Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Dernier concert - festival

L7
Gary Numan

Dionysos

Un univers surréaliste, mais rock'n'roll…

Écrit par

Jeudi 1er novembre, je me remets à peine de la quasi-overdose de barbituriques ingurgités la veille. Il est à peine 9 heures, et mon téléphone m'arrache des bras de Morphée :

 - Bernard ? Ici Bernard.
- Qu'est-ce qui me vaut ?
- Tu m'as énervé, l'autre jour, à l'assemblée des actionnaires du magazine, à me répéter pour la énième fois que le rock français était mort depuis la disparition de Fred Chichin...
- Ouais, et alors ?
- Alors ? Pour ta peine, tu iras photographier Dionysos, ce soir à l'Ancienne Belgique...
- .....
- Tu es toujours en ligne ?
- Ouais, ouais, je sniffais un rail de coke pour me réveiller un peu....
- Alors, ta réponse ?
- Dois voir avec ma patronne, tu sais bien.... Chououou, Dionysos, tu aimes ?
- J'aime bien les titres qui passent à la radio, pourquoi ?
- Bernard, tu vois que le rock en France est mort, ma femme aime bien ton groupe à la noix.
- M'en fous, tu emmènes ta femme, ta maîtresse, ton chien ; c’est pas mon problème. Mais tu y vas et tu me ramènes des images...

Il raccroche le téléphone. Faut pas l'énerver, le rédac’ chef, il a un de ces caractères... Et il n'aime pas que les actionnaires assistent défoncés à ses conseils d'administration....

J'appelle des potes, ils sont partants, c'est pas sold out, ils pourront acheter des tickets ce soir. Au moins, si je m'emmerde comme je l'imagine, je pourrai descendre des bières au foyer, et dépenser ainsi le défraiement honteux que je réclame pour mes services.

On mange un morceau vite fait, les festivités démarrent tôt ce soir, le groupe est annoncé à 20:30 sur les planches de l'AB. Pas le temps de chercher un peu de crack pour me mettre en forme ; tant pis, j'assisterai presque sobre à ce concert, ça me changera...

Je m'attends au pire, et de fait, dès les premières notes, j’aperçois un guignol monter sur les planches affublé d’une tête d'oiseau. Il est accompagné de gentils garçons propres sur eux. Ils sont vêtus de noir (chemises, costumes), une cravate rouge du plus bel effet bien nouée autour du cou. Il est inscrit en backdrop la mention "Bird 'N' Roll". Et en grand ! Ça rocke, les oiseaux, peut-être ? Et la petite ballerine qui s'installe sur la droite de la scène, elle joue du rock’n’roll, elle ?

Me demandez pas ce que j'ai pensé des 3 premières chansons, j'étais tellement à l'affût d'un rayon de lumière blanche qui n’est jamais venu qu’il ne m’en reste qu’un souvenir vague. Ben oui, on a beau être un déchet humain, on n'en n'est pas moins pro quand on shoote, chez MusicZine.

Je rejoins mes potes et ma tendre moitié qui ont déjà un sourire comme une banane, et j’écoute. Ça balance pas mal, mais il y a trop de titres down tempo à mon goût. Heureusement, les Français assènent en milieu de parcours leurs titres les plus connus de leur répertoire ; et l’inculte que je suis doit reconnaître que ça commence à envoyer pas mal. "Miss Acacia", "Mc Enroe's Poetry", "Tom Cloudman" et "Song for Jedi" balancés à la suite, ça dépote, je l’admets. La petite Babet parvient rapidement à faire oublier son mini gabarit et impose sa présence sur le podium ; et Mr. Malzieu, quelques bains de foule plus tard, libère enfin toute son énergie. Après avoir invité quelques filles sur l’estrade pour leur apprendre le fameux "Bird 'n' roll", le combo calme quelque peu les esprits avant de se retirer symboliquement quelques instants et de revenir un sourire jusqu’aux oreilles, enfin aussi large que ceux aperçus autour de moi.

