La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

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Hooverphonic
Redouane Sbaï

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samedi, 27 mai 2006 03:00

The War Back Home

Le titre annonce la couleur. « The War Back Home », quatrième essai des Ducky Boys, constitue un énième pamphlet politique se dressant contre les dérives de l’administration de l’oncle Bush. Certes, l’intention est tout à fait honorable mais la redondance des thèmes utilisés par le trio fait de ce « War Back Home » un objet insipide et sans grand intérêt. D’autant plus que des cordes vocales de Mark Lind conjuguées aux riffs de guitares faussement punk de Douglas Sullivan ne parviennent pas à s’extraire d’une douloureuse monotonie. Même les titres n’ont rien d’excitant : « Outlaw », « Corporate America », « Tortured Soul », « Bombs Away »… A se flinguer. Bien entendu, le but des Bostoniens n’est pas tant d’amuser la galerie que d’éveiller les consciences. Mais le fait est que d’autres, plus talentueux et convaincants, s’en chargent déjà.

mardi, 06 juin 2006 03:00

The Mezzanine

Bienvenue dans les limbes. Durant ce voyage vers l’au-delà, vous serez accompagnés par Liz Durrett, votre passeuse attitrée (ou ‘Grim Reaper’, c’est selon…). La promenade ne durera pas plus de 37 minutes. Cet endroit étant sombre et nébuleux, nous vous conseillons de ne pas traîner à l’arrière. S’il vous arrivait malencontreusement de vous perdre, tentez de vous situer et de suivre la voix éthérée de votre guide. Nous tenons également à vous signaler que, malgré l’ambiance mélancolique et pesante de ce lieu, il est probable que vous ne ressentiez aucune tristesse. Certains d’entre vous s’en sentiront même si apaisés qu’ils refuseront de quitter ces terres. Malheureusement, vous êtes à l’endroit précis où toute chose prend fin, aussi difficile que soit le fait de s’en séparer. Sachez également que, contrairement aux croyances, vous ne verrez pas de lumière au bout du chemin. Au mieux, une infime lueur vous indiquera la fin de ce dernier. Ici, tout a été étudié pour permettre le repentir et le recueillement des âmes. Veillez à remercier votre guide avant de traverser la mezzanine qui vous mènera là où tout est éternel.

mardi, 25 juillet 2006 03:00

Stepping Stones: The Self-Remixed Best

Pas fou, ce DJ Krush ! Au lieu de confier ses expérimentations à des confrères remixeurs et, ainsi, prendre le risque d’être témoin de leur sabotage potentiel, le jeune homme a tout simplement eu la lumineuse idée de les reprendre en main lui-même. Il s’est donc enfermé dans son laboratoire afin de créer, à partir de nouveaux ingrédients, une forme hybride de sa propre médecine. Résultat : un excellent ‘best of’ autoremixé et divisé en deux disques. Le premier, à tendance hip-hop et intitulé « Lyricism » est consacré, comme son titre l’indique, au côté lyrique de l’œuvre du DJ. Les chants assurés, entre autres, par Company Flow, Zap Mama, Esthero, Anticon ou encore Mos Def, regardent leur enveloppe originelle agrémentée d’une couche supplémentaire de beats obscurs. La solution confère à l’ensemble une profondeur qui manquait à certains des morceaux initiaux.

La seconde partie, « Soundscape », est consacrée aux ouvrages trip-hop instrumentaux du japonais. On y retrouve les collaborations de - notamment - Opus, ?uestlove (The Roots), DJ Shadow ou Ken Shima. Supérieur au premier disque, celui-ci entraîne l’auditeur un poil plus loin dans l’univers expérimental du DJ. Les splendides nouvelles versions de « Duality », « Day’s End », « Still Island » et « Endless Railway » justifient à elles seules la démarche de Krush, prouvant véritablement que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Efficace.

mardi, 09 mai 2006 03:00

Can You Hear Me Clearly ?

