Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Keziah Jones

Elles n’avaient d’yeux que pour lui…

Écrit par

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

Patrice

L’art de faire fondre les cœurs…

Écrit par

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

 

Bensé

Raconte-moi une histoire…

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D’abord, il était passé par l’AB. Il était venu chanter en avant-première de Tryo. Ensuite, deux jours plus tard, Bensé est revenu pour nous présenter « Album », son premier opus. Cette fois-ci, c’est à la Rotonde du Botanique que la magie s’est opérée… Précédé de Jill is Lucky ainsi que de Claire Denamur, la soirée sera bohème et 100% intimiste.

Jill is Lucky. Jill, c’est le petit frère de Bensé… Jill, il joue sa musique à lui. Une musique plutôt pop/rock. Une musique originale qu’il chante en anglais dans un style franco/british particulier. Le violoncelliste et le guitariste portent des lunettes en cœur de couleur bleue. Jill a les cheveux en pétard. Leur look est étonnant. La formation propose tour à tour six morceaux doux et plus fougueux… Ils sont bons. Dommage. C’était l’avant-première. On aurait bien aimé une prolongation !

Quel est le dénominateur commun entre Bensé et Claire Denamur ? Ils ont tous les deux joués en première partie de Renan Luce. Armée de sa guitare, Claire est seule sur scène. Un petit bout de femme qui, malgré un public venu en petit nombre, semble dans un premier temps manquer d’assurance. Timide et discrète, elle réussit pourtant à éveiller le public. Les paroles parlent d’hommes et d’amour. Des titres comme « Le Prince Charmant » ou « Mon bonhomme » sont d’ailleurs évocateurs. C’est léger et moelleux. Personnellement, j’aurais sans doute aimé l’une ou l’autre chanson un peu plus rythmée pour varier le tempo…

Accompagné par ses amis et fidèles musiciens Les Troubadours, Bensé est avant tout un artiste-compositeur-interprète qui charme de ses mots. Ses textes sont doux, intimistes et racontent des histoires. Des moments de vie, des états d’âmes et des portraits de ceux qu’il aime. Il nous les conte en musique.

Sur scène, il est à l’aise et enchaîne en douceur les titres de son album. « Sa peau », « Angela », « Buvons »… et « Mon frère » une chanson délicate qui illustre parfaitement son humilité et l’amour qu’il porte à son frère, Jill. Le concert va durer une heure. Soixante minutes à la rencontre de ce nouvel artiste issu de la scène française. C’est touchant. Le groupe dégage une certaine empathie. La prestation manque cependant peut-être un peu de fougue…

Au moment des remerciements, Julien Bensé salue le public et nous dit : ‘J’espère être de retour très vite sur ces terres, en conquérant’. On lui souhaite, en tout cas, beaucoup de plaisir pour ses prochaines dates.

Bensé + Claire Denamur + Jill is Lucky

Coprod. UBU

 

Skatalites

Les vétérans du ska ont toujours la pêche !

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C'est dans le cadre de ‘Now Series’ que les Skatalites se produisaient pour la énième fois en Belgique. Sans être un fan absolu du groupe, 15 ans après les avoir découvert sur les planches, pour la première fois au VK, j'essaie néanmoins de les revoir régulièrement. Même si ce n'est pas sold out, le thème de cette édition a attiré pas mal de monde. Les fans de musique jamaïcaine et autres amateurs de world music ont fait le déplacement.

Sympa, comme concept, ce ‘Now Serie’, qui permet de programmer 4 groupes dans un ensemble musicalement cohérent. Malheureusement, les 250 places de l'AB Club se révèlent un peu ‘limite’ pour celles et ceux qui souhaitent changer de décor sans se farcir l’attente d’une longue file. Finalement, c'est pour les Skat's que je suis venu. Tant pis, je ferai l'impasse sur le club.

