La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Hooverphonic
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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

If I Should Fall To The Field

Le folk hanté de Steve Von Till fout les jetons. Pas étonnant quand on sait que ce type est aussi le leader (chanteur et guitariste) du groupe Neurosis. Pas des drôles, ces castards : suffit de voir les pochettes de leurs disques, et surtout d'écouter leur musique, sorte de métal-doom tuberculeux à faire passer Marilyn Manson pour le Grand Jojo. Ca commence mal, donc : du folk de métalleux ? En général, ceux qui s'y sont essayés nous ont plus fait rire que nous faire frémir. Dernier exemple en date ? Stone Sour, le side-project pour midinettes du chanteur de Slipknot. Sauf qu'ici, c'est pas du marketing ; et le résultat, en fin de compte, n'est pas catastrophique. Au contraire, Steve Von Till gagne haut la main son pari : celui de faire de la country avec des tripes, sans passer par la case Willie Nelson. Dépressif (certes), dépouillé (aussi), prenant (souvent), " If I Should Fall To The Field " réussit la gageure d'inviter Neil Young (la reprise " Running Dry ") au Bal des Vampires, avec David Eugene Edwards en maître de cérémonie ( " This River " et son banjo malingre - référence au film " Delivrance " ?). Tout ça n'est pas drôle, et dégage un parfum de moisi qui ne déplaira pas aux fans d'Anathema et de Johnny Cash (quand il reprend " Hurt " de NIN). Avec sa voix grave à la Mark Lanegan, Von Till se la joue cow-boy neurasthénique qui aurait peur de la lueur du jour (après " Delivrance ", " Vampires " de John Carpenter). A écouter, de fait, tout seul et dans le noir. La musique de Steve Von Till ? Mieux qu'un film d'horreur. Interdit au moins de 18 ans et aux fans de nu-métal (pléonasme), cela va sans dire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Vagabond

Produit par Steve Albini dans son fameux " Electrical Studio ", le deuxième album de ce trio autrichien casse la baraque, à plus d'un titre. C'est que le rock désossé (" post-core " ?) de Valina n'est en rien balisé : même après plusieurs écoutes, la surprise reste toujours de mise, comme quoi chez ces Autrichiens, on déteste les eaux qui dorment. En ce sens, " Vagabond " rappelle les meilleures galettes Dischord, de Q & Not U à Fugazi, bref tous ces groupes chez qui les traditions instrumentales sont mises à mal, pour mieux nous captiver. La guitare, la basse et la batterie sont ainsi exploitées de manière subtile et toujours inventive, se répondant avec force dans un fracas des plus imprévisibles.

Dès " Comes The Horsehead Thinker ", le premier titre, on sent déjà cette envie de ruer dans les brancards du punk-rock le plus immature : les riffs et la rythmique, répétés jusqu'à l'écœurement, créent une sensation de malaise, contrebalancée par une évidence mélodieuse qui rassure. Tout au long de l'album, cette cadence hypnotique ne faiblira pas d'un pouce, même sur les morceaux les plus calmes (" Director's Clowns "). Le summum est atteint avec " St. Petersburg Me Cannibal " (ces titres !), qui filerait le tournis à n'importe quel amateur de rock incandescent (genre At The Drive-in), suivi d'une sorte de diptyque féroce (" Last " et " Air Edna ") érigeant la cassure en règle d'art. Avec de tels ambassadeurs (+ Radian), l'Autriche pourrait bien devenir la plaque tournante d'un nouveau rock, insubordonné et brillant.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Ludwig

En Suisse aussi, on sait mettre les pendules à l'heure quand il s'agit de musique : à trois, les types de Velma déclinent ainsi toutes les recettes miracle de la pop-électro-folk la plus sophistiquée avec une minutie et une dextérité d'artisan horloger. A la fois d'une fragilité ravissante et d'une complexité prenante, la musique de Velma s'écoute dans le recueillement, comme si ces bleeps grésillants, ces accords sibyllins et ces voix vaporeuses venaient d'un autre monde, peuplé d'anges et de jolies filles à la bouche vermeille. D'un souffle, ce folk de l'ère numérique nous conduit au septième ciel, dans un lieu où nos corps flottent comme des bulles de savon. D'autres groupes nous ont déjà procuré ce même sentiment de lévitation : Mum, Pulseprogramming, Rothko, Windsor for the Derby,… Velma est leur ami. Et le nôtre, par extension : comment résister à ces complaintes étourdissantes où l'écho des voix se heurte doucement à celui, hypnotique, des beats en sourdine ? Comment ne pas s'émouvoir devant ces cathédrales électro-acoustiques bâties dans le cristal le plus translucide, à travers duquel la lumière irradie de mille couleurs et imprime notre rétine de divins mirages ? Ces visions magiques s'appellent ici " Cube " (10 minutes d'étourdissement auditif), " Minute " (et sa rythmique aquatique), " Obstacle ", " Lieu ",… Des titres hermétiques derrière lesquels se cache pourtant l'une des musiques les plus sensibles de l'année écoulée. Qui a dit que la Suisse n'était que le pays du ski, des montres et du chocolat ? Avec Velma, la voilà sauvée pour longtemps de sa neutralité. Musicale, tout du moins.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Vertigone

