La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Bernard Dagnies

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jeudi, 16 avril 2015 01:00

La quadrature du post rock…

Faudra quand même qu’on m’explique pourquoi un concours permettant de gagner 2 x 2 entrées pour un concert presque sold out, n’enregistre aucun participant, alors qu’il est référencé en première page sur le moteur de recherche Google. Et à la 6ème place ! Bien sûr, il n’y a eu que 5 jours de délai pour que les internautes puissent tenter de décrocher ces sésames ; mais de là à qu’aucun d’entre eux ne se manifeste, alors qu’il arrive fréquemment que Musiczine enregistre plus de 500 participants, on a le droit de se poser des questions. D’autant plus que le concert prévu au Botanique, était déjà comble depuis quelques semaines.

Bref, venons-en au spectacle de ce jeudi soir. L’Aéronef est donc bondé pour accueillir Godspeed You ! Black Emperor, une référence majeure dans l’univers du post rock. La formation canadienne est repartie en tournée, pour défendre son dernier album paru fin mars, « Asunder, Sweet and Other Distress ». Perso, ce style de musique n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais une telle opportunité se reproduit rarement deux fois.

Carla Bozulich assure le supporting act. Ex-Geraldine Fibbers et Scarnella, elle milite toujours chez Evangelista ; mais elle mène également, en parallèle, une carrière solo. Lorsqu’elle monte sur les planches, elle est armée de sa guitare électrique et est uniquement soutenue par un second gratteur, qui se charge également des bidouillages électroniques et des samples. La musique est aride, gothique, expérimentale, et la voix de Carla, puissante mais bien timbrée. Un peu dans le registre de Patti Smith. Elle est même parfois déclamatoire. Et en fin de parcours, elle va même interpréter un chant traditionnel celtique, a cappella. Au milieu du set, qui durera quand même 40 minutes, deux membres de Godspeed, aux drums et à la basse, viennent renforcer le duo et surtout donner de la percussion au titre proposé. Cette fille a un énorme potentiel ; mais vu la forme expérimentale de sa musique, je crains fort qu’elle ne végète encore longtemps dans la zone crépusculaire de l’underground…

Dès la fin du concert, Carla et quelques roadies démontent leur matos, alors que les musicos de GY !BE viennent réaliser leur soundcheck à tour de rôle.

A 9h30, les lumières s’éteignent. Il ne reste que 6 spots rouges blafards qui vont éclairer tout le spectacle. Autrement dit, les photographes vont morfler ! Un long drone de 10 minutes se répand dans l’atmosphère. Passé cette intro, les musiciens viennent prendre place. Un peu comme s’ils formaient un cercle. En chercheraient-ils la quadrature ? Ou tout simplement à y concentrer l’esprit du post rock ? Les trois guitaristes sont assis. Deux à gauche et un à l’avant-plan, à l’extrême droite. Mais tous semblent observer une machine insolite placée au milieu de l’estrade. Un des drummers est presque caché derrière des amplis et des baffles. Enfin, de l’endroit où je me trouve alors. L’autre, par les deux bassistes (l’un des deux joue également de la contrebasse ou du violoncelle sur ce qui doit sans doute être une double basse), qui se produisent devant lui. Il reste la violoniste, Sophie Trudeau, placée à la droite de la scène, et manifestement c’est elle qui remue le plus sur les planches (NDR : difficile de ne pas bouger les bras, quand on doit se servir d’un archet !) Des images sont projetées sur l’écran, en arrière-plan, sur lequel revient régulièrement le mot « Hope », c’est le titre de la compo. Des compositions très longues, orchestrales (NDR : normal, il n’y a pas de chanteur !), construites, pour la plupart, sur le même schéma. C’est-à-dire en crescendo, permettant à l’un ou l’autre instrument d’apporter de la variation, surtout le violon, dont les sonorités oscillent entre les plus feutrées et les plus frénétiques, avant que l’ensemble n’atteigne une intensité épique, mais ténébreuse, puis de retomber progressivement vers un climat plus paisible. Une intensité qui prend même une forme orientaliste sur « Mladic », un peu dans l’esprit du Led Zeppelin (pensez à « Kashmir »). Le plus souvent en noir et blanc, les images qui défilent nous proposent, tour à tour, des paysages hivernaux, des dossiers manuscrits ou tapés à l’aide d’une vieille machine à écrire, épinglant une photographie, des images tournées depuis un train qui circule et passe en dessous d’un tunnel, ces dernières dédoublées mais enregistrées à des moment différents… mais quand même quelques fleurs… surprise elles sont en couleur. Ces projections véhiculent toutes des messages sociopolitiques spécifiques et engagés. Il ne faut pas oublier que les membres du collectif sont ouvertement anticapitalistes et son leader, Efrim Menuck, a participé aux manifestations du printemps érable. Hormis la violoniste et dans une mesure toute relative, le contrebassiste/violoncelliste, sans doute les moins statiques, tous les autres membres se concentrent sur leur instrument. Pas de show, rien que de la musique. Au bout de près de deux heures, un nouveau drone, clôt le concert, moment choisi par les musicos de Godspeed You ! Black Emperor de quitter le podium, l’un après l’autre, après avoir fait un petit signe de la main, pour prendre congé de l’auditoire. A cet instant, votre serviteur est placé près de la table de mixage dont les curseurs montent encore à 105 db. Pas étonnant que le lendemain, mes portugaises étaient encore ensablées…