Mathias présente le groupe ; ce qui permet à chaque musico de faire son numéro : ici une petite blague, là un solo de perceuse, etc. Et c’est durant ce rappel que Mathias, complètement barge, crowdsurfe jusqu'au balcon. Il s'y fait hisser, et lorsqu’il atteint le haut des gradins, un porte-voix l'attend opportunément. Après avoir concédé quelques paroles, il redescend, emprunte le balcon latéral, et bien entendu atterrit dans la foule... Pile poil sur ma tronche. Trop heureux, Bernie...

Le concert se termine comme il a commencé, Mathias réenfilant sa tête d'oiseau. Le show a duré presque deux heures, et j’avoue m’être laissé emporter dans l'univers rock et surréaliste de Dionysos. Le rock français, mea culpa (NDR : j'imagine le sourire sadique de mon tortionnaire de rédac'chef), a encore de beaux jours devant lui ; et en particulier grâce à ces allumés de première classe.

Setlist :

Intro
Bird'n'Roll
June Carter en slim
Tais-toi mon cœur
Dreamoscope
Le Grand Cheval aux yeux gris
Coccinelle
Le jour le plus froid du monde
Miss Acacia
Mc Enroe's Poetry
Tom Cloudman
Song for Jedi
Can I
Spidergirl blues
Dark side
Platini(s)
Wet

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation Live Nation)

The Vaccines

Taux d’anticorps encore insuffisant…

Écrit par

Deux années, c’est le temps qu’il a fallu aux Vaccines pour passer du statut de parfaits inconnus à celui de superstars du rock. Bref, retour sur cette folle ascension. En janvier 2011, le quatuor britannique se révèle au grand public par l’intermédiaire de « Post Break Up Sex », ovni musical survitaminé qui a vite fait de conquérir la planète rock. S’ensuit un premier album en mars de la même année et une tournée mondiale. Les critiques sont dithyrambiques, la machine de guerre est lancée. Le second opus sort en septembre 2012 et suit le même chemin que son petit frère, la gloire et la postérité leur tend les bras.

C’est à l’Ancienne Belgique que le groupe a décidé de poser ses valises le temps d’une soirée. La salle est surpeuplée, moite et hume bon les relents de transpiration et de houblon allègrement consommé ; une odeur à vous faire (presque) regretter le temps où la cigarette vous tapissait les narines de ses douces émanations.

21h00 : Entrée sur scène sobre et somme tout classique d’un band sûr de lui, convaincu que plus rien n’est à prouver, du moins pas devant une assistance de moins de deux mille personnes. Les débuts sont tonitruants et agréablement nerveux. La fougue et l’énergie nullement calculées. Ici tout est naturel et parfaitement spontané, allant jusqu’à rappeler les jeunes années des Clash. Une petite demi-heure grisante à souhait, accueillie à bras ouvert par un public réceptif comme jamais et puis un mini drame survient.

21h28 : Les premières notes du morceau qui a popularisé le groupe retentissent. L’audience exulte… un court instant. « Post Break Up Sex » est méconnaissable, joué bien trop rapidement. Les paroles sont bafouillées dans un micro trop éloigné. La cassure entre le public et l’auditoire est effective (à l’exception de quelques irréductibles aficionados). Il faudra trois titres au groupe pour relever la tête et récupérer l’engouement manifesté précédemment par le public de la capitale. Fort heureusement, « If You Wanna », autre référence des Vaccines, s’avère dantesque dans son format ‘live’. Une claque qui va durer près de cinq minutes (soit près du double de la version studio). Fiers d’être parvenus à reconquérir une assemblée, les Anglais quittent la scène caressant le doux espoir d’être rappelés sur leur terrain de jeu par une foule en liesse.

