Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Afghan Whigs
Afghan Whigs
Bernard Dagnies

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mardi, 04 novembre 2008 01:00

Cheer gone

Probablement excédé par les commentaires des journalistes spécialisés, qui n’ont jamais cessé de comparer sa musique à celle des Super Furry Animals, l’ex-leader de Gorky’s Zygotic Mynci a donc décidé d’emprunter une nouvelle orientation musicale. Laissant tomber, pour la circonstance, ses expérimentations acoustico-psychédéliques, pour embrasser un style davantage inspiré par la folk traditionnelle britannique (NDR : pensez à Steeleye Span plutôt qu’à Fairport Convention) et la country américaine (NDR : celle de Nashville, of course !) Pas étonnant quand on sait qu’il s’y est rendu pour enregistrer son opus, sous la houlette de Mark Nevers, le producteur de Lambchop. Et il faut reconnaître que la mise en forme est raffinée. Elle est même enrichie par quelques subtiles touches d’électro. Cependant, le sens mélodique du Gallois est toujours aussi insulaire. Et puis la voix de crooner, subrepticement médiévale (NDR : il chante aussi parfois en gaëlique) d’Euros est toujours aussi savoureuse et navigue à des années-lumière des vocalistes de roots music ou d’americana. Résultat des courses, les onze plages de cet opus, malgré la présence épisodique d’une steel guitar, d’un banjo, d’un violon, d’un piano, d’un harmonica et même de quelques accords de six cordes judicieusement électrifiés, et une incursion dans l’univers gothique appalachien (« My love is gone ») ou la présence d’un orgue ‘cathédralesque’ (« Medecine head »), émargent toujours à la pop typiquement britannique. 

Issue du Michigan, cette formation est née en 1994. Elle compte d’ailleurs plus d’une dizaine d’albums à son actif. Un quatuor dont le line up originel ne recense plus que le chanteur/guitariste Matthew Smith et le soliste Larry Ray. Compilation, « Wide awake in the spirit world » essaye de nous donner un aperçu de l’évolution du groupe. Malheureusement, les notes consignées sur la pochette sont insuffisamment explicites pour pouvoir s’y retrouver. En outre, les morceaux choisis ne mentionnent aucune date et se succèdent sans respecter la moindre logique. Dommage, car il aurait ainsi été plus facile de mieux comprendre la métamorphose de cette formation à l’origine très branchée par le psychédélisme sixties, pour finalement adhérer à une formule plus pop. Un psychédélisme évoquant tour à tour le Floyd circa Syd Barrett (surtout), The Move cuvée 1967, les Electric Prunes ou encore les Pretty Things. Et dans un registre plus contemporain Of Montreal (le légèrement cuivré « Pretty girls go insane »), les Warlocks (NDR : le puissant et indolent « The book of spectral projections) ou les Stone Roses sans la house (le final « See you next time »). Mélodies sinusoïdales, climat orientaliste (« Girl you have magic inside you » et sa remarquable version acoustique), guitares distordues, bourdonnantes, pétillantes, claviers rognés, etc., Outrageous Cherry a goûté à toutes les formes de psychédélisme possible et inimaginable avant d’opter pour un style plus accessible. Toujours inspiré par les sixties, mais davantage par les Beatles (NDR : ses battements de mains !) et surtout les Hollies. Ils ont ainsi parvenus à reproduire des  harmonies vocales aussi limpides et impeccables ; mais également à soigner d’une manière fort semblable le sens mélodique, un sens mélodique terriblement contagieux, presque hymnique. Vous en savez donc un peu plus sur ce groupe dont vous ne connaissiez sans doute même pas l’existence. Soyez rassurés, avant de recevoir cette compile, je n’en avais jamais entendu parler…

 

