La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

dimanche, 05 juillet 2009 12:50

Un double ‘live’ pour Cali

Cali vient de sortir un double live. Intitulé « Le Bruit de ma vie » il propose une face acoustique, immortalisée lors de sa tournée « Nu » ; et en particulier lors de ses concerts accordés à Mons ainsi qu’à Tournai et une autre électrique. 29 titres qui témoignent de l’amour que porte Bruno à la scène et à son public.

Tracklisting

Cd 1:

1.  1000 coeurs debout (Bruxelles)   
2.  Je ne te reconnais plus (Clermont-Ferrand) 
3.  Comme j'étais en vie (Rennes)   
4.  Pensons à l'avenir (Saint-Étienne)
5.  Paola (Nantes)   
6.  Je m'en vais (Limoges)   
7.  Elle m'a dit (Nantes)   
8.  L'exil (Caen)   
9.  Pas la guerre (Bruxelles)   
10.  Le droit des pères (Bruxelles)    
11.  L'espoir (Nantes)    
12.  Je te souhaite à mon pire ennemi (Rennes)    
13.  Dolorosa (Clermont-Ferrand)   

Cd 2:

1.  L'espoir
2.  Tes désirs font désordre
3.  Je me sens belle
4.  Résistance
5.  Comme j'étais en vie
6.  Menteur
7.  Qu'est-ce qui va pas mon amour
8.  Les beaux jours approchent
9.  Giuseppe et Maria
10.  Els Segadors
11.  Pour Jane
12.  Le grand jour
13.  Roberta
14.  Sophie Calle n°108
15.  Je m'en vais
16.  1000 coeurs debout

Pour plus d’infos : http://www.calimusic.fr

 

mercredi, 31 mars 1993 03:00

Nostalgique du ‘Paisley Underground’

Figure de proue de la scène underground californienne de la fin des seventies et du début des eighties, Chris Cacavas vient d'accomplir une tournée en compagnie du Giant Sand de Howe Gelb. Un périple qui fait d'ailleurs suite à l'enregistrement en commun de l'album "Center of the Universe". Cacavas est surtout connu pour son rôle de claviériste joué au sein de Green On Red, un groupe qu'il a quitté apparemment brouillé avec Dan Stuart et Chuck Prophett. Mais là, c'est une autre histoire. Pourtant, ce musicien accompli, doué d'une superbe voix, capable de troquer son orgue contre une guitare avec une aisance surprenante, dégage une sympathie naturelle. Il ne compte d'ailleurs que des amis parmi les musiciens qui ont vécu ou été impliqué dans le ‘Paisley Underground’, dont Howe Gelb qui participe également à cet entretien (voir également l’interview qui est consacrée à Giant Sand)

Lorsque tu as quitté Green On Red, tes relations avec Dan Stuart et Chuck  Prophett étaient loin d'être au beau fixe, que s'est-il donc passé ? Regrettes-tu d'avoir joué au sein de ce groupe ?

Chris Cacavas : (en grommelant) Difficile à expliquer. Je ne me rappelle plus des raisons exactes (NDR : ou il ne souhaite pas les divulguer). Tu sais, lorsque j'ai joué au sein de Green On Red, on ne peut pas dire que le courant soit toujours bien passé entre eux et moi et puis, mon rôle se limitait à assurer les claviers. Pas évident de vivre avec ces deux types. Ce qui ne signifie pas nécessairement que je regrette cette aventure, car elle m'a procuré une certaine expérience. Mais Green On Red était d'abord le groupe de Dan Stuart.

Tu as vécu le ‘Paisley Underground’ qui a sévi à Los Angeles au début des eighties ; n'as-tu pas la nostalgie de cette époque ? Que reste-t-il de ce passé prestigieux ?