21h45 : Ils reviennent, le regard victorieux et, comme pour se faire pardonner d’une prestation inégale, offrent à Bruxelles une exclusivité mondiale : « Aftershave Ocean », jusqu’ici jamais décliné sur les planches. S’ensuivent « Bad Mood » et « Norgaard », interprétés de la plus belle des manières pour conclure.

21h55 : Ils quittent définitivement l’estrade après 55 minutes de concert, rappel compris, laissant un goût amer de trop peu dans la bouche des spectateurs. Consolons-nous malgré tout, ce set était bref, certes, mais ô combien intense ! Et puis, c’était peut être la dernière date belge à dimension humaine de ce groupe qui n’en finit plus de grimper les marches du succès.

Setlist

1. No Hope
2. Wreckin’ Bar (Ra Ra Ra)
3. I Always Knew
4. Tiger Blood
5. A Lack of Understanding
6. Wetsuit
7. Teenage Icon
8. Under Your Thumb
9. Ghost Town
10. Post Brek-Up Sex
11. All in White
12. Change of Heart, Pt. 2
13. Blow It Up
14. If You Wanna

Encore:

1. Aftershave Ocean
2. Bad Mood
3. Norgaard

(Voir aussi notre section photos ici )

 

Vincent Delbushaye

Delbushaye, c’est Bénabar en moins star et Sheller en moins cher…

Écrit par

Il n’y a pas de petite salle. Ni de petits artistes. Il existe en revanche des sentiers parallèles, en marge de la variété et des circuits commerciaux. La preuve par ce concert privé de Vincent Delbushaye, à l’aube de la sortie de son nouvel album, dans une grange légèrement pentue sise en plein centre de Genappe, métamorphosée et rebaptisée pour l’occasion ‘La boîte de nuit’.

Vincent Delbushaye –pas facile à retenir comme nom– est un grand garçon (plutôt petit, en fait) de chez nous. Auteur-compositeur-interprète, il remporte la deuxième place de la Biennale de la Chanson française en 2002, enregistre l’album « Pas trop fort » en 2005 et assure quelque 300 scènes, notamment en première partie de Maurane, Bénabar, Chamfort et Lafontaine.

Vincent Delbushaye –pas simple à orthographier en plus– c’est le chansonnier qui a dû prendre et comprendre le plus de râteaux de la vie sentimentale de l’humanité toute entière… mais qui assume. Ses chansons, mêlant réalisme et autodérision, à faire frémir d’effroi les orgueils les mieux accrochés, sont fouettées par un humour léger très loin de sonner creux. Le tout en français dans le texte.

Vincent Delbushaye –il a dû l’épeler toute sa vie– c’est le gars qu’on frapperait pour qu’il se taise tant ses saynètes sont bien ficelées. On lui coincerait bien les doigts dans les portes auxquelles il écoute tant il s’abreuve de nos petits travers pour nous les resservir sur les planches, au gré de rythmes accrocheurs (« Tant qu’il y aura du monde », « Je m’en vais » et un « Fautes de français » qui relève carrément de l’inconscient correctif).  

Sur scène justement, Vincent Delbushaye, au chant et au clavier, est accompagné à la guitare par Eric Dory (enfin, ça c’est un nom d’artiste !) qui tient à merveille son rang d’acolyte, discret et  efficace. Comme dans « L’heure du slow », ‘ces minutes assassines où les filles seules vont s’échouer en bord de piste, au bord du spleen’ ponctué d’accords de guitare comme on n’en avait plus entendus depuis « Hotel California » ou encore le magnifiquement bien balancé « Ce qu’il faut que je sois ».

Mais Vincent Delbushaye est aussi un grand tendre, comme dans « Et puis » où il énumère les nombreuses qualités d’un petit papa normal, voire bouleversant, tout au long de ses « Larmes de fumée » dignes d’un morceau de Sheller.

Au rayon des comparaisons, puisqu’on y vient, Vincent Delbushaye, c’est Bénabar en moins star et Sheller en moins cher. Un rapport qualité/prix on ne peut plus séduisant ! Qu’on se l’arrache, que diable !

