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Akim Serar

Akim Serar

vendredi, 15 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : vendredi 15 août

Le marathon reprend de plus belle. Deuxième journée de festivités qui démarre de façon timide. Le public semble reprendre lentement son souffle, le site se remplit doucement de ses silhouettes caractéristiques.
Les premiers concerts de la journée se déroulent devant des parterres clairsemés.
Mais les bonnes surprises, elles, n’attendent pas.

A première vue, Lonely The Brave ne semble pas avoir une carrure suffisante pour revendiquer une programmation plus tardive sur un quelconque podium du festival.

Leur Rock conventionnel n’est, en outre, pas servi par l’attitude nonchalante du chanteur qui manifestement ne différencie pas le ‘live’ de son local de répète.

En fait, c’est sous le toit du Club que ça se passe.

Il est à peine onze heures vingt et quatre jeunes gens sont déjà occupés de foutre le feu à la baraque.

Exotique, leur patronyme ne définit pas vraiment leur style musical ; et pourtant, The Bohicas constituera la première sensation de la journée.

Hébergés sous le label Domino, le groupe originaire de l’Essex gagne facilement la sympathie d’un public d’abord amorphe, mais bientôt secoué de soubresauts précoces pour cette heure de la journée.

Des guitares bien saignantes et une basse bien ronde entretiennent un climat sonore au charme immédiat et hautement jouissif.

Des qualités dont ne peuvent se targuer les jeunes gens de Young Buffalo qui soulèvent à peine un sourcil ou deux devant une Main Stage ressemblant à ce moment du jour à une rizière dévastée.

Les New-yorkaises de Lucius (aperçues auprès de Nagui un soir de zapping) proposent une Electro Pop de facture on ne peut plus anodine.

Un face à face de blondes platinées au devant d’un band bien propre sur lui, pour un résultat certes pas désagréable, mais manquant néanmoins de piment.

Pendant ce temps, Nick Mulvey prend le soin de donner corps à ses chansons chaloupées (NDR : il a étudié la musique à Cuba) de manière un peu systématique mais du reste efficace ; commencées en mode mineur, sous les caresses de ses doigts parcourant les six cordes de sa guitare (et de fort habile manière), les chansons enflent à mesure d’une progression narrative assez captivante qui inévitablement, laisse en suspens quand le morceau se termine, amorçant l’attente du suivant.

Une recette qui a le don de plaire au public qui commence à enfler au sein du Marquee.

Après coup, la Pop plus évidente de My Little Cheap Dictaphone s’avère être encore plus rafraîchissante que d’accoutumée.

Un peu timoré au début, le groupe se lâche progressivement, gagnant l’attention d’un auditoire curieux de découvrir ces valeureux Liégeois.

Et s’il ne s’agit pas de leur meilleur set, il récolte néanmoins, sont lot de louanges.

Au sortit du Wablief ?, une Delorean m’attend et me conduit illico au Marquee où Fonzy et toute la bande de Happy Days font la bringue devant Nick Waterhouse.

C’est que notre homme, sorte de Buddy Holly ressuscité sait y faire dans un registre comme on ne fait plus que rarement et certainement pas comme lui le fait, c’est à dire de manière si authentique.

Erudit musical et grand consommateur culturel, il revisite la Soul, le Rock, le Jazz avec brio et talent.

Son show a tôt fait de conquérir une foule totalement absorbée par une magie rétro distillée par un band composé de musiciens hors pair.

Une violente averse disperse les festivaliers qui se réfugient partout où l’on peut s’abriter ; mais il devient difficile de se faufiler d’un côté ou d’un autre.

Hésitant entre Sharon Van Etten et Other Lives, c’est finalement auprès de ces derniers que j’échoue.

L’impact n’est pas immédiat mais les cascades d’harmonies qui émanent de la scène, là-bas, au loin, retentissent comme des sirènes ; et j’ignore par quelle sorcellerie, mais elles finissent par m’attirer.

La barbe hirsute qui mange le visage émacié du leader ne peut retenir le flot céleste qui s’écoule de sa bouche, et l’instrumentation élégante se charge d’amplifier l’aura d’une musique qui charme mes sens.

