La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Redouane Sbaï

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mardi, 01 juillet 2008 21:03

LP3

Les deux premiers essais de Ratatat n’étaient pas vraiment de véritables réussites. On était dès lors en droit de se demander si la devise ‘jamais deux sans trois’ s’appliquerait au duo. Force est de constater que cet « LP3 » ne fait effectivement pas exception à la règle. De « Shiller » à « Black Heroes », on s’y emmerde royalement. Et ce, même si la formation a manifestement fait l’effort de se renouveler en changeant totalement de direction. Une direction qui n’est cependant pas celle de l’originalité, les New-yorkais s’essayant à quelques expérimentations peu convaincantes (« Gipsy Threat », « Mirando ») et autres ‘Daft Punkeries’ idiotes (« Falcon Jab », « Shempi »). « LP3 » est, avant tout, une œuvre réservée à ceux que l’on nomme les ‘hardcore fans’, les fans de la première heure. C’est-à-dire tous ceux qui, assurément, verront d’un mauvais œil cette chronique et auraient l’envie pressante de nous baffer lorsque l’on annoncera que le pire reste à venir. En effet, Ratatat prévoit d’ores et déjà pour cet automne le successeur de « LP3 ». Brillamment intitulé « LP4 », celui-ci devrait soit nous convaincre définitivement de la médiocrité des travaux du duo, soit nous faire ravaler ces quelques lignes. Espérons que la seconde option soit la bonne, Ratatat jouissant d’un potentiel indéniable. Ne lui reste plus qu’à l’exploiter comme il se doit.

 

dimanche, 29 juin 2008 03:00

Couleur Café 2008 : dimanche 29 juin

Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.

29 juin : 3ème jour

La dernière journée du festival offrait une affiche moins captivante que les jours précédents. A commencer par les Marseillais de Psy4 de la Rime qui ont investi la scène du chapiteau ‘Univers’ dès 17h. Pas trop client du genre, on doit néanmoins reconnaître que la formation est parvenue à mettre le feu sur les planches devant un public très motivé.

Remplaçant Césaria Evora (NDR : sa tournée a été annulée pour raisons de santé), le collectif Africain Still Black, Still Proud : An African Tribute To James Brown l’a dignement remplacée. Un projet unique, comptant dans ses rangs Cheikh Lô, Pee Wee Ellis ou encore Simphiwe Dana. Le combo a repris à la sauce jazzy et, bien évidemment funky, les meilleurs morceaux de James Brown tandis que la danseuse Wunmi invoquait l’esprit du roi du Funk par des chorégraphies épileptiques dont ce dernier aurait été fier.

Ensuite, les rythmes orientaux de Natacha Atlas nous on laissé de marbre. Faut dire qu’elle n’avait pas l’air très convaincue, non plus. Ni convaincante. Aussi, on est retourné du côté du ‘Titan’ pour accueillir la deuxième formation marseillaise de la journée. Le set de Massilia Sound System, qui se produisait pour la troisième fois à Couleur Café, a tenu toutes ses promesses notamment lorsque la formation a invité l’ensemble du parterre du ‘Titan’ à  s’agenouiller avant de le faire sauter et exploser dans des rythmes reggae, rock et raggamuffin.

Et pendant ce temps, où donc est passé le reste de la foule ? Un simple petit coup d’œil à droite de la scène ‘Univers’ répond à la question. Assis à terre devant l’écran géant, une large partie de l’assistance se régale du match Allemagne-Espagne dont le coup d’envoi a été donné quelques minutes avant celui du set du Peuple de l’Herbe. Contraint de choisir entre les deux, on opte pour le début du set retentissant de ces derniers. Et malgré le peu de monde présent sous le chapiteau, ils sont parvenus à nous faire suer à grosses gouttes.

On décide ensuite de clôturer cette édition du festival en compagnie de Jimmy Cliff qui, à l’instar de Kassav’, nous a fait vivre quelques bons moments et revivre quelques excellents souvenirs grâce à ses « Reggae Night », « Many Rivers To Cross », « Wild World » et autres « I Can See Clearly Now ». Une bien belle manière de dire au revoir au festival, qui fêtera ses vingt ans l’an prochain, une nouvelle fois au cœur de Bruxelles. L’exil de Couleur Café vers d’autres terres d’accueil se rapprochant à grands pas, il s’agira donc d’une édition à ne surtout pas manquer !

 

samedi, 28 juin 2008 03:00

Couleur Café 2008 : samedi 28 juin

Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.