mardi, 04 novembre 2008 01:00

Beautiful future

On savait que Gillespie, le chanteur de Primal Scream, avait été le drummer de Jesus & Mary Chain. C’était au début des eighties ; mais je n’imaginais pas qu’un jour, il aurait replongé dans l’univers sonore des frères Reid. Pas tout au long du nouvel opus de sa formation ; mais sur plusieurs compos. A l’instar de l’excellent « Suicide Bomb », un morceau ponctué par des envolées de guitare noisy ‘psychocandidiennes’ ou encore du plus électro (Suicide ?) « I love to hurt (you love to ber hurt) », au cours duquel Bobby échange un duo vocal lubrique en compagnie de Lovefoxxx de CSS. Une chose est sûre, Primal Scream s’est reconverti aux eighties. Parfois sous une forme légère, quelque part entre new wave et disco ; insistant alors sur le rôle des synthés. Parfois aussi dans un esprit plus cold. Comme sur le superbe « Beautiful summer ». Drums martiaux et claviers rognés évoquent alors inévitablement le Joy Division. Quelques compos sont également teintées de glam. Celui de T Rex, pour être plus précis. Et je pense tout particulièrement à « The glory of love » ou au plus bluesy « Zombie man », un morceau balayé par des chœurs gospel. Une constante : les interventions particulièrement judicieuses de la basse. Et dès qu’il en a l’opportunité, Gary ‘Mani’ Mounfield la traduit en groove viscéral. Le single « Can’t go back » ainsi que l’enlevé « Necro hex blues », auquel collabore Josh Homme, le chanteur/guitariste de Queens Of The Stone Age, en sont les plus belles illustrations. En outre, ce dernier morceau est un des rares qui nous rappelle que le « Let it bleed » et « Exile on main street » des Stones ont longtemps hanté les nuits de Primal Scream. On épinglera encore la participation de Linda Thompson sur la reprise ouatée du Fleetwood Mac, « Over & Over » et puis la mise en forme opérée par Björn Yttling et Paul Epworth ; ce dernier mieux connu pour avoir aussi bossé en compagnie de Bloc Party.

jeudi, 30 octobre 2008 12:54

Un nouveau single pour Björk

Le nouveau single de Björk est disponible via téléchargement depuis ce 20 octobre. Il s’intitule « Nattura ». Ecrite et produite par Björk, cette chanson a reçu le concours de Thom Yorke de Radiohead aux backing vocaux, de Brian Chippendale (Lighting Bolt) aux drums, de Matthew Herbert aux synthés et à la basse et de Mark Bell aux boîtes à rythmes.

Pour plus d’infos : http://www.bjork.com et http://nattura.info

 

jeudi, 30 octobre 2008 12:50

Lily Allen décline sa responsabilité

Le second album de Lily Allen paraîtra ce 9 février 2009. Il sera précédé par le single « The fear ». Lors de sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de Robbie Williams, Mark Ronson, Common, Dizzee Rascal, Jamie T et de la formation Kaiser Chiefs.  

Tracklisting :

1) Everyone’s At It
2) The Fear
3) It’s Not Fair
4) 22
5) I Could Say
6) Go Back To the Start
7) Never Gonna Happen
8) Fuck You
9) Who’d’ve Known
10) Chinese
11) Him
12) He Wasn’t There

Pour plus d’infos : http://www.lilyallenmusic.com ethttp://www.myspace.com/lilymusic

 

mardi, 27 novembre 2018 17:25

Living with war

On a beau être fan de Neil Young, il y a des moments où on se demande s’il a encore toute sa tête. Flash-back : à l’issue de l’attentat perpétré le 11 septembre par les intégristes islamistes, Neil avait ouvertement pris parti pour l’administration Bush. Emporté par la spirale propagandiste du président des Etats-Unis et surtout de ses sbires, il avait même déclaré que l’invasion (NDR : la deuxième) des troupes US en Irak était parfaitement justifiée. Dans les années 80, il avait déjà défendu les idées d’une autre dangereuse marionnette : Ronald Reagan. Avant de s’excuser pour sa méprise. L’histoire est un éternel recommencement, puisque le Canadien vient de se rendre compte qu’il s’est encore fourvoyé. Et que GWB et sa bande ont mené l’Amérique en bateau. Voire au bord de la guerre mondiale. Sans oublier de rappeler les multiples dérives de l’infâme personnage qui utilise la religion pour se faire élire ou diviser le peuple tout en négligeant les populations noires, comme celles victimes du désastre qui s’est produit à la Nouvelle Orléans. Nous on veut bien, mais comme dirait Jacques Dutronc après avoir retourné sa veste, le voilà qui retourne son pantalon. Les Etats-Unis auraient besoin d’un leader. Un vrai. Un tatoué ! Et pourquoi pas une femme ou un homme de couleur ? Mieux vaut tard que jamais ; mais il aurait peut-être fallu qu’il explique pourquoi il a diamétralement changé d’avis…