Si seulement il n’avait pas autant plu, alors, j’aurais pu m’approcher davantage de cet instant de grâce.

Un état dans lequel je resterais volontiers, mais qui n’est pas vraiment l’apanage de Cage The Elephant. Il mise plutôt sur l’énergie débridée de son charismatique chanteur. Celui-ci s’amuse fort bien, se jette régulièrement dans la foule et décroche l’effet fédérateur escompté. Personnellement, une certaine torpeur commence à m’envahir…

J’ai besoin d’une bonne dose de sauvagerie décousue.

Ça tombe plutôt bien, puisque en retournant dans le Castello, je suis accueilli par un uppercut crapuleux, salement assené par une bande de jeunes gens pas très fréquentables.

Bestial à souhait, The Amazing Snakeheads, le groupe glaswégien sait jouer des coudes et balancer son Rock cradingue comme une morve salvatrice dans un paysage gris et triste (l’Ecosse, les boulots de merde, la pluie, etc.)

C’est pervers comme du Cramps sous ‘amphètes’ (NDR : l’elpee est judicieusement intitulé « Amphetamine Ballads »), retors comme du James Chance, et hargneux comme du Birthday Party.

Le bassiste se voûte sur son instrument comme le diable sur une vierge, et le vocaliste impressionne par son physique patibulaire tout comme son regard habité.

Une sacrée trique parfaitement placée sur la grille horaire.

Une grille horaire où on se bouscule au portillon.

Tellement, qu’il en devient difficile de savoir où donner de la tête et où laisser traîner ses guiboles.

Balthazar étale sa classe au soleil, Kurt Vile sous le chapiteau du Club, Blaudzun au Marquee et Neneh Cherry rappelle quelle grande dame elle est dans le Castello.

Mais au demeurant, c’est Thurston Moore et son nouveau super band qui va ravir tous les suffrages du jour.

Doté d’une classe intrinsèque, l’ex-Sonic Youth possède toujours le culot de visiter le Rock sous ses coutures les moins apparentes et de restituer son âme par la magie de son jeu de guitare unique.

Aidé par le fidèle Steve Shelley, mais aussi Debbie Googe (My Bloody Valentine) et James Sedwards, Thurston n’a rien perdu de son talent, au point de ne pas nous faire regretter le moins du monde la fin de son groupe mythique qui impliquait Kim Gordon.

Le light show et la musique sont en parfaite harmonie avec le propos musical proposé, mais  le set semble bien trop court et donne envie de plonger tête baissée dans ce nouvel album aux relents de souffre.

De quoi aussi donner le tournis à The National qui fort heureusement pour eux, n’a pu assister à ce concert.

Propulsé sur la grande scène, c’est sans conviction que le groupe se contente de dispenser un concert mou du genou.

Pour leur quatrième apparition sur le sol de Kiewit, la messe a des relents de déception pour beaucoup, à commencer par votre narrateur.

Si le succès sans cesse grandissant du band les emmène vers des sommets toujours plus hauts, il serait grand temps qu’ils songent à se reposer, tant Matt Berninger, cheveux gras et dos courbé, semble au bout du rouleau.

Pas étonnant, vu l’incroyable série de dates accumulées sur deux ans, outre l’enregistrement d’un opus qui n’avait aucune chance de rivaliser avec le précédent.

Une âme qui s’effiloche, mais aussi des conditions peu favorables, même si The National est appelé à jouer plus souvent dans des structures gigantesques qu’à l’arrière de sombres sales où leurs chansons trouveraient certainement mieux leur place.

Tentant de gommer cette vilaine impression, je rejoins le Club, où The War On Drugs déploie la majesté de son dernier opus, au nom évocateur de « Lost In The Dream ».

Classieux et sans esbroufe, le combo de Philadelphie retrace le lien intangible que lui seul peut tendre entre Fleetwood Mac et Springsteen.

Neuf titres et un rappel pour définitivement convaincre les sceptiques de leur fantastique potentiel.

