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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

mardi, 11 juillet 2023 17:26

The big mess

Tanlines est un duo constitué d’Eric Emm et de Jesse Cohen. Mais sur « The big mess », ce dernier a très peu participé aux sessions d’enregistrement, trop occupé par sa carrière parallèle dans le marketing et son podcast musical ‘No effects’. Il a d’ailleurs accepté, de bonne grâce, qu’Éric continue l’aventure sous ce patronyme. Finalement, c’est Patrick Ford, considéré comme le troisième membre du groupe qui l’a suppléé.

Première constatation, la synthpop a cédé le relais à une musique davantage hybride. A cause de la place prise par les grattes. La basse, mais surtout la guitare. Cette dernière adopte même des tonalités surf sur « Clouds », un morceau dont la fin se révèle hymnique. Mais aussi « Hold on » où elle se mettent à carillonner, alors que le timbre d’Eric, enrobé de chœurs féminins, est aussi chaud que celui de Matt Berninger (NDR : curieusement, c’est Peter Katis, notamment producteur pour The National, qui a mixé l’opus). Et même surf/blues. Sur « Endless love », mais surtout tout au long de « Burns effect » (quoique quelques accents flamencos la traversent insidieusement), une plage que chante Emm, d’une voix rappelant ici, plutôt Chris Isaak. Et elle évoque encore celle de Jarvis Cocker (Pulp) sur « The age of innocence », une piste tapissée, en arrière-plan, de pedal steel. Il faut reconnaître que la voix d’Emm est superbe, bien timbrée, vibrante… Ce qui lui permet d’interpréter une ballade soul mid tempo romantique comme « Speed (?!?!).

Elégants, les synthés sont disposés en couches sur « Outer banks », un titre dynamisé par un drumming spasmodique. Cependant, hormis « The big mess », sur lequel John McEntire (Tortoise, The Sea & The Cake) se consacre à la batterie, les 10 autres pistes sont imprimées par une boîte à rythme, un peu trop binaire, malgré une ligne de basse quelquefois caustique (« Arm’s length away »), pour rendre les compos plus percutantes.

mardi, 11 juillet 2023 17:24

Ecstasy of ruin

Fondé en 2023, Autobahn (NDR : un énorme tube de Kraftwerk que le band a choisi comme patronyme) ne compte que 3 elpees à son actif. Quintet à l’origine, le band est aujourd’hui réduit à un quatuor. C’est le drummer qui a quitté la formation. Il a été remplacé par une boîte à rythmes.

La musique de ce groupe issu de Leeds s’inspire manifestement des eighties. Joy Division en tête. Pas étonnant quand on sait que son premier opus, « Dissemble » avait été produit par Martin Hannett. Et suivant une certaine logique, parmi les autres références on pourrait citer New Order. Mais aussi, pourquoi pas, The Wake, Section 25, Cassandra Complex, The Names, Siglo XX et Red Lorry Yellow Lorry, également originaire du chef-lieu de la région du Yorkshire-et-Humber. Mais qui aurait ajouté un peu plus d’électronique dans sa solution sonore. A l’instar du dansant « Silver » qui vire parfois à l’EBM (NDR : pensez à Front 242). Et le tout est abrasé par la voix ténébreuse, déclamatoire, virulente et parfois sinistre de Craig Johnson.

Certaines compos sont plus enlevées, comme le titre qui ouvre l’opus, « Post-history » ou le redoutable, intense et claustrophobe « Breather », au cours duquel, particulièrement dense, la base gronde. L’interlude instrumental « Cylinder » et le trop brouillon « Fields of blood » s’avèrent, a contrario, dispensables.

On épinglera quand même les excellents « Tension », « Ecstasy of ruin » (le titre maître) et le final « Class war », une plage aux riffs de guitare tranchants et au vocal presque hip hop, qui colle davantage à la vague néo post-punk qui sévit actuellement en Grande-Bretagne…

mardi, 11 juillet 2023 17:23

Waltz of the blades (Ep)

Altwain, c’est le projet solo d’Allan Krireche, qui milite également comme chanteur/guitariste chez JP Goulag. « Waltz of the blades » constitue son premier Ep, un disque qu’il a concocté à la maison, dans un 20m2. Vu les conditions d’enregistrement, vous vous doutez que le résultat est lo-fi ; et vous avez raison, même si la musique de ce Lyonnais est alimentée par un très organique guitare/basse/guitare qu’il a overdubbé, tout comme sa voix qu’il parvient également à transformer en backing vocaux.

