Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Rendez-vous

L’exercice de l’album entièrement composé de duos s’avère souvent le genre d’opération marketing sans autre intérêt que celui de jouer au jeu des sept familles : une vaste couillonnade dont le seul objectif est d’orienter les projecteurs sur un artiste en plein déclin, une manière pour lui de se refaire une santé, voire une réputation. Chance : ce n’est pas le cas pour cet album de « rendez-vous » entre Jane Birkin et 14 auteurs/compositeurs de premiers plans, venus de France et d’ailleurs. Ici, on évite les mariages forcés, même si parfois c’est contre-nature : Birkin et Molko, pourquoi pas ? D’autant que ça fonctionne. Pareil pour Manu Chao et Miossec, quelques-uns des plumitifs associés au projet, qui s’inclinent devant la muse à Gainsbourg en échange d’un flirt vocal tout emprunt de finesse. Elle s’appelle Jane, elle nous emmerde (« Je m’appelle Jane », avec Mickey 3D), mais pour une fois on tendra l’autre joue : à ce genre de fessées on s’avoue réceptifs, quitte à jouer les masos. Parce qu’à chaque écoute de ces duos avec Bryan Ferry (la cover de « In Every Dream Home A Heartache », plus beau slow gothique de Roxy Music), Etienne Daho (« La Grippe », de Brigitte Fontaine), Beth Gibbons (« Strange Melody »), Françoise Hardy (« Surannée », de Biolay et Keren Ann), on frissonne de plaisir. Tout au long de ce disque, Jane Birkin se dévoile comme l’égérie ressuscitée d’une nouvelle génération de chanteurs de charme, à leur plus grande surprise, et à la nôtre aussi. Autre bonheur, l’écrin musical offert à la chanteuse : d’une élégance rare, sans esbroufes ni déluge d’orchestration auxquelles se destine le plus souvent ce genre d’albums-concepts. Du grand art, qui replace Birkin au rang jalousé des grandes chanteuses de notre temps, sensuelles et sans complexes.  
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Creature Comforts

‘Ecouter ce disque est une expérience. Extrêmement jouissive ou totalement insupportable’ : voilà ce qu’on écrivait à propos du précédent disque de Black Dice, « Beaches & Canyons »… Le constat s’avère dans ce cas-ci plus ou moins identique… A la différence qu’ici les avis seront sans doute encore plus tranchés, tant le groupe se retranche dans un univers délirant que beaucoup trouveront trop hermétique. Le ‘confort’ du titre n’est pas à chercher dans ces huit titres d’une aspérité inquiétante : s’y frotter c’est s’y perdre (s’y pendre ?), avec le danger de ne plus retrouver la lumière. Y pénétrer sans précautions, c’est prendre de sacrés risques…. Mais encore faut-il détenir l’outil adéquat pour se frayer un chemin parmi ces bruits menaçants, ces vagues de torpeur abyssale, ces échos d’un monde parallèle… Une hache ? Un dico sur la musique concrète ? L’intégrale de Throbbing Gristle ou de Neubauten ? Un tube d’aspirines ? Difficile à dire : autant tout emporter. Dans un sac de survie.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Ep

Ne cherchez plus : Bloc Party est la nouvelle hype du moment, foi de Musiczine. Vous attendez impatiemment le nouvel Interpol, prévu pour la rentrée ? Vous ne vous lassez pas de réécouter Joy Division, Josef K et les premiers Cure ? Vous aimez le punk funk rachitique, ses rythmiques métronomiques, son entrain survolté, ses décharges épileptiques ? Bloc Party arrive pour vous à point nommé. Il se pourrait bien que ce quatuor londonien fasse la différence dans les prochaines semaines. « Banquet » est déjà un tube : Martin Hannett et Ian Curtis peuvent reposer tranquille, à réécouter cet hymne retors, qui devrait selon toute logique faire tourner bien des têtes. Même Bauhaus est de la fête sur l’angoissant « She’s Hearing Voices ». Que dire de plus si ce n’est que Bloc Party est appelé à devenir un grand groupe ? Même le remix de « Banquet » ne tient pas en place, et pour cause : avec ses beats à la The Faint, sûr que dans un futur proche on dansera dessus jusqu’à l’apoplexie. En commettant ce fantastique EP, Bloc Party s’invite à la table des meilleurs magiciens post-punk. La découverte de l’été, et déjà un classique.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Word of Mouth