(Organisation Aéronef)   

Setlist

1. Hope Drone
2. Rockets Fall on Rocket Falls
3. Mladic
4. Moya
5. ?
6. Peasantry or 'Light! Inside of Light!
7. Lambs' Breath
8. Asunder, Sweet
9. Piss Crowns Are Trebled 

 

Lola Colt, c’est le titre d’un film spaghetti datant de 1967, réalisé par Siro Marcellini. Un long métrage qui cumule les clichés du genre. C’est également le patronyme choisi par une formation insulaire au sein de laquelle milite une Danoise, Gun Overbye. Au chant et circonstanciellement à la guitare. Et une Berlinoise, Sinah Blohberger. Qui se consacre à la basse. Elle n’a pas participé aux sessions d’enregistrement de l’album ‘Away from the water’. C’est Tatia Starkey, la petite fille de Ringo Starr, qui s’y était collée (NDR : scoop !) Et votre serviteur ne s’en est rendu compte qu’en préparant cet article. Donc, il n’y aura pas de question sur ce sujet. Et c’est justement Sinal –peu loquace, il est vrai– et Matthew Loft, le guitariste soliste, qui ont accepté de répondre à nos questions, avant d’accorder leur set, ce 17 mars, au Botanique…

La musique de Lola Colt constituerait une bande sonore pour films imaginaires. Ce qui expliquerait donc le climat angoissant, obsessionnel, menaçant, au sein duquel baigne l’opus. On pense parfois aux B.O. d’Ennio Morricone composées pour les westerns de Sergio Leone, mais aussi à celle que les Doors avaient réalisée pour le chef-d’œuvre de Francis Ford Coppola, ‘Apocalypse now’. Surtout sur le titre maître, dont l’atmosphère évoque le fameux ‘The end’. Matt réagit : « Les journalistes n’ont pas nécessairement le même rapport historique et les mêmes influences que nous, pour écrire une chanson. Donc ils perçoivent différemment notre musique. Et à travers toutes les interviews accordées, on nous a déjà cité un bel éventail de références. Et ça, c’est fascinant… Nous sommes tout à fait conscients de la tension que nous injectons dans nos compos. Elle ne sont ni allègres ni ‘dance’. Mais bien intentionnellement agressives. Et lorsqu’on relâche cette tension, on profite d’un grand moment… »

