Depuis le mitan des années 1990, le compositeur britannique Matt Elliott explore les textures et les frontières sonores.
Bristol tout d'abord, où il joue au sein des groupes Movietone et Flying Saucer Attack ; il fonde ensuite son propre projet The Third Eye Foundation, enregistre un premier album (Semtex, 1996) avant d'être signé chez le label anglais Domino avec lequel il publie trois opus. Post-rock ? Électronique sombre et hantée ? Trip hop baroque ? Les étiquettes, les catégories et les chapelles ne siéent pas aux atmosphères ténébreuses et tourmentées du musicien. Un « rock fantôme » comme celui-ci pourrait lui-même le définir ?
Nancy ensuite, où l'auteur s'installe et signe sous son nom depuis l'orée des années 2000, et en collaboration avec le label Ici D'Ailleurs, des albums à la beauté envoûtante. La musique de Matt Elliott n'a pas de frontière, elle brasse les peuples, les pays et les continents. On perçoit le blues du delta, le jazz noir des sous-sols, l'âme vibrante du fado portugais, les chants rébétiques grecs, les sonorités festives et poignantes de la musique des Balkans et bien d'autres cultures.
This World Is No Place for Children, (sortie le 13 novembre) est le dixième album studio de Matt Elliott. Il explore les zones d'ombre les plus sombres de l'humanité : l'avidité sans limite ou notre défaillance collective vis-à-vis de la jeunesse. Et pourtant, comme souvent chez le musicien, une indicible lumière perce des ténèbres. Les compositions sont à la fois des lamentations, des prières païennes et une invitation au réconfort. La musique ici s'adresse aux sens.
This World Is No Place for Children est en écoute ici.
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