Et cerise sur le gâteau, son dernier cinq titres est dès à présent disponible sur iTunes…

Vivement la sortie de l’objet physique qu’on le glisse dans notre autoradio… à en croire les clips de l’artiste, ses morceaux s’écoutent particulièrement bien en voiture. Et à vélo.

Setlist

1. intro coupée
2. Tant qu’il y aura du monde
3. L’heure du slow
4. Et puis
5. Larmes de fumée
6. Je m’en vais
7. Ah ouais
8. Sachant que les trains passent
9. Balade du fumeur
10. Introglio
11. Fautes de français
12. Ce qu’il faut que je sois
13. Je joue bien du piano

Rappel :

La gérontophilie

 

Joshua

Happy birthday

Écrit par

Joshua a dû attendre 2007 et la sortie de "Music And Chocolate" pour être reconnu auprès du grand public. Pourtant, le groupe de ‘street pop’ s'est formé, il y a dix ans déjà. C'est à l'Ancienne Belgique, une salle qui les a déjà accueillis à maintes reprises que la formation a décidé de célébrer cet anniversaire. Grâce au matraquage d'une station de radio nationale, beaucoup d'invités se sont joints aux fans de la première heure ; en outre, les fidèles de l'émission ‘The Voice’ semblent s’être mobilisés en nombre, ce soir.

Manque de bol, le set démarre un peu mollement, et je ne dispose que de trois premières chansons pour prendre des clichés. Tant pis, je profiterai mieux de la suite du concert. Joshua aussi, d'ailleurs, dont le manque d'énergie et de présence scénique s'atténue au fil des titres. Et anniversaire oblige, la setlist puise dans un large éventail de la discographie du band. Le nouvel album, "The Outsiders", on s'en rend vite compte, tranche franchement avec le précédent, "Animals Will Save The World", tout comme ce dernier avait marqué le pas par rapport à "Music And Chocolates". Parmi les titres interprétés ce soir, on épinglera une jolie version quasi a cappella d’"Animals Will Save The World" qui sera réinterprétée dans sa mouture originale lors du rappel. L'intensité du concert monte peu à peu, et surtout au fil des Jack Daniel's que les Bruxellois descendent ; et c'est dans une franche bonne humeur que la prestation d’une heure trente s’achève.

Un concert varié, plaisant, mais pas la claque que j’espérais. Dommage ! En outre, le départ de Matt, second chanteur capable de mettre un feu d’enfer aux planches, à lui seul, est regrettable. Petite consolation, Greg m'a dédicacé "Punk Rock Song", une de mes chansons préférées, grâce à mon t-shirt Ramones, qu'il avait repéré.

(Organisation Ancienne Belgique)

Voir aussi notre section photos ici

 

Dernière Volonté

Requiem pour des ombres…

Dernière Volonté, c'est le projet du Français Geoffroy Delacroix, dit ‘Geoffroy D’. Avant de monter sur les planches du Magasin 4, ce 12 octobre, il nous avait accordé une interview, que nous vous invitons à lire ici . Organisé de main de maître par Michel Kirby (Elektrocution), le disquaire alternatif de la Rue des Pierres à Bruxelles, ce concert nous a permis de voir le groupe en action, dans des conditions idéales.

Il revenait à Néon Noir d’ouvrir la soirée. Une formation de darkwave qui donnait son premier concert. Un set qui m'a laissé sur ma faim, surtout en raison du style, un peu trop ‘cliché’, du chanteur...

