Une question s'impose : pourquoi ce groupe, qui n'en est pas à son coup d'essai, souffre-t-il d'un si parfait anonymat? Pineapple Thief ballade sa pop nonchalante et optimiste tout au long d'un album aimable et savoureux. Dès la première plage, on pénètre un univers personnalisé mais accueillant. Chaque pièce en est une petite perle. La plupart des plages sont emmenées par la guitare sèche, mais intègrent des sonorités très variées, notamment grâce à des samples. Plusieurs pourraient faire des hits FM tant elles sont accrocheuses et facilement mémorisables ('Lay on the Tracks', 'Incubate', 'Preserve'). D'autres prennent bien le temps de se développer ('Kid Chameleon') ou enfilent une parure progressive à la faveur d'un break ('Doppler'). Mais hormis la plage titulaire, un peu plus torturée, et 'pvs', plus longuement développées, toutes imposent leur beauté sereine. On pense parfois furtivement à Oasis (sans la morgue) ou à Coldplay (en moins dépouillé). Mais le nom qui revient le plus souvent en tête est Porcupine Tree ('pvs'), encore que les figures de style soient ici bien moins systématiques, ce qui confère à l'ensemble une fluidité naturelle et une fraîcheur juvénile du plus bel effet. La voix de Bruce Soord, adolescente et sensuelle, colore les mélodies de teintes chaleureuses. Le seul petit reproche va à la production, qui manque de clarté. Ce qui n'empêche pas ce '137' d'être une belle réussite !

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