28 juin : 2ème jour

Une journée qui commence fort, grâce à la prestation énergique de Omar Perry & The Homegrown Band, venu présenter leur premier essai. De quoi mettre tout le monde de bonne humeur avant de se diriger, plein d’appréhension, vers le ‘Titan’. Un sentiment provoqué par la présence de Bernard Lavilliers à l’affiche, artiste que l’on aurait, à priori, préféré voir aux Francofolies de Spa. Ces inquiétudes ont néanmoins été rapidement balayées par le baroudeur qui, l’air de rien, entame un set étrangement enthousiasmant. Une bonne surprise qui ne nous a pas empêchés d’aller jeter un œil du côté des produits du terroir sous le chapiteau ‘Fiesta’ où Monsoon présentait son « The King Of Eyes, Tits & Teeth ». Vraiment peu convaincant, ce set nous a incité à retourner vers le ‘Titan’, afin de profiter des dernières notes du concert de Lavilliers qui entonnait à notre retour le fameux « On The Road Again ».

A 20h, changement d’ambiance. « All U Need Is Zouk ! », tel est le message diffusé par les pionniers de ce genre musical. Et à voir l’ambiance sous le Titan, Kassav’ ne s’y est pas trompé. La formation antillaise a donc effectué son grand retour sur les planches de manière explosive. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du chapiteau, l’ensemble des festivaliers a secoué de l’arrière-train en synchro aussi bien sur les grands classiques de la formation (« Sye Bwa », « Kolé Séré »,…) que sur leurs derniers morceaux extraits de « All U Need Is Zouk ! ». Nostalgie…

Trois quart d’heure après la fin du set de Kassav’, le ‘Titan’ n’a pas désempli. Loin de là. Après s’être produit à deux reprises à l’Ancienne Belgique cette saison, Tiken Jah Fakoly, dans une forme olympique, a fait vibrer Bruxelles pour la troisième fois sur la grande scène du festival. Bondissant constamment d’un côté à l’autre du podium, la star du reggae a fait tourner les têtes de ces dames, sautiller ces messieurs et, surtout, ouvert les consciences sur le problème de l’immigration Nord-Sud, plus d’actualité que jamais comme en témoigne la situation du groupe congolais Konono n°1. L’Ivoirien a démontré en une heure et demie qu’il n’a vraiment pas volé son succès. Une véritable bête de scène.

On quittera cette seconde journée sur le site du festival quelque peu déçu par le set pâlot d’Arsenal, également victime d’un problème de son.

 

vendredi, 27 juin 2008 03:00

Couleur Café 2008 : vendredi 27 juin

Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.

27 juin : 1er jour

On ne se bousculait pas aux portillons du site Tour & Taxis cette année. En dépit d’une fréquentation vraisemblablement moindre, l’ambiance du festival n’a rien perdu de son authenticité. De très larges sourires se sont esquissés sur le visage des visiteurs qui, trois jours durant, ont secoué leur popotin sur les rythmes soul, reggae ou orientaux des 44 artistes à l’affiche.

Après un faux-départ provoqué sous le chapiteau ‘Univers’ par Kery James, dont le R’n’B s’est révélé particulièrement pénible, direction le ‘Fiesta’ où The Caroloregians, formation ska reggae dirigée par des membres de Moon Invaders, sont les premiers à faire danser la foule. Une heure plus tard se produit MC Solaar, sous le ‘Titan’. Très attendu par un public majoritairement ado, voire plus jeune encore, le rappeur français a réjoui les fans de la première heure à coups de tubes comme « Le Nouveau Western », « Qui sème le vent récolte le tempo » ou l’inévitable « Caroline », lancés ponctuellement entre un ou deux extraits de son dernier essai, « Chapitre 7 ». On évitera en revanche d’évoquer les chorégraphies à deux balles des choristes, ponctuées d’une danse du ventre approximative.

Du côté de l’‘Univers’, l’Orchestre National de Barbès a offert à son public un délicieux mélange de musique orientale traditionnelle, de dub, de ska et de rock. Après 5 ans d’absence sur scène, l’orchestre n’a rien perdu de sa pêche, comme il l’a prouvé sur la reprise insolite du « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones. Retour ensuite au ‘Titan’ où s’est produit l’une des têtes d’affiche les plus attendues de cette édition. Mais Miss Erykah Badù s’est fait attendre. Si bien que les organisateurs et ses musiciens eux-mêmes ont décidé, pour faire patienter un public légèrement échauffé, de démarrer le concert sans l’interprète principale. On a donc eu droit à une longue intro instrumentale. Vêtue d’une robe argentée et coiffée d’une afro plutôt originale, la diva est arrivée sur scène une demi-heure en retard. Le public lui a tout de même réservé un accueil des plus chaleureux, tandis qu’elle présentait, sans cérémonie, quelques extraits de son nouvel essai, « New AmErykah, Part 1 : 4th World War ». Tout comme MC Solaar, Badù n’a pas oublié ses premiers fans en leur balançant des versions plutôt groovy de ses hits « On & On » ou « Apple Tree ». La princesse de la Nu-Soul s’est donc fait rapidement pardonner grâce à un set efficace et envoûtant.