Au terme d'un interminable sound check, les vétérans du ska montent sur scène. Bon, les véritables vétérans commencent à se faire rares. Ainsi, plus de trace de contrebassiste qui figurait au sein du line up, 15 ans plus tôt, lors de leur passage à la même Ancienne Belgique. C’est vrai qu’il semblait déjà ne tenir debout que grâce à son instrument. Mais dommage qu’il soit disparu de la circulation : je m'étais promis de lui tirer le portrait. Les seuls vétérans encore à la barre sont le batteur et le saxo. Les deux personnages adoptent une attitude caractéristique : regard qui tue pour le premier, grand sourire et petits pas de danse pour le second. Les autres membres ne détonnent cependant pas dans l'ensemble : le second saxo se charge de présenter les morceaux, le trompettiste joue les showmen, le trombone a repris le rôle de dragueur du groupe, le bassiste –imperturbable sur son tabouret– remplace le contrebassiste. Quant au guitariste et au claviériste (NDR : seul Européen de la bande), ils semblent un peu en retrait, à l'extrême gauche de la scène.

Rituellement, les Skatalites ouvrent les hostilités par des ‘classiques’ de leur répertoire ska (dont, rappelons-le, ils sont les pionniers), avant d'inviter leur chanteuse, autre membre original de la formation, à venir les rejoindre pour un set dont l'ambiance vire maintenant au reggae. Il n'en faut pas plus au public, déjà bien remuant, pour se mettre à danser frénétiquement, jusque dans les gradins. Leur style, mêlant habilement le ska, le dub, le reggae et la musique de fanfare fait mouche comme à chaque fois. Plus d'une heure et demie de concert ne rassasient pas l’auditoire qui aimerait voir cette fête se poursuivre encore. C'est la tête encore remplie des rythmes jamaïcains que je quitte l'AB avec la certitude que je serai encore au rendez-vous lors de leur prochain passage en Belgique.

Les photos de ce concert sont bien entendus en ligne dans la rubrique ‘Live Photos’.

Organisation AB

 

Tryo

Climat tropical à l’AB. Tryo est passé par là…

Écrit par

Salle comble à l’Ancienne Belgique ce mercredi 12 novembre. Tryo, groupe français engagé et véritable phénomène auprès d’une génération entière de jeunes en quête d’une musique épurée, rythmée, et profondément militante est de retour ! Les murs de la salle ont vibré au son des six hommes de scène. Les quatre membres du groupe, accompagnés pur la tournée d’un violoncelliste (Fred Deville) et d’un percussionniste (Pablo Mendez), ont rencontré un franc succès auprès du public belge venu en masse pour écouter leur dernier album « Ce que l’On Sème ».

En première partie, Bensé. Nouveau venu sur la scène française. Un séducteur entouré de quatre musiciens. Il charme nos âmes en racontant des histoires de vie tantôt joyeuses, tantôt cyniques… L’accueil du public à son égard est plutôt encourageant. Après un bref set de trente minutes, Bensé nous salue et quitte la scène. Il reviendra nous voir, c’est certain (le 14/11 au Bota) !

Le public les acclamait ; et c’est par une chanson de leur dernier album qu’ils ouvrent le bal. Suivie de « G8 », une incontournable de l’album « Grain de Sable ». Dès les premières notes, la fureur de la foule semble étonner nos musiciens ; mais ils se délectent de l’énergie libérée par cette ferveur. Christophe Mali clamera même qu’on pourrait transformer toute cette euphorie en une ‘Tryouze’ géante.

Sans aucun doute, Tryo n’a plus à faire ses preuves ! Le groupe est adopté et chéri par ces auditeurs qui connaissent les paroles sur le bout des doigts. Tout autour de moi, on chante, on sourit, on est heureux. J’ignorais la popularité et le franc succès que rencontre Tryo. Plus de dix ans de carrière, quatre albums studio et des centaines de dates. Du reggae métissé à des musiques d’ici et ailleurs ; des sons parfois plus indiens ou carrément brésiliens pour quelques plages du dernier album. « Marcher Droit » est par contre la seule compo plus rock répertoire de cette prestation. On s’y donne à cœur joie, et les cordes vocales vibrent à l’unisson : « Pompafric », « Désolé pour Hier Soir », Jocelyne… ! Même les deux percussionnistes nous font une démonstration ‘solo’ des plus détonantes.

Ca swingue, ça fait même réfléchir. Des sonorités pourtant toujours semblables… même si les morceaux se distinguent tous, les uns des autres ; dans l’ensemble, il faut admettre que le tempo ne varie guère et est même susceptible, à la longue, de lasser. Heureusement, l’échange du groupe avec son public rythme le concert et ajoute une chaleur humaine très forte.