C.C. : Un peu nostalgique quand même. Tous les musiciens se connaissaient, et la plupart sont restés des amis. Nous faisions ensemble des jams et n'hésitions pas à remplacer quelqu'un au pied levé lorsque c'était nécessaire. Les concerts étaient excellents, et ils dégageaient une formidable ambiance... Aujourd'hui, on nous compare à des profs. Personnellement, je n'aime pas beaucoup d'être comparé à un prof. Mais certains (NDR : Chuck Prophett et Dan Stuart ?) cultivent ce complexe de supériorité. C'est ridicule ! Il faut rester humble et s'ouvrir aux autres. Et particulièrement aux jeunes musiciens. Nous aussi nous avons eu des débuts difficiles... tu comprends ce que je veux dire ? Maintenant, le passé, c'est le passé et il vaut mieux vivre avec son temps...

Pourquoi a-t-on qualifié cette musique de psychédélique ? Y a-t-il, comme lors des sixties, une relation avec la consommation de drogues ? 

C.C. : Cette musique avait quelque chose de psychédélique, et de nombreux musiciens ont eu recours aux hallucinogènes ; mais je ne pense pas que cette scène reposait uniquement sur la consommation de drogues...

Tous les groupes issus de ce ‘Paisley Underground’ reconnaissent pour influence majeure les Byrds, et particulièrement Gene Clark. As-tu eu la chance, un jour de monter sur scène avec lui ? Que représente pour toi cette légende ?

Howe Gelb : J'ai joué avec lui !

C.C. : Je suis un fan des Byrds. Mais je regrette que des gens se procurent leurs disques pour les décortiquer, et que des artistes interprètent leurs chansons sans se soucier du message qu'il véhicule. Lorsque j'ai écouté les Byrds pour la première fois, j'ai été très ému. C'est une émotion que je ne puis décrire ; alors, tu comprends pourquoi je n'accepte pas que l'on en fasse des exercices de style. Je m'estime incapable de chanter correctement une chanson de Gene. Certains prennent pourtant le risque, mais avec quel résultat, je te le demande ?

Comment expliques-tu que des groupes comme Long Ryders et Green On Red aient eu ou ont encore des racines ‘country’ ?

C.C. : En ce qui concerne G.O.R., je pense qu'elles sont dues au passé de Dan Stuart. Il a séjourné tellement longtemps en Australie, qu'il se prend pour un cowboy. Il porte même encore aujourd'hui des chapes (NDR : jambières d'équitation)
H.G. : Même qu'il a peur de sourire de peur d'attraper des gerçures !...

En tant que claviériste, as-tu un modèle ?

C.C. : Oui et non. Disons que j'admire beaucoup Bent Montench, le claviériste de Tom Petty, et l'organiste de jazz Jimmy Smith.

Pas Ray Manzarek ?

C. C. : J'apprécie les Doors dans leur ensemble. A une certaine époque je n'écoutais rien d'autre. Et figure-toi que je n'ai jamais atteint mon point de saturation. C'est un groupe toujours aussi fabuleux, et j'aime toujours sa musique.

Les Doors représentent-ils encore quelque chose à Los Angeles, aujourd'hui ?

C.C. : Oui... plus ou moins... pas tellement (rires)

Lorsque tu composes, à quoi accordes-tu le plus d'importance, à la musique ou aux lyrics ? Qu'est-ce qui t'inspire pour écrire ?

C.C. : Ce qui me vient le plus facilement à l'esprit, c'est la musique. L'élaboration des textes est plus laborieuse. Mais je n'ai pas d'exclusive en ce qui concerne les sources d'inspiration. Cela peut être une réaction à un film auquel je viens d'assister, à un livre que je viens de lire ou à une expérience que je viens de vivre...

En 1985, tu as participé à l'album de Giant Sand, "Valley Of Rain".  Comment t'es venue l'idée de recommencer cette collaboration pour "Center Of The Universe", puis de participer à la tournée du groupe ?

C.C. : Ce "Valley Of Rain" remonte déjà à un bon bout de temps. C'était juste avant la naissance de mon premier enfant. Cela doit être en 1985, tu as raison. En fait, j'ai surtout contribué à la confection du single qui porte le même nom. Nous avions pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble, et avions convenu de reproduire l'expérience, mais les aléas de la vie ne nous avaient pas permis de la concrétiser plus tôt. Je ne regrette d'ailleurs pas cette décision, et je suis prêt à la renouveler...

