« Une ode à la fois ambiguë et sincère à la dépendance et à l’attrait presque narcotique pour les belles choses. » C’est ainsi que dEUS décrit « Keptman », leur premier titre depuis « How To Replace It », long playing paru en 2023.
La chanson a vu le jour sous la forme d’une démo enregistrée sur dictaphone, écrite au Portugal puis ramenée à Anvers. Même le titre est le fruit d’un hasard. L’ingénieur João Portela a tout simplement ignoré l’espace entre les deux mots. Certaines erreurs, comme on le constate, méritent d’être conservées.
« Keptman » arrive dans la foulée de la tournée « Worst Case vs In a Bar », un voyage festif à la découverte des débuts du groupe qui s’est conclu par un concert exaltant à Reykjavík au début du mois. Mais plutôt que de les laisser prisonniers du passé, cette tournée semble avoir eu l’effet inverse. Elle a propulsé dEUS encore plus profondément dans le présent et directement en studio.
Pendant une grande partie de l’année écoulée, la formation s’est plongée dans des morceaux qui prenaient la poussière depuis des décennies. Certains avaient trente ans. D’autres n’avaient jamais été joués en concert.
Un riff de guitare décalé tourne en boucle comme une mauvaise pensée dont on n’arrive pas tout à fait à se débarrasser. Tom Barman livre ses paroles avec une assurance décontractée, à mi-chemin entre le ton conversationnel et le ton provocateur. Klaas Janzoons et le nouveau guitariste Simen Følstad superposent des couches de bruit et de contre-mélodies, tandis que Stéphane Misseghers et Alan Gevaert donnent à la compo une pulsation régulière et insistante. C'est immédiat. C'est contagieux et légèrement décalé. En d'autres termes, ça sonne comme du dEUS.
Formé à Anvers en 1991, dEUS n’a jamais été simplement un groupe belge qui a percé par hasard à l’international. Dès la sortie de « Worst Case Scenario » en 1994, il s’est inscrit dans le courant plus large du rock alternatif européen, s’attirant les éloges de la critique et se constituant un public bien au-delà des frontières belges. Sa musique a traversé les frontières à une époque où le succès international d’un groupe de rock belge était loin d’être garanti.
Ce qui est remarquable, ce n’est pas simplement que dEUS ait survécu pendant plus de 35 ans. C’est que leurs chansons ont continué à donner l’impression d’être légèrement décalées et, par conséquent, étrangement à leur place, où qu’elles soient jouées.
« Keptman » est en écoute là

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