Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mercredi, 15 décembre 2021 18:57

Get Well Soon positif…

Le prochain album de Get Well Soon, « Amen », devrait paraître ce 25 mars 2022. Le sixième album de Konstantin Gropper annonce le début d'un nouveau chapitre. Alors que « The Horror » affichait la vision de l'auteur-compositeur allemand sur ce qui semblait être une situation assez sombre et toxique en 2018, « Amen », son nouvel opus est chargé d’espoir, malgré la situation mondiale. ‘Le vrai caractère d'une personne est souvent révélé en temps de crise’, a un jour observé quelqu'un de sage - et bien ... voilà. C'est aussi pourquoi son dernier LP est empreint d'un sens aigu de l'humour. Maintenant, « Amen » ne nagera pas, non plus, dans le pur bonheur ; il s’agira plutôt de se demander comment retrouver cet état positif, quel que soit le scénario d'horreur qui se déroule…

En attendant, le clip de « Mantra » est disponible là

 


 
mercredi, 15 décembre 2021 18:43

Le spiritisme télévisuel de Pale Blue Eyes…

Pale Blue Eyes est issu du sud-ouest de l’Angleterre, du côté de Devon, au milieu de la verdure au sud de Dartmoor. Sa musique campe un hybride entre celles de Neu !, The Cure et Will Sergeant des Bunnymen dans sa version la plus raga-frénétique.

Son nouveau single, « TV Flicker », traite de la mortalité humaine et ses conséquences émotionnelles. Il est doublé d’un clip lyrique, disponible là

Le premier elpee de Pale Blue Eyes devrait sortir courant 2022.


 
mercredi, 15 décembre 2021 18:40

The Wave Pictures ne manque pas de cœur…

Ce n’est un secret pour personne, The Wave Pictures est un groupe prolifique. Non seulement il a publié plus de 20 albums en 20 ans, mes ses musicos sont impliqués dans plusieurs projets parallèles. Et l’an prochain, il sortira un double elpee intitulé « When The Purple Emperor Spreads His Wings ».

La première des quatre vidéos saisonnières réalisées par Nina Garthwaite pour cet opus, est consacrée à l’automne.

Elle fait référence au temps, aux voyages dans l'espace et à la mémoire, le tout réuni en un seul morceau. Inspiré musicalement par le classique de Neil Young, « This Heart Of Mine » se frotte à la musique country et dans ce cadre, on retrouve tout naturellement l'harmonica, la mandoline, et la guitare acoustique.

Le clip de « This heart of mine » est disponible ici

 


 

« Empty », c’est le titre du nouveau single de The Day, un duo qui réunit un musicien établi à Anvers et l’autre à Hambourg.

Les membres ont déclaré : ‘Inspirés par les paroles, nous avons pensé qu'il serait intéressant de travailler avec un symbolisme assez évident. Nous avons utilisé des fleurs mortes, des feuilles de plastique et de la terre dans un appartement abandonné et délabré. Nous cherchions des images subversives, perturbatrices, nerveuses et vacillantes, qui pourraient nous dire quelque chose sur la lutte entre la nature et l'humanité.’

Contrastant avec l'ambiance euphorique et optimiste de la musique, les paroles d’"Empty" sont l'expression de la désillusion et de l'épuisement. Elles mettent en lumière le sentiment que les discussions importantes et les courants sociaux finissent toujours par se noyer dans la cacophonie générale, échouant à cause du conformisme. Face à la crise climatique, à l'injustice sociale ou à la pandémie, tant de mauvaises décisions sont prises, et cela semble si prévisible.

Au cours de l'année écoulée, The Day n'a pas seulement dû faire face à divers blocages. Les frontières fermées et les différentes réglementations nationales ont fait obstacle à leur collaboration.

Son nouveau single est paru ce 14 décembre, et le clip qui lui est consacré est disponible là

 


 
samedi, 11 décembre 2021 18:13

Take it from the dead

Apparemment, Acid Dead est issu de New-York ; un groupe fondé en 2014. Un trio qui réunit un drummer et deux chanteurs/guitaristes. Ces deux derniers fabriquent leurs propres guitares. Pas de bassiste, parce que le band estime ne jamais en avoir trouvé un qui colle à sa musique. 