Place ensuite à Mongolito, soit Marc De Backer, un musicien bruxellois bien connu de la scène alternative. Sa musique instrumentale, ‘dark ambient’, a littéralement envoûté le public. La structure de son expression sonore est constituée de loops (boucles) et de drones (bourdons) préenregistrés, combinés à une boîte à rythmes. Et par-dessus, Marc dessine en ‘live’ de nouvelles boucles ou des solos à l'aide de sa guitare Fender Stratocaster. Sur l’estrade, il joue assis et cache son visage derrière un masque. Derrière lui, des projections vidéo accentuent le côté sombre de l'interprétation. Les compositions évoquent Pink Floyd, Tangerine Dream voire Massive Attack et le jeu de guitare, très fluide, rappelle David Gilmour, bien sûr, mais aussi Jimi Hendrix (la pédale wah-wah!) Un concert fascinant. Le tout premier album de Mongolito, « Acedia », vient de sortir chez Hau Ruck Records, le même label que Dernière Volonté. A découvrir !

Après Mongolito, Solsturm, un groupe norvégien, a prolongé la magie grâce à son néo-folk très classique (on pensait beaucoup à Death In June) mais empreint d’une grande sensibilité.

Cependant, la majorité du public attend impatiemment Dernière Volonté. Le décor du concert est particulièrement dépouillé. Seul le logo du groupe figure en arrière-plan. La batterie comprend une grosse –pardon monumentale– caisse placée de biais sur un support, afin qu'Andy Julia, le percussionniste, puisse jouer debout. Les bougies disposées sur les côtés de la scène renforcent l'ambiance mystérieuse.

Une musique instrumentale et ténébreuse envahit l’espace. « Les Partisans » ouvre le set ; c’est un extrait du premier opus du groupe, « Obéir et Mourir » (1998). Le ton est donné. Il est d'emblée cérémonial, martial et hypnotique. Les deux musiciens entrent alors en scène et entament « La Source ». Geoffroy lance son cri de guerre, ‘Hey !’, puis embraie par une chanson issue de l’elpee « Les Blessures de l'Ombre ». Elle prend d'assaut un public déjà conquis d'avance. On est frappé par la puissance et la pureté du son. Geoffroy est, comme d’habitude, très discret, vêtu sobrement d'une veste militaire. Mais sa stature et son élégance constituent un point de focalisation naturel.

« Mon Mercenaire », le morceau suivant, est sans doute un des plus remarquables, ne fût-ce que par la ressemblance thématique avec « Mon Légionnaire » de Gainsbourg. Ici, le mixage est moins réussi. Les claviers sont quelque peu étouffés par les percussions. Il n'empêche, le public est emporté malgré lui dans une farandole macabre, qui s'amplifie lors du superbe « L'Eau Froide », hanté par un orgue lugubre.

« L'Ombre des Réverbères », tiré de « Devant Le Miroir », se développe en deux parties, comme c'est le cas pour les meilleurs morceaux du band. Après une accalmie prodiguée en milieu de parcours, une mélodie languissante et des paroles répétitives prennent possession de nos sens et enflent jusqu'à l'orgasme auditif.

Après le sautillant « Corps Languissant », le solennel « L'Eau Pure » et le classique « Songe d'un Matin d'Eté », le son glisse quelque peu vers l'électro. Issu d’« Immortel », Impossible » se colore de tonalités synthétiques, cristallines, voire 'kraftwerkiennes'...

Geoffroy saisit ensuite le micro et imprime à son corps un mouvement de déhanchement : c'est « Mon Meilleur Ennemi », la plage titulaire du dernier opus. On monte d’un cran dans la puissance et l'intensité. Andy Julia frappe furieusement sur ses fûts, et l’auditoire ondoie de plaisir... (Voir la vidéo ici: http://www.youtube.com/watch?v=21BG7ASwFKo). A la fin du morceau, Geoffroy esquisse un timide ‘Merci’ et on pense que le set est terminé ; mais il revient très vite pour interpréter un de mes morceaux favoris : « Rien à Aimer ». (Une autre vidéo ici http://www.youtube.com/watch?v=1yZA-XdC0QM ). Un riff d'accordéon synthétique est relayé par une rythmique irrésistible déclenchant un véritable tourbillon. Imbibés d’alcool, nos yeux se ferment pour mieux ressentir toute la force libérée par cette musique, qui prend toute sa dimension en ‘live’. La voix, frêle et émouvante de Geoffroy nous fait frémir et lorsqu’il ponctue sa prestation d'un ‘Merci, bonsoir’, on sort d'un rêve éveillé, mais bien trop court.