La nuit étend ses ailes, et je m’évade dans mes rêves, quittant la plaine pour mieux y revenir demain.

(Organisation : Pukkelpop)

 

jeudi, 14 août 2014 01:00

Pukkelpop 2014 : jeudi 14 août

De nouveau, c’est la météo qui est au centre des débats à l’entame de ce Pukkelpop.
Deux jours avant le début des festivités, d’étranges vents violents, nés d’un microclimat qui pourrait faire passer Kiewit pour le nouveau triangle des Bermudes, ont arraché les structures du chapiteau Club et ont fait craindre le pire à une organisation toujours traumatisée par les funestes événements qui se sont produits en 2011.
Consignes de sécurité encore renforcées et station météorologique propre (dotée de spécialistes de l’IRM et de l’armée), rien n’a pourtant été laissé au hasard ; et dès lors, malgré ce coup du sort, tout est parfaitement en place dès le mercredi pour accueillir les premiers festivaliers.
Au final, épargnée par des intempéries redoutées (si on excepte quelques averses régulières mais jamais traumatisantes), l’édition 2014 s’est déroulée sans accroc, offrant à un public de plus en plus nombreux, mais de moins en moins exigeant, une affiche truffée d’excellentes surprises et de confirmations prévues.
Quant aux déceptions, elles n’ont pas été légion et les noms qui sont venus s’inscrire au bas de cette liste semblaient même déjà connus avant que le festival ne commence.
Trois jours pleins, physiquement éprouvants, mais dont le générique final s’écrira en lettres lumineuses, pailletées dans le ciel limbourgeois.
Mais commençons par le début.
Entre deux nuages gris suspendus comme des édredons dans le ciel, une cohorte de pèlerins s’étire entre les sites de camping et la plaine supplantée de différents chapiteaux colorés, soulevant la poussière.
Nous sommes jeudi, et la première journée vient de commencer.

La plaine de la Main Stage doit paraître encore immense en ce début d’après-midi pour les très jeunes Strypes, nouvelles coqueluches anglo-saxonnes, rappelant sur disque comme sur papier le début des Arctic Monkeys.

Mais cette programmation précoce jumelée à la périlleuse perspective d’un montage de tente m’empêche de vivre cette entrée en matière.

C’est donc dans le chapiteau des découvertes, baptisé Wablief ? que j’entame mon parcours de cette édition 2014.

Bienveillant, The Spectors m’attend. Leur candeur Pop submergée de vagues noisy consitue une parfaite immersion en douceur.

Au sommet de ces vagues, le duo de voix féminines donne le ton (pastel) et enveloppé de ces guitares parfois rageuses, parfois limpides, se fraie un chemin en direction d’un univers proche d’un Instagram aux couleurs délavées.

Le groupe se produit régulièrement et, semble-t-il, a gagné en confiance par rapport aux dernières fois où je les avais vus ; aussi, le public, déjà nombreux, ne s’y trompe pas et réserve un chaleureux accueil à leurs Pop Songs délicates.

Dessinant un pont invisible entre Nico (et donc le Velvet) et des formations actuelles (bien que passéistes) comme The Pain Of Being Pure At Heart ou Memory House, le quintet est manifestement sur la bonne voie. Dommage qu’il n’accorde pas davantage de soin aux lyrics, qui dans ce style musical sont souvent avancés comme de simples prétextes à des mélodies sucrées.

Si les deux sœurettes de Say Lou Lou, filles de Steve Kilbey (The Church, pour l’anecdote), ne marquent pas de façon indélébile mon souvenir immédiat, c’est parce que je pense déjà à mon prochain déplacement.

En attendant, outre leurs jolis minois, elles m’offrent néanmoins une prestation correcte, audacieuse puisqu’elles n’hésitent pas à balancer leurs faces B (un terme certes tellement désuet de nos jours qu’il force la sympathie du nostalgique que je suis) et inédits.

Quittant le Marquee, je me dirige pour la seule et unique fois de ces trois jours vers le repère des amoureux de beats assassins et autres infra-basses convulsives.

Un excellent choix, indubitablement.

