Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

Gary Numan
Editors
Chroniques

Robert Wyatt

Comicopera

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Pour enregistrer son douzième opus solo, Robert Wyatt a reçu la collaboration de quelques pointures et notamment Brian Eno, Paul Weller et Phil Manzanera. Sans oublier son épouse Alfie Benge, qui se réserve également les lyrics de plusieurs plages. Et puis du saxophoniste Gilad Atzmon, la tromboniste Annie Whitehead ainsi que le violoncelliste Aaron Stavi. Un album que Bob a produit et dont les sessions d’enregistrement se sont déroulées chez lui à Louth, mais également dans les studios Gallery de l’ex-guitariste de Roxy Music.

Vu la liste des invités, on se doute que Wyatt en est revenu à une forme plus prog. Prog jazz atmosphérique, bien évidemment ; et la structure de cet opus, découpé en trois actes, rappelle inévitablement la forme du concept album. Trois parties sous-titrées « Lost in noise », « The here an the now » et « Away with the fairies ». La première se révèle plus classique pour Waytt, dans l’esprit de « Rock Bottom » et de « Ruth is stranger than Richard », même si les cuivres sont beaucoup plus présents, Robert jouant de plus en plus de la trompette. La poésie y est davantage mise en évidence, également. Celle de son épouse, bien sûr. Wyatt y reprend également le « Stay tuned » d’Anja Garbarek. Un morceau remarquable d’intimisme et de profondeur qui baigne dans un climat mélancolique, presque sinistre. Et les quatre autres titres de ce premier acte sont de la même trempe. La voix de l’ex-Soft Machine, parfois rejointe par celle d’une invitée (Karen Mantler ? Monica Vasconcelos ?), épousant très souvent l’instrumentation éthérée, intense, très cuivrée, sculptée dans le soft jazz.

La deuxième est partagée entre expérimentation sonore et textes à l’engagement spirituel, politique ou social. Wyatt y condamne l’intervention en Irak sur l’intense « Out of the blue », un fragment électro-psychédélique au cours duquel la voix de Brian Eno est particulièrement triturée. Il enveloppe sa rage dans l’introspectif et faussement allègre « A beautiful war » et blâme l’incompétence du gouvernement britannique en matière d’urbanisme sur « A beautiful peace ». Mais nous propose aussi un concert de casseroles à résonnance cubaine sur l’insolite « On the town square » ou encore trempe « Serious », dont le swing très excitant est entretenu par Paul Weller, invité à bien syncoper ses accords de guitare. Reste « Mob rule » » qui s’inscrit davantage dans l’esprit du premier volet.

Pour la troisième partie, il a décidé de ne plus chanter dans la langue de Shakespeare. C’est sa manière de contester l’omnipotence de certains de ses compatriotes. Passons sous silence l’anecdotique « Pastafari », recherche pure sur les sonorités d’un vibraphone, et la minute trente-huit de « Fragment », dont une bonne moitié est consacrée au passage d’une bande à l’envers (NDR : à une certaine époque, cette forme d’avant-gardisme était à la mode), pour épingler « Cancion de Julieta », une plage envoûtante, énigmatique, hypnotique de 7’30, chantée en espagnol. Et sur un poème de Garcia Lorca. Le solennel (ces arrangements de cordes pincés et cet orgue d’église !) et bouleversant « Del mondo », chanté en italien. Et le final « Hasta siempre comandante », dont le climat jazz atmosphérique est tourmenté par des accès répétés de rythmes cubains, avant de succomber au charme de ces percus latino.

A 62 balais Wyatt est toujours aussi intrigant, touchant, amusant, audacieux et provocateur. Et il n’est pas prêt de retourner sa veste. « Comicopera » en est, une nouvelle fois, une belle démonstration.