On passe maintenant à l’aspect musical. Et là, c’est une excellente nouvelle. Après le décevant Prairie Wind, commis l’an dernier, Neil en est revenu à l’électricité la plus urgente, la plus vivifiante, la plus rageuse. Et sans son Crazy Horse ! Composé, écrit et enregistré en 9 jours, son 39ème elpee propose une majorité de plages sculptées dans l’électricité la plus blanche, la plus crue. Neil considère même cette musique comme du metal folk ! On n’est ainsi parfois plus très loin du Paisley Underground d’un Steve Wynn. Et il faut remonter à « Mirror ball » (1995), concocté en compagnie des musiciens de Pearl Jam ou « Ragged Glory » pour retrouver une telle débauche d’intensité électrique. D’ailleurs, des compos comme l’hypnotique et vindicatif « The restless consumer » (NDR : digne de « Southern man »), les hymniques « Shock and awe » et « Lookin’ for a leader » (« Rockin’ the free world » ?) ou le ‘dylanesque’ « Flags of freedom » valent leur pesant de bonnes vibrations. La touche d’originalité procède de la présence circonstancielle d’une trompette. Maintenant, tout n’est pas parfait. Parce qu’il y a deux flops magistraux. Deux titres qui prêtent à sourire. Tout d’abord le grotesque « Let’s impeach the president » (NDR : c’était pas destiné à une œuvre caritative ?) qui a réuni plus de 100 musiciens et chanteurs ; et puis le final « America the beautiful », sorte d’éloge grandiloquent de l’Amérique et de ses Américains (NDR : Joyeux Noël !). Drôle d’idée ! Mais il est vrai que le Canada fait également partie du continent américain… N’empêche, nonobstant l’un ou l’autre dérapage, il y a des lustres que le loner ne nous avait plus réservé un opus d’aussi bonne facture…

 

 

mardi, 25 juillet 2006 02:00

The Eraser

Premier album solo pour Thom Yorke, le chanteur de Radiohead. Un disque pour lequel il n’a reçu le concours que de Nigel Godrich. Et à la production. Peu d’instruments basiques sur cet opus. Un piano, quand même. Episodiquement une guitare ou une basse (NDR : à moins qu’il ne s’agisse de samples !) Des boîtes à rythmes. Et puis, une panoplie d’outils technologiques dont un laptop. Tout un canevas mis au service de la voix de Thom, auteur de chansons empreintes d’une grande mélancolie. Le falsetto de Thom Yorke n’a jamais été aussi fragile, bouleversant même. Et si Yorke poursuit ici les expérimentations électroniques opérées sur « Kid A » et « Amnesiac », il s'attache à soigner l’aspect mélodique de ses compos ; tramé sur des variations de curseurs et caractérisé par le récit d’une poésie, « Skip divided » constituant l’exception qui confirme la règle. A première écoute, l’ensemble de l’œuvre peut paraître monochrome ; mais au fil de l’album, on se rend compte que chacune des 9 plages de cet « Erasure » est chargée de nuances. A l’instar de « Black swan », dont le tempo tribal rappelle curieusement le climat afro entretenu par les Talking Heads de la fin des eighties. Du floydien « And it rained all night » circa « More ». De « Harrowdown hill », hanté par une ligne de basse étrangement funkysante. D’« Analyse », parcouru d’arpèges d’ivoires, ma foi fort classiques, mais s’achevant par une invitation à participer à un voyage cosmique. Du pulsant « Atoms for peace ». Ou encore de l’envoûtant « The clock ». Des morceaux qui affichent une véritable beauté intérieure. Et rien que le titre maître qui ouvre l’elpee vous donne une idée du climat émotionnel qui règne tout au long de ce disque. Tout bonnement remarquable.

