Teresa James est née à Houston, au Texas. Elle s’est cependant établie, il y a quelques années à Los Angeles. Elle y drive ses Rhythm Tramps. Mais son style musical est surtout marqué par son Texas natal et la Nouvelle Orléans. Elle sillonne les routes du blues depuis de nombreuses années et comptait déjà six albums à son actif, avant de publier ce "You know you love it". Pour concocter cet elpee, elle est soutenue par ses Rhythm Tramps ; c’est-à-dire le guitariste Billy Watts, le saxophoniste Jerry Peterson, la drummeuse/percussionniste Miss Debra Dobkin, le bassiste Terry Wilson ainsi que le notoire Tony Braunagel (deux ex-Back Street Crawler), également à la batterie, mais surtout à la production. Parmi les invités figurent John ‘Rabbit’ Bundrick (également un ex-Back Street Crawler) et Mike Finnigan à l'orgue ainsi que John Cleary au piano.
Excellent, "Hug yourself" ouvre l’elpee. Le tempo est puissant, très southern blues. Les percus sont bien à l'avant, les cuivres sont omniprésents. La musique baigne dans l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. Le timbre vocal de Teresa libère suffisamment d’intensité naturelle pour affronter ce style subtilement funky. Caractérisé par cette belle complicité échangée entre le piano de Miss James et les cordes de Watts, "Talk to the hand" persévère dans le même registre. Une compo dont l’impact est direct. Rauque et légèrement forcée, la voix impose sa loi ; d’ailleurs tous les musiciens sont à son service. Ce qui ne les empêche pas d’être brillants. Le tempo accélère et devient franchement rock'n'roll (NDR : cette rythmique stonienne !) sur "It ain't my bad this time". Teresa chante divinement "A good day to cry", une superbe ballade sudiste. Elle manifeste beaucoup de présence, a de la réserve et s'en sert fort bien! Jerry Peterson en profite pour prendre son billet de sortie au saxophone ; et c'est le bonheur. Elle reprend la route qui mène Memphis à New Orleans pour attaquer "It might be Memphis", un bon vieux rock'n'roll balisé par le rythme du piano. Funk/R&B, "She don't mess with his buzz" met en exergue les interventions de cuivres. Tendre ballade, "The good old days" baigne dans l'ambiance insouciante de la fin des fifties, début des sixties. Teresa chante "Sunday shoes" d’une voix délicieuse, un blues fin de soirée, qu'elle aborde seule au piano, avant d'être rejointe par ses partenaires. Une compo tout à fait bouleversante. La Louisiane est aussi le berceau du zydeco, un style joyeux et festif entraîné par l’accordéon. Une ambiance très caractéristique rencontrée tout au long de "Whine, whine, whine". Le blues de "You got me where it hurts" fleure bon le Mississippi voisin. La guitare libère des sonorités primaires, pendant que Teresa chante sur un ton nonchalant. Une ambiance lugubre envahit "Look for a thang". Sonorités de claviers, percus, le sax de Jerry, mais surtout la guitare reverb entretiennent cette atmosphère, pendant que Teresa nous entraîne, la nuit tombante, au bord des swamps proches de la vieille cité de New Orleans. De toute bonne facture, cet opus s’achève par "You know you love it", une compo sauvage, imprimée sur un tempo rock'n'roll, au cours de laquelle tous les musiciens prennent leur pied avant de se retirer…

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