Que comptes-tu faire à l'issue de cette tournée ?

C.C. : Me rendre à Disneyland (rires...) Je n'en sais trop rien. Me concentrer davantage sur mon propre travail. Me débrouiller pour que mon album puisse être distribué normalement en Europe. Reprendre mes activités de musicien de studio, prendre part à l'enregistrement des disques de mes amis.

Quel est le partenaire que tu préfères à la guitare ?

H.G. : Dis le, dis le !
C.C. : C'est Howe Gelb.
H.G. : Et moi, mon claviériste préféré, c'est Chris Cacavas.
C.C. : Faux cul ! (rires)

Interview (adaptée) parue dans le n°11 du magazine Mofo de mars 1993.

 

Giant Sand est un projet monté par Howe Gelb au beau milieu des années 80. Bien que né au Nord des Appalaches, Howe Gelb a véritablement entamé ses aventures musicales à Tucson, dans l’Arizona ; là où il avait émigré. Avant de se lancer dans le projet Giant Sand, il a milité chez les Giant Sandworms (NDR : commettant même un Ep passé complètement inaperçu), puis sorti un elpee sous l’étiquette de The Band Of Rocky Blanchette, disque édité par le défunt et mythique label parisien New Rose (NDR : un second long playing de ce combo, intitulé « Hertland », paraîtra même en 1986). C’est en 1985, que Giant Sand sort son premier opus : « Valley of Rain », un disque pour lequel il reçoit le concours du bassiste Scott Garber et du drummer Tom Larkins. Si on implique Giant Sand dans le mouvement ‘Paisley Underground’, c’est à cause de ses relations qui lui ont permis de côtoyer des musiciens comme Steve Wynn, John Convertino et Joey Burns (NDR : ces deux derniers ont même sévi chez le Géant de Sable, juste avant de fonder Calexico) ainsi que Chris Cacavas (NDR : voir également l’interview qui lui est consacrée). John, Joe et Chris accompagnaient même Howe pour la tournée mondiale de Giant Sand, début 1993, un périple destiné à promotionner l’album « Center of the Universe », auquel les trois protagonistes avaient participé. Le 6 février 1993, le band se produisait même à De Kreun, à Courtrai. Pour un set particulièrement halluciné. Faut dire qu’à l’époque, la musique du G.S. était très expérimentale. Surtout en ‘live’. Une sorte de country/psyché/jazz/blues qui aurait pu naître d’un hypothétique bœuf entre Captain Beefheart, Tom Waits, Thelonious Monk et Neil Young. Bref, la musique de Giant Sand est avant tout alternative. Apre, sulfureuse, urbaine, elle est en outre soulignée de textes très élaborés. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à les qualifier de kafkaïens. Rencontre donc avec un personnage, ma foi agréable, mais qui formule le plus souvent des réponses à prendre au second degré, lorsqu'elles n'atteignent  pas le stade de la dérision à l'état pur. Jugez plutôt du résultat...

Howe Gelb est-il ton véritable nom ?

H.G. : Oui, j'en ai bien peur !

Dans la mythologie du rock'n roll, quels sont les artistes qui t'ont le plus marqué ?

H.G. : Mott The Hoople!

Tiens, j'aurais parié que tu me cites Johnny Winter, Woodie Guthrie et Neil Young.

H.G. : D'un point de vue artistique, ce sont de véritables monuments qui ont toujours affiché une forte sensibilité musicale. Mais ce sont aussi des citoyens américains qui paient leurs taxes comme moi et présentent probablement une anatomie semblable à la mienne (!!!)

N'as-tu jamais rêvé d'assurer la première partie d'une tournée de Neil Young ?