Découpé en 6 plages, cet Ep s’ouvre par « Just don’t try », une compo qui lorgne avec insistance vers Guided By Voices. Et recèle dans la berceuse mid tempo « Elliott », une compo qui rend plus que probablement hommage à Elliott Smith, une piste au cours de laquelle la basse sert de contre-mélodie. Les interventions de six cordes sont souvent carillonnantes voire tintinnabulantes. Et l’Ep s’achève par le morceau maître, une valse (NDR : vu le titre !) qui nous replonge dans un climat pop aux forts relents sixties…

mardi, 11 juillet 2023 17:22

Wicca Phase Springs Eternal

Wicca Phase Springs Eternal, c’est le projet du chanteur, compositeur et multi-instrumentiste Adam McIlwee. Originaire de Scranton, en Pennsylvanie, il est également le fondateur du groupe Tigers Jaw, qu’il a quitté depuis. Mais a également sévi chez GothBoiClique, Thraxxhouse, Misery Club et Pay for Pain. Sans oublier ses multiples collaborations. Pour enregistrer cet elpee éponyme, il a quand même reçu le concours de et Zola Jesus qui partage un duo vocal sur « Mystery I’m tied to you. Une des deux plages acoustiques du long playing. La seconde s’intitule « It’s getting dark ». Le reste de l’opus est dominé par l’électronique, même si on y croise des interventions de guitare réverbérées et de basses organiques. Organiques comme certaines sonorités de synthés atmosphériques qui nous replongent dans l’univers krautrock de Tangerine Dream (le titre maître qui ouvre cet LP). Mais en général, Adam se sert de toute la panoplie de synthés de pointe, dont les plus effervescents et tumultueux s’avèrent les plus intéressants, une boîte à rythmes 808 capable de reproduire des breakbeats 80’s et 90’s ainsi que des tas de percus, dont certaines rappellent celles utilisées sur le « Vienna » d’Ultravox (« Open portal », « Assembly »).  Malheureusement, deux morceaux virent un peu trip facilement au ‘tchack, tchack boum’, « One silhouette » et « Who’s watching me ».

Enfin, emphatiques, parfois incantatoires, les intonations vocales de McIlwee rappellent celles de Grian Chatten (Fontaines DC).

Multi-instrumentiste et ingénieur/producteur, Jonathan Wilson a, notamment, bossé en compagnie d’Elvis Costello, de Bonnie Prince Billie et d’Erykah Badu, et a produit des albums pour Father John Misty, Margo Price, Billy Strings, Conor Oberst, Roy Harper, Dawes et Angel Olsen, pour n'en citer que quelques-uns. Et puis cet artiste accompagne régulièrement Roger Waters, en tournée, comme guitariste et chanteur.

Wilson sortira un nouvel album, « Eat the worm » le 8 septembre. En attendant, il nous propose son single, « Charlie Parker », sous forme de clip animé. Il est superbe et disponible

 

 

Weird Nightmare, le nouveau projet d'Alex Edkins de METZ, a repris le "She's the One" des Ramones. Edkins livre une interprétation rafraîchissante et discrète de ce classique du punk rock, mettant en valeur les harmonies à la Beatles, la guitare fuzz inspirée de Duane Eddy et la pedal steel jouée par Aaron Goldstein.

"She's the One" est disponible ici

En concert le 12 septembre au Vooruit de Gand

 

lundi, 03 juillet 2023 16:46

La triple adoration de Sprints…

« Adore Adore Adore », c’est le nouveau single de Sprints, une formation dublinoise dont le premier album, « The back catalogue », est paru en décembre 2022. Comme son titre l’indique, il s’agit d’une compile réunissant des singles et des morceaux issus de ses Eps. Donc pas de véritable opus à ce jour.