Après quelques vagues (le départ de Thomas Van Cottom et de Patrick Carpentier, la faillite de leur label Sonica Factory), Venus est de retour avec un nouvel album en tous points remarquable. Plus abouti et cohérent que " Welcome to the modern dance hall ", " Vertigone " surprend par son homogénéité et la qualité de ses compositions. De fait, Marc Huyghens et ses trois compères semblent avoir retenu les leçons de leurs errances passées, et nous épargnent ces fautes de goût qui pouvaient jadis les discréditer. Finies les tubes faciles (" She's so disco ") et les relectures bedonnantes (l'expérience live avec orchestre, souvent indigeste, malgré quelques moments de grande beauté), " Vertigone " joue la carte de l'album apaisé, quasi pastoral. Peu de hits (si ce n'est l'évident " Beautiful Days "), peu de sursauts à la " Pop Song ", " Vertigone " se dessine davantage comme un univers merveilleux et rêveur, qu'il faut arpenter d'un coup, sans a priori, l'oreille (essayons) vierge, sous peine d'y perdre le nord. L'écouter pour de vrai, c'est l'étreindre de la première à la dernière note, s'y lover, s'y reposer, sans se soucier du quand dira-t-on. Parce qu'il y aura toujours des gens pour dire que cet album est d'un ennui profond, à des lieues de la spontanéité parfois crasse de " Welcome to the modern dance hall ". Seulement voilà, Venus n'est pas de ceux qui aiment le surplace, la redite. Creuser, toujours, jusqu'à déterrer un trésor. Et de trésors, cet album en regorge (" Wanda Wultz " et son rythme enivrant, " " Daystar " et ses arrangements dépouillés mais touchants, " " Running at full speed " et ses chœurs étonnants, " Vertigone " et son acoustique luxuriante). Reste aux indécis à vaincre leur peur du neuf, du changement (même si l'on reconnaît la touche Venus dès les premières secondes), et à se replonger vite fait dans cet album d'une beauté irradiante. Parce que comme on dit - et cela Venus l'a bien compris : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas (d'avis).

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Brouillarta

Ce qui surprend dans le sixième album de ce groupe français, c'est cette envie de coller des baffes aux colleurs d'étiquettes : post-rock tribal, électro-jazz acoustique, Can-eries hypnotiques ? Peu importe, tant que l'auditeur jase. De fait, Voodoo Muzak en jette : rythmiques métronomiques à la Liebezeit, ruptures soudaines de style, sonorités entêtantes,… Ces Français mordent dans le krautrock à pleines dents, sans s'y casser une seule molaire. En cinq titres mais le double d'émotions et d'impressions fugaces, ces pros des percussions, des basses et des samplers prouvent que l'alliance franco-allemande, qui n'a jamais été aussi dans l'air du temps, n'est pas qu'une affaire d'Etat. Kraftwerk, Neu !, voire To Rococo Rot : on sent chez ces Français une influence teutonne, même si, en pratique, ce sont les Anglais d'Eardrum (Lou Ciccotelli et Richard Olatunde Baker) qui sont venus leur prêter main forte… Tout cela, certes, ne devrait pas plaire à Tony Blair… Bof, qu'importe : " Make music, not war ", point barre.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Culture Club - Club Compilation

Pour les gens qui restent chez eux le samedi soir, se matent un Derrick en mangeant un frisko, un petit topo s'impose : le Culture Club, késako ? C'est un club (d'où le nom) situé à Gand, dont les 2Many DJ's sont résidents, bref plutôt tendance, bourré de pépettes m'as-tu-vu et de types au look glamour se trémoussant l'air emprunté sur Miss Kittin, New Order et Dr. Lektroluv, autre habitué des lieux. Mais c'est aussi de la soul, du hip hop, bref toutes ces musiques urbaines de pointe qui plaisent aux jeunes et font peur aux parents, plutôt fans de Genesis et d'Emerson, Lake & Palmer. Pour sa première compile maison, le Club Culture nous propose deux mixes pour le prix d'un : le premier, avec aux platines les Glimmer Twins, enchaîne tubes électro et vieilles scies eighties (ce qui revient au même). Quant au deuxième, mixé par TLP (aka Troubleman), il fait péter le hip hop et tutti quanti, que des trucs parfaits pour remuer les fesses et faire des cumulets sur le dance-floor. Dans le désordre et pour le plaisir des yeux, voici une petite liste des artistes qui s'y bousculent : Felix Da Housecat, Soft Cell, Kelis, Soul 2 Soul, Earth Wind & Fire, Human League, Mr. Fingers, The Residents, Sean Paul, N.E.R.D., Chaka Khan, Sisters Sledge, Justin Robertson, Lionel Ritchie, Shakedown et même Phil Collins ! Assurément une des compilations festives de l'année, d'un éclectisme à toute épreuve ! Merci qui ?