La première fois que j’ai entendu un morceau de Lola Colt, la voix de Gun m’a immédiatement fait penser à celle de Grace Slick (Jefferson Airplane) ; encore que sous sa forme la plus déclamatoire et emphatique, c’est plutôt Patti Smith qu’elle évoque. Sinal nuance : « Vous savez, je ne pense pas que ce soit conscient. Elle chante du plus profond de son cœur. On l’a déjà comparée à celle de Siouxsie Sioux ou encore PJ Harvey. Non, elle a sa propre voix. En même temps, c’est un compliment. » Parmi les sources d’inspiration majeures citées par les musicos du band figurent Jefferson Airplane, Jesus & Mary Chain (et surtout l’album ‘Psychocandy’), The Doors, les Bad Seeds, les Cramps ainsi que le Velvet Underground ; mais de quelle formation contemporaine se sentent-ils les plus proches ? la réponse de Matt fuse : « Warpaint ! » Je leur signale que le combo s’était produit l’avant-veille au Cirque Royal de Bruxelles. Ils semblent agréablement surpris. Matt embraie : « Bien que leur musique soit différente, on respecte ce que ces filles réalisent. Leur univers sonore est unique en son genre et très intéressant… »

Les textes des chansons de Lola Colt sont poétiques, sombres, mélancoliques, métaphoriques et même ésotériques. Ils parlent souvent de la mort et de l’amour perdu. Mais qu’est-ce qui peut bien les pousser à écrire des lyrics aussi ténébreux et désabusés ? Matt clarifie : « Je pense que dans la vie, il y a des événement qui vous marquent profondément ; mais tout dépend de la personne que vous êtes. Chez certains, cette réaction va se transformer en art, et notamment la musique. Pour d’autres elle prendra une autre forme. Si les paroles sont torturées, ce n’est pas parce que Gun est déprimée, mais parce qu’elle interprète les événements, et ce qu’elle ressent est tourmenté. Je pense qu’elle les exprime aussi de manière ironique, oblique. Ce n’est pas du blues, mais elle utilise souvent la métaphore… »

Jim Salvunos, le drummer des Bad Seeds, s’est chargé de la mise en forme de l’elpee, mais il a également coopéré aux parties instrumentales. Matt raconte : « Il est toujours actif comme musicien. Donc, on parle le même langage musical. Et sous cet angle son approche des sessions d’enregistrement a facilité le travail et a permis à note collaboration d’être efficace. Les groupes doivent apprendre à communiquer avec leur producteur, car si on reste trop longtemps sur la même page, on ne peut pas commencer à bosser… Il a joué du carillon (tubullar bells) et des cymbales. Un peu de percus. Il est plus facile de travailler en compagnie d’un musicien/producteur que d’un simple producteur…»

Mais comment Lola Colt envisage-t-il l’évolution de sa musique ? Dans certains articles de la presse spécialisée britannique, le recours aux orchestrations, comme chez Godspeed You ! Black Emperor, Broken Social Scene ou encore Arcade Fire, figurerait parmi leurs projets. Matt s’étonne : « Vraiment ? C’est une formule qui est dans l’air du temps. Mais en prenant de l’amplitude, on perd également de la force. Dans le passé, certains ont réussi le challenge. D’autres se sont plantés. Nous avons déjà tenté l’expérience. Mais on en a conclu qu’il serait plus judicieux de garder notre configuration actuelle, plutôt que d’élargir le line up. On va bien sûr chercher à innover, plutôt que d’en remettre plusieurs couches. Pour en revenir aux formations que tu cites, on apprécie leur musique. Arcade Fire est un grand groupe. Les orchestrations et les arrangements sont très riches et minutieux. Tandis que chez Godspeed, leur approche est plus noisy, plus sonique. C’est un paysage sonore. Et même si on n’a pas d’influence directe, on a pas mal de choses en commun. »

Alors, chez Lola Colt, y a-t-il davantage de yin (le noir, le féminin, la lune, le sombre, le froid) ou de yang (le blanc, le masculin, le soleil, la clarté, la chaleur) ? Sinah a son explication : « C’est un parfait équilibre. Dans le line up, il y a trois garçons et trois filles. Une formule plutôt rare. Dans la plupart des autres groupes, elle est très souvent déséquilibrée. Le plus souvent, elle implique davantage de mecs que de filles. Certains considèrent que s’il y a plus d’hommes, la musique sera plus agressive. Et si c’est au féminin, elle sera plus pop. C’est à prouver ! Mais lorsque la répartition est égale, la dynamique est meilleure. Mais finalement, cette situation est arrivée par hasard… »