En rappel, le très dépouillé « Cœur de Légionnaire » clôture tout en douceur ce magnifique concert. J’avais déjà eu l’occasion de voir Dernière Volonté, de nombreuses fois en concert. Notamment à Waregem, Utrecht et Leipzig. Celui-ci aura été de loin le meilleur auquel j’ai pu assister, principalement grâce à la puissance ahurissante du son ainsi qu'à l'interprétation, beaucoup plus énergique de morceaux très bien choisis dans la vaste discographie du groupe. En sortant du Magasin 4, on a l'impression d'avoir assisté à une messe noire, une cérémonie rituelle, comme un éloge funèbre aux soldats morts au combat.

Malheureusement, Geoffroy D. a l'intention de prendre une pause, délaissant Dernière Volonté pour se consacrer à Position Parallèle, un projet minimal wave consacré aux sons de la musique électro des années 1970/1980. Il parle même d'une tournée, où il partagerait la scène auprès de sa célèbre bien-aimée. Aussi, on est impatient de découvrir ses nouvelles aventures…

(Photo Xavier Marquis)

 

Get Well Soon

Apocalypse Now !

Écrit par

On pourrait qualifier la pop baroque et mélancolique de Get Well Soon, de trop sophistiquée et cultivée. Un univers hermétique architecturé par Konstantin Gropper qui serait réservé aux intellos frustrés et déprimés. Il bâtit avec une dextérité improbable une musique hyper référencée d’écrivains et de peintres inconnus comme Henry Darger (coupable d’avoir publié un récit épique et mélancolique, illustré de quelque 15 143 pages !), mais également de cinéastes tels que Wim Wenders (‘Palermo Shooting’) ou Roland Emmerich (NDR : notamment réalisateur d’‘Indepedence Day’ et de ‘The Day After Tomorrow’). On pourrait aussi prétendre que le chant de Gropper serait aussi obsédant que celui de Casper le gentil fantôme, à mi-chemin entre un Patrick Wolf après une dépression nerveuse et un Thom Yorke se gargarisant. Venez l’écouter sur scène et vous changerez certainement d’avis.

Le jeune compositeur et multi-instrumentiste allemand élabore une atmosphère particulière. Sa pop lyrique à l’architecture foisonnante est issue d’un cerveau ingénieux et créatif. Ici, tout semble aller plus loin. Le jeune Berlinois de 30 ans use à l’envi de ses différentes expériences (conservatoire, cinéma, théâtre, philosophie et lettres...) et conjugue les genres pour explorer le nouveau. Une musique hybride qui relève davantage du génie que de la masturbation intellectuelle.

Une suggestion pour rater infailliblement la première partie d’un spectacle à l’Ancienne Belgique, un vendredi soir ? Rendez-vous y en voiture… Ce supporting act est assuré par David Lemaitre, un artiste prometteur qui pratique un electro-folk lo-fi. Sur les planches, il se produit sous la forme d’un trio. Fragile, éthérée et rêveuse, sa voix se promène quelque part entre Beirut et Bon Iver. Ce jeune Bolivien, Berlinois d’adoption, est parfaitement à l’aise dans son style. C’est même un virtuose. Empreint de délicatesse, son jeu de guitare est légèrement troublé par des vagues electronica douces et sautillantes. Un artiste à suivre dont vous pourrez découvrir l’univers sonore, lors de la sortie de son premier album prévu pour le début de l’année 2013.