Owen

At Home with Owen

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La qualité avant la quantité. Composé de 8 titres seulement, comme l’était son prédécesseur, « I Do Perceive. », le quatrième et nouvel essai de Mike Kinsella, alias Owen, confirme un talent incroyable. Diamétralement opposé à ses expériences au sein de Joan Of Arc ou American Football (et d’autres encore), le projet solo de Kinsella revendique simplicité et tendresse. « At Home With Owen », recueil enchanteur d’aubades lénifiantes, reprend exactement là où s’arrêtait « I Do Perceive. » et perpétue la tradition. Le point de départ de cette pérégrination romanesque, « Bad News », ouvre les portes d’un jardin secret accueillant l’union onirique entre fragilité lyrique et profondeur eurythmique. Au cours de la promenade, « The Sad Waltzes Of Pietro Craspi » ou « Bags Of Bones » rapprocheront les amoureux et réconforteront les solitaires tandis que « Femme Fatale », reprise du classique de Lou Reed, ou « A Bird In Hand » inviteront l’ensemble des visiteurs à s'abandonner au panorama, à la fois brumeux et fascinant. « One Of These Days » clôture la marche et invite à se blottir devant un feu de cheminée apaisant, à l’intérieur, at home with… quiconque vous est cher. Un nouveau carton plein pour Owen.

 



The Baldwin Brothers

The Return of the Golden Rhodes

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Ce premier album des Baldwin Brothers est avant tout une compilation de styles et de featurings ; il ravira les indécis par ses univers funk-jazz côtoyant tantôt des beats électro-house, tantôt des atmosphères soul-lounge. A aucun moment, l’album ne semble prendre parti ; « Right On » convoque les vocalises d’un Barry White sur des synthés groovy improbablement teintés drum’n’bass ; « Just Me » fait dans l’électro-lounge tandis que « A Matter of Time » est un morceau hip hop traversé par les vocalises rap de Sarai. « When My Brother Had A Datsun » convoque à grand fracas l’esprit Gorillaz, dans un featuring avec le rap de Julio Davi. « Leave the past behind » plonge dans une soul old-school rafraîchie par la voix charmante de Lisa Kekaula (BellRays et Basement Jaxx). « Air Is Invisible » apporte à l’album sa touche multiculturelle, en jouant la métamorphose d’une intro de  percussions africaines en rythmes house entrecoupés de sonorités indiennes. « After school special » s’annonce très jazz puis plonge sans transition dans des nappes électro minimales et des synthés 70’s. Cet album à l’humeur versatile s’achève par l’inattendue participation de Mark Lanegan en de sombres vocalises à la Leonard Cohen posées sur cuivres mélancoliques. En somme, Return of the Golden Rhodes convoque une myriade d'univers que l’on voudrait voir se resserrer autour d’un consensus au caractère plus trempé. Certes, les morceaux, pris séparément, ne manquent pas de punch, ni leur enchaînement de fluidité ; mais leur côté tout-azimut fait perdre à l’album la consistance et la crédibilité, absente le plus souvent de l’esprit ‘compilation’. Une singularité traverse ce patchwork : « Le retour des Rhodes d’or », comme annoncé, met à l’honneur les sonorités d’un orgue Rhodes ; mais lorsque le piano électronique remplace la guitare pour se délayer ensuite dans l’ambiance 70’s, guette l’anachronisme. « The Return of the Golden Rhodes » séduit surtout par ses airs groovy, acheminant un album frais mais dispensable, taillé sur mesure pour les curieux et indulgents amateurs d’easy-listening.                 

