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Biohazard 8/8/26

Pas un seul hic, au sein de cette électronique… érotique…

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Ce vendredi soir, la météo est au beau fixe. Les Bruxellois sont en vacances et il émane de la métropole, une onde de quiétude presque idyllique. Il y a beaucoup moins de monde dans les rues que d’ordinaire, et une envie de flâner sans but et sans horaire vous envahit. Sans être confronté au stress. Mais cette soirée ne pouvait laisser indifférent votre serviteur. Et pour cause, Fyfe se produisait au Botanique ; c’est-à-dire le nouveau projet de Paul Dixon, depuis que le Londonien a mis fin à l’aventure de David’s Lyre.
Il faut quand même être attentif à l’horaire, car le concert débute à 20 h au Witloof Bar. En attendant, on enfile quelques décilitres de houblons sur les marches du Bota, on s’imagine une absence de circulation environnementale, on flâne visuellement entre les allées et les réverbères. Il y a juste un parc, du soleil et le moment est savoureux. On hésite presque entre rejoindre les caves de l’institution ou s’abandonner à la farniente. Ne pas y descendre aurait été une erreur… grave. Car le vrai bonheur de la journée allait éclore. Pendant 45 minutes. Il ne fallait pas en louper une seconde.
A première vue, programmer un tel génie de l’electro/pop dans une si petite salle me semblait étonnant. Quand on a pris plusieurs claques à l’écoute de ses singles, dispensés parcimonieusement sur la toile, et une magistrale lors de la sortie de son LP « Control », paru début mars, on imagine le personnage haranguer la foule, tel un gourou, de son timbre de voix hypnotique. Ce ne sera pas le cas. Et puis, perso, je le voyais programmé à l’AB voire à l’Orangerie ; donc je cherchais à comprendre.

Bref, ni foule ni espace sous ces voûtes de briques, mais un public clairsemé quoique heureux, discret et passionné. Tant mieux pour entretenir le climat intimiste.

L’Anglais démarre son set à 20h15. Pas de supporting act.

Un drap noir est tendu en arrière-plan sur lequel sont cousues les 4 lettres du band. Un trio sur les planches et on va en prendre plein la tronche.

Au cours des trois-quarts d’heure de prestation, le combo va dispenser la quasi-intégralité de l’album. Depuis « Holding On » à « In Waves », en passant par « Polythene Love » et le magnifique « Solace ». Les cordes vibrent. La reverb baigne dans la douceur et la volupté. Les corps frissonnent, se dandinent, ondulent. L’auditoire est très attentif. Et pourtant, un parfum d’érotisme se met à planer.

Cristalline, précise, accrocheuse, charismatique ou atmosphérique, la voix de Dixon touche au sublime. Synthétiques, les beats s’enroulent sur les courbes des arcades. Les accords sont minutieux, profonds, millimétrés, chirurgicaux même.

Cette extrême perfection, c’est sans doute ce que l’on pourrait reprocher à l’expression sonore, jusqu’alors. Pas un seul écart, pas un seul dérapage susceptible de différer de la version studio. A tel point que le set épouse parfois une forme aseptisée. Mais heureusement, la suite va prendre une dimension nouvelle. A travers « Solace », tout d’abord. S’autorisant un petit coup d’impro. Et puis surtout tout au long de « For You », théâtre d’un duel entre l’un des musicos et le chanteur, balisé par une gratte sauvagement torturée. Démontrant ainsi que Fyfe est quand même humain.

Et en rappel, « Lies, Pt. II » sera interprété a capella, clôturant le spectacle en beauté, pour ne pas dire en apothéose.  

Le concert de Fyfe, il ne fallait le manquer sous aucun prétexte. Et selon l’adage, les absents ont eu tort…

(Organisation Botanique)

Informations supplémentaires

  • Band Name: Fyfe
  • Date: 2015-04-10
  • Concert Place: Botanique (Witloof Bar)
  • Concert City: Bruxelles
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