H.G. : Surtout pas ! C'est beaucoup trop dangereux ! Le rythme des prestations est tellement élevé que j'en perdrai la carte. Je ne tiens pas à vivre sur les routes pendant des mois et être astreint à me taper chaque soir un concert. Il faut être fou pour assurer la première partie des tournées de Neil Young !

Combien d'albums as-tu enregistré ?

H.G. : Huit en compagnie de Giant Sand. Onze ou douze si on tient compte des albums solos. J'ai également participé aux projets d'autres artistes. Mais là, je ne me souviens plus très bien...

Pourquoi le désert et le sable sont-ils omniprésents dans ton œuvre ?

H.G. : Je suis amusé d'entendre parler de l'omniprésence du sable du désert dans mon œuvre. Il n'est pas à l'intérieur, mais autour...

Tu as quand même une vision du monde bien particulière ?

H.G. : J'aime cultiver les choses troubles, à double sens (NDR : on s'en serait douté!), mais je n'ai pas de vision du monde très précise.

Tes lyrics semblent exprimer un bien-être, un spleen ou une expression violente à l'encontre de ce qui te déplaît. Est-ce la raison pour laquelle ta musique est tantôt douce, violente, complexe ou difficile ?

H.G. : Selon que je suis heureux, triste ou irrité, mon inspiration se modifie. C'est un état d'esprit qui a une répercussion sur mes textes et ma musique.  Et comme je suis extrêmement sensible aux évènements de la vie, ils peuvent paraître versatiles...

Te sens-tu inspiré par la littérature absurde ? Par Joyce, Beckett et Kafka en particulier ?

H.G. : Kafka est-il absurde ? C'est un excellent musicien et je me suis procuré son dernier album la semaine dernière... (rires)

Mais encore ? Tu as lu Kafka ?

H.G. : Je ne peux le nier, mais chacun en retire ce qu'il veut bien !

Que penses-tu de la mort ?

H.G. : Lorsque tu mets chauffer l'eau et qu'elle commence à bouillir, elle dégage de la vapeur... elle se meurt. L'âme de l'eau se détache alors du liquide. C'est la même chose lorsque nous nous éteignons... nous nous évaporons, nous nous transformons en un état gazeux...

De Dieu et de la religion ?

H.G. : Les deux choses ne sont pas nécessairement  liées...
John Convertino : Dieu est une relation personnelle, tandis que la religion crée Dieu.

Retournes-tu encore parfois à Tucson ? Y-a-t-il une scène spécifique en Arizona ?

H.G. : Je rentre à Tucson pour y retrouver ma famille. Ma petite fille s'y trouve pour l'instant. Il n'existe aucune scène en Arizona. Si tu trempes dans le rock'n roll, tu cherches les meilleurs studios d'enregistrements et les meilleurs musiciens de studio ; or ce n'est pas à Tucson que tu les trouveras. C'est la raison pour laquelle j'ai souvent séjourné en Californie ; et qu'aujourd'hui je vis à New York. C'est juste pour mon travail.

Que penses-tu de la phobie des groupes américains qui s'entassent à Seattle pour chercher fortune? Du noisy rock et du grunge en particulier?

H.G. : Un phénomène ou une phobie? Je ne sais pas pourquoi ! Sans doute pour gagner autant de fric que Nirvana. Ils vont bientôt devoir se marcher dessus pour se faire une petite place. Et je ne vais certainement pas allonger la liste. Le grunge? C'est une affaire privée... (???). Noisy? Regarde autour de nous, l'environnement est noisy... (???).

Bernard Dagnies

Interview (adaptée) parue dans le n°11 du magazine Mofo de mars 1993.

