Ce qu'Unbelievable Truth vient de nous pondre trouvera plus que probablement sa place parmi les plus belles œuvres de cette année 2000. Un album qui creuse encore l'énorme fossé existant entre ce que fait la bande à Andy Yorke et celle du frérot Thom (Radiohead). Alors que l'Angleterre se convertit insidieusement au Radioheadisme (Travis, Muse, Coldplay,…), le trio ose un opus aux références bien plus éclectiques, tout en libérant une formidable énergie. Un opus, cependant, beaucoup moins accessible que son précédent, " Almost here ". Il faut d'ailleurs se farcir plusieurs écoutes avant que ce " Sorrythankyou " ne produise ses effets. Passant de la vitalité bouillonnante des guitares électriques à la tendresse féminine du piano ou d'une sèche, des atmosphères étranges aux sonorités plus classiques ; alternant structure décousue puis recousue, Andy déclame ses poèmes mélancoliques sur d'irrésistibles mélodies. Un fait tellement rare pour une formation insulaire, que nous sommes incapables de leur coller une étiquette musicale. Encore que parfois, nous pensons à Sophia ou à Deacon Blue. Mais j'arrête ici les comparaisons. En seulement deux albums, Unbelievable Truth a atteint un stade que certains artistes ne connaîtront jamais. Un degré de maturité musicale caractérisé par l'intelligence lyrique et la fraîcheur mélodique. Le New Musical Express rapportait qu'avec cette formation, il n'y avait pas de demi-mesure. Un peu comme lors d'une relation sentimentale, si on est amoureux ou indifférent. Dans ce cas de figure, disons que je viens d'être victime d'un coup de foudre…

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