Au cours des trois dernières années, Hugo Race s’est montré particulièrement productif. Non seulement il a multiplié les projets les plus divers, mais flanqué de True Spirit, il a commis « The Goldstreet Sessions » en 2003, « Live in Monaco » l’année suivante et « Ambuscado », l’année dernière. Ce qui nous change des habitudes de l’Australien, car il avait fallu attendre quatre longues années avant qu’il ne se décide à retourner en studio avec son groupe (« Last Frontier », en 1999). Bref, Hugo respire la forme ; et son nouvel opus, « Taoist Priests » en est la plus parfaite illustration. Un disque intense, climatique, envoûtant, complexe, parfois cosmique, mais aux mélodies soignées qui confirme que l’artiste visionnaire atteint la pleine maturité. Il ne faut pas perdre de vue qu’il a participé à la confection de 6 albums des Bad Seeds ; et que si son aventure chez Wreckery n’a guère été médiatisée, elle a quand même accouché d’une discographie fort intéressante, dont trois elpees et deux Eps. Hugo possède une voix chaude, graveleuse, confidente, dont le timbre navigue quelque part entre celui de Tom Waits et de Chris Rea. Parfois même, on a l’impression qu’il chuchote à votre oreille. Côté musical, les 13 fragments de l’elpee oscillent entre le psyché/indus (le titre maître) au trip hop (le morceau caché), en passant par le post blues marécageux au refrain hymnique, contagieux « Ready to go », l’énigmatique « I know you », le savoureux « On the bright side », plage imprimée sur un mid tempo (Tony Joe White ?), la ballade narrative, confessionnelle, « Into the wood » (Chris Rea rencontre Léonard Cohen), l’instrumental cinématique « Beyond Babylon (autre rencontre hypothétique, mais cette fois entre Ennio Morricone et Tuxedo Moon), les floydiens sous leur forme lunaire la plus sombre « Unknown 04 » et « Walker », l’alt country « Cold mother » (Wilco ?), le blues indolent et spectral « Don’t mess around », l’incantatoire « Daytuna » (Robert Wyatt ?) et l’hymnique « Pray on », une compo balayée de chœurs et de cloches. Maintenant, il ne faut pas oublier le rôle des musiciens de True Spirit. Et en particulier du trompettiste Michelangelo Russo, dont les interventions cuivrées, jazzyfiantes, apportent davantage de profondeur à l’expression sonore.

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