Sous les ovations de cet impressionnant rassemblement, nos militants tirent leur révérence sur « L’hymne de nos Campagnes », single le plus notoire du groupe. Une dédicace particulière à Greenpeace qui partage la tournée avec eux. L’engagement ne se limite pas qu’aux textes. Non ! Tryo, c’est conséquent de la plume au support CD, fabriqué à l’aide de matériaux qui respectent la terre. Si vous les avez manqués cette fois-ci, soyez rassurés, ils reviendront le 13 mai 2009 à Forest National.

Organisation : AJA concerts 

 

Luka Bloom

Amour, folk et petites fleurs des champs

Écrit par

Un mardi soir sur la terre. Un soir d’automne. Les feuilles des arbres jonchent le sol ou dansent dans les airs à la moindre bourrasque. Ce mardi dernier, jour férié de surcroit, était d’un calme olympien. Le Botanique accueillait pourtant –en toute discrétion– Luka Bloom, un pilier en matière de chanson folk.

Calmement, le public averti s’est installé dans la salle de l’Orangerie… Pour attendrir et faire patienter ses fidèles, Luka avait choisi Ma Rain en première partie. Une Hollandaise à la voix douce et chaude qui a donné les premières tonalités folk de la soirée.

20h52. Luka Bloom nous rejoint. Sur scène, deux guitares ; et pour décor, un bouquet de marguerites (qui a fini dans les mains d’une fan irlandaise un peu plus tard). Ces premiers morceaux seront d’une extrême mélancolie. Il le dira d’ailleurs lui-même : ‘Vive la sérénité’ ! On ressent le vécu et l’expérience de l’artiste… Tranquillement et sans se presser, il pose sa voix, prend ses repères et sonde le public en l’invitant, dès la troisième chanson, à l’accompagner pour « Tribe ». Après cette mise en bouche, le plat de consistance : son dernier album « Eleven Songs ». En fermant les yeux, on aurait pu s’imaginer dans un vieux chalet en bois, enveloppé d’une couverture, au coin du feu. Ambiance calfeutrée et cosy tout au long du concert.

On n’arrive pas, ‘par hasard’, pour écouter chanter cet homme aux racines irlandaises. L’auditoire présent le suit probablement depuis plusieurs années. Comme hypnotisé, il semble boire ses paroles, sans toutefois réelle profusion d’émotion… Assez étonnant. Je me suis demandée si à chaque concert folk/blues c’était aussi calme… On aurait dit une salle remplie d’amoureux et de romantiques en mal de chansons poétiques et câlines. Après réflexion, je pense que ce n’est pas uniquement le répertoire qui attire le public, c’est aussi l’homme en tant que tel. D’une humilité et d’un humour bien à lui. Sa voix et son jeu de guitare séduisent. Hommes et femmes sont conquis. Après avoir enchaîné tour à tour anciennes et nouvelles ballades, dont quelques classiques comme « City of Chicago » et « Gone To Pablo », il termine sa prestation par deux rappels.

Pendant presque 2 heures, il nous a bercés tendrement près d’une vingtaine de morceaux. Homme de cœur, Luka Bloom va même sceller sa présence par un titre évocateur : « Thank you For Bringing Me Here ».

Organisation Botanique

 

GZA

Des lames liquides, précises et aiguisées

Écrit par

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Organisation AB 

 

Roots Manuva

Une synthèse presque parfaite de reggae digital de hip hop et de dubstep

Écrit par

C’est dans une Ancienne Belgique étonnement bondée que s’est produit l’événement hip hop de cette fin d’année, où le passé (GZA) a rencontré le futur du mouvement (Roots Manuva). Après une fouille corporelle, on est autorisé à pénétrer dans la grande salle pour assister à la fin du set de Beat Drunx. On n’en verra cependant pas assez pour se forger une bonne idée du hiphop pratiqué par les deux Gantois.

Quelques bières plus tard, débarque Roots Manuva, un des meilleurs et plus influents emcees du hip hop anglais des années 2000. L’homme vient nous présenter « Slyme and Reason », son quatrième album (sans compter les deux consacrés aux remixes), une œuvre qui renoue avec les sonorités jamaïcaines. Notre homme est soutenu par deux dj’s. L’un d’eux est d’ailleurs affublé d’un saxophone qu’il n’utilisera pas une seule fois au cours de ce concert court et agréable. Au chant, l’excellent chanteur Ricky Ranking (http://www.myspace.com/rickyranking) –vétéran de la scène reggae anglaise, il a déjà collaboré aux projets de Roots Manuva, à plusieurs reprises– donne de l’amplitude au rap enfumé de Rodney Smith.

