Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Gavin Friday - Het Depot
Gavin Friday - Het Depot

Hollie Cook

Sur disque ça passe, en live, ça casse…

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Le paternel de Hollie, Paul Cook, se chargeait des drums au sein du mythique Sex Pistols, un groupe légendaire (?!?!?) que votre serviteur avait eu l’opportunité de revoir à Lokeren, Il y a plus de 12 ans, lors d’une reformation éphémère, consécutive à une sombre histoire de pognon. Boy George est son parrain et sa mère, Jennie Matthias, était choriste chez Culture Club. Elle a entamé sa carrière musicale, en 2006, alors qu'elle est encore au lycée, en assurant les chœurs pour les Slits. Mais en 2010, Ari Up, sa chanteuse, décède des suites d’un cancer, disparition qui met un terme à l’histoire de ce band féminin.

A ce jour, Hollie a publié 4 elpees, dont un remix du premier, produit par Prince Fatty. Gravé en 2011, son premier opus recelait les hits « Body Beat » et « Shadow Kissing ». Son dernier, « Vessel of Love », est paru l’an dernier. Ce soir elle va largement puiser dans cet LP pour forger sa setlist.

Pas de supporting act. Le show débute à 20h30 précise. Il y a du peuple à l’AB Club ! Sur les planches, Hollie Cook est soutenue par un claviériste, un drummer et un guitariste. Vêtue d’une robe à fleurs assez ample, elle a la danse dans la peau. Sa musique est moelleuse, chaude et sucrée, une forme de reggae fortement teintée de dub et de rock steady, qu’elle qualifie elle-même de Tropical Pop.

Le début de set est prometteur : « Postman », « Body Beat » et « That Very Night » passent plus ou moins bien la rampe. Mais il y a quelque chose qui cloche. On n’entend pas trop ce qu’elle raconte. Le son est gâché par les infrabasses. Et le préposé aux manettes est probablement sourd pour ne pas se rendre compte que le décibelmètre dépasse allègrement les 100 db. D’ailleurs pas mal de spectateurs vident les lieux au bout de quelques titres. Et sans bouchons dans les oreilles, c’est insoutenable

Avant le rappel, votre serviteur tire sa révérence, déçu de na pas avoir pu savourer en live, les compos de son excellent dernier long playing…  

Setlist : « Intro SFX », « Postman », « Body Beat », « That Very Night », « Shadow Kissing Pull », « Shadow Kissing », « Sugar Water », « Ghostly Fading », « Used To Be », « Turn It Around », » Lunar Addiction », « Survive », « Sweet Little Chocolate », « Angel Fire », « Together », « 99 ».

Rappel : « Milk And Honey », « Stay Alive ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

     

Therapy?

Sympa, mais sans surprise…

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Therapy ? compte quand même 30 années d’existence. Il a même publié un quinzième elpee, l’an dernier. Intitulé « Cleave », il a bénéficié de la mise en forme de Chris Sheldon, dont la carte de visite mentionne, notamment, Foo Fighters, Garbage, et les Pixies.

Mais le supporting act est assuré par Adolina. Une formation mouscronnoise que votre serviteur avait déjà eu l’occasion de voir à plusieurs reprises lors de festivals hennuyers (Rock’n’troll, D’hiver rock, etc.), et pour laquelle il avait à cœur d’assurer le compte-rendu d’un de ses concerts, un jour ou l’autre. Après s’être cantonné au Hainaut Occidental, fin des 90’s, le groupe hurlu a donné un gros coup d’accélérateur vers 2006, en sortant ses premières démos. Puis il a multiplié les concerts. Plus de 300 ! Accordés en Belgique mais aussi en France, aux Pays-Bas et en Suisse, partageant même l’affiche avec, notamment, Chokebore, 31 Knots ou encore Girls in Hawaii. Et tout au long de cette période, il a gravé trois elpees et deux eps.