Triste nouvelle annoncée quelques jours plus tôt, Konono n°1, programmé dans l’antre de l’‘Electro World’ à 22h15, n’était pas de la fête. En cause, un problème de visa qui a empêché le groupe de voyager et donc, d’assurer leurs nombreuses dates estivales. Un problème rejoignant tristement le thème « Clandestino ! » du Solidarity Village…

La journée s’est clôturée sur fond de hip hop cubain. Celui d’Orishas. Un set un peu plat, souffrant en outre, d’un léger problème de son. Sans trop s’essouffler sur scène, la formation n’a pas vraiment donné le meilleur d’elle-même. On l’a alors imitée en se dirigeant doucement vers la sortie, non sans passer par les ‘Rues du Bien Manger’, où les saveurs culinaires du monde entier se mélangeaient et donnaient l’irrésistible envie de tout goûter.

 

mardi, 23 mai 2006 03:00

Drowning In A Sea Of Love

Découvert par James Holden et signé presque instantanément sur son label, Border Community, Nathan Fake est devenu en l’espace de trois ans l’une des figures de proue de la scène electro. Quiconque ayant assisté à l’un ou l’autre DJ set de ce dernier ne peut nier qu’il sait mieux que quiconque mettre le feu au dancefloor ; mais ceux-là même qui s’imaginent retrouver sur « Drowning In A Sea Of Love » une avalanche de BPM, à l’instar des singles « Outhouse » ou « The Sky Was Pink », risquent fort d’être surpris. Pour son premier essai, le prodige de 22 ans a décidé de mettre les beats en sourdine. ‘Sacrilège!’ hurleront certains. Il s’agira probablement de tous ceux qui n’auront pas pris la peine de s’installer sur leur terrasse, de glisser le disque dans le lecteur, d’appuyer sur la touche ‘play’ avant de se laisser aller à rêvasser tout en regardant les nuages défiler dans le ciel, le verre de mojito à la main. D’une quiétude quasi-religieuse, « Drowning In A Sea Of Love » est tout simplement une merveille d’électro minimale et progressive tendant occasionnellement vers le post-rock aérien (« You Are Here », « Bumblechord »). Bien que l’on pense tantôt à Boards Of Canada (« Bawsey », « Charlie’s House »), tantôt à M83 (« Grandfathered »), Nathan Fake aborde ses compositions de manière beaucoup plus couillue et pénétrante que ses confrères. Même le tube « The Sky Was Pink » dont la version remixée par James Holden fit suer les clubbers tout au long de l’année dernière, y est présenté dans son apparence originale, intimiste, intense et dépouillé de tout attirail superflu. Prémisse d’un été qui s’annonce des plus sereins, l’océan des amours électr(on)iques de Nathan Fake est, assurément, l’une des plus belles choses qui soit arrivée à la scène éléctro-progressive. Splendide !

mardi, 08 août 2006 03:00

Why Try Harder - The Greatest Hits

La vie est faite de haut et de bas. Norman Cook ne le sait que trop bien. Après avoir étoffé son CV au sein des Housemartins, Freak Power, Pizzaman ou encore Dub Internationals (NDR : souvenez-vous du gros tube « Dub Be Good To Me » sur un sample des Clash), l’homme devient Fatboy Slim et balance en 1996 une bombe qui explosera dans les clubs des quatre coins du globe. « Going Out Of My Head » tient la promesse évoquée par son titre et fait perdre la tête à des milliers de clubbers. C’est l’âge d’or de ce genre que certains ont nommé ‘Big Beat’. Classé par les critiques entre The Chemical Brothers et The Prodigy, Fatboy Slim atteindra le sommet de son art en 1998, année de sortie du rouleau-compresseur « You’ve Come A Long Way, Baby ». Album précédé par « The Rockafeller Skank », le single qui propulsera le DJ anglais au rang de référence incontournable.