Place ensuite à Get Well Soon. Deux ans après avoir accordé un excellentissime concert à l’AB Club, Gropper envahit à nouveau l’espace. Il est accompagné de 4 musiciens pour hausser le ton et donner plus d’étoffe ; pour apporter une dimension musicalement plus riche à son répertoire. Les ondes se modulent, montent et descendent, ne laissant pas le temps aux cœurs de réfléchir. Une vraie orfèvrerie pop gothico-baroque, puissante, romantique et ténébreuse. Une œuvre qui ne tombe cependant jamais dans le piège facile et pathétique du poète maudit en continuelle lamentation stérile.    

Un set où l’apocalypse est omniprésente. « Let Me Check My Mayan Calendar » coule d’un fleuve instrumental, easy-listening, sur fond de voix en lévitation (backing vocals et violon assurés par Verena Gropper, la sœur) et vient s’écraser sur les forêts électriques hargneuses de "You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance)" lors d’un final noisy en déluge sonique. Tandis que, soudainement descendu de la canopée, le groove de "Courage, Tiger!" vient nous surprendre. D’abord discrète ("Prologue" et "The Last Days Of Rome") comme une ombre, la setlist se met à gronder comme une marche militaire balisée par ses voix déployées et son matraquage orchestral. Get Well Soon explose les carcans et fait virevolter leurs débris au sein d’un cyclone symphonique étourdissant. Un concert où le son paraît s’ériger comme un moment au mille lambris dont chaque morceau s’emplit d’une atmosphère singulière, toujours dense, lyrique et tragique. L’impression crispante que le sort sonore pourrait se briser à tout moment.

Un excellent concert qui se terminera sur les couleurs vives du premier album, par "I Sold My Hand For Food So Please Feed Me". Get Well Soon, toujours un grand moment pop !

Organisation Ancienne Belgique

 

Breton

Not Ready Yet

Écrit par

En publiant « Other People's Problems », un premier album surprenant et ultra-efficace, les Londoniens de Breton sont une des plus belles surprises de 2012. Et pour promouvoir l'un des disques les plus excitants de l'année, le quintet a effectué un second arrêt au sein de la maison Botanique. Date choisie, le 11 octobre, soit six mois jour pour jour après avoir accordé un concert archicomble à la Rotonde. Après une demi-année, on pensait que les Britons allaient casser la baraque, au point de pouvoir remplir sans problème une Ancienne Belgique. Mais le constat de cette soirée sera tout autre...

A quelques minutes de l'entrée en scène du quintet, amputé d'un membre pour la circonstance, le public est plus que clairsemé. Étonnant pour une formation de cette trempe, ayant réussi le sans faute lors de son premier passage en Belgique. Entre les quatre murs de l’Orangerie, peu de monde. Si peu, qu'un rideau dissimule un bon tiers de la salle. Côté public, aucune gêne occasionnée par d’éventuels grands dadais, tellement le parterre est clairsemé. Bref, ce n'est pas le succès de foule pour Breton, qui monte sur l’estrade sur le coup des 20h30.

Dès l'entame, c'est puissant, les quatre gaillards en envoient sans interruption jusqu'au troisième morceau, l'über bandant « Edward The Confessor ». Derrière eux, leurs créations vidéo défilent à la même mesure que les titres du set. De jolies projections qui justifient largement leur prétention multimédia. Entre les chansons, Roman Rappack s'exprime dans un français impeccable et propose l'une ou l'autre nouvelle compo plutôt bien foutue.

Sur scène, Breton se cherche encore et manque cruellement de charisme. Et vu la rage et l'ambition communiquées à « Other People's Problems », les deux tiers de la prestation laissent perplexe. Bien qu'ils soient entrés dans le vif du sujet au début de leur représentation, qui s’annonçait prometteuse, les quatre Londoniens perdent de la hauteur au fur et à mesure que les minutes défilent et proposent, finalement, un set en dents de scie. Au point de se demander si la formation présente sur l’estrade ce soir est bien la même qui a pondu un énorme premier essai. Même l'addictif « Jostle », placé en quasi fin de parcours, est à peine parvenu à retenir l'attention.

