Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Ora Cogan
L7

Yes Boss

Look Busy

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Leeds, février 2007, nouvelle sensation urbaine au rapport : Yes Boss, deux lads convaincus que Mike Skinner demeure le rédempteur absolu de la cause hip-hop. Les idéaux de Noah Brown (la voix de Yess Boss) et Gavin Lawson (producteur et chef d’orchestre des beats corrosifs du duo) semblent également touchés par les paraphrases mitraillées de Dizzee Rascal. Le hip-hop de Yes Boss sent le fish and chips, les oignons, le bacon et les frites au vinaigre. Typiquement british.

Sur « Look Busy », premier album de cette paire rappeuse, le flow repose sur des samples de cordes étoffées, sur des beats rondouillards, rebondissant sur nos tympans telle une balle magique balancée maladroitement par Lucien, le petit cousin. Ça ricoche à droite, jaillit sur la gauche, repart au cœur de l’action pour nous en boucher un coin ! Britannique sur le fond (prêter une oreille attentive à « Indie Kids » et ses commentaires amers sur Franz Ferdinand) et dans la forme, le rap de Yes Boss se pose aux avant-postes, attendant sagement le moment pour sortir de sa réserve. A la moindre occasion, on dégaine le flow et on décharge sa verve : chef, oui chef !

 

 

 

Nerak Roth Patterson

Brown angel

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Enregistré à Yellow Springs, dans l'Ohio, "Brown angel" constitue le dernier album de Patterson. Sa section rythmique est identique : Dale Hughes à la batterie et Eddie Brookshire à la basse ; mais un nouveau claviériste répondant au nom de Chief ‘Johnny’ Lonesome a rejoint le line up. En outre, le son est de bien meilleure qualité que sur le précédent opus.

Le titre maître ouvre la plaque. La voix chaude et puissante de Nerak occupe bien l'espace. La guitare est assez agressive. Le Chief Lonesome siège derrière le piano. L’éclectisme est bien au rendez-vous. "One night stand" campe un blues acoustique. Nerak est seul et gratte son Alvarez Acoustic tout au long de l’instrumental "Walkin' alone", une superbe pièce de guitare classique. Il s'autorise une sortie particulièrement rock, très rythmique, sur le reggae "Lovin' each other". Nous ne sommes alors plus très loin du style de Carlos Santana. "Hotsauce-N-blues" est le titre d’un de ses premiers albums. C’est également celui choisi pour ce blues à ras de terre. Plus de 8' réservées à la formule trio, c'est-à-dire : guitare, piano et harmonica. L'ami Guy Davis est préposé à l’instrument chromatique. Il souffle, fait gémir son instrument et parvient à lui extraire un véritable cri d'effroi! "Raisin' hell" démarre sur un mode funky. La section rythmique est bien mise en avant. L'orgue participe au rythme. Patterson se réserve un envol sur les cordes parfaitement contrôlé. Pourtant, les cordes sont nerveuses, perçantes. Elles pénètrent au plus profond de nos tuyaux acoustiques pour ne plus en ressortir. Ce solo semble interminable, mais paradoxalement ne suscite jamais l'ennui… Nerak Roth replonge dans le blues solennel, en revenant au slow blues de son elpee précédent ; c’est à dire "Bluesdriver", mais enregistré sous une version live. Il a longtemps parcouru les routes au volant de son camion. Il nous restitue ses périples à coups de frissons. Pour la circonstance, le blues le hante. Le ton est cependant plus cabaret, fin de soirée. Ce blues, dépouillé à l'extrême, illustre la sensibilité d’un musicien possédé par sa musique. De très haut niveau, son blues devrait séduire le public européen. D’ailleurs, une tournée de Nerak Roth Patterson est prévue chez nous pour les mois de février et mars. Et puis en mai, flanqué de Guy Davis. "She don't need anybody" adopte un tempo inspiré par Howlin' Wolf. Les musiciens sont au service du rythme. Nerak respire la forme. Talonné par les ivoires insatiables du Chief Lonesome, il chante vigoureusement, tout en décochant encore quelques flèches de ses cordes. Cet elpee d’excellente facture s’achève par un véritable brûlot : "Brown angel blues". Un morceau dont il tire les délires sonores et les effets de saturation de la belle Gibson ES 345, avec les gloussements empruntés au maître du picking, Collins. Un régal!