Ce soir, en grimpant sur l’estrade, les sympathisants sont déjà bien nombreux, aux premiers rangs, même si la salle va se remplir progressivement, au cours du set. Les deux gratteurs balancent du lourd. De quoi décrocher les piliers de comptoir et les spectateurs qui en ont marre de faire des (toujours) longues files au bar. Si leurs riffs empruntent à God Machine, la section rythmique basse/batterie rappelle plutôt d’Helmet, alors que l’énergie, retenue ou maîtrisée selon, lorgne vers Fugazi voire Unwound, le chanteur arborant même fièrement le t-shirt du band d’Olympia. Si l’expression sonore est résolument noisy et réminiscente des 90’s, elle laisse également de l’espace au math et au post rock (Godspeed You! Black Emperor, 65daysofstatic). Et lorsque les deux chanteurs s’éclipsent, c’est pour permettre aux guitares de nous plonger au sein d’un climat plus mélancolique, en empruntant une grande route ténébreuse digne de l’univers de David Lynch sur « Lost Highway » ; le titre d’intro, sobrement intitulé « Night drive », corroborant cette métaphore. Bref, une première partie qui valait le déplacement. D’ailleurs la foule ne s’y est pas trompée, en nourrissant généreusement, ses applaudissements.

Set list : Night drive, Bad timing, Posology target, Headache, Boiled frog, Mauvaise graine (bande), Versus (bande), Jackie Chan, Charlie B, Nouvelle

Therapy ? tourne régulièrement chez nous. Sous différentes formules. En acoustique, au cours du mois de novembre 2016 au même Bota. En électrique, au cours du mois de septembre 2017 à l’AB où ils se produisaient en première partie de Sisters of Mercy. Ou plus récemment encore au Depot de Louvain, en novembre dernier. Pas de surprise, ce soir, puisque la set liste est quasi identique à celle proposée, lors de ce dernier concert. Difficile de blâmer le groupe, quand on connaît son parcours, car vu la présence d’un auditoire constitué de quadras et de quinquas qui semble avoir mal vieilli, on peut comprendre que le trio se repose sur ses acquis et ne cherche plus à l’étonner. Dans ces conditions, on voit mal le band avoir l’audace d’ignorer ses hits, lors d’un concert, pour se concentrer sur son catalogue expérimental ou constitué de flip sides, un peu comme l’ose Radiohead ou Morrissey. D’ailleurs, ce public reste amorphe à l’écoute des morceaux issus du dernier opus, « Cleave », ne s’enthousiasmant que sur des tubes comme « Die Laughing », « Screamager », « Potato Junkie » ou encore « Nowhere », exécuté lors du rappel. Il y a bien quelques timides pogos et même du gentil stage diving. On épinglera, quand même la version de « Teethgrinder » et l’hommage rendu à Triggerfinger. Et puis surtout le coup de gueule à l’égard du Brexit et de Donald Trump, poussé par Andy Cairns –dont la coupe de cheveux est aussi punk que rebelle– en intro de « Kakistocracy ».

Bref, un concert bien trop lisse. Sympa, comme une bonne copine dont on ne tombera jamais amoureux, mais sans surprise. Un peu comme ceux accordés par Nada surf ou Fun Lovin’ Criminals, au cours des dernières années, reflétant quelque part une image bien terne, à l’instar de cette toile tendue en arrière-scène ou des pochettes d’albums, pas toujours très recherchées. Il serait quand même temps, s’il n’est pas trop tard, que Therapy explore de nouveaux horizons ou prenne davantage de risques.

 (Organisation : Botanique)

Feu ! Chatterton

L’oiseau fait son nid

Écrit par

La réputation de Feu ! Chatterton, en Belgique (francophone), n’est plus à faire. Depuis 2015 le groupe s’est produit plusieurs fois au Botanique (dont deux fois lors des Nuits), ainsi que dans le cadre de nombreux festivals. Pas étonnant donc que l’AB soit comble ce samedi soir.

En première partie, Kùzylarsen a la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Il avait déjà joué, un mois plus tôt, à la Rotonde, mais comme tête d’affiche. Ce duo belge réunit Mathieu Kùzylarsen (NDR : un pseudonyme qu’il a choisi après avoir fondé Kouzy Larsen) et Alice Vande Voorde. La musique du tandem oscille entre chanson française à la Dominique A et folk oriental. Mais ce qui attire d’abord l’attention c’est cet instrument intriguant que se réserve le leader : un oud électrique, qu’il déclare avoir ramené de ses nombreux voyages à travers le monde. En fin de set, Mathieu précise que « Je l’ai toujours aimée » est connu des fans de Feu ! Chatterton, parce qu’il l’a déjà repris en ‘live’. En toute modestie, il aurait pu préciser que ce titre a été composé au cours des 80’s, par le père de la bassiste, Roger-Marc Vande Voorde, pour sa formation de l’époque, Polyphonic Size. A contrario, tous les détails nous sont communiqués sur le morceau final, « Fer de lance », et notamment la contemplation d’un arbre après une soirée un peu trop arrosée à l’Archiduc. Ce titre a cependant le mérite de réveiller l’auditoire, car ce concert, bien qu’agréable dans son ensemble, aurait eu un meilleur impact dans une salle plus intimiste, plutôt qu’à l’avant d’une grande scène.