Dans le Dance Hall, s’est accaparé le devant de la scène et donne déjà le meilleur d’elle même.

Entourée de ses trois musiciens, elle assure le show, allant jusqu’à s’offrir un bain de foule.

Mi-femme, mi-enfant, la sexualité maladroitement assurée, elle libère une énergie positive forcément communicative et porte les morceaux sur des épaules dont la carrure grandit à vue de nez.

Les projections vidéo en arrière-plan fond renforcent l’impact de son répertoire, et elle fustige son auditoire de ‘Pukkelpop’ redondants mais efficaces.

Karen Marie Ørsted, de son vrai nom, démontre qu’il faut dorénavant compter sur elle.

Quant enfin elle entame « Glass », caractérisé par ses textes aux reflets adolescents (‘why does everyone have to grow old?’), et se jette de nouveau dans la foule, elle sait pertinemment bien que son contrat est rempli et qu’elle vient de livrer une prestation exemplaire, marquant là quelques points importants en vue de l’attribution des médailles d’honneur à l’heure des conclusions.

Tant qu’à faire, j’hume à quelque distance, le doux parfum d’une Electro bien sombre, et je laisse mon appendice nasal me conduire vers le chapiteau Castello.

L’ambiance y est nettement plus feutrée et correspond bien à l’univers de Forest Swords.

Une basse, un laptop, et un show troublant, mais aussi troublé par la puissance des basses fréquences qui, si elles renforcent l’impact Dub des morceaux, annihile aussi la volonté de nombreux festivaliers, vaincus par cette débauche tellurique.

Dommage, car le set semblait parfaitement balancé entre opacité extrême et illusions fantomatiques aux consonances asiatiques, marque de fabrique de Matthew Barnes.

L’après-midi s’enfonce dans le tunnel du temps ; et empruntant un de ses couloirs, j’atterris face à l’impressionnante artillerie de Die Antwoord.

Les tympans subtils ayant préféré se crapahuter à l’abri des chapiteaux environnants, le trio sud-africain va donner libre cours à son, show, euh… (NDR : cocher les bonnes réponses) putassier, fun, ébouriffant, grossier, abscons, provocateur, irrévérencieux, haut en couleurs, loufoque, décalé, graveleux, amusant (NDR : il fallait bien entendu sélectionner tous ces adjectifs ; d’ailleurs, les gagnants seront prévenus par télépathie).

Une avalanche de mauvais goût assumé qui, au delà du masque de carnaval, révèle quand même de la performance artistique.

Certes, la nausée côtoie le rire gras au fond de ma gorge ; mais je décèle dans ce salmigondis sonore quelques respectables références.

Un visuel outrancier qui ne laisse personne indifférent, en tout cas.

Enfonçant le clou dans ma patience par quelques ‘Fuck The Rules !’ repris en écho par un public survolté massé devant le podium principal, je bats en retraite, plus amusé qu’outré par ce spectacle que d’aucuns qualifieront d’abject.

Pour l’heure, Deaf Heaven et Mad About Mountains décident de se disputer mon ennui.

Les premiers en contrastant de manière horripilante shoegaze et logorrhées hurlantes, les seconds en revisitant les paysages désertiques d’inspiration d’une certaine Americana.

La claque salvatrice, elle arrive. Attendue, espérée, et diablement bien infligée par Temples.

Complètement absorbés par les seventies, ces jeunes gens ont tout compris de cette époque, et se moquent éperdument du présent.

Chevelures et looks à la T Rex, le combo restitue parfaitement cet état d’esprit nébuleux et teinté de couleurs psychotropes chères à leurs glorieux aînés ou à Tame Impala, dans un registre plus moderne (quoique ?)

Et quand « Shelter Song » prend définitivement possession de l’assistance, le nom de Temples s’écrit déjà en lettres d’or et d’argent dans le palmarès de cette année.

Nous sommes déjà nanti de très bonnes prestations, et nous n’en sommes qu’au début.

Décidant d’enfoncer le clou sans aucune bonne manière, les irrévérencieux Black Lips secouent alors le cocotier sans prendre de gants.