 

mercredi, 01 juillet 2009 00:01

The spinning top

Le guitariste de Blur s’était déjà illustré en assurant la plupart des parties de guitare du superbe dernier album de Pete Doherty, “Grace/Wasteland”, mais on était loin d’imaginer que son septième opus solo serait d’une telle trempe. Graham y joue de la guitare acoustique. Parfois électrique (NDR : sa Télécaster !). La plupart du temps en fingerpicking. Et plutôt bien. Dans un style rappelant Bert Jansch, Davy Graham voire John Martyn. Faut dire que Coxon s’intéresse de plus en plus au folk britannique. Un virus qu’il a chopé il y a quelques années. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a invité le bassiste du légendaire groupe Pentangle, Danny Thompson, à se joindre aux sessions d’enregistrement. Folk, mais le plus souvent teinté de psychédélisme, dans l’esprit de Syd Barrett voire de Nick Drake. Encore que parfois c’est même aux Beatles que l’on pense (NDR : l’intro d’« In the morning », une compo de plus de huit minutes, est même carrément calquée sur « Blackbird », alors qu’électrifiée, la six cordes lorgne parfois carrément vers le « Magical Mystery Tour » quand ce n’est pas « Abbey Road »).

Pour concocter cet opus, Coxon a également bénéficié du concours de Fox (NDR : il se prénomme également Graham, pas Peter !) aux drums, du pianiste Louis Vause et puis surtout du guitariste Robyn Hithcock. D’ailleurs, lorsque la solution sonore s’électrifie, c’est à ce dernier qu’on pense, même si le timbre nasillard et vulnérable de Graham évoque davantage Dean Wareham (NDR : Galaxie 500). Concept album, « The spinning top » raconte l’histoire d’un homme depuis sa naissance jusqu’à la mort, le dernier titre, « November » étant suffisamment évocateur à ce sujet. Un zeste d’exotisme, de blues (NDR : puisé dans les racines du Delta sur « Sorrows army »), des chœurs vaporeux, et une instrumentation fort variée mais parcimonieusement dispensée, impliquant une double basse, un piano, du glockenspiel, un harmonium, de l’accordéon et des cuivres (NDR : notamment sur l’euphorique, presque bossa nova « Perfect love ») enrichissent l’univers sonore de cet opus de toute beauté. Un disque produit par l’inévitable Stephen Street.

 

mardi, 30 juin 2009 23:58

Stadtaffe

Mieux connu comme chanteur (NDR : ils sont trois !) chez Seeed, Peter Fox –alias Enuff, alias Pierre Baigorry– s’est réservé une petite escapade en solitaire. Un exercice de style qu’il ne souhaite pas reproduire. Et pourtant, pour un coup d’essai, son premier album solo est un véritable coup de maître. Le disque de ce Berlinois est sorti l’an dernier, dans son pays natal. Le plus curieux, c’est qu’hormis quelques spécialistes, personne n’en avait parlé, hors de l’Allemagne. Il s’intitule « Stadtaffe » et est chanté dans la langue de Goethe. Mais le plus impressionnant procède du morceau qui ouvre l’opus : « Alles Neu ». Je vous invite d’ailleurs à aller voir son clip sur Youtube http://www.youtube.com/watch?v=qdtLCfEcPL4, vous risquez de tomber sur le cul ! Le soutien d’un orchestre symphonique (NDR : le Babelsberger) et du Cold Steam Drumline, un quatuor de percussionnistes, y est pour quelque chose. Et pas seulement parce qu’ils sont tous déguisés comme les chimpanzés échappés de la planète des singes. Ce morceau libère un groove phénoménal, en mêlant notamment du Wagner, des rythmes afro-tribaux, du hip hop et du r&b.