« Take it from the dead » constitue son second opus, et il fait suite à un éponyme paru en 2018. L’opus s’ouvre par « Searchin’ », une plage sont la mélodie nonchalante baigne au sein d’un univers sonore proche de celui du « Darklands » de Jesus & Mary Chain ; à moins que ce ne soit celui de Galaxie 500. En général, les compos macèrent d’ailleurs dans une forme de noisy/psyché/shoegaze. A l’instar de « RC Driver », « She only eats organic », « 2 face » et du morceau final, « Djembe ». D’une durée de plus de 7’, il s’ouvre sur un mid tempo plus ou moins paisible avant de libérer des pics d’intensité électrique exaltants. Excellent ! 

Et si « Good time » nous réserve des sonorités de guitares carillonnantes, réminiscentes des Beatles, « Smile you’re on camera » se révèle plus noisy encore, mais dans l’esprit du « Daydream nation » de Sonic Youth.

Un bémol quand même, cette voix constamment sous reverb, probablement sous phaser, et sans grande nuances.

Hormis cette remarque, cet elpee devrait ravir les aficionados du style.


 
samedi, 11 décembre 2021 18:11

They carried the dead in a U.F.O.

« They carried the dead in a U.F.O. » constitue le cinquième elpee de Cult of Dom Keller, un quatuor britannique drivé par Ryan Delgaudio. Fondé en 2007, le groupe pratique une forme de psyché-noise-indus plutôt expérimentale. Angoissante, obsédante, menaçante, glauque, sombre, sinistre même parfois. Les musicos se servent d’instruments analogiques (basse, guitare, claviers vintage, drums), mais également de boucles et d’arrangements électroniques. Le tout est traversé de spoken word, de gémissements, de slogans, de vocaux éthérés ou caverneux. Et cette expression sonore colle finalement bien au thème développé par les textes, qui traitent de la peur de la mort et d’une volonté de la surmonter.

Si vous cherchez des références, elles sont peut-être à chercher du côté de Test Dept, Acid Mother Temple et Spacemen 3. Mais difficile vraiment de les déterminer. Sauf peut-être pour le dernier morceau, « The last king of hell », au cours duquel la guitare est plus présente et la construction en crescendo calquée sur celle de la dernière formation citée. C’est d’ailleurs le meilleur titre de l’opus.


 

The Limiñanas est un collectif français fondé par Marie et Lionel Limiñana, en 2009. Epoux à la campagne comme sur scène, ils sont issus de Cabestany (c’est près de Perpignan), dans les Pyrénées-Orientales. Considérée outre-Quiévrain comme une des plus créatives sur la scène hexagonale, la formation compte à son actif six albums sous son patronyme, une bande originale de film et deux opus cosignés. Un en compagnie de Pascal Comelade et le dernier (il est paru en septembre dernier), de Laurent Garnier. Le duo a aussi bossé, notamment, en compagnie de Peter Hook, Etienne Daho, Bertrand Belin et surtout Anton Newcombe (The Brian Jonestown Massacre). Ces deux derniers ont ainsi collaboré au projet l’Epée, tout comme Emmanuelle Seignier, mais également sur le cinquième LP du band, alors que le leader de TBJM a mis en forme « Shadow people », en 2017. Pour en revenir au dernier long playing « De pelicula », signé conjointement par The Luminañas et Laurent Garnier, il s’agit d’une forme de ‘road trip’ racontant l’histoire de deux amants, auquel le Dj, producteur et compositeur a intégré ses beats. Mais c’est sous la forme d’un septuor que le combo se produit, ce soir, à l’Aéronef de Lille.

La barbe en broussaille, Lionel se consacre à la guitare et Marie aux drums (une grosse caisse et un tom à plancher). Ils occupent une position centrale. A gauche, se plante un des deux vocalistes, le Chilien Edi Pistolas, derrière ses machines et deux djembés. A l’extrême droite, Renaud Picard, l’autre chanteur est armé d’une semi-acoustique. Très en retrait, la plupart du temps assis, un autre barbu (NDR : serait-ce le frangin de Lionel ? En tout cas, il lui ressemble) se charge de claviers, de machines, mais surtout de plusieurs guitares, dont une Fender Jaguar. Aussi bien coiffé que Dirk Frimout, Ivan Telefunken, le troisième sixcordiste, manipule également une boîte à bidouillages qui lui sert de thérémine. Sans oublier le bassiste.