Après un EP furibard, voici enfin le premier album des Blueskins, jeunes rockeux bien dans leur perfecto, la coupe de cheveux sans doute savamment négligée, à peine vingt ans au compteur et déjà la classe. Si l’on croyait d’abord que ces quatre garçons dans le vent pratiquaient un rock garage rageur mais en rien inventif, force est de constater que tout au long de cet opus, les Blueskins font preuve d’un indéniable éclectisme. Si « Bad Day » sonne comme du Soledad Brothers pur jus (ce genre), la suite voit se bousculer au rayon des influences The Wildhearts (« Love Boat » et son riff punk rock neuneu), Led Zeppelin (« Magpie Blues »), voire Supergrass (« My Love is Law ») et The Coral (« Go »). The Blueskins n’est donc pas qu’un gang de petites frappes nourris aux mamelles de Meg White : même si ça cartonne pas mal, tout n’est pas ‘simplement’ rock’n’roll. Ces mecs ont du talent, de la morgue et de l’allant. Ils pourraient devenir grands… A moins que d’autres rockeurs du même genre ne piquent leur place dans les six mois. Jusque-là, on dira que les Blueskins sont un groupe à suivre, et que leur album est à écouter à fond les ballons.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Studio

‘BOENOX’, ça vaut 100 points au scrabble. C’est aussi le nom d’un quatuor atypique d’Anvers, qui pratique de la musique classique à contre-courant des coutumes en vigueur, bref avec l’énergie des rockers et la sueur des clubbers. Un hautbois, une contrebasse, un violoncelle et un basson : de ces quatre instruments d’habitude réservés aux élites bien pensantes qui ne jurent que par Bach et Mozart, Boenox a tenté de retirer une toute autre moelle, moins académique, plus « populaire ». Le mot est lâché : chez Boenox, on ne parle pas de musique classique au sens « noble » du terme, mais bien de musique pop. Parce qu’ici, pas question de se tourner les pouces en scrutant le plafond d’une église : ça bouge, ça pète, ça dérouille, ça sursaute. C’est fou ce qu’on peut faire avec un archet, une anche et des cordes de basse… Incendier un dance-floor (« Obsession » et ses rythmes groovy), taper du pied en cadence (« Tic Tac », qu’on croirait signé Red Snapper), jerker à donf sur du « Pierre et le Loup » version digitale (« G Spot »),… Boenox ne rassurera sans doute pas les puristes de chez Deutsche Grammofon, qui crieront au sacrilège avant de se boucher les oreilles… Les nôtres resteront grandes ouvertes, parce que de mémoire on n’avait plus entendu tel affriolant mélange depuis DAAU. Vive les mariages contre nature, et vive Boenox !
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

She

On les connaît déjà, grâce à leur tube « City Trippin’ », entre Daft Punk et Sneaker Pimps. Bolchi : 5 Flamands de Gand, potes à Das Pop, en rotation lourde sur StuBru mais inconnus par-delà la frontière linguistique. C’est qu’ici on a déjà Superlux et Soldout ; alors un groupe électro-pop de plus… Surtout que Bolchi ne propose rien d’extraordinaire : des beats gentils, quelques riffs savamment crades, et deux voix (homme/femme) qui se répondent dans l’allégresse d’un samedi soir en club. C’est lisse, poli et mignon comme tout, bref ça ne mange pas de pain. Pour vraiment faire la nouba, l’écoute de Vive la Fête et de Magnus s’avère plus judicieuse.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Sings Greatest Palace Music

L’exercice peut surprendre : Will Oldham reprenant ses propres morceaux, avec en backing band des musiciens de Nashville. Objectif de ce ravalement de façade : prouver sans doute qu’en-dehors de leur aspect rachitique originel, ces chansons restent l’œuvre d’un des plus grands songwriters de ces vingt dernières années. Que même passées au filtre pompier de la country la plus conservatrice, elles conservent toute leur splendeur et leur force évocatrices. C’est donc toujours du Palace, mais du Palace gonflé en 16/9 et en Technicolor, avec des cuivres, des cordes, du piano, des chœurs et de la pedal-steel. Sans doute que les fans transis d’Oldham trouveront ces nouvelles versions trop policées, voire trop enjouées (on peut presque chanter dessus sous la douche), mais n’est-ce pas là la preuve de leur indéniable perfection formelle ? Qu’elles soient ainsi arrangées à la manière locale (Nashville, sa country de papa, ses Willie Nelson et ses cow-boys endimanchés) n’enlève finalement rien à leurs qualités mélodiques irréprochables. Will Oldham prouve encore une fois qu’il peut faire ce qui lui plaît sans vraiment se contredire, et rester ce petit génie de l’alt-country, intouchable et serein. Sing along !