Bref, revenons à cet album pour lequel Peter a reçu la collaboration d’une pléiade d’invités. Et tout d’abord Vanessa Mason, qui vient poser sa voix satinée sur « Zucker ». Et puis les rappeurs K.I.Z. aka Kanibalen In Zivil sur « Fieber », un morceau hip hop enrichi d’arrangements symphoniques arabisants mais dont le refrain rétro lorgne vers le music-hall. Sans oublier ses complices DJ Illvibe et Monk. La plupart des membres du team de Seeed sont d’ailleurs impliqués sur cet opus. Hip hop, orchestrations symphoniques et langage métaphorique dominent cet opus. Avec des nuances, bien sûr. A l’instar de « Haus Am See », fruit d’un mélange improbable entre cha-cha-cha, musique de chambre et chœurs gospel, le tout boosté par une sensibilité mélodique digne d’Eels, l’électro-hip hop-sympho « Kopf Verloren », caractérisé par son refrain pop/soul, le superbe « Das Zweite Gesicht », aussi orchestral que « Alles Neu », mais plus angoissant, l’étrangement festif mais très percussif « Der Letzte tag », la valse lente « Ich Steine, Du Steine », une chanson mélodramatique qu’un crooner soul de la trempe de Billy Paul aurait pu interpréter (NDR : les orchestrations sont somptueuses, mais Peter a tout sauf la voix d’un crooner…), le titre maître dont le style hip hop est traité à la manière d’un Beck et enfin l’envoûtant « Schüttel Deinen Speck » (NDR : on est toujours dans le hip hop), au cours duquel Fox emprunte des samples à Screamin Jay Hopkins. Peter Fox a déjà décroché trois ‘Echo’ en Allemagne pour cet elpee (NDR : l’équivalent d’un Grammy américain), reçu trois disques d’or et un de platine ; et à mon humble avis, il devrait également cartonner dans le reste de l’Europe. D’ailleurs pour que quelqu’un d’aussi peu sensible au hip hop que votre serviteur soit tombé sous le charme, c’est que le jeu en vaut la chandelle…

 

vendredi, 26 juin 2009 20:14

Michael Jackson a rejoint ses zombies

Michael Jackson est décédé d’un arrêt cardiaque ce jeudi 25 juin 2009. Il allait fêter ses 51 ans, ce 29 août. Si au cours des dernières années, il s’est surtout manifesté à travers la presse people, il est quand même responsable d’une pluie de hits, dont les incontournables « Beat it », « The beat is mine »  et « Say, say, say », ces deux dernières compos interprétées en compagnie de Paul McCartney. Ben oui, il y en a d’autres, mais là on va en avoir jusque demain matin. Bref, de sa carrière on retiendra ses débuts effectués en compagnie de ses frères au sein des Jackson Five, la confection des elpees « Off The Wall », « Bad » ; et puis surtout en 1982 de « Thriller », opus qui a donné naissance à un clip d’anthologie au cours duquel il évoque la ‘Nuits des morts vivants’, lors d’une rencontre hypothétique entre le monde de Disney et la production cinématographique hollywoodienne. Mais le plus intéressant procède du pas de danse qu’il a imaginé : le ‘moonwalk’, à l’envers et au ralenti. Une technique qui sera notamment saluée par Gene Kelly et Fred Astaire. Bien sûr on pourrait encore parler des près de 750 millions d’albums vendus à travers le monde, dont plus de 55 rien que pour Thriller ; mais aussi de sa descente aux enfers due à un comportement plus que controversé. Il allait repartir en tournée pour le plus grand bonheur de ses fans. Le destin en a décidé autrement. RIP.

mercredi, 24 juin 2009 20:35

Le décalage horaire des Editors…

Le troisième opus des Editors paraîtra ce 21 septembre. Intitulé « In This Light And On This Evening », il a été mis en forme par Flood (Depeche Mode, U2, Nick Cave and the Bad Seeds, Nine Inch Nails, The Jesus And Mary Chain, The Smashing Pumpkins, etc.) Le bassiste Russell Leech et le guitariste Chris Urbanowicz résident aujourd’hui à New York ; mais l’album a bien été enregistré à Londres. Ce qui explique sans doute le titre de leur elpee.  Le quatuor a annoncé qu’il tournerait en Europe dès le mois de novembre et en décembre.