 

 

Lisa Gerrard

Best of

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Remise de la tournée d’adieu de Dead Can Dance, une belle aventure (ou une épreuve ?) qui s’est achevée au cours de l’hiver 2005, Lisa a poursuivi à sa carrière solo en concoctant, fin 2006, le somptueux « The Silver Tree », une œuvre parue sur le label australien Rubber Records.

Ce « Best of » scelle, selon toute vraisemblance, la fin du contrat entre la diva et la maison de disques arty 4 AD. Une vision particulièrement réduite de sa prolifique carrière, en compagnie ou sans son complice Brendan Perry, nous est ici offerte. Quatorze pépites, empreintes d’atmosphères exotiques et lyriques, et toujours marquées par cette forme d’interrogation existentielle si chère à la personne même de Lisa Gerrard, proche du mystique et du religieux. Quatorze merveilles générées par l’organe vocal exceptionnel de l’artiste qui touche les abîmes, flirte avec les éléments, frôle le firmament… De l’émouvant « Sanvean », extrait de l’unique live de Dead Can Dance, au plus hollywoodien « Elysium », fragment de la B.O. du film Gladiator, l’émotion et l’invitation au recueillement sont palpables à chaque instant. « Swans », tiré du chef d’œuvre « The Mirror Pool » invite à redécouvrir cet opus indispensable ! Une compilation évoquant des noms inscrits en lettre d’or dans la carrière de Lisa : Hans Zimmer, Peter Bourke , et bien entendu le célèbre compositeur irlandais Patrick Cassidy. Le magnifique « Persephone » rappelle que Dead Can Dance a traversé une période particulièrement sombre, gothique, tandis que le très oriental « Indus » souligne l’intérêt porté par Lisa à la musique orientale. Une excellente entrée en matière pour les néophytes, mais une plaque totalement dispensable pour les fans qui se délecteront plutôt des nouveaux joyaux réunis sur « Silver Tree », un tournant décisif dans la démarche artistique de l’ensorcelante vocaliste. Plus qu’un mythe !



I’m From Barcelona

Let me introduce my friends

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I’m From Barcelona ! Enchanté. On y revient toujours... Pas à Barcelone. Mais à cette drôle de mode consistant à se satisfaire de patronymes géographiques à délocalisation musicale. Tout comme les Australiens d’Architecture In Helsinki ou les Allemands d’Urlaub In Polen, les drôles de Suédois d’Im from Barcelona usurpent une nationalité fantasmée. Originaire de la petite ville de Jönköping, Emanuel Lundgren laisse traîner ses idées et sa rousse moustache chez quelques potes. Puis d’autres et d’autres encore. Aujourd’hui, le chanteur peut fait valoir une équipée de 28 musiciens. Voilà donc débarqué « Let Me Introduce My Friends », premier album de ce nouvel orchestre abracadabrant : 29 fanfarons. Affolés, les Polyphonic Spree auraient ordonné une commande massive de toges étoilées, histoire de ne pas se faire cramer par cette horde d’hippies suédois.

Au cœur de cette fanfare, c’est la grande foire : guitares, clarinettes, banjos, trompettes, kazoos, saxophones, glockenspiel, accordéons, flûtes et autres ukulélés s’enflamment sur une pop naïve, gentiment léchée. Moins exubérants et théâtraux que les Texans de The Polyphonic Spree, les musiciens d’I’m from Barcelona se veulent plus champêtres dans leur entreprise d’orphéon.