Le set s’ouvre par « Saul », une compo cinématographique (Ennio Morricone ?) dont la voix off semble hantée par Serge Gainsbourg. Plus funky, mais dans l’esprit d’Isaak Hayes, « Juliette dans la caravane » reproduit un schéma vocal similaire. Mais « Je rentrais par le bois… BB », malgré ces initiales, plonge déjà dans une forme de psyché-space-kraut-rock réminiscent d’un Hawkwind qui aurait opté pour la boîte à rythmes. Le début du show est bien équilibré et « Istanbul is sleepy » ainsi que l’hymnique « Shadow people » adoptent un profil mélodique que n’aurait pas renié Dandy Warhols. Et la petite sonorité de clavier vintage n’est pas étrangère à cette impression. Mais petit souci, on n’entend pas toujours très bien les paroles, même si les compos sont, en général, essentiellement instrumentales. Et puis, la structure des compos est souvent similaire. Un début plus ou moins pop, un riff hypnotique avec des boucles, puis l’expression sonore monte en intensité, de manière à créer une forme de transe, les musicos préposés à cet effet ne lésinant pas sur les digressions électriques et les bidouillages pour s’enfoncer dans une forme de tumulte (dé)sorganisé, parfois pendant de longues minutes, le drumming métronomique de Marie servant de fil conducteur. Et au fil de ces morceaux, les spectres de Can (NDR : pas étonnant puisque le groupe reprend son « Mother Sky ») et surtout de Spacemen 3 se mettent à planer. Ce qui au bout du compte n’est pas déplaisant, mais sans doute trop répétitif aux oreilles de votre serviteur. Heureusement, The Limiñanas nous réserve quelques moments de respiration ; à l’instar du très eighties « Funeral baby » (?!?!?) et du plus atmosphérique quoique mid tempo « Au début c’était le début », que chante Renaud Picard d’une voix qui emprunte curieusement les inflexions à Bashung. Par contre, le vindicatif « Que calor ! », vociféré dans la langue de Cervantès, ne passe vraiment pas la rampe et souffre de carence mélodique. Tout au long de la prestation, des extraits de films en noir et blanc sont projetés sur trois écrans en arrière-plan. Elles sont d’abord mues par un mouvement circulaire, avant que n’y défilent des images de Jeanne-Moreau, Romy Schneider, Lino Ventura, Can et bien d’autres…  

Marie se consacre au micro lors du premier titre du rappel. Elle interprète d’une voix laconique « Je m’en vais », même si elle reste sur place et reprend ses sticks afin de participer à un des moments les plus brillants du concert, à travers « Teenage kicks », la cover des Undertones. C’est Telefunken qui chante ce titre d’un ton quelque peu amusé avant de se déchaîner sur sa gratte devant son thérémine. Le concert va s’achever par une autre reprise, en l’occurrence « The Train Creep A-Loopin » de Tiny Bradshaw (un chanteur, pianiste, batteur et compositeur américain qui s’est illustré dans l’univers du jazz, puis du rhythm and blues, entre le début des années 30 et la fin des fifties), dans une version psyché-kraut-rock complètement déjantée et de nouveau dans l’esprit d’un certain… Spacemen 3 voire de Loop…

Sur le chemin du retour, Ludo, notre photographe, expliquait que la présence d’Anton Newcombe à la guitare et d’Emmanuelle Seignier au chant, lors du concert de L’Epée avaient apporté davantage de relief aux compos, et tout particulièrement les plus ‘motorik’, que nous avons estimées, ce soir, un peu trop monocordes…   

La première partie était assurée par Howlin’ Jaws, un trio guitare/(contre)basse/batterie parisien dont la musique s’inspire tantôt du rockabilly ou de la pop des 60’s. Les trois musicos participent aux vocaux et soignées, leurs harmonies vocales rappellent parfois celle des Beatles…

Voir aussi notre section photos ici

 

(Organisation Aéronef)

Setlist

Saul
Je rentrais par le bois... BB
Last Picture Show
Istanbul Is Sleepy
Shadow People
Juliette dans la caravane
Dimanche
The Gift
Funeral Baby
Crank (The Beach Bitches cover)
One of Us, One of Us, One of Us...
Que Calor!
Au début c'était le début
Ghost Rider
Mother Sky (Can cover)
Steeplechase