« L’oiseleur », deuxième elpee de Feu ! Chatterton est paru l’an dernier. Dans la foulée, le combo s’est lancé dans une tournée de 4 mois, dont le point culminant a été fixé au Zénith de Paris, quelques jours après cette étape belge. Il est 20h30 pile lorsque les quatre musiciens déboulent sur l’estrade et se lancent dans le déjà rythmé « Ginger ». Toujours vêtu d’un costard élégant, Arthur Teboul éblouit les premiers rangs, peuplés de nombreuses génuflectrices sous le charme. Il ne laisse pas vraiment de temps mort entre les morceaux, entretenant la flamme de ses commentaires métaphoriques entre ceux-ci. « Fou à lier » et le très swinguant « Ophélie » enchantent la foule. Et les compos plus tempérées, comme « Côté concorde » ou « A l’aube » sont plutôt bien arrangées sous leur version ‘live’. On leur pardonnerait même « L’ivresse » un titre, finalement assez saoulant. Car s’il y a bien une constance, c’est la puissance poétique des textes, concédant des références à Baudelaire, Rimbaud et même Henri Salvador (en fin de set), à peine masquées. Souvent tranchants, les guitares et les synthés transcendent littéralement les compos. Et c’est le puissant « Boeing » qui clôt le show. Avant que la formation ne revienne, à deux reprises, accorder un généreux rappel de quatre titres. Et au bout de deux heures de concert, l’auditoire semblait plus que ravi. 

Feu! Chatterton reviendra le samedi 9 mars 2019 à l’Eden de Charleroi et les tickets sont toujours disponibles ici

(Organisation : Nada Booking)

Pascal Obispo

Lucie in the sky with Obispo…

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Obispo a décidé d'entamer sa tournée 2019 par la Belgique. Elle va se dérouler à guichets fermés. Ce soir, il est programmé pour le deuxième jour consécutif au Cirque Royal. Une semaine bien chargée, puisqu'il se produit encore à Liège et à Charleroi, avant de revenir aux Solidarités de Namur et le 29 novembre à Forest National (tickets en vente ici). Obispo a publié son onzième elpee studio, en octobre dernier. Il est éponyme. Pourquoi débuter son périple dans la capitale européenne ? Parce qu’il s'y sent bien, y possède une solide fan base et estime que le public y est chaleureux.

A 19h45, le maître de cérémonie vient annoncer la première partie : Antoine Galey. Un jeune artiste qui a participé au télé-crochet, 'The Voice France’, en 2016. Ne pas oublier qu'Obispo a été membre du jury de cette compétition. Et puis, Antoine est la vedette du clip d’Obispo, « Rien Ne Dure ». Cheveux longs, il chante en s'accompagnant à la gratte semi-acoustique et en s'éclairant à l'aide d'une lampe de chevet. Petit prodige de la six cordes, il va nous présenter quelques extraits de son premier album, « On Ne Sauvera Pas Le Monde Ce Soir ».  

Le temps de déménager la lampe de chevet et le micro, et Pascal Obispo grimpe sur les planches. A brûle-pourpoint, il concède que le public belge est indulgent. Son backing group implique un drummer –barbu, il est installé sur une estrade dans le fond à gauche, derrière un paravent en plexi, deux guitaristes, dont un coiffé d'un chapeau haut de forme de couleur rouge, ainsi que deux claviéristes dont l’un double aux cuivres (sax, clarinette, trompette). Pascal se charge de la basse. Il signale d'ailleurs qu'il n'est pas facile d'en jouer et de chanter en même temps ; et puis qu'il souhaite ébranler la machine à hits pop/rock empreinte de nostalgie qui fait rêver, à Bruxelles. Vu la réaction du public, on peut affirmer qu’il est entièrement acquis à sa cause. Une rampe composée de 40 spots tapisse le fond du podium devant quatre immenses écrans led sur lesquels sont projetées les paroles en mode karaoké. Pascal Obispo est un artiste sympa mais particulier. Généreux, il n'hésite pas à accorder des prestations de plus de 3 heures. Ce sera encore le cas ce soir dans un Cirque Royal bourré comme un œuf.