Dans la série des compile lounge, les Coffeeshop occupent plutôt le haut du panier. La sélection, en rien putassière, propose en général de bons petits standards " cosy " et pas " tapisserie " (ou " pâtisserie "), à écouter sous la couette sans pour autant roupiller comme un cochon après cinq minutes. Cette fois, le choix s'est porté sur davantage de titres trip hop, des merveilleux Tosca à De-Phazz, en passant par Nightmares On Wax, Ghostcauldron et… Motel. D'une belle consistance et d'un intérêt quasi constant, ce volume 5 plaira aux amateurs de beats moites et d'ambiances feutrées. Aux plus exigeants, que les compiles rebutent, on conseillera néanmoins d'en rester là, et d'acheter le dernier Terranova. Un bon vieux Al Green peut également faire l'affaire.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Aroma Therapy

Le label Aroma a été fondé en 1998 par DJ " Raoul " Belmans, résident du Food et moitié du projet house Swirl People (avec Dimitri)… Cinq ans d'existence, ça se fête ! Avec cette compile où Raoul nous mixe avec joie les classiques qui ont ponctué la courte histoire du label : Swirl People (forcément), Da Cuban Heelz, Cricco Castelli (remixé ici par Freaks, le duo Luke Solomon/Justin Harris), New York Thunder, Alexander East,… La thérapie Aroma, c'est avant tout des beats ensoleillés, du poumtchak qui sent bon les vacances, des " ritmo de la noce " festifs et sans cellulite. House, latino, baléaric, disco, lounge,… Au menu que du chaud lapin, parfait pour mettre le feu à vos soirées barbecue. Shake it !

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

50ème Anniversaire du Rock'n'Roll

‘J'aspirai l'air un long moment, je flairai la musique sanglante et bariolée (…). La partie lyrique du morceau était sucrée, graisseuse, dégoulinante de sentimentalité ; l'autre était sauvage, extravagante, puissante, et toutes les deux, pourtant, s'unissaient naïvement et paisiblement et formaient un tout. C'était une musique de décadence, il devrait y en avoir eu de pareille dans la Rome des derniers empereurs. Comparée à Bach, à Mozart, à la musique enfin, elle n'était, bien entendu, qu'une saleté, mais tout notre art, toute notre pensée, toute notre civilisation artificielle, ne l'étaient-ils pas, dès qu'on les comparait à la culture véritable ? (Herman Hesse, Le Loup des Steppes, Le Livre de Poche, p.38).’

Qu'on le considère comme de l'art ou comme du commerce, l'histoire du rock - pleine de fric et d'innocence, de mauvais goût et de flamboyance, de ridicule et de sublime (pour ne rien dire du sexe, de la violence et des costumes de soie rose) - n'est rien d'autre que le reflet déformé du rêve américain dans un miroir de Luna Park " (Nick Tosches, Héros Oubliés du Rock'n'Roll, p.21). Déjà en 55, Elvis, qui inaugure cette triple compile par " A Little Less Conversation (pas le remix couillon de Junkie XL), était persuadé que cette musique serait " là pour un bout de temps, à moins de trouver quelque chose de très fort pour le remplacer " (Alain Dister, L'Age du Rock, deuxième couverture). Presque 40 ans plus tard, le rock est toujours là, et en grande forme. Cette compile rend hommage à tous ces artistes aujourd'hui inscrits au panthéon d'un genre qui ne cesse de renaître et de gueuler sa jeunesse éternelle : Elvis Presley, Carl Perkins, Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Little Richard, Eddy Cochran, Bill Haley, Gene Vincent, Buddy Holly, Fats Domino, Vince Taylor, Roy Orbison, Wanda Jackson, Bo Didley, Louis Jordan,… Ils sont tous là, et à les entendre on se dit que le rock a encore de bien beaux jours devant lui, parce que tous ces hits d'un autre âge, avouons-le, suintent encore la colère et le sexe, et n'ont pas à rougir face aux tubes FM de notre époque décatie. Le rock'n'roll ? Même pas mort !

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

10 Years Domino - Worlds of Possibility

Après Rough Trade, c'est au tour de Domino de fêter son anniversaire : 10 ans déjà que ça dure, surtout pour le meilleur. On retrouve donc ici tous les artistes maison qui ont construit, au fil des ans, la réputation du label anglais : Sebadoh, Palace, Smog, Clinic, Pavement, The Pastels, Elliott Smith, Jim O'Rourke, Folk Implosion, Royal Trux,… C'est le premier cd, celui des ancêtres, des parrains, des initiateurs, tous ces types à la base d'un genre aujourd'hui rapidement réduit à l'étiquette d'indie, de lo fi, d'alternative. Sur le deuxième cd se bouscule la nouvelle génération : The Kills, Clearlake, Four Tet, James Yorkston, To Rococo Rot, Quasi, Franz Ferdinand,… Du beau monde assurément, dont la dure tâche sera de continuer le travail de leurs prédécesseurs, à savoir composer des chansons aux mélodies intemporelles, à l'atmosphère unique, aux imprévus fédérateurs. Toute une clique dont les récents albums nous rassurent quant à l'avenir de Domino : radieux et plein de surprises, à l'image d'une décennie déjà fort belle en émotions.

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