Rappel  

Je m'en vais
Teenage Kicks (The Undertones cover)
The Train Creep A-Loopin (Tiny Bradshaw and His Orchestra cover)

vendredi, 26 novembre 2021 17:37

Pas de rechute pour Curse Of Lono…

Lorsque vous avez perdu votre groupe, votre père, votre oncle et votre ex-partenaire en l'espace d'une année horrible, il est compréhensible que vous vous tourniez à nouveau vers les drogues dures. Pour Felix Bechtolsheimer de Curse Of Lono, heureusement, la rechute n'était que thématique. Il y a vingt ans qu'il est rentré à Londres après une expérience financée par le gouvernement sur la dépendance aux opiacés dans un hôpital psychiatrique allemand, portant cinq ans de dépendance à l'héroïne. Il a passé ensuite un an avec son oncle alcoolique, pour se désintoxiquer. Il n'a plus touché à la drogue depuis, mais même aujourd'hui, dans ses moments les plus sombres, elle s'infiltre dans ses paroles.

La drogue, la mort, le danger et la dépression sont les véritables malédictions qui hantent le troisième album de Curse Of Lono, « People In Cars ». Des thèmes rendus sombres, psychotropes et aussi immersifs que la brume des lagons par des sonorités mêlant The National, Wilco, Lee Hazelwood, Leonard Cohen et The War On Drugs dans de riches vapeurs alt country.

Extrait de ce futur opus, « Think I'm Alright Now » est disponible ici en clip ici et le premier single « Let Your Love Rain Down On Me », là

 


 
vendredi, 26 novembre 2021 17:32

Le parcours de vie d’Alex the Astronaut…

La chanteuse, compositrice et conteuse australienne, Alex the Astronaut vient de publier son nouveau single, "Growing Up". Dès le départ, la musique d'Alex the Astronaut est parvenue à capter l'attention parce qu'elle s'intéresse à ce qui fait de nous des êtres humains ; c’est ce que l'on retrouve dans "Growing Up". Elle a déclaré qu’il s’agissait de sa chanson préférée, la plus honnête qu’elle ait écrite’. "Growing Up" est sa première sortie depuis celle de son premier album, "The Theory of Absolutely Nothing" (2020).

Dans "Growing Up", Alex rumine le genre d'incertitude de la vie qui bouleverse la vision du monde, signalée par un refrain qui se construit et grandit par vagues. Après s'être retrouvée perdue et désorientée pendant la pandémie - comme la plupart d'entre nous, il faut bien l'avouer - Alex a commencé à chercher des réponses auprès de ses proches pour l'aider à s'en sortir.

Pour découvrir "Growing Up", c’est là.

 


 
jeudi, 18 novembre 2021 10:12

Un bon moment de rock’n’roll

Il y a 23 mois que votre serviteur n’avait plus assisté à un concert. Et finalement, celui de The Hives était une excellente opportunité pour reprendre le chemin des salles, vu sa réputation de groupe ‘live’. Hormis quelques singles, le band n’a rien sorti de neuf depuis 2012 ; et son dernier album remonte à 2012 (« Lex Hives »). On doit donc s’attendre à une setlist qui privilégiera les hits.

La salle est déjà bien remplie lorsque The Dahmers grimpe sur l’estrade. Egalement un combo suédois qui accompagne la tête d’affiche pour cette tournée. Avant que le set ne démarre, les baffles crachent « It's Not Unusual », un hit de Tom Jones qui remonte à 1965 ! Les quatre musiciens sont vêtus de noir, un squelette blanc dessiné sur leur combinaison. Deux d’entre eux, dont le lead singer se servent d’une guitare ‘flying V’, comme de nombreux solistes, dans l’univers du metal. D’ailleurs la musique proposée trempe dans une forme de garage aux accents métalliques, et tout particulièrement à travers les soli de gratte. Au bout de quelques morceaux, les références se dévoilent, oscillant des Ramones à Kiss, en passant par Thin Lizzy et les Misfits. Le line up est complété par un bassiste et un drummer. Le patronyme du band est inspiré du célèbre tueur en série, Jeffrey Dahmer, et reflète le goût du groupe pour les films d’horreur. En fait, c’est après avoir fêté une fête Halloween, en 2011, que les musiciens ont eu l’idée d’opter pour ce look.