Ces gais lurons balancent leur ‘Flower Punk’ (un terme qu’ils ont pris soin d’inventer eux-mêmes) et génèrent les premiers pogos.

Attifés comme des prolos et mêlant entrain et fougue juvénile comme une bannière fièrement brandie au-dessus de leurs têtes, les ‘mimines’ moulinent et les moues grimacent comme dans un pastiche de Clash.

Pourtant, outre ce côté irritant, l’efficacité de leurs morceaux fait mouche et le charme évident de leur pléthorique discographie trouve naturellement écho auprès d’un public ravi de pouvoir enfin se fritter gentiment.

Au dehors, le ciel s’enveloppe de pourpre afin de permettre aux fans d’Editors de patienter.

Arrivée messianique à faire pâlir de jalousie Bono et maniérisme exacerbé semblent des apparats dont Tom Smith aime à se revêtir pour masquer l’ineptie des Editors en 2014.

Continuant de creuser sa tombe mais en prenant soin de l’orner de bibelots excentriques, le groupe semble en roue libre depuis quelque temps.

Le concert de ce soir ne fera que renforcer l’impression de malaise déjà fortement pressenti à la sortie de « The Weight Of Your Love ».

Comme si la foi avait disparu, le fond glisse comme le sable dans sa main ; et si la forme illusionne encore les moins exigeants, elle ne leurre plus ceux qui ont perçu l’irrévocable manque d’inspiration du band.

Des morceaux imparables comme « The Racing Rats » ou « Bones » sont désossés, avant d’être proposés en pâture comme des épouvantails abandonnés aux vents mauvais.

Seule éclaircie dans tant de grisaille, le retour en solo du leader dont l’interprétation de « No Sound But The Wind » rappelle que lui seul est encore capable de porter l’édifice Editors, qui décidemment, à bien du mal de se remettre du départ de Chris Urbanowicz, son premier guitariste.

A l’opposé de ce spectral spectacle, Slowdive avait fixé rendez-vous à tous ses fans demeurés fidèles, malgré la fin –provisoire– de son aventure.

Seuls les visages ont changé, et très vite, le décor est planté.

Groupe phare de l’ère Shoegaze, Slowdive n’a jamais prétendu être une formation de scène.

Comme tout groupe issu de cette mouvance dont le nom célébrait ironiquement une attitude plus qu’attentiste, le combo d’Oxford misait dans les années 90 sur un son très spécifique qui sera cependant envié, copié, mais jamais égalé…

Forts de quelques expériences très diverses, les membres étaient restés en contact et n’avaient jamais exclu l’hypothèse de se reformer.

Une rumeur qui à force d’amplifier est devenue réalité.

Bonheur immense pour tous ceux qui n’avaient pas eu la chance de les voir à l’époque, et bonheur tout aussi grand pour ceux qui les ont retrouvés.

Que dire, si ce n’est que les meubles sont restés à la même place ?

Entretenant des atmosphères uniques en leur genre, et développant des sonorités typiques et indémodables, le combo reprend les choses exactement au même endroit où il les avait abandonnées, c'est-à-dire au milieu des années 90.

Nostalgie et sensations retrouvées, le frisson peut à nouveau parcourir l’échine du fan que je suis.

Le final (la cover de Syd Barrett « Golden Hair ») se chargeant de sceller définitivement la filiation avec Mogwai et consorts.

Enfin, en ce début de nuit, Oscar And The Wolf plante son décor au milieu des palmiers.

Dans un Marquee comble à craquer, le groupe belge, sensation du moment, assied son succès.

Jouant avec la lumière comme des émotions, Max Colombie épanche sa voix si particulière et habille l’Electro subtile de ses compositions d’une aura de mystère et de romantisme un rien suave, qu’on pourrait qualifier de spleen lumineux.

Flottant dans l’air comme les mélodies d’« Entity », leur nouvel opus, le jeune homme s’affiche comme un personnage atypique dans notre paysage musical.

Une classe internationale qui devrait assurément porter le groupe au-delà de toute frontière géographique.

Ainsi sertie de mille lumières chatoyantes, la nuit peut enfin m’avaler.