Le set débute par « Je Rentre ». Le natif de Bergerac glisse au milieu de la chanson un 'Vous m’aviez manqué', particulièrement touchant. Il est largement applaudi pour sa déclaration. Conquis, le public se lève de son siège pour entamer « Au paradis », et tout particulièrement le refrain. La soirée sera électrisée, rock, nostalgique et fortement teintée de sonorités issues des années 80. Pascal rend hommage à John et Paul à travers « A Forthlin Road », un morceau qu'il a coécrit. Caractérisée par des guitares un peu dark et des effets de pédales, il baigne au sein d'un climat réminiscent du célèbre "Sgt Pepper's" des Fab Four.  Premier hommage à Souchon qui apparaît en hologramme pour remercier Pascal et le public. Et c’est parti pour « Les Chansons De Souchon et Voulzy », des pointures de la chanson française, dans les années lumières. On ressent l’empreinte du fan avant d’être un artiste. Ensoleillé, « Ou Et Avec Qui Tu M’aimes », issu de l'elpee « Millésimes », est balayé de rythmes africains. « Assassine » se révèle particulièrement percutant. Mais c'est lors des titres les plus doux que Pascal se révèle le plus séducteur, sa voix montant alors dans les tours. Chaque trait d'humour fait mouche, renforçant l'interactivité entre l'artiste et la foule. Des roadies apportent un piano sur le podium. Place au moment « Lucille ». Pascal sollicite une Lucie de 23 ans, dans l'auditoire, en référence à sa chanson du même titre. Plusieurs bras se lèvent donc celui de votre serviteur qui tente sa chance. Directement, Pascal le regarde et s'exclame : ‘ Toi le barbu sympa, tu t’appelles Lucien, pas Luciole’. Après un contrôle d'identité, une Lucille de 31 ans grimpe sur scène et vient se placer à la gauche de Pascal. La fille est jolie, émue et… elle ‘a chaud’. Après quelques embrassades et quelques selfies, le duo nous réserve un joli duo plein d'émotion. Lucie est alors dans les cieux, avec Obispo dans les yeux. Mais l'hommage qu'il rend à sa pote, feu Maurane, sur « Rentrer Chez Soi », est bien plus bouleversant. Claudine apparaît alors en hologramme, derrière, sur l’écran. « Et Bleu » constitue une ode passionnante consacrée à la femme. A la fin de « 1980 », les musicos embraient par « Someone, somewhere in summertime » de Simple Minds, puis « Relax » de Frankie Goes To Hollywood, et enflamment inévitablement la fosse. Max s’invite à la trompette pour « D'un Ave Maria ». C’est à la fois beau et déroutant. Avant qu’Obispo ne nous incite à rejoindre le dancefloor, grâce aux rythmes endiablés et africains qui dynamisent « Chante La Rue Chante ». On se croirait alors, à Bamako.

(Organisation : Next Step / AA productions en accord avec Arachnée Productions)

 

Flogging Molly

Trop peur d’en perdre une goutte…

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Plus de 20 ans que Flogging Molly écume les concerts en proposant une musique qui mêle punk, rock et folk celtique. Partout où il passe, on assiste ou plus exactement participe, à une fête géante. Un peu comme si on fêtait la Saint Patrick. Dans l’esprit de The Pogues, Social Distortion, Rancid, Bad Religion ou encore Dropkick Murphys, pour lequel il avait assuré le supporting act, en février dernier, au même endroit. Bien que fondé en 1997, à Los Angeles, aux Etats-Unis, son guide, Dave King, est fier de ses origines irlandaises. Pas étonnant qu’il tape les paroles de ses chansons sur une machine à écrire datant de 1916, année au cours de laquelle s’est déroulée l'insurrection de Pâques, en Irlande.