L’équipe commence en force par « Again & Again », le premier single très reggae issu de « Slyme and Reason ». L’ambiance est bonne. Roots Manuva est visiblement défoncé. Ce qui n’entachera en rien la qualité de la prestation, malgré quelques petits trous de mémoire. Le duo épingle pas mal de morceaux du nouvel album (dont l’excellent « Buff Nuf ») mais aussi quelques classiques du passé. Avant d’entamer le beat imparable de « Witness », les deux compères tentent de nous faire croire que « The  council of Brussel forbid us to play this song ». “Dreamy Days” et quelques autres classiques suivent. Ricky Ranking se fend d’ailleurs d’une formidable tranche de reggae digital ‘old school’ rappelant les grandes heures du légendaire King Jammy. Les gaillards saluent les ‘ladies of Brussels’ et les bonnes vibrations qui émanent effectivement du public. La prestation se termine, et on reste conquis par cette synthèse presque parfaite de reggae digital, de hip hop et de dubstep.

Après une longue période de préparation, GZA monte sur les planches, accompagné de Killah Priest des Sunz Of Man. ‘The Genius’ (le surnom que ces comparses du Wu-Tang lui avaient attribué) vient rejouer l’intégralité de « Liquid swords », son album mythique, sorti en 1995. Composé à l’époque où le Wu-Tang Clan était à son sommet créatif, « Liquid Swords » incarne aussi l’aspect le plus philosophique du groupe. S’il recèle les plus beaux beats que le producteur RZA ait créés, « Liquid Swords » est aussi un album bigrement original où toute l’équipe du Wu-Tang Clan  (Ghostface, Method Man, ODB, Killah Priest…) lâche quelques unes de ses plus belles rimes. L’album est bien entendu dominé par la personnalité et le flow particulier de GZA, sorte de moine-guerrier urbain pour qui les rimes sont des ‘lames liquides’. Son flow évoque aussi d’autres lames : précises et aiguisées.

Le show respecte le tracklisting de l’album. Le tube « Liquid Swords » ouvre d’ailleurs le bal. Evidemment, RZA (et les autres) ne sont pas venus pour placer leurs rimes, mais GZA et Killah Priest assurent parfaitement. Les beats implacables de RZA explosent nos oreilles (ainsi que les enceintes de l’AB) et le duo passe (quelquefois un peu rapidement) en revue les bijoux de l’album : « Duels of The Iron Mic », « Leaving in the world today », le hanté « Cold World », sans oublier le « B.I.B.L.E. » de Kilah Priest. Le duo expédie « Liquid Swords », et on a l’impression que les gaillards n’affectionnent pas particulièrement l’exercice. Mais l’AB exulte et au sein du public déchaîné, un fan parvient à faire dédicacer le vinyle de « Liquid Swords » qu’il brandissait depuis un quart d’heure. Le duo enchaîne ensuite sur quelques vieilles scies du Wu tirées des deux premiers elpees du collectif. On a droit à quelques nouveaux titres issus de « Protools », le nouvel opus de GZA mais c’est « Shimmy Shimmy Ya » qui atomise l’AB. Le classique du défunt « Ol’Dirty Bastard » nous rappelle que le vieux bâtard et GZA ont commencé à rapper ensemble quand ils étaient jeunes… On arrive donc à la fin de ce concert un peu nostalgique (mais énergique), un set réminiscent de l’âge d’or du hip hop new-yorkais des années 90, définitivement révolu. En tout cas, les vieux guerriers du Wu suscitent encore le respect et l’admiration de la grande foule qui s’est déplacée ce soir pour leur faire un triomphe.

Setlist Roots Manuva :

Again & again
Kick up ya foot
Buff nuff
Dub styles
Too cold
Join the dots
Its me
Oh lord
Ninja we ninja
Movements
Witness
Seat yourself
Two pieces
Dreamy days
Bashment boogie
Let the spirit

Organisation AB