Pour plus d’infos : http://www.editorsofficial.com

 

mercredi, 24 juin 2009 20:33

Un amour de David Guetta…

Responsable de « Pop life » en 2007, album qui avait littéralement cartonné, David Guetta nous revient ce 24 août pour un nouvel opus. Intitulé “One Love”, il recèlera le single “When Loves Takes Over”, enregistré en collaboration avec l'ex-Destinys Child, Kelly Rowland, déjà sur les ondes radiophoniques. Le DJ a également publié un cinquième chapitre de sa célèbre compilation “F*** me I’m Famous”, ce 8 juin. Sans oublier sa collaboration apportée au morceau “I Got A Feeling” des Black Eyed Peas, pour un elpee qui figurera sur leur opus “The E.N.D”.

http://www.youtube.com/watch?v=Q5AHifPaACo&feature=channel

Lien I tunes "When loves takes over" :

http://clk.tradedoubler.com/click?p=24371&a=1314109&url=http%3A%2F%2Fitunes.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D312690781%26id%3D312690639%26s%3D143446%26uo%3D6%26partnerId%3D2003

 

 

mardi, 23 juin 2009 21:22

La musique

Si mes calculs sont exacts, Dominique A en serait à son neuvième album solo. En tenant compte de son elpee « Le disque sourd », paru confidentiellement en 1991 ; et bien sûr, sans ses compiles et son ‘live’. Bref, première constatation, le Nantais a voulu en revenir à une forme plus épurée. Celle de ses débuts. Pas pour rien que cet opus a été enregistré chez lui. Au menu : boîtes à rythmes, machines, synthés, piano et un zeste de guitare. Sans oublier les arrangements simples, mais percutants. Et puis cette très belle voix, dont le timbre me fait souvent penser à Léo Ferré. Quant aux mélodies, elles sont superbes, souvent bouleversantes, mises en valeur par des textes incisifs. Le décor est planté.

Venons-en au contenu. Partagé en 12 plages, « La musique » regorge de chansons magnifiques, empreintes d’esthétisme, au cours desquelles Dominique joue sur les contrastes. Depuis le langoureux « Le sens » qu’il chuchote à la première personne du singulier au tango « La fin d’un monde », en passant par le déchirant « Immortels », un morceau qui à l’origine était destiné à l’elpee « Bleu pétrole » de Bashung, « Nanortalik » et ses synthés accrocheurs, dispensés à la manière d’O.M.D., le ténébreux « Qui es tu ? », caractérisé par son refrain glacial, le superbe « Hasta (Que el cuerpo aguante) », qui aurait pu figurer au répertoire de Noir Désir (NDR : pensez à « Le vent l’emportera »), le titre maître dont la sophistication orientale et sinueuse évoque David Sylvian, malgré les accès de claviers ‘vintage’, le menaçant « Je suis parti avec toi », traversé de martèlements rythmiques, l’imparable « Le bruit blanc de l’été », souligné par un Bontempi à la Grandaddy, le visionnaire et contemplatif « Des étendues » (NDR : un clin d’œil à Gainsbourg ?), le synthétiquement latino « Les garçons perdus », éclaboussé de parcimonieuses traces d’électricité ‘crépitantes’ et enfin l’énigmatique et lyrique « Hôtel congress », sorte de synthèse de l’univers sonore de l’Artiste, avec un grand A.

 

Le prochain elpee des Cribs paraîtra ce 7 septembre. Il s’intitulera, croyez-le si vous le voulez, « Ignore The Ignorant ». Produit et mixé par Nick Launay (Yeah Yeah Yeahs / Pil / Arcade Fire / Nick Cave), il a bénéficié de la collaboration de l’ex-guitariste des Smiths, Johnny Marr. Et à la gratte, bien sûr. Le quatrième opus de la formation sera précédé de la parution du single « Cheat on me ».

Tracklisting

1. ‘We Were Aborted’
2. ‘Cheat On Me’
3. ‘We Share  The Same Skies’
4. ‘City Of Bugs’
5. ‘Hari Kari’
6. ‘Last Year’s Snow’
7. ‘Emasculate Me’
8. ‘Ignore The Ignorant’
9. ‘Save Your  Secrets’
10. ‘Nothing’
11. ‘Victim Of Mass Production’
12. ‘Stick To Yr Guns’

Pour plus d’infos :
http://www.thecribs.com
http://www.myspace.com/thecribs