Buster Shuffle est programmé en première partie. Son dernier LP, « I'll Take What I Want », remonte à 2017. Son principal slogan ? ‘Fuck the Brexit’ ! Et il va nous le rappeler, tout au long du set. Lorsqu’il grimpe sur le podium, à 19h45, il y a déjà bien du peuple dans l’AB. Le quatuor réunit le chanteur/pianiste –coiffé d’une casquette noire– Jet Baker (NDR : dont la voix évoque curieusement Suggs, le vocaliste de Madness), le drummer Terry Mascali, le guitariste rythmique James Stickley ainsi que le bassiste Gravy (NDR : son chapeau mou vissé sur le crâne lui confère une binette bien sympathique). Un rideau noir masque le matériel –imposant, par ailleurs– de Flogging Molly. Le show s’ouvre par « Brothers and sister », un ska incendiaire qui incite déjà la foule à sautiller. Le combo va nous réserver deux superbes covers. Tout d’abord le « You Never Can Tell » de Chuck Berry, puis le « Out of Sapce » de Prodigy, un rock steady qui va mettre une ambiance du tonnerre. Le chanteur est hyper-interactif. De quoi entretenir le souk qui agite la fosse. Point d’orgue du concert, un pot-pourri constitué de reprises de Queen, Madness et Specials…

Setlist : « Brothers And Sisters », « I'll Get My Coat », « Petit Pot Pourris », « We Fall To Pieces », « You Never Can Tell (cover Chuck Berry), « Our Night Out », « Out Of Space (cover The Prodigy).

Le line up de Flogging Molly réunit Dave King (gratte semi-acoustique et chant), Bob Schmidt (mandoline, banjo, bouzouki), Matt Hensley (accordéon), Nathen Maxwell (basse, chant), Dennis Casey (guitare électrique), Bridget Regan (violon, flûte irlandaise, uilleann pipes) et le drummer George Schwindt, qui se plante au centre, légèrement en retrait sur une estrade. Ce soir, le septuor va puiser généreusement dans son dernier elpee, « Life Is Good », paru en 2017, mais également au sein des 9 autres long playings, en privilégiant, bien entendu, ses hits. En toile de fond, le sigle distinctif du band est affiché, soit un énorme trèfle à 4 feuilles au cœur duquel 2 serpents sont entrelacés, l’un d’entre eux brandissant dans sa gueule, un poignard vengeur, lame vers le haut.

Dès le début du set on est plongé dans un univers bien celtique. Banjo, violon, fifre et accordéon favorisant cette impression. Les mélodies sont irrésistibles. Les refrains, contagieux. Les chansons, rafraîchissantes, allègres et récréatives. Et lorsqu'un pogo impliquant 1200 personnes éclate, c’est impressionnant. Le personnel de sécurité ne chôme pas. Il y a d'ailleurs longtemps que votre serviteur, calé dans son fauteuil au balcon, n’a plus assisté à un tel spectacle !  Sur les planches, les musicos profitent du moment présent autant que l'auditoire, régulièrement illuminé par un light show dominé par les lumières bleues, vertes et jaunes. King est partout, harangue les premiers rangs et arpente la scène dans tous les sens en sautillant comme un cabri. Hormis « Laura », un vieux standard que votre serviteur apprécie, tous les tubes sont passés en revue, des compos aux textes intelligents et engagés. Et pas question de profiter des titres plus mélancoliques pour prendre une pause, aller aux toilettes ou aller chercher un rafraîchissement. Trop peur d'en perdre une goutte. Et de manquer, par exemple, le magique « Crushed (Hostile Nations) ».

Le rappel est carrément bordélique. Et lors du final, le groupe au grand complet fait le mariole sur l’air du ‘montypythonesque’ « Always Look On The Bright Side Of Life », les musicos balançant tout ce qu'ils ont sous la main, Dave King se délestant même de sa chemise, chargée de transpiration. Un moment à revivre le plus tôt possible.

Setlist : « There's Nothing Left Pt. 1 », « (No More) Paddy's Lament », « The Hand of John L. Sullivan », « Drunken Lullabies », «The Likes Of You Again », « Swagger », « The Days We've Yet To Meet », « Requiem For A Dying Song », «Life In A Tenement Square », «Float », «The Spoken Wheel, Black Friday », The Spoken Wheel, Black Friday », « Life Is Good », « Rebels Of The Sacred Heart », « Devil's Dance Floor », «  Crushed (Hostile Nations) », « What's Left Of The Flag », « The Seven Deadly Sins ». 

Rappel : « If I Ever Leave This World Alive », « Salty Dog », « Always Look on the Bright Side of Life » (Monty Python cover).

(Organisation : Ancienne Belgique)

Photo : Richie Smyth

Mortiis

Comme un zombie dans un cimetière…

Écrit par

Håvard Ellefsen est un des membres fondateurs du légendaire groupe de black metal symphonique, Emperor. Il n’y est cependant resté qu’un an, montant ensuite différents projets, dont Mortiis, qu’il lance dès 1993. Ce Norvégien le pilote, tantôt en solo ou flanqué d’un groupe. Sa musique mêle darkwave, synthpop et rock industriel. Ce soir, il se produit en solitaire, au Magasin 4.  