Breton, mouture ‘live’, pourrait être aussi bon qu'un Foals ou un Vampire Weekend, mais doit tout simplement encore prendre de la bouteille pour être aussi convaincant que dans sa version studio. On en reparle dans deux ou trois ans.

(Organisation : Botanique)

 

Kanka / Weeding Dub ft. Fu-Steps

Ambiance Sound-System : Weeding Dub en terres conquises, Kanka déstabilisé.

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Ce jeudi, c’est parti pour une soirée aux grosses lignes de basse. A peine arrivé à l’Aéro que la taille de la file me frappe. De fait, l’organisation a décidé d’ouvrir la grande salle pour cette soirée au public fidèle. Cette formule dévoilée il y a un an à la Maison Folie Moulins s’approprie un autre quartier lillois ce soir.

Weeding Dub (originellement du coin) prend possession des lieux et s’installe sur une scène où deux praticables se battent en duel. Rac d’effets, samplers, laptops, tables de mixages et autres machines sont en place pour une session bien calibrée qui réveille son public. La seule fausse note à mes yeux (NDLR : oreilles ?) procède des interventions intempestives et autres ‘Pull up’ qu’enchaînent les deux MC’s de Fu-Steps. Toutefois, nous ne pouvons reprocher au DJ de nous fournir une sélection des plus agréables dynamisée par un jeu de scène (DJ – MC’s) qui s’affirme au fil des morceaux. Bref, un super live qui a permis au public de se chauffer à bloc.

Un peu plus tard, Alexis prend place à jardin où trône son installation afin de prendre le relais pour nous servir une recette dub-stepper dont il a le secret. Accompagné de son bassiste (Chris B.), le set de Kanka peut commencer. Sauf qu’après la production léchée et (sur)puissante de son prédécesseur, le son nous paraît presque bizarre avec l’arrivée de ce bel instrument qu’est la basse dans un environnement de séquenceurs numériques. Les cordes ronronnent bien mais n’égaleront jamais celles qui sortent de l’ordino de Weeding Dub.

Toutefois, Kanka ne déçoit pas ses fans en leur réservant des versions et autres ‘specials edits’ de « Ya estas aqui » ou encore « Indian time ». Une belle prestation qui laisse cependant percevoir le manque d’assurance scénique du groupe...

Pour terminer cette soirée sympathique, les deux groupes nous ont concoctés un ‘Dub fi Dub’ (Un morceau/Un groupe). Weeding Dub ouvre le bal. Le son dispensé est beaucoup moins inspiré du reggae ; mais le public prend alors une véritable claque. Nous sentons ainsi la tension monter entre les deux protagonistes de Kanka qui se demandent peut-être que faire après un tel carnage. Ils n’ont pourtant pas à rougir d’enflammer l’Aéronef à ce point. Finalement, les choses vont très vite ; le trio lillo-rouennais lamine les enceintes et fait trembler l’infrastructure à l’aide d’un morceau envoûtant et on ne peut plus dansant. Rebondissement, Kanka qui n’avait pas ouvert la bouche de la soirée vient de dégotter un MC pour un avant-dernier morceau. Vous vous en doutez, c’est finalement Weeding Dub qui clôturera cette magnifique session comme à la maison.

En résumé, une production des morceaux sélectionnés plus équitable aurait été plus judicieuse, ainsi qu’une interprétation live. Mais le son était bon, la soirée bien pensée et les bonnes intentions de la partie. Seule une question persiste : le DJ-producteur est-il artiste ou simple machine à enchaîner les séquences préenregistrées ? Un débat qui permettra d’alimenter moult réflexions nocturnes.

(Organisation Aéronef)

Voir aussi notre section photos :  Weeding Dub et Kanka

 

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