Mais c’est sur disque que le côté grandiloquent et boursouflé des ‘togés’ polyphoniques fait effroyablement défaut à I’m from Barcelona. Que les choses soient claires : on ne demande pas aux Suédois de bénir le soleil en chantant pieds nus pour célébrer les bonheurs de la terre. Simplement, nous attendions un peu plus de folie de la part d’une bande de 29 zigotos obsédés par les mythes catalans. Sur « Let Me Introduce My Friends », I’m from Barcelona délire comme une bande de scouts découvrant les plaisirs de la chasse aux champignons. Alors oui, on se réjouit de tubes de la trempe de « Barcelona Loves You » ou « We’re from Barcelona » mais on aurait souhaité un peu plus de dissipation dans les rangs d’I’m from Barcelona. Sur ce, allons danser dans le verger !



Bracken

We know about the need

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Derrière Bracken se dévoile l’ombre de Chris Adams, tête pensante de Hood. A quelques voies lactées de sa formation, l’artiste s’offre un voyage dans l’espace. La tête dans les étoiles, il pénètre les strates de l’electronica de sa voix éthérée et forge des mélodies flottantes, entêtantes. En guise de préambule, le sublime « Heathens » indique la marche à suivre. En apesanteur, un casque sur la tête, une bonbonne d’oxygène sur le dos, on s’éloigne de la planète bleue. Entre Boards of Canada et Hood, il y aura désormais une place pour Bracken. Premier pas (sur la lune) de cet effort solitaire, « We know about the need » affirme l’aisance mélodique de son auteur et place son projet au cœur de la fourmilière Anticon (Alias, Dosh, Why ?, etc.). La complexité des arrangements se couple ici à une construction méthodique des harmonies (écouter « Four Thousand Style » de toute urgence) pour délivrer un trip cosmique de toute beauté. On peine à garder les pieds sur terre. Cet album s’écoute en total abandon, loin des frustrations quotidiennes et des afflictions humaines. C’est un petit miracle en somme. Qu’il conviendra de savourer à sa juste valeur.



Kid Congo Powers

Solo cholo

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Le palmarès de Kid Congo Powers (Brian Tristan pour l´état civil) a de quoi laisser rêveur : The Cramps, Nick Cave & The Bad Seeds, The Gun Club… Spécialiste de la fusion entre punk et ‘roots music’ (psychobilly et autres dérivés), il nous livre son nouvel effort solo un an à peine après « Philosophy And Underwear » (ça ne s´invente pas !), enregistré en compagnie de Pink Monkey Birds.

Impossible de coller une étiquette sur ce « Solo Cholo » : punk, rhythm & blues, garage, electro… Un joyeux télescopage d´influences bigarrées aux changements de styles radicaux illustrés par le technoïde « La Historia De Un Amour », l´éthéré « The Last Word » et sa voix féminine en contrepoint, le très punk lo-fi « Parts Unknown », sans oublier le final fleuve « Plunder The Tombs » : huit minutes parcourues de vocaux entêtants et de guitares gémissantes. Le tout en compagnie d´invités de marque tels que Lydia Lunch, le supergroupe garage Knoxville Girls ou encore le spécialiste allemand de l´électro, Khan.

Un album inclassable, constamment sur le fil du rasoir, entre groove et sonorités barrées, dominé par la voix profonde et chaude de l´artiste qui a privilégié le songwriting à la démonstration.



Julie´s Haircut

After dark my sweet

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« After Dark, My Sweet » constitue le quatrième album de Julie´s Haircut, formation italienne qui a déjà œuvré dans de nombreux festivals européens. Le sextet joue un indie rock essentiellement instrumental. L´opus débute pourtant par un titre assez pop, sympathique mais sans grande envergure. Mais les dix morceaux suivants se démarquent de cette tendance et revêtent un aspect plus rock. Faisant la part belle aux guitares et ponctué de sonorités new-wave, chaque titre nous embarque dans un univers psychédélique, nous rappelant des groupes tels qu´Archive, Pavement ou encore les Belges de Minerale. Très agréable, « After Dark, My Sweet » est l´un de ces disques à écouter après une journée de boulot stressante et fatigante. Il nous relaxe sans nous endormir, malgré quelques titres un peu trop plats (« Ingrid Thullin », « Liv Ullman »).