Apparemment, le groupe utilise des ‘liquid lights’ pendant ses spectacles (NDR : pas trop remarqués ce soir, probablement à cause de la configuration du Witloof Bar). Ce type de jeux de lumières était utilisé, fin des 60’s par le Pink Floyd. Matt confirme : « Nous y sommes très intéressés, et notre système s’inspire de celui utilisé à l’origine. Soit ceux des années 60, aux States. Avant qu’il ne débarque en Angleterre. Nous souhaitions ajouter à l’expression audio, un effet visuel. Donc proposer 2 spectacles, en même temps. Je suppose qu’à l’époque, la consommation de LSD était courante. Et ces expériences étaient destinées à faire exploser les frontières de la conscience. Nous on cherche à se rapprocher de cette expérience, mais sans avoir recours aux psychotropes. Effectivement ces shows liquides sont inspirés par les sixties et même les seventies. Mais on projette la matière en se servant d’ordinateurs portables pour nos light shows… »

Les musiciens seraient passionnés par l’incertitude du futur. Ce qui méritait des éclaircissements. Matt s’en charge : « En fait cette déclaration est à mettre en relation avec le peu de relation que nous avons avec notre passé. Mais on essaie de le mettre en corrélation avec notre futur. Nous avons donc décidé d’explorer plusieurs décennies afin d’y puiser des éléments qui puissent nous permettre de progresser dans le futur. » Serait-ce la raison pour laquelle, le groupe essaie de créer de la musique intemporelle ? Et quelle est leur définition de la musique intemporelle ? Matt commente : « Je pense qu’il s’agit d’une musique qui n’appartient à aucune époque particulière. Qui vient davantage du cœur ou d’une vison qui ne concède aucune référence à une tendance ou une mode spécifique. Celle qui vient de votre for intérieur et que vous transmettez. Et qui n’est pas nécessairement liée au temps… » Apprendre du passé, regarder vers le futur et le vivre aujourd’hui serait donc la devise de Lola Colt… Pour Sinah, c’est toute la synthèse de ce qu’ils viennent de raconter au cours de cet entretien…

(Merci à Vincent Devos)

 

  

samedi, 04 avril 2015 19:29

Le retour d’Ash …

« Kablammo! », c’est le titre du nouvel album d’Ash qui paraîtra ce 25 mai. Huit ans déjà que leur précédent elpee, « Twilight Of The Innocents », était paru. En 2010, la formation avait publié une compile consacrée à leurs singles, intitulée « Ash - A-Z Vol.1 ».

http://www.ash-official.com/

 

samedi, 04 avril 2015 19:29

Un nouveau clip pour Guillaume Ledent !

Le clip du single de Guillaume Ledent, « Lulu Bibulle », a été programmé sur la ‘Une’ de la RTBF. Voir ici

Et l'album « Marcher Sur Les Murets » ressort enrichi de 2 inédits en téléchargement + lifting de Lulu Bibulle dans un remix de Géraldine Capart (Dominique A, Miossec, Girls in Hawaii...)

A découvrir , dans l'EP "les chansons du soir". 

 

mardi, 31 mars 2015 01:00

Carnival of Souls

« Carnival of souls » constitue le 18ème elpee studio de Pere Ubu, un groupe né en 1975, et dont il ne reste plus que David Thomas comme membre fondateur. En quarante années d’existence, une bonne vingtaine de musiciens ont déjà transité au sein du line up. Faut dire que David est un fameux personnage. Exigeant. Talentueux. Mais peu accessible. Comme sa musique d’ailleurs. Underground, elle est parfois qualifié d’art-punk, d’avant-rock ou de post-punk ; mais elle est surtout expérimentale. Et le nouvel opus ne déroge pas à la règle.