Dans « Adore Adore Adore », Karla Chubb réfléchit à son expérience en tant que leader du groupe Sprints : une femme à la tête d'un groupe punk soumis à des normes patriarcales d'acceptabilité.

Elle a ainsi déclaré : ‘On attend toujours de moi un comportement différent de celui des autres membres de Sprints. Je suis censée entrer dans leur moule et leur donner ce qu'ils veulent, et non pas faire ce que je suis censée faire. Alors, à une époque où les droits des transgenres sont attaqués, où les gens essaient de nous imposer ce qu'ils pensent qu'une femme est ou devrait être, c'est l'expression extérieure de ma propre frustration, de ma lutte et de ma rage.’

Le clip de « Adore Adore Adore » est à voir et écouter

 

 

Au sein de Mayflower Madame, du line up originel, il ne reste plus que le chanteur/guitariste/bassiste Trond Fagernes et le batteur J. Kyrkjeeide Ola. La musique de cette formation norvégienne s’inspire du post punk, Cure, Bauhaus et Joy Division en tête, mais aussi du psychédélisme, et tout particulièrement celui de Syd Barrett, mais également d’incontournables icônes du rock comme The Velvet Underground et Sonic Youth.

Trond Fagernes avoue être un fan de films reflétant l’expressionnisme allemand mais aussi du surréalisme. Il a un penchant pour l’esthétique du noir et blanc. Il peut ainsi s’appuyer sur sa compagne, Astrid Serck, peintre, graphiste et vidéaste, avec qui il partage de nombreuses affinités esthétiques…

« Prepared for a Nightmare », c’est le titre de son nouvel elpee, et « Dresden » qui en est extrait, est disponible sous forme de clip ici.

 

Formé à Lyon en 2019, De Marbre est né de la volonté de quatre musiciens aux influences diverses de créer un univers oscillant entre les tensions post punk de Killing Joke, les ambiances éthérées de The Cure, les dissonances noise rock et envolées psychédéliques.

De Marbre délivre des compositions ‘darkédélic’ fougueuses, sur lesquelles les textes habités et passionnés chantés, criés, scandés en anglais et en français créent un espace où s'entremêlent colère et élégance susceptibles de rappeler la plume de certaines compos de Young Gods.

Le premier album « Feu de veines » confirme une direction esthétique aux confins des styles et d'émotions non censurées, un univers riche et labyrinthique, un endroit où l'obscurité génère sa propre lumière.

L’album « Feu de veines » est paru le 31 mars 2023, et il est en écoute

 

dimanche, 02 juillet 2023 10:57

La défaite d’Animal Collective…

Animal Collective publie aujourd'hui un nouveau single intitulé "Defeat". Enregistré sous la houlette du producteur Russell Elevado (D'Angelo, Kamasi Washington, The Roots) cette épopée de 22 minutes est une ode sans concession à la persévérance et à l'espoir, à la nécessité de rester ancré comme l'épicéa lorsque la terre semble se dérober sous nos pieds. ‘Qu'est-ce que nous sommes devenus ?’ chante Avey Tare dans un crochet irrépressible, criant la question d'une manière qui exclut que nous puissions encore devenir quelque chose de plus. Le final au ralenti de la chanson ressemble à une vision fantaisiste de ce qui nous attend : un endroit plus calme où nous pourrons prospérer ensemble, et non séparément. C'est la saga magnifique et rédemptrice d'Animal Collective condensée en une suite inoubliable, une chanson pour tenir bon alors que le monde tourne en avant, toujours plus vite.

"Defeat" a reçu le concours de quelques invités dont Samara Lubelski (violon), Leila Bordreuil (violoncelle) et Ben Chapoteau-Katz (saxophone). Et il est en écoute

L'album "Defeat" sortira en édition limitée le 25 août 2023 et sera accompagné de la face B "The Challenge (Live Edit)". "The Challenge" est un morceau complètement improvisé qui n'a été joué que devant un public et qui a été créé comme une introduction non répétée à la chanson "Strung With Everything" pendant que le groupe était en tournée l'année dernière. La version enregistrée qui figure sur le disque de 12 pouces a été collée à partir de 11 concerts différents entre mars et septembre 2022…

 

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