mardi, 01 août 2006 02:00

Mosaic

16 Horsepower ayant splitté, David Eugene Edwards, le chanteur/compositeur/multi- instrumentiste/frontman a donc décidé de poursuivre ses aventures musicales au sein du projet Wovenhand, un projet qu’il avait entamé en parallèle avec 16HP. « Mosaic » constitue d’ailleurs déjà le 4ème opus de Wovenhand. Une formation à géométrie variable qui semble aujourd’hui s’être stabilisée à un trio : DEE, le claviériste Daniel MacMahon et le drummer Ordy Garrison. Evidemment, les réminiscences du défunt combo de Denver sont toujours bien présentes. Notamment à cause de la voix de David. Des influences que le combo puise dans la musique gothique, l’Americana, l’alt country, le bluegrass et le folk apalachien. Et enfin des thèmes philosophiques et spirituels abordés par Edwards : la foi, le péché, le salut, la rédemption et l’Esprit Saint. Amen ! Changement de cap quand même, puisque la musique médiévale est venue s’immiscer dans le décor sonore. Notamment à cause de la présence d’un harmonium et de chœurs monacaux. Et le résultat est tout à fait concluant. La plaque recèle même des compos absolument remarquables. Et je pense tout particulièrement à « Whistling girl » dont la délicatesse et la subtilité, appliquées aux instruments à cordes rappellent un Sun Kill Moon qui aurait décidé d’élever quelque peu le tempo. A « Dirty blue », dont la mélodie superbe, caressée par les accents du violon, vous flanque des frissons partout. Et le reste de l’opus est également au diapason. Parfois plus dramatique (« Deerskin doll »), martial et sinistre même (« Elktooth »), tribal (« Winter shakes »), complexe et incantatoire (NDR : sorte d’exorcisme, « Slota prow – Full armour » évoque à la fois Joy Division et Brian Eno) ou encore moyenâgeux (« Swedish purse »). Vraiment un excellent album !

 

 

mardi, 14 novembre 2006 01:00

A hundred miles off

Non ce n’est pas Bob Dylan qui est venu prêter sa voix pour enregistrer cet album, mais bien Hamilton Leithauser. Il ne prête d’ailleurs rien du tout puisqu’il est le chanteur de The Walkmen, un quintet issu de New York. Pourtant, le constat est troublant. Et franchement, vous pourriez facilement mettre en couleur 99% de vos cobayes. Maintenant, pour la musique c’est quand même fort différent. Tout d’abord, la formation est manifestement influencée par le Velvet Underground. Le phrasé de guitare dispensé par Paul Maroon en est la plus parfaite démonstration. Encore que parfois il vire au psychédélisme (NDR : ou à la noisy). Celui (NDR : ou celle) de My Bloody Valentine, pour ne rien vous cacher. Ce qui ne l’empêche pas d’opérer l’une ou l’autre incursion dans le surf. Un peu à la manière d’Alan Price Set. Une structure bien électrique sur laquelle The Walkmen tisse alors de multiples nuances. Mariachi (voire cajun), dès que les cuivres entrent dans la danse ou que le piano bar résonne un peu ‘ragtime’. Garage quand les claviers entretiennent un climat ‘vintage’, spectral, malsain. A cet instant, on ne peut s’empêcher de penser à un Sir Douglas Quintet en moins r’n’b. On a aussi droit à de la lo fi et du punk. Parfois à des percussions tribales. Le dernier morceau de l’elpee (« Another one goes by ») épouse même le tempo d’un paso doble. Côté lyrics, les chansons abordent des sujets souvent décadents, éthyliques. Et de ses conséquences… On a parfois même l’impression que les chansons de ce disque ressemblent à autant de fresques peintes par Toulouse-Lautrec. Et il y en a douze sur « A hundred miles off », le troisième opus de The Walkmen…

 

mardi, 24 octobre 2006 02:00

Dreams

The Whitest Boy Alive est un projet fondé à Berlin qui réunit le bassiste Marcin Öz, le drummer Sebastian Maschat, le claviériste Daniel Nentwig ainsi que le chanteur/guitariste norvégien Erlend Øye, mieux connu comme partenaire d’Eirik Glambek Bøe chez Kings Of Convenience. A l’origine (2003), le concept devait être consacré à la dance, mais l’orientation s’est rapidement tournée vers la pop/rock. Ce qui ne veut pas dire que la technologie moderne soit absente. Elle enrichit et raffine simplement la solution sonore. « Dreams » constitue leur premier album. Un disque dont les compos élégantes, contagieuses, soyeuses, capricieuses, savoureuses, mélancoliques, subrepticement ‘funkyjazzyfiantes’ auraient pu naître de la rencontre entre Kings of Convenience (of course), un Style Council sevré de r&b, Police circa « Regatta de blanc » et Luna. La voix très caractéristique d’Erlend Øye apportant la note chaleureuse, intimiste aux mélodies. Pas de titre faible sur cet opus, mais 10 chansons à faire tourner en boucle dans votre lecteur. Surtout lorsque vous êtes au calme, dans votre sofa, votre rafraîchissement préféré à portée de main…