« Carnival of souls » est un titre qui se réfère à un film d’horreur devenu culte, datant de 1962. Mais le véritable thème de l’opus s’inspire du temps qui passe : il prend sa source, coule, reflue, fusionne et se meurt dans l’océan. Musicalement, on remarque une plus grande présence de la clarinette de Darryl Boon, des interventions qu’on pourrait (c’est au conditionnel, je le précise) rapprocher de celles dispensées par Dave Jackson sur le « Pawn Hearts » du Van der Graaf Generator, une des références majeures pour Thomas. Pendant « Dr Faustus », il crie d’ailleurs ‘I’m damned’, comme Peter Hammill, sur « Man-erg ». Bref, découpé en 9 plages, cet opus est aussi riche que novateur. On pourrait le situer à la croisée des chemins d’un Kraftwerk lumineux et d’un Suicide chaotique. Mais pas seulement. De mauvais augure, « Drag the river » lorgne ainsi vers Tuxedo Moon. « Visions of the moon » nous entraîne au cœur d’un voyage à l’acide, mais post industriel. « Bus station » revisite les lyrics de « Kathleen », plage de l’album « Story of my life », publié en 1993. Spectral, « Road to Utah » aurait pu naître d’une rencontre entre Tom Waits et Faust. « Irene » est une ballade aquatique. « Carnival » est le «  Strange days » du XXIème siècle. Et la piste finale (NDR : qui s’étale sur 12 minutes), « Brother Ray », adresse un clin d’œil au Velvet Underground. Le tout est balayé par la voix tour à tour déclamatoire ou incantatoire de David. Les aficionados de Pere Ubu vont adorer !

 

mardi, 31 mars 2015 01:00

Away from the water

Ce qui frappe d’abord sur cet album, c’est la voix de Gun Overbye. Une Danoise qui vit à Londres depuis quelques années. Une voix emphatique qui fait immédiatement penser à celle de Grace Slick, la chanteuse du mythique Jefferson Airplane. Parfois, sous son aspect le plus déclamatoire, elle peut également évoquer Patti Smith (« I get high if you get high »). Cependant, Lola Colt, ce n’est pas seulement une voix, mais également une formation réunissant d’excellents musicos, qui propose tout au long de ce premier elpee, « Away from the water », une musique psychédélique, ténébreuse, cinématique (NDR : le patronyme du band s’inspire d’un film spaghetti datant des sixties) et particulièrement envoûtante. 

Les références à la fin des sixties sont palpables, mais elles sont tellement bien remises au goût du jour, qu’elles rendent le cocktail sonore aussi riche qu’excitant. Outre l’Airplane, les plus marquantes nous renvoient manifestement au Floyd (« Echoes », « More »), mais aussi aux Doors. Il y en a d’autres, mais je vous laisse le soin de les découvrir. Au sein du combo militent trois gratteurs. Donc, il y a pas mal d’électricité dans l’air. Tour à tour déchiquetée, surf, cosmique, fiévreuse, discordante, grésillante, gémissante, chatoyante, chargée de feedback, tintinambulante (l’épatant « Vacant hearts ») et j’en passe. Tribaux, les drums sont régulièrement enrichis de percus reptiliennes, à la limite venimeuses (maracas, crécelles). Mais également martiales ou frénétiques (tambour). Un climat accentué par la ligne de basse cotonneuse. Et circonstanciellement, un filet de clavier vintage vient rafraîchir le tout. Mais le plus intéressant procède de cette forme de transe qui s’installe au fil de l’opus, une atmosphère au sein de laquelle on finit par s’abandonner lors du titre final (8’ quand même), « Away from the water », morceau maître de l’oeuvre, il faut le rappeler. Un album remarquable réalisé par un groupe dont on devrait parler encore, dans les prochaines semaines, voire les prochains mois… et en bien…

 

mardi, 31 mars 2015 01:00

End times Undone

Issu de Dunendin, en Nouvelle-Zélande, David Kilgour a participé à l’éclosion du label Flying Nun, à l’instar de The Chills. David et son frère Hamish ont monté The Clean, en 1978, mais la notoriété du groupe s’est forgée au cours des 90’s. C’est à cette époque que des formations comme Pavement ou Yo La Tengo ont déclaré reconnaître ce combo comme une de leurs influences majeures. Alors, imaginez un peu les groupes qui se réfèrent aujourd’hui à la bande à Stephen Malkmus ou à Ira Kaplan…

David a aussi, parallèlement, embrassé une carrière en solitaire ; et puis entrepris une multitude de collaborations et projets. Les sessions d’enregistrement de son dernier album se sont déroulées entre 2012 et 2014, en compagnie d’un backing group qu’il a rebaptisé The Heavy Eights, mais qui le suit depuis 1990. 