Et Orphée me porter dans ses bras.

(Organisation : Pukkelpop)

 

 

mercredi, 06 août 2014 12:12

Super sonic Line Up pour Thurston Moore

L’inusable Thurston Moore est de nouveau sur les routes d’Europe pour présenter son nouvel album (« The Best Day ») et son nouveau band, composé de son éternel acolyte Steve Shelley (Sonic Youth), de Debbie Googe (My Bloody Valentine bassiste à ses heures) et du musicien Anglais James Sedwards (entre autre aperçu parmi les illuminés Baroques de Chrome Hoof).

Première halte, ce vendredi au Pukkelpop sur le coup de 21h40 dans le Club.

 

Tout aussi allumés que le chat de Cheschire et jonglant avec le Psyché Noise comme Lewis Carroll avec les mots, The Jabberwocky Band débarque enfin à Liège !

Ce sera à l’Escalier, ce mercredi 27 août.

Fans du Yellowstock, ou des rendez vous incontournables du genre Psych (Liverpool, Berlin, Paris ou Eindhoven), bloquez sans plus attendre la date dans votre agenda !

 

En première partie, les décapants locaux de The Scrap Dealers

 

dimanche, 27 juillet 2014 19:13

The City That Disappears

Grégoire Fray assume pratiquement seul la paternité de Thot. C’également le créateur d’un style qu’il a curieusement baptisé ‘Vegetal Noise Music’.

Pour la circonstance, il a mis les petits plats dans les grands, en confiant le mix final à Magnus Lindberg (Cult Of Luna).

Cette œuvre dévoile ses visions sombres, sorte de trames opaques et visqueuses d’un Indus-Electro-Rock qu’on comparera forcément à Nine Inch Nails.

Mais au-delà d’une certaine admiration pour Trent Reznor, on décèle avant tout un désir réel de se démarquer par le biais de compositions riches et fort bien mises en place.

En live, Thot bénéficie d’un line up efficace et de projections vidéo susceptibles de mettre en lumière toute son obscurité. C’est donc à un projet réfléchi auquel on a droit.

Une réflexion qui démarque ce troisième album des deux précédents (« The Huffed Hue » et « Obscured By The Wind ») en poussant l’univers de Thot dans des retranchements à la fois malsains et attractifs.

Envoyé en éclaireur et en exclusivité sur le réseau deaddrops.com, le single « HTRZ » qui ouvre ici le long playing trace d’ailleurs la voie dans ce sens, déflorant une flore étouffante à coups de serpes digitales.

Si la surabondance d’effets fatigue quelque peu l’attention au fil de l’elpee (et principalement sur les voix), il faut souligner le travail remarquable réalisé en amont par cet artiste belge.

Seul aux commandes et ignorant les compromis, il délivre ici une œuvre personnelle forte et mise en abîme par une production léchée, faisant la part belle à un souci du détail.

En découle une plongée en apnée haletante, angoissante, heureusement ponctuée de respirations en surface (au souffle court) salvatrices dans ces dédalles suintant de phobies urbaines.

Des atmosphères qui atteignent leur paroxysme sur « Citizen Pain », lors d’une finale noise aux reflets de goudron.

dimanche, 27 juillet 2014 19:12

The Call Of The Cosmos

Rosco nous invite à partager un voyage en apesanteur…

Guère étonnant du reste, de la part d’un ancien membre de The Darkside et de Spacemen 3 (Sterling Roswell a effectivement milité comme batteur sur les albums « The Perfect Prescription » et « Performance »).

Promenade interstellaire donc, entre mise sur orbite, dérives spatiotemporelles ainsi qu’escales qui jalonnent l’astre sis au bout de l’univers et notre planète bleue.

Ce sont justement ces étapes en capsules qui présentent l’intérêt de cet opus (les interludes gravitationnels constituent d’agréables moments à l’écoute des chants de l’espace).

Car entre chansons et voie lactée, l’ancien acolyte de Sonic Boom et Jason Pierce ne choisit pas. Il propose les deux. En blocs. Les uns s’emboîtant dans les aspérités stellaires des autres.