Après la sortie des désormais cultes « Right Here Right Now » et « Praise You », Fatboy Slim s’amuse à remixer quelques uns de ses camarades (Cornershop ou Groove Armada, repris dans cette compilation) avant de s’enfermer dans son studio pour pondre « Halfway Between the Gutter And The Stars » qui n’aura pas l’effet escompté. Porté par « Sunset (Bird Of Prey) » et les vocalises samplées de Jim Morrisson ainsi qu’un « Demons » interprété par Macy Gray, ce troisième album accomplira son bout de chemin sans faire d’étincelles. Seuls « Star 69 » et « Sunset (Bird Of Prey) » sortiront leur épingle du jeu et atteindront le top 10 en Grande-Bretagne.

Quatre ans plus tard, Fatboy Slim sert un « Palookaville » quelque peu réchauffé. « Slash Dot Dash » obtiendra cependant un petit succès malgré un clip censuré. En effet, des gens qui peignent des murs en s’arrachant les vêtements, il n’y a rien de plus choquant... Quant aux autres extraits de cet essai (« Wonderful Night », « The Joker » et « Don’t Let The Man »), ils seront tout simplement ignorés par le public.

Norman Cook présente ici la rétrospective d’une carrière qui ne cesse de s’essouffler. L’inégalité des 18 morceaux choisis et le flop commercial du single inédit « That Old Pair Of Jeans » en sont, par ailleurs, de belles illustrations. Il aurait donc mieux valu que cette compile s’intitule « Why Don’t I Try Harder ? », remise en question qui nous aurait rassurés quant au futur de Fatboy Slim. Par ailleurs, on soulignera l’absence des singles « Ya Mama » et « Star 69 » qui avaient beaucoup plus leur place dans un « Greatest Hits » que les faiblards « Sho Nuff », « Santa Cruz » ou « Wonderful Night ». « Why Try Harder » est donc réservé aux inconditionnels.

 

 

mardi, 06 juin 2006 03:00

The Singles

Déversant sur les ondes une brit-pop proprette et gracieuse depuis la sortie du EP « Swim » en 1996, Feeder fait partie de ces groupes pour lesquels on ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie. Formé en ‘92 par Grant Nicholas (chant) et Jon Lee (batterie) avant d’être rejoints en ‘95 par Taka Hirose (basse), le trio réunit tous les ingrédients scénaristiques d’un bon gros mélo : des personnages attachants, une histoire bouleversante, un happy ending… Bien plus intéressante que le scénario lui-même, « The Singles » en serait la bande-son indissociable. De par cette rétrospective, dont le point de départ a été fixé à 1997, année de sortie de « Polythene », Feeder clôt un chapitre mouvementé de sa carrière. Cette dernière ne décolla véritablement que lors de la publication de « Yesterday Went Too Soon » (’99), disque qui contribua à faire de la formation une valeur sûre en Grande-Bretagne. Mais ce récapitulatif n’en serait pas un s’il manquait à l’appel les inévitables « Buck Rogers » et « Seven Days In The Sun », tous deux issus de « Echo Park » (2001), disque à l’origine de la gloire internationale du trio. C’est d’ailleurs peu après la tournée de promotion de ce dernier que Jon Lee met fin à ses jours. Accablés par cette perte, Grant Nicholas et Taka Hirose prennent la sage décision de continuer leur route en tant que duo. Ils sont cependant rejoints à la batterie par Mark Richardson, ex-Skunk Anansie pour l’enregistrement de « Comfort In Sound », disque pesant, hanté par le fantôme de Jon Lee. « Just The Way I’m Feeling » et « Come Back Around » restent d’ailleurs aujourd’hui les singles les plus poignants du groupe. La charge émotionnelle de l’écriture de Grant Nicholas s’assouplit tandis que « Pushing The Senses », dernier album en date, s’étend dans les bacs. Entre-temps, la collaboration de Mark Richardson, qui devait être temporaire, devient permanente. Enfin, retour au présent. Les inédits « Lost & Found », « Save Us » et « Burn The Bridges », qui sont indubitablement les titres les plus enjoués depuis la période « Echo Park », témoignent de la renaissance d’une formation restée trop longtemps en deuil. La page est apparemment tournée. Feeder continue sa route, le cœur moins lourd et l’esprit plus apaisé.