Robert Gomez

Brand New Towns

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Fraîchement signé sur le label Bella Union, Robert Gomez revient deux ans après l’autoproduit « Etherville ». Gérant du label Basement Front, leader de la formation Latin Pimps, Gomez tend donc à prouver qu’il possède plus d’une corde à son arc. Et ce « Brand New Towns » sert bien sa cause. Après une ouverture en fanfare sur l’intriguant single « Closer Still », Gomez s’évade ensuite vers un univers proche de celui de Howie Beck (« All We Got », « Back To Me ») et d'Elliott Smith (« Into The Sun », « You Need Somebody »). Lascif et propice à quelques rêveries, « Brand New Towns » est un essai intéressant, sans pour autant atteindre des sommets d’ingéniosité. Entre lo-fi et folk, l’œuvre de Gomez se fait parfois hésitante (« The Same Sad Song », « Back To Me »), parfois accomplie (« Brand New Towns », « If I Could have You Back »). Une demi-mesure provoquée par les vocalises affectées, rarement variées, du jeune Texan. Trop souvent, « Brand New Towns » verse dans une longue et frémissante complainte. Pas forcément désagréable, mais lassant à la longue…

 



Woost

Rumour. Open your ears

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Ce quintet batave compte trois guitaristes dans son line up. Dont un excellent chanteur (Koen-Willem Toering) qui possède une voix particulièrement ample, diaphane, capable d'inflexions à la Eddie Vedder ou Anthony Kiedis (Red Hot Chili Peppers). Là où le bât blesse, c'est au niveau d'un des trois gratteurs. Probablement un ancien soliste de groupe de hard rock vouant une grande admiration à Alvin Lee (NDR : les accents métalliques peuplant « The less I eat » en sont la plus belle illustration). Heureusement, toutes les interventions de cet excellent technicien ne sont pas nombrilistes. Et il lui arrive de s'inspirer de Carlos Santana (NDR : c'est mieux !) sur le semi acoustique « Warrior » ou lors de la plage finale, « Holy man », un slow finalement assez complexe et plutôt bien réussi. Pourtant, c'est lorsque la formation joue en équipe qu'elle est la plus efficace. Et je pense tout particulièrement à la plage d'ouverture « Deliverer », plus proche d'un House of Love que des Chameleons, au ténébreux « Something beautiful » ou encore au très puissant « Inten ». Mention spéciale à « Speak », dont la guitare acoustique est jouée en picking, à la manière des Beatles sur le « Double blanc ». Beaucoup de potentiel, donc, pour cet ensemble néerlandais que les spécialistes comparent déjà à Saybia. Suffira donc de le travailler, en vue de le rendre le plus cohérent possible? Allez Woost !

Laurent Wolf

Hollyworld

Écrit par

On connaissait Laurent Wolf grâce à deux titres qui ont largement contribué à l´usure des dancefloors : « Saxo » et « Calinda », tous deux issus de son premier album « Sunshine paradise ». Longtemps résident de la mythique boîte parisienne le « Queen », ce DJ français nous revient aujourd´hui nous présenter le très dance « Hollyworld ». Sur cet opus, rien de révolutionnaire. Il faut attendre trois morceaux avant que l´artiste se décide enfin à dispenser une musique davantage alléchante ; et en particulier lors de titres comme « I don’t know » ou les plus lounge « Yume » et « Quiet time ». Malheureusement, ces accès d’originalité s’estompent rapidement et les dernières plages l´album se révèlent de plus en plus répétitives et très (trop) proches de l´œuvre de celui auquel Laurent Wolf est souvent comparé (sans jamais être parvenu à l’égaler) : David Guetta. Le DJ parvient quand-même à clôturer « Hollyworld » en beauté, par le très réussi « Jungle ».

Malgré ce bilan mitigé, on est certain que ce disque connaîtra un joli succès dans les clubs et ravira ceux qui souhaitent se trémousser jusqu´au bout de la nuit…