Les pépites Pop, qui ne sont pas sans rappeler Moose, ne se succèdent donc pas tout au long de cet essai, mais s’intercalent ci et là, comme autant de comètes flirtant avec l’immensité d’une galaxie intérieure qui, elle, évoque les ambiances de Stars Of The Lid.

Un OVNI dans toute sa splendeur !

 

jeudi, 24 juillet 2014 09:25

The Vaselines à deux doigts du succès

 

Du beau monde en cuisine pour la réalisation de « V For Vaselines », imminent album des mythiques Vaselines.

Enregistré dans les studios de Mogwai, on y retrouve la présence de membres de Teennage Fanclub, Belle And Sebastian ou encore de Sons And Daughters, entre autres.

Faisant suite à « Sex With An X », paru en deux mille dix, ce nouvel opus entièrement fait main serait, dit on, influencé par les Ramones.

Une info, qui, si elle n’étonne pas franchement, donne déjà envie d’en entendre plus que « One Lost Year », l’extrait mis en ligne et que vous trouverez ici.


 

 

 

Nouvel écrin pour un bijou.

Chemikal Underground annonce la ressortie du second album de Mogwai en double CD dans un premier temps (sortie officielle ce 21 Juillet) et en quatre LP peu après (04 août).

Agrémentés comme il se doit d’une multitudes d’inédits de choix entre prestations live et chutes de studio.

 Paru en mille neuf cent nonante neuf, faut il rappeler que cet album fait office de pierre angulaire dans le genre.

Mais au fait, c'est quoi ce genre ?

 Info ici.


Un an à peine après avoir sorti « Versions », qui signait une altération de perspectives dans sa discographie, Nika Roza Danilova, alias Zola Jesus, dévoile les titres de son successeur.

« Taiga », qui sortira en octobre et sera suivi d’une tournée (de passage le 14 novembre au Botanique) et dont le mix final a été confié à Dean Hurley (David Lynch, Danger Mouse, Sparklehorse) est annoncé par son auteur comme son album le plus accessible à ce jour.

 

 En regard de ce personnage singulier, gageons que son interprétation n’en sera nullement affectée.

 Tracklist 

 Taiga

Dangerous Day

Dust

Hunger

Go (Blank Sea)

Ego

Lawless

Nail

Long Way Down

Hollow

It’s Not over

 



lundi, 21 juillet 2014 15:34

Overdrive

Vingtième album en 33 ans de carrière pour les sympathiques Japonaises, dont le sommet en terme de carrière demeure à ce jour l’indéfectible admiration de Kurt Cobain, de son vivant, pour ce trio issu d’Osaka.

« Overdrive » explore aujourd’hui le Hard (?) Rock des seventies, en version lollipop.

Montagnes russes entre son gras et mélodies vocales sucrées.

L’inventaire recense dix guitares, deux basses, trois amplis et une pléiade d’effets divers.

Manifestement, le son rappelle celui des elpees de Thin Lizzy, Black Sabbath et Deep Purple, circa 70, mais le contraste avec le contenu bubble-gum est pour le moins troublant.

Les titres en sont l’illustration : « Dance To The Rock », « Shopping », « Like A Cat », Green Tea », rien qui n’inspire ici une poussée éhontée de testostérone.

Scandés de façon puérile, les lyrics (qui, vous l’aurez deviné, ne sont pas le point fort du combo) sont à prendre au second degré ; ce qui fait passer le projet pour un pastiche.

Pourtant, cet opus semble avoir été pensé comme un hommage à cette période dorée du Rock.

Le résultat reste distrayant et permet quelques dérapages de l’imagination cocasses (j’ai eu cette vision de Lemmy arborant des couettes et sirotant un jus d’ananas auprès d’Ozzy en bikini à pois), mais c’est loin d’être transcendant.

Au final, celles qu’on qualifie de Ramones d’Osaka résistent courageusement au temps, mais leur Pop acidulée sur fond de riffs de guitares gonflés d’overdrive reste une recette, certes fraîche, mais relativement insignifiante.

 

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