 

vendredi, 13 octobre 2006 03:00

Radiola

Projet solo d’un songwriter au nom imprononçable, The Fine Arts Showcase livre un second et brillant cocktail pop. Sorti en février dernier dans sa Suède natale, « Radiola » déploie sur le reste de l’Europe une armada de compositions agréablement courtes (rarement plus de trois minutes) et incroyablement efficaces. Certainement marqué par la discothèque de ses parents, Gustaf Kjellvander ravive le souvenir d’une époque où les Byrds (« Or So I’ve Hyrd ») et, plus tard, Jesus & Mary Chain (« The Shoplifter’s Union », « The Voice Of Goldstein ») régnaient sur les ondes. Ne se limitant pas uniquement à quelques sempiternelles nostalgies, le suédois jongle avec le temps, lorgnant parfois du côté plus contemporain des Flaming Lips ou des abonnés absents Neutral Milk Hotel (« Frida & I », « Don’t Worry », « Danish Light »). Si d’aucuns affirmeront que Gustaf et son Fine Arts Showcase surfent sur une vague déjà surencombrée, ils ont toutefois l’indéniable et grand mérite d’arborer une certaine classe. Ici, ni promesses vaines, ni la moindre prétention. « Radiola » survole avec intelligence les clichés de la scène pop-rock sans tomber dans l’irritant mimétisme gangrenant un genre qui s’essouffle. S’il ne faut voter que pour un seul disque pop cet automne, votez intelligemment. Votez The Fine Arts Showcase.

lundi, 16 janvier 2006 02:00

The Rising Tide

Projet ‘solo’ de Mike Shinoda, tête pensante de Linkin Park, Fort Minor déverse son premier flot de rimes hip-hop sur un « Rising Tied » commercialement bien ficelé. De la pochette de l’album jusqu’à ses sonorités, l’intégralité de l’univers de Fort Minor résonne comme son équivalent néo-métal. A défaut de créativité, le pseudo-rappeur ressert la formule magique qui fait le succès de son premier groupe : des refrains entêtants entrecoupés de deux ou trois couplets raps bien balancés. Pas étonnant donc de se surprendre à fredonner les airs de « The Rising Tide » ad nauseum. C’est en cette capacité d’interpeller l’auditeur, bon gré, mal gré, que réside tout le prodige de Shinoda. Preuve en est le succès immédiat de « Believe Me », un premier extrait indéniablement engageant. Véritable concentré de singles potentiels, ce 1er album semi-autobiographique conte le parcours du jeune homme, de son enfance (le radical « Kengi ») à sa carrière actuelle (« Get Me Gone », brève lettre ouverte aux détracteurs de son groupe de rock, intelligente mais trop réfléchie pour être sincère). On lui reprochera principalement de ne pas avoir compris le principe du side-project, l’ombre de Linkin Park se faisant parfois trop pesante sur certains titres (« Right Now », « Slip Out The Back »). Outre les collaborations prestigieuses des John Legend, The Roots et autres Common, Fort Minor s’offre également la présence de Jonah Matranga, roi de la multiplication de projets Emo, sur un « Where’d You Go » Jimmy Eat Worldien ainsi qu’un moins probant « Red To Black ». Quiconque aura beau s’efforcer à ne pas adhérer à la nouvelle frasque musicale de Mike Shinoda devra néanmoins lui reconnaître une efficacité incontestable.

mardi, 25 avril 2006 03:00

Sun, Sun, Sun

Tous à poil, le soleil est de retour ! Papa trait les vaches, les senteurs de la tarte aux pommes de maman envahissent la fermette, les petits crient, jouent, se chamaillent tandis que les aînés, étendus sur une plaine verdoyante entourée d’herbes en tous genres, se laissent emporter par les mélodies du bonheur de The Elected. Non, nous ne sommes pas chez les Brady mais au sein d’une famille des plus traditionnelles ayant tout simplement découvert « Sun, Sun, Sun » et décidé de mener une vie plus saine, plus riche en expériences interpersonnelles, plus en phase avec la nature… Car il suffit d’une seule écoute du second essai de ces élus pour se rendre compte qu’après tout, le monde n’est pas si moche que ça et qu’il doit bien y avoir de l’espoir quelque part… Side-project de Blake Sennet, membre honoraire de Rilo Kiley, The Elected dresse de splendides paysages pastoraux à travers 14 morceaux allègres et d’une fraîcheur printanière. Epaulé sur quelques titres par Jenny Lewis, son acolyte de Rilo Kiley quand elle n’est pas accompagnée des Watsons Twins, Blake Sennet évoque tour à tour Polyphonic Spree (l’intro « Clouds Parting ») Bright Eyes (« Desiree »), Ryan Adams (« The Bank And The Trust ») ou même Kenny Chesney (« Did Me Good »). S’il est un album à emmener dans ses valises cet été, pensez The Elected.