Le supporting act est assuré par The Nightstalker. Il ne s’agit cependant pas du groupe grec qui porte le même patronyme, sans le ‘The’, un combo responsable d’une forme d’atmospheric gothic/dark metal. Et rien à voir avec le livre du Liégeois Steve ‘Serpent’ Fabry, ‘Le journal de Nightstalker’. En fait il s’agit d’un duo issu de la région gantoise impliquant un guitariste et un drummer. A son actif, deux albums. Intitulés « Death Bringer » et « Destination Dystopia », ils sont vendus lors de leurs concerts sous la forme de cassettes, vinyles ou alors en numérique, via Bandcamp.

A l’arrivée du tandem, le guitariste reproduit le signe de ralliement des métalleux, soit le ‘V’ des cornes du diable. Il saisit un le squelette d’un crâne, placé à sa gauche, puis le remet à sa place. Des images défilent sur l’écran placé derrière le drummer, qui se sert d’un kit de batterie électronique.  Les sonorités de de trompettes et de cuivres sont issues de samplings. Atmosphérique, instrumentale, la musique est plutôt agréable à écouter, mais lorsqu’elle monte dans les tours, elle devient ténébreuse et glaciale, rappelant alors les B.O. des films d’épouvante nés au cours des eighties. Synthwave elle est également baptisée outrun ou retrowave. Et puis quand la guitare s’impose, elle vire vers une forme de black-death-indus métal. Le leader du band se qualifie lui-même de ‘John Carpenter qui rencontre les années 80 et l’Electro Body Music (EBM) qui a popularisé Front 242’. C’est somme toute très cérébral, mélodique à souhait et finalement une belle découverte.

Recouverte d’un drap noir, une immense table envahit la partie centrale du podium. Y sont disposés plusieurs synthétiseurs. Mortiis vient se placer derrière, sous un déluge de lumières bleutées et dans un épais brouillard de fumée. Son look est impressionnant : piercings, dreadlocks et visage maquillé de blanc, pour ne pas dire blafard. L’artiste va nous livrer de larges extraits de son troisième album, « Ånden Som Gjorde Opprør », paru en 1994. Son rock industriel est uniquement instrumental. En ‘live’, ses compos se révèlent plus puissantes et énergiques, mais toujours soignées. Certaines sonorités de claviers adoptent même celles d’orgues d’église. Pas question ici de voyage au cœur des fjords, mais plutôt au sein d’un univers anxiogène, un peu comme chez The Nightstalker, raison, sans doute pour laquelle, ce duo a été choisi pour assurer la première partie. Et au sein de cet univers, Mortiis se sent comme –non pas un poisson dans l’eau, sinon on parlerait de cœlacanthe– un Zombie dans un cimetière…

(Organisation : Hellhole Project). 

Hooverphonic

Encore à décanter…

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C’est la première fois que Hooverphonic foule les planches du Lotto Arena. La salle est archicomble pour accueillir la formation drivée par Alex Callier et Raymond Geerts, dont une nouvelle chanteuse vient d’être recrutée. En l’occurrence une lauréate du télécrochet ‘The Voice’ versus Flandre : Luka Cruysberghs. Toute jeune chanteuse, elle n’avait alors que 17 printemps. Lors de ce concours, elle avait brillé en interprétant « Mad to you », un hit du groupe. Son coach, Alex, avait alors décidé de l’intégrer à son combo. Une première ! Hooverphonic a prévu de partir en tournée, cet été, aux USA. Mais, le baptême du feu de Luka est prévu ce vendredi 28 décembre, à Anvers. La sixième vocaliste du band a la lourde tâche de reprendre le flambeau laissé, par ses ‘prédécesseures’. Elle a cependant, déjà participé aux sessions d’enregistrement du 10ème opus, « Looking For Stars », un disque paru ce 16 novembre ; et le résultat est concluant. On attend donc de la voir et surtout de l’entendre, en ‘live’…

Une cape noire recouvre la tête de Luka qui laisse néanmoins entrevoir de longs cheveux blonds platine. A côté d’Alex ou de Raymond, elle paraît toute petite. Ils auraient d’ailleurs pu être leur père.

