des swamps louisianais sur "Money world". Les Kingsnakes conventionnels ne sont pas disparus. Et ils le démontrent sur le swing blues " Groovin ", un exercice de style consacré à Little Walter et à George Smith, pour Paul Lamb, à l'harmonica chromatique. Paul s'exerce au "whoopin" cher à Sonny Terry sur "I'm going down". Pour le shuffle, "Take your time", l'entente entre Green et Lamb est parfaite. Paul sort un solo magique devant la slide de Johnny. Du grand ouvrage! Boogie boogie avec "Days of jive". Lamb est brûlant. Personne ne peut le retenir. Même les ivoires de Weston. Le meilleur album des Kingsnakes à ce jour !