La pochette de l’album est la reproduction d’une peinture de David Kilgour, inspirée par le corail. Un tableau aux tonalités pastel, surtout dans les teintes orangées. Des couleurs qui collent parfaitement à la musique qui oscille entre noisy, lo fi et psychédélisme tout en baignant au sein d’un climat brumeux, sonique, mélancolique, hypnotique même… Parfois on pense à Galaxie 500 (« Dropper »), à House Of Love, Chapterhouse, Ride, Jesus & Mary Chain, Syd Barrett et même aux Chills (la finale « Some things you don’t get back »). Si les mélodies sont ‘byrdsiennes’, les harmonies vocales –quoique limpides– se fondent naturellement et discrètement dans l’expression sonore. A l’instar des Byrds, les guitares sont subtilement et suavement discordantes ; mais cette électricité est tellement lumineuse, vivifiante et envoûtante, qu’il est difficile d’y résister. En outre, le tracklisting est parfaitement équilibré, oscillant entre compos atmosphériques (« Light headed ») et plus incisives, voire décapantes. A l’instar de la plage qui ouvre l’opus, « Like rain », dont l’intro adresse un clin d’œil aux Doors alors qu’une des grattes gémit comme sur le « Heroes » de Bowie. On a même droit à un morceau minimaliste, limité aux claviers, à la basse et aux drums (« I don’t wanna live alone »), à un autre carrément ténébreux (« Crow ») et à aussi à une piste d’americana cosmique (« Coming on »). Il est probable que cet « End times Undone » passe au-dessus de la tête du mélomane lambda, mais si vous appréciez les artistes mentionnés dans cette chronique, vous ne pouvez passer à côté de ce ‘must’ !

 

mardi, 31 mars 2015 01:00

The Deaf

Au sein de The Deaf milite Frans Van Zoest, aka Spike, chanteur/compositeur/guitariste qui sévit également chez Di-rect. Issu de La Haye, The Deaf pratique un garage/rock basique au sein duquel on relève des traces de r&b, de blues et même de punk (l’enlevé et fiévreux « Lay down honey »). Des références ? Les Animals, The Sonics et les Fleshtones. Un zeste d’harmo par ici (« I got love »), des sonorités de guitare surf par là (« Soul Trapper »), mais surtout un orgue vintage qui fluidifie régulièrement l’expression sonore. Il y a même un slow crapuleux (« Lonely life ») qui aurait pu figurer au répertoire d’Eric Burdon voire d’Alan Price et une plage plus Stones que nature (« Running back to you »). Pas révolutionnaire, mais sympa. En concert ce 7 mai au Café Café à Hasselt.

 

mardi, 17 mars 2015 00:00

Un trip cosmique et extatique…

Lola Colt est un groupe londonien partagé entre 3 filles et trois mecs ? Un sextuor qui a publié son premier album, en 2014. Intitulé « Away from the water », il a reçu d’excellentes critiques en Grande-Bretagne, mais n’a guère suscité d’intérêt sur le Vieux Continent. Curieux quand même qu’en 2015, il suffit qu’un groupe injecte un zeste d’électro dans sa solution sonore, pour voir toute la presse conventionnelle et même soi-disant alternative s’extasier. Alors que lorsqu’un artiste ou un groupe a du potentiel ou est authentique, curieusement il est snobé. Parce qu’il n’est pas dans l’air du temps. Bref, on ne refera pas le monde, mais ce manque d’esprit critique commence à m’inquiéter. Ou alors, certains journalistes ont peut-être capitulé, face au pouvoir de l’industrie musicale... Mais revenons à nos moutons ; c’est-à-dire le concert que Lola Colt accordait ce mardi 17 mars au Witloof Bar du Botanique.