On l’a vu lors de la sortie de « They’ll Have To Catch Us First » chez Domino Records, les compiles de labels sont devenues vachement tendances. En fait, pour être ‘In’ à mort, il faut en posséder au moins une dans sa discothèque. Idéal pour se la péter entre potes, « Can You Hear Me Clearly » est donc l’exemple parfait de la compile représentative de la hype actuelle et des genres ‘soon to be radio-friendly’. A côté des évidents Bloc Party, Hot Chip, The Rakes et Architecture In Helsinki, on retrouve les futures valeurs sûres de Moshi Moshi Records, à savoir Roland Shanks, les excellents Lo-Fi FNK, les bien nommés Au Revoir Simone ou encore Matt Harding et son splendide morceau instrumental « October ». Moshi Moshi n’échappe cependant pas à quelque erreur de jugement en y incluant un futile Hot Club de Paris, que quelqu’un a certainement du déposer par mégarde sur la table du compileur. Pour tous les ‘jeunes cools’ et ceux qui croient l’être.

mardi, 01 août 2006 03:00

Luaka Bop Remix

Petit mais costaud, le label US de World Music, Luaka Bop, compte dans ses rangs le grand Tom Zé, la légende de la soul 70's Shuggie Otis, nos chères et tendres Zap Mama, la désormais prestigieuse Nouvelle Vague, ou encore la Péruvienne Susana Baca. Afin de faire parler de sa jolie galerie d’artistes, le label s’est offert les services de quelques remixeurs renommés afin de concevoir cette compilation ‘de luxe’. Nightmare On Wax, Dee-Lite, Money Mark ou encore Fila Brazilia, tous ont répondu à l'appel. Accompagnateur idéal des soirées cocktails un rien guindées, « Luaka Bop Remix » regorge de perles electro-lounge ensoleillées. On regrettera cependant l’absence des français de Nouvelle Vague dans une compilation qui aurait gagné à s’abstenir d’inclure deux remixes, tout aussi dispensables l’un que l’autre, d’un seul et même titre (« Button Down Disco » de Clinton). Quant aux morceaux de Los Amigos Invisibles revus par Masters At Work (« Bruja ») et Dimitri From Paris (« Ease Your Mind ») ainsi que ceux de Zap Mama corrigés par King Britt (« Poetry Man ») et Aaron Jerome (« Bandy Bandy »), ils devraient enchanter les patrons de bars chics désireux de renouveler la discothèque du coin ‘Chill Out’ réservés aux VIP.

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Nuisance Sonore

Petit label normand indépendant, tout nouveau, tout beau, Bent Records a eu une idée vraiment pas conne. A défaut de dénicher la perle rare et de débourser des milliers d’euros en promo pour celle-ci sans garantie de retour sur investissement, Bent a préféré s’introduire sur le marché en déballant immédiatement le meilleur de son catalogue. « Nuisance Sonore » et son assemblage éclectique et efficace fait donc office de curriculum vitae du label, listant 12 artistes et autant de titres vacillants entre pop-rock et metal-hardcore. Bien que certains morceaux soient moins comestibles que d’autres, « Nuisance sonore » offre un ensemble syncrétique plutôt cohérent. Démarrant à la sauce Placebo (« Moe Sad » de 39th and norton) pour se conclure dans un fracas de distos et de hurlements gutturaux (« Dimey » de Kwashiorkor), l’autoproclamée ‘compilation des musiques actuelles’ contient quelques splendeurs telles que le séduisant « Drops » des Lyonnais de May Fly, parfaite bande son pour de longues nuits d’hiver, ou l’aérien « Father’s Falling » de Immune. Comme tout débutant ne peut éviter les erreurs de parcours, on laissera filer le vulgaire « Splaffeusplaff » de La Mygale, clone de TTC, ainsi que l’inutile « Vaginhate » de Greenwald. On conseillera néanmoins au label de se débarrasser illico presto de ces deux formations, pour le bien de nos tympans. Malgré ses faiblesses, « Nuisance Sonore » ne se définit pas comme une énième compilation insignifiante mais tel un authentique concentré de découverte et une preuve tangible que la scène indé française a de l’avenir.

mardi, 02 mai 2006 03:00

Playing The Indie Game

Projet inventif du label italien Suiteside, la compilation « Playing The Indie Game » propose de (re)découvrir 11 formations d’indie pop-rock s’amusant à créer des morceaux sur des instruments jouets. Au programme : des inédits de John.Wayne.Shot.Me, Lo-Fi Sucks, Anorak, Blimey et d’autres éternels enfants ayant accepté de se prêter à l’expérience. Accompagnée d’une pochette servant également de jeu de l’oie (!), la compilation de Suiteside, aussi amusante qu’elle soit, reste néanmoins quelque peu inégale. On retiendra essentiellement King Of Woolworth qui parvient à tirer son épingle du jeu tout au long de son « Dog Cat Game ». Divertissant, sans plus.