Tour à tour rouge ou bleu, suivant les variations du light show (NDR : 6 rampes de 4 spots superposés, sont disposés de chaque côté du podium alors que 6 projecteurs sont destinés à se focaliser sur les différents artistes), un rideau est tendu derrière le drummer planté sur une estrade. A sa droite, Pieter Peirsman se charge de claviers, d’une gratte semi-acoustique et assure les backing vocaux.

Le set s’ouvre par deux titres issus du dernier elpee, « Concrete Skin » et « Lethal Skies », des compos qui collent parfaitement à la voix de Luka. A l’issue de ce dernier morceau, elle ôte sa cape, laissant apparaître une robe bouffante de couleur rouge, enfilée au-dessus d’un pantalon, lui même enfoncé dans des bottes ; le tout de teinte noire. Alex troque ses claviers contre une basse et attaque « Ether » (« Reflection »). A cet instant, malgré son potentiel vocal, on se rend compte qu’elle n’a pas encore complètement assimilé l’ancien répertoire de Hooverphonic. Alex évoque les 23 années de carrière du band, au cours desquelles la formation a eu recours à des cuivres, des cordes et même à un orchestre symphonique. Mais ce soir, il en est revenu à une formule plus basique. D’ailleurs ces cordes et ces cuivres sont samplées par les synthés de Peirsman. Luka enlève sa robe et se retrouve en body, falzar et bottillons. Peirsman la seconde tout au long de « Horrible Person » et « Badaboum », aux vocaux. Caractérisé par ses grandes envolées, de riches contrastes, des touches subtiles et une mélodie envoûtante, le futur single, « Romantic » (NDR : sortie prévue le 18 avril), baigne au sein d’un climat vintage. Plus dansant, « Uptight » reflète très bien l’ambiance du nouvel opus. Et dans le même esprit, « Looking For Stars » est hanté par un Simple Minds au sommet de son art. Alex à la gratte et Luka, qui pour la circonstance a endossé une mante argentée, interprètent en duo l’inévitable « Mad About You ». Le contraste est flagrant, mais la voix manque de maîtrise. Et au bout de 90’, Hooverphonic clôt le show par un « Amalfi » d’anthologie.

Les artistes saluent et vident les lieux, mais accorderont un rappel dont une cover du « Suspirium » de Thom Yorke, bien réappropriée. Et c’est « Long Time Gone qui achève un concert au cours duquel on s’est rendu compte que l’intégration de la nouvelle chanteuse était encore en pleine phase de rodage…  

Setlist : « Concrete Skin », « Lethal Skies », « Ether », « Vinegar & Salt », « Heartbroken », « Anger Never Dies », « Horrible Person », « Eden », « Romantic », « Sleepless », « Jackie Cane », « The Night Before », « Hiding In A Song », « Mad About You », « Uptight », « One Two Three », « Badaboum », « Looking For Stars », « Amalfi ».

Rappel : « Suspirium » (Thom Yorke cover), « 2Wicky », « Long Time Gone ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Fleddy Melculy

Un débordement d’énergie et d’humour…

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Située à Opwijk, la salle Nosta est réputée à la fois pour sa convivialité et la qualité de son matos audio. Ce soir, on y célèbre la Chlistmasfest, une soirée organisée par Fleddy Melculy, un groupe plutôt insolite, puisque non seulement ses textes –à prendre au second, voire au troisième degré– sont torchés en patois flamand bruxellois, mais aussi parce qu’il pratique une forme de recyclage écologique de l’histoire du métal. Leader du combo, Jeroen Camerlynck (NDR : c’est également la tête pensante de la formation De Fanfaar) s’autoproclame fils illégitime de Lars Ulrich et de Lita Ford ; et il n’a pas tout à fait tort. Les influences majeures du combo oscillent cependant de Motörhead à Aborted en passant par Korn et Metallica. Les lyrics abordent les sujets aussi hétéroclites que la faim, la nourriture, l’humeur, la boisson, le nightshop du Paki, la musique qu’il déteste (le jazz) ou encore le t-shirt de Metallica.

Le supporting act est assuré par The Curse Of Millhaven, dont le patronyme est emprunté à une compo de Nick Cave. Issu d’Ypres, ce quintet réunit le chanteur Jasper Lobelle, le bassiste Bram Dewilde, le drummer Bart Rambour (NDLR : on n’a pas dit Tambour !) ainsi que les guitaristes Jeroen Debruyne et Kurt Mylle. Il pratique un death métal mélodique teinté de deathcore. Bref, c’est du lourd ! Sombres, les lyrics traitent de thèmes aussi joyeux et divers que l'infection, la maladie la mort et l’enfer. Bref, tout ce qui pourrait détruire notre race humaine. Bel enchaînement !