Le set est énergique, très électrique, mais pas toujours très rigoureux, perdant ainsi en efficacité ce qu’il gagne en impétuosité. Moment insolite, lorsqu’au milieu du concert, le chanteur/guitariste troque sa six cordes contre un accordéon, apportant ainsi à la compo un air de guinguette qui sent bon la France. Et finalement, le public réservera au quartet un accueil plus que favorable, reflétant ainsi encore un besoin urgent, aussi bien pour les musiciens que l’auditoire, de revivre des concerts…

L’entrée en scène de The Hives est saluée par un tonnerre d’applaudissements. Tout d’abord, la section rythmique, puis les deux guitaristes. Et enfin Howlin’ Pelle Almqvist. Qui crie à plusieurs reprises « Come on ». C’est le titre qui ouvre le set, mais aussi une invitation à participer la fête. Et la réaction est immédiate dans la foule. Les gobelets de bière voltigent dans les airs, arrosant collatéralement, les spectateurs, dans la fosse. Près du podium, les exercices de crowdsurfing se multiplient. Un remue-ménage qui va durer tout le concert. Sur les planches, Almqvist fait le show. Il jongle avec son micro à la manière de Roger Daltrey, balance son pied de microphone comme un punching-ball, bondit, harangue la foule, l’invite à agiter les mains ou à les frapper en cadence, arpente l’estrade de long en large ou descend dans l’arène pour serrer des mains, et se laisse même porter par la foule. En fin de morceau, il prend régulièrement la pose d’une rock star. Petit bémol, il un peu trop tendance à ressasser les mêmes slogans, parfois longuement entre les morceaux, en français ou en anglais, (‘les filles, criez… les garçons criez… les garçons et les filles, criez…’), ce qui finalement ne permet pas à l’intensité du show d’atteindre son paroxysme. Deux roadies (également préposés aux percus et au pré-mixing), déguisés en ninja, se multiplient aux quatre coins du podium pour accorder les guitares, remettre le matos en place, tester un micro ou donner du mou à son câble, lorsque le vocaliste s’aventure dans la fosse… Quant aux musicos, ils sont vêtus de costumes noirs traversés de motifs d’éclairs blancs. Et quand les lumières s’éteignent pendant le spectacle, ces éclairs fulgurent dans l’obscurité. Mais au fil du concert, les musicos vont finir en chemise… détrempée… Derrière le groupe, une immense toile est tendue sur laquelle est imprimée son patronyme, en lettres caractéristiques, qu’il utilise depuis plus de 20 ans.

Des accents empruntés à Franz Ferdinand et aux Black Keys (ce riff de guitare !) pimentent « Won’t be long ».  Le drumming devient tribal (NDR : il est vraiment balaise, ce Chris Dangerous) pendant « Walk idiot walk », un morceau aux accords de grattes décapants. Les Paranoiacs hantent « Hate to say I told you so », un morceau au terme duquel, le batteur monte sur ses fûts. Pelle invite un jeune spectateur à prendre la place du bassiste, pendant deux ou trois minutes, et le gars s’en sort plutôt bien.

Il récupère un enfant de 10 voire douze ans, dans la fosse, masqué et casque sur les oreilles, parce qu’il se rend compte du danger créé par les mouvements de foule et l’installe en sécurité, à droite du podium.  

Le rappel est inévitable et la formation attaque « I’m alive », son titre le plus pop. Alqmvist annonce la grande finale, « Tick, tick boom », que la foule reprend en chœur. Le groupe se perd dans un drone de 30’, puis les musiciens restent figés comme des figures du musée Tussauds, pendant deux à trois minutes. Pelle n’oublie pas de présenter longuement ses musicos, avant que la formation ne reprenne le morceau en cours. Il demande à la foule de s’asseoir, et insiste pour qu’elle s’exécute. Et lorsqu’elle se relève, c’est dans un élan de folie, qu’elle participe enfin à l’explosion ultime…

Après la distribution des sticks par le batteur (adroit, il parvient à les envoyer jusqu’au balcon !), c’est bras-dessus, bras-dessous que le quintet et les deux ninjas viennent saluer l’auditoire, Pelle promettant de revenir très bientôt se produire dans la salle lilloise. On a quand même vécu un bon moment de rock’n’roll, et ça, ça fait du bien…

Setlist

  1. Come on
  2. Main offender
  3. Go right ahead
  4. Paint a picture
  5. Won’t be long
  6. Good samaritan
  7. Walk idiot walk
  8. Two timing touch and broken bones
  9. My time is coming
  10. See through head
  11. Hate to say I told you so

Rappel

  1. I’m alive
  2. Try it again
  3. Tick tick boom