mardi, 25 juillet 2006 03:00

Soma 200

Le label anglais Soma Recordings vient de sortir son 200e single. Et comme toutes les occasions sont bonnes pour faire parler de soi, Soma a donc décidé de célébrer cet événement en délivrant une compilation à la gloire de ses vaches à lait. Seulement, au vu de la tracklist, ces dernières semblent bien chétives. En neuf titres à peine, le label electro parvient à faire le tour d’une histoire longue de quinze années. La qualité avant la quantité ? Pas si sûr… Hormis quelques exceptions (Repeat Repeat, Silicone Soul, Funk D’Void & Mirror Mirror), le résultat n’est que peu convaincant. « Soma 200 » reste cependant un excellent moyen de se familiariser avec les productions du label et devrait plaire aux clubbers en mal de découvertes. Les autres préféreront sans nul doute acquérir l’un ou l’autre disque des artistes repris sur cette compilation en demi-teinte.

« The Kings Of Diggin’ » ne pouvait être mieux nommé. Pour arriver à une telle tracklist, Kon, Amir et DJ Muro ont, sans doute, dû creuser au plus profond des caves de leurs disquaires et de la discographie de leurs parents ! Un seul coup d’œil aux titres qui composent ce mix suffit à faire pâlir tout mélomane qui se respecte. Du moins tous ceux persuadés de posséder une culture musicale approfondie. Aux manettes du premier disque de cette double compilation, les mixeurs new-yorkais Kon & Amir. En 17 titres, le duo explore une partie obscure de l’histoire de la soul, du disco et du funk. Emergent donc de l’ombre des morceaux oubliés, interprétés par de sombres inconnus tels que Unico Black, Ricardo Marrero, Soul Dazz Band ou Janet Dubois.

Même principe pour le second disque, mixé d’une main de maître par DJ Muro. Sauf que, dans le cas présent, le japonais pousse la barre un cran plus haut. Recelant pas moins de 44 titres, la seconde partie de « The Kings Of Diggin’ » ferait de n’importe quel blind-test un véritable enfer. Mine d’or pour tout amateur de sonorités funky, cette compilation d’une incroyable richesse s’inscrit dans la droite lignée de la série « The Kings Of… » (NDR : qui compte les kings of disco, house, hip hop ou encore jazz) mais s’avère être l’édition la plus intéressante et la plus instructive. Une belle leçon d’humilité pour ceux qui pensent tout savoir.

mardi, 17 juin 2008 03:00

Santogold

Pas la peine de chercher plus loin. Santi White, alias Santogold, est sans conteste la touche de Midas de l’été 2008, comme en témoignent les incalculables critiques élogieuses. Cet engouement, elle le doit à un premier essai éponyme brillamment produit et recélant onze compos à la fois exubérantes et fouillées. Virevoltant du pop-rock (« I’m A Lady », « Lights Out ») au reggae (« Shove It », « Unstoppable ») en passant par l’indietronica (« Creator », « Anne ») et la new-wave (l’immanquable single « L.E.S. Artistes »), Santogold jongle entre les styles musicaux avec une aisance et une cohérence remarquables. Après avoir officié pendant quelques années comme employée au sein d’Epic Records, puis produit quelques recueils et composé plusieurs morceaux pour divers artistes, la jeune MC originaire de Brooklyn semble avoir enfin trouvé sa voie.

Assurément, des titres tels que « Creator », « Starstruck » et « Unstoppable » lorgnent légèrement du côté de M.I.A.. Mais que l’on ne s’y trompe pas ; bien que la presse ait une fâcheuse tendance à comparer systématiquement ces deux artistes, le seul point commun entre Santogold et M.I.A. procède de leur capacité à enchaîner tubes sur tubes et forcer les auditeurs à l’accoutumance. L’obsédante tuerie pop « You’ll Find A Way » suffit seule à appuyer cette affirmation. Frais et excitant, ce « Santogold » est d’ores et déjà une référence. A bon entendeur…