Le musicos sont en ligne pendant la diffusion d’une intro préenregistrée. Ils regardent le drummer frapper ses cymbales pendant qu’une voix d’enfant pose des questions existentielles. Jasper lève un poing vengeur, se retourne vers le public, le salue, l’incite à se rapprocher et à entamer des pogos juste devant lui. La setlist est partagée entre morceaux du premier elpee, « Vestibulle Of Hell », paru en 2017, et le nouvel Ep 8 titres, « Plagues », gravé en août 2017. Le drumming est incendiaire, démoniaque même.

Très technique, tour à tour rapide ou flemmard, le sixcordiste excelle sur son instrument. Et il le démontre tout particulièrement tout au long de « Black Death ». La voix de Lobelle est rageuse et âpre, mais parfaitement mélodique. Le chanteur invite la foule à se lancer dans un circle pit pendant « Simony », mais il ne prend réellement forme qu’à partir de « The Infection ». Pour remercier le band, certains spectateurs aux premiers rangs courbent le corps, en signe de reconnaissance. C’est un peu une chorégraphie rituelle exécutée lors des concerts de métal. Une bonne entrée en matière… (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Bringer Of Disease », « Frame Of Deceit », « Black Death », « Downfall Of Inquisition », « My Reign, My Wrath », « Shelter », « Left In Steench », « Simony », « The Infection », « Plagues ». 

Comble, la salle accueille 300 personnes. Le set de Fleddy Melculy démarre à 22h00 précises. Une voix ‘off’ annonce le concert de Channel Zero (humour melculyal). Puis signale qu’il s’agit d’une erreur et rectifie le tir. Le ton est donné. Jeroen rectifie, on va bien assister au concert de Noël de Melculy. Il vient de débarquer au son de cloches d’église et de clochettes chères au Père Noël. Il est vêtu d’une chemise à carreaux de couleur rouge et noire (NDR : de bûcheron, si vous préférez). Le bassiste et l’un des deux gratteurs portent des masques de cuir. L’autre est coiffé d’un chapeau. En retrait, le drummer est planté sur son estrade. Outre la double grosse-caisse plantée à l’avant, son kit est décoré de guirlandes de Noël.

Morceau qui ouvre le set, « Kerk » est slammé. Le flow est constant. La compo évoque la difficulté de chauffer un édifice aussi spacieux qu’une église. Samplées, les sonorités aux ivoires sont puissantes. Les cordes de grattes grondent. Infernales, torturées elles menacent de vous conduire sur les rives du Styx. Ce déchaînement se poursuit tout au long de « 2 Dagen Te Laat » et « Feestje In Uw Huisje ». Deux gamines, âgées de tout au plus 10 ans, montent sur les planches, tendent les bras et entament un crowdsurfing jusqu’au fond de la salle, un exercice qui va se répéter tout au long du show. Mais également entraîner de nombreux spectateurs à les imiter. D’autres préfèrent s’abandonner dans des moshpits. Le groupe n’en oublie pas son hit explosif, « Geen Vlees Wel Vis ». Que ce soit du punk, du punk core, du death core, du metal core ou du truc core, l’ambiance, au sein de la fosse, ne baisse jamais d’un cran. « Apu Van De Nightshop » incite votre serviteur à se joindre à la fête. Ce débordement d’énergie et d’humour met tout le monde d’accord et surtout de bonne humeur.

Autre titre incontournable, « T-Shirt Van Metallica » clôt le concert. Le meilleur moment de la soirée ! La formation se produira au Zik Zak de Ittre le 27 avril 2019. Et le supporting act sera assuré par Baraka, d’autres barakis qui décoiffent tout autant… (POur les photos, c'est )

Setlist : «  Kerk », « 2 Dagen Te Laat », « Feestje In Uw Huisje », « Geen Vlees Wel Vis », « Camouflage », « Ik Ben Kwaad », « Moeidunidotcom », « 668 », « Apu Van De Nightshop », « Varken », « Brood », « Pinker », « Nooit Meer Drinken », « Fuck Dees Fucking », « Ik Haat Jazz », « Voor Altijd Jong ».

Rappel : « T-Shirt Van Metallica ».

(Organisation : Nosta)

 

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