On dénombre une centaine de personnes dans le sous-sol, pour accueillir le combo. Si l’acoustique est excellente, il faut reconnaître que la vision n’est pas idéale. Et ce n’est pas Béber, un de mes collaborateurs, qui me contredira…

Bref, à 20h20, Lola Colt monte sur le podium. Martin P Scott, le drummer est bien installé à l’arrière-plan. Son kit de batterie comprend une grosse caisse située à sa droite, à mi-hauteur. Régulièrement, il remplace un de ses sticks par une maraca pour frapper les peaux de ses fûts. Ce qui donne une caisse de résonance particulièrement profonde à son drumming. Gun Overbye a enfilé une sorte de poncho à rayures obliques sur lesquelles sont imprimés des fleurs. Ce qui communique un effet psychédélique assez étonnant lorsque le light show, créant des zébrures, se met à tournoyer en spirale, autour d’elle.

Le concert s’ouvre par une de leurs premières compos, « Boom boom blasphemy », un titre aux sonorités sixties. Kitty s’est emparée du tambour et le martèle sauvagement et en cadence, tout en remuant le corps sensuellement et par mouvement syncopés. Un véritable top model, à la coupe de cheveux singulière. Des cheveux de couleur jais, qui lui cachent le plus souvent la moitié de son beau visage. Elle se charge des claviers et notamment d’un orgue à soufflets. Mais aussi parfois du tambourin, des maracas et des backing vocals. La troisième fille se consacre à la basse. Il s’agit de Sinah Blohberger. Les deux autres grattes sont assumées par James Hurst, dont la pilosité est digne des Magic Numbers et Matt Loft, barbe bien taillée, vêtu de noir, le look mexicano.

La voix de Gun est puissante et rappelle immédiatement celle de Grace Slick. Les musicos sont parfaitement dans leur trip. Peu loquace, Overby a pourtant un fameux charisme, il faut le reconnaître. Sa six cordes scintille de mille feux. Matt s’y révèle aussi sobre qu’efficace. Il se consacre au shahi baaja (NDR : un instrument à cordes pincées indien de la famille des cithares) sur « Moonlight ». Gun a opté pour la sèche lorsque le band attaque « Time to burn ». Après l’indolent et lancinant « White lane », on a droit au superbe « Vacant hearts », caractérisé par ses sonorités de guitare tintinambulantes. « Heartbreaker » baigne au sein d’un climat énigmatique, ‘doorsien’. C’est à partir de « Diamonds » que le climat va devenir transique. Gun a récupéré le tambour et imprime un rythme hypnotique. « Jaguar » clôt le set. Le morceau débute en douceur. James à la crécelle et Gun à la maraca produisent des bruitages rappelant la cascabelle du serpent à sonnettes. Puis, évoluant sur un tempo tribal, la compo va s’enfoncer dans un long développement psychédélique structuré. Les trois guitares libèrent tout leur feedback. Le son est à la limite de la saturation, mais le climat est particulièrement envoûtant et plonge l’auditoire dans un trip cosmique et extatique. Ovation !

Et finalement, alors qu’il n’était pas prévu, le band va nous accorder un rappel dans le style du dernier titre. Soit « Away from the water », le morceau maître de l’opus. Près de 20 minutes de délire et de délice psyché. Acclamations nourries et remerciements des musicos. Ils ne reviendront plus. Mais franchement, on espère les revoir bientôt dans une salle plus adaptée. Notamment pour pouvoir bénéficier de toutes les facettes de leur light show, décrit par la presse insulaire, comme un paradis kaléidoscopique, mais ce soir réduit à sa plus simple expression. Car sous son aspect simplement musical, Lola Colt pourrait devenir énorme. C’est votre serviteur qui l’affirme. On en reparlera…

(Organisation : Botanique)

Set list

Boom Boom Blasphemy
Rings Of Ghosts
Highway
Moonlight
Time To Burn
I Get High if You Get High
White Horse
Vacant Hearts
Heartbreaker
Diamonds
Jaguar

Rappel

Away from the water

(Organisation Botanique)

mercredi, 11 mars 2015 20:05

Et Paon dans le mille !

Le nouveau clip de PAON « Keep On Burning » vient de sortir ; et c’est ici 

Il précède la sortie de leur premier opus éponyme, prévue pour le 20 mars prochain. 

Le groupe se produira également le 18 mars à l'AB Club, dans le cadre de sa release party.