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Red Headed Stranger

« Red Head Stranger » est l’un de ces albums concept dont Willie Nelson avait le secret : c’est l’histoire du Far West au XIXe siècle, Lucky Luke, les cow-boys et les indiens, John Ford et toute la mythologie du western. Carla Bozulich (ex-Geraldine Fibbers) a sans doute été bouleversée par cette pierre angulaire de la musique country, puisque cet album est la cover intégrale de l’album du grand Willie. Mais là où l’exercice aurait pu virer à l’hagiographie pompeuse d’un des artistes américains les plus mésestimés du XXe siècle, Carla Bozulich n’a pas hésité à saboter les titres du maître en les passant au filtre d’une country moins chiadée et moins bonasse. Résultat : ce « Red Head Stranger » bis surprend le quidam à stetson en lui prouvant qu’on peut tout faire du répertoire de son idole : le medley de « Time Of The Preacher », « Blue Rock Montana » et « Red Headed Stranger » sonnent ainsi presque comme du slowcore à la Low… Un « remake » reptilien qui frôle parfois la transe, avec en guest… Willie Nelson himself, sur « Can I Sleep In Your Arms ? » et « Hands On The Wheel ». Pour une fois, ce n’est même pas la peine de rendre à César ce qui lui appartient… La prochaine fois, Carla Bozulich osera-t-elle s’attaquer à l’inattaquable, au « Man In Black », le seul l’unique ? On prend d’ores et déjà les paris.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Ala.cali.tucky

« Printed On Recycled Paper », peut-on lire dans le livret qui accompagne l’album de Brightblack. On aurait pu croire qu’il s’agissait plutôt de carbone 14, tant la musique de ces Américains semble avoir été déterrée en plein désert mojave, fossilisée depuis des siècles et enfin ramenée à la vie, après de longues heures de brossage et de dépoussiérage. C’est que la country de Brightblack paraît figée dans le temps, tellement elle est languissante : ici, on joue au ralenti, comme si la lenteur pouvait sauver les notes de la putréfaction. A côté, Low et Mazzy Star passeraient presque pour des groupes de rock’n’roll… Slowcore, et c’est peu dire : Brightblack étire son folk crépusculaire comme pour empêcher le sable de la vie de s’égrener trop vite… Soit on calque notre cadence sur la leur et l’heure passée avec eux dure une journée, soit on s’endort bercé par cette torpeur et l’on perd toute notion temporelle. Dans les deux cas on ne comprend guère ce qui se passe, et c’est pas plus mal. Un disque à écouter si ’on n’a rien à faire, parce que c’est obligé (au risque de passer pour un zombie shooté aux somnifères).
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Jesus Songs

On pourrait croire, au vu du titre, que ce quatuor de Cambridge voue un culte sans bornes à Jésus. Sur les sept chansons qui composent cet EP, trois portent d’ailleurs le même titre, « Walking Back To Jesus », une autre s’intitule « Mother O’Jesus ». Mieux que Will Oldham, Johnny Cash et Jim White réunis, The Broken Family Band pourrait donc être un groupe de bigots, remerciant chaque matin le seigneur de lui donner la chance de faire de la musique. Heureusement, à bien écouter les paroles, on se rend compte qu’il s’agit plus d’un prétexte à chanter l’amour, la perdition, la trahison… Toutes ces choses qui nous pourrissent l’existence tout en la rendant si supportable. La mauvaise nouvelle, c’est la musique : une pâle resucée de Saint Thomas et de Belle and Sebastian, bref de la country/pop sympatoche mais pas exceptionnelle. O doux Jesus, illumine-les de ton inspiration divine, « ils ne savent pas ce qu’ils font »…
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