David Guetta

Poplife

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Pas fou pour un sou, le dj français est demeuré fidèle aux recettes qui fonctionnent dans les hit-parades, des recettes appliquées par d’autres avant lui. A l’instar de son précédent et fort dispensable « Blaster », il a conservé la même équipe et surtout Chris Willis, un chanteur qui n’est pas le dernier quand il s’agit de ululer à qui mieux-mieux. Pastiches de Frankie Goes to Hollywood (« Love is Gone »), des Jackson 5 (« Everytime we Touch »), eurodance à deux francs (« Baby when the light »), éléctro-rock risible (« Winner of the Game »), mauvaise reprise de P.I.L. (« This is not a love song »), les mauvais moments de piètre facture ne manquent pas. Mais l’ami David (il a commencé comme dj hip hop) sait très bien que c’est le prix à payer pour cartonner. Des musiques calibrées pour le dancefloor résumant les grandes tendances du moment (électro-rock, house, revival années 80, dance à la Benny Benassi), le tout peuplé de paroles bêtes à pleurer. Clinquant et vide, comme les photos de Mondino qui illustrent le livret. En pleine dérive monomaniaque, l’ami Guetta prend la pose avec de la lingerie fine dans les mains. Probablement une métaphore des pigeons qu’il a réussi à plumer lorsqu’ils ont acheté son disque.

http://www.youtube.com/davidguetta

"Delirious" http://www.youtube.com/user/davidguetta

Pour plus d'infos :  http://www.davidguetta.com/fr/infos

 

 

Jenny Owen Youngs

Batten The Hatches

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Jenny Owen Youngs, jeune fille issue des faubourgs fermiers du New Jersey, s’offre une entrée moyennement réussie dans l’impitoyable univers indie. « Batten The Hatches », son premier essai, n’est qu’un instantané de plus, interprété par une jolie voix féminine légèrement trop banale. Privilégiant les ritournelles brèves ne dépassant que rarement les 3 minutes 30, Jenny Owen Youngs est une sorte de Regina Spektor éduquée à la guitare acoustique plutôt qu’au piano et à l’écriture sombre plutôt qu’à l’allégresse.

De l’ensemble, seuls un excellent « Fuck Was I », un « Voice On Tape » interrompu par une brève intervention téléphonique de sa chère amie, Regina Spektor, ainsi qu’une version bonus remixée par The Age Of Rockets de « Woodcut », couverte d’une délicieuse nappe d’electronica, font honneur au talent évident mais tristement sous-exploité de Youngs. « Batten The Hatches » connaîtra, au plus tard au bout de deux ou trois écoutes, le même et tragique destin de tant de disques un peu trop marqués par l’urgence du moment : au placard…

Tinsley Ellis

Moment of truth

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Tinsley Ellis figure parmi le nombre limité d'artistes blancs qui opèrent sur le célèbre label de Bruce Iglauer. « Moment of truth » constitue déjà son huitième opus pour Alligator, si on compte la réédition de "Cool on it", commise en compagnie des Heartfixers.

Dès les premières mesures de "Say too much", on se rend compte que la guitare au son puissant, réverbéré, est toujours bien présente. Tinsley interprète passionnément ce blues rock imprimé sur un mid tempo. Il vit chaque note qu'il produit, pinçant ses cordes avec une certaine agressivité. La photo figurant au dos de la pochette en est une belle illustration. Rock’n roll très direct, "Somebody" démontre la parfaite complémentarité entre le chant et la guitare chez Tinsley. Ce tout indissociable est soutenu par une section rythmique déterminée. Elle réunit Jeff Burch aux percussions et un certain ‘The Evil One’ à la basse. Ellis injecte une foule d’effets dans ses cordes tout au long de l’indolent "Get to the bottom". Le côté tragique de cette plage, construite sur un riff R&B très présent et coloré par l'orgue Hammond de Kevin McKendree, est ici accentué. "You're gonna thank me" est une ballade très mélodique comme les apprécie Ellis. Et avouons qu’il s’y montre à la hauteur. Ce qui lui permet de concocter un petit bijou de solo sur sa Gibson Les Paul. Il monte doucement, mais perceptiblement en puissance pour le plus grand bonheur de nos oreilles. "Tell the truth" emprunte un profil semblable ; cependant, la voix féminine de Michelle Malone répond ici au chant du leader. Cet album semble refléter une paix intérieure, un certain intimisme ; une impression limitée, bien entendu par les effets de guitare. Car Tinsley adore tirer le maximum de ses artifices sonores ; mais sans jamais susciter l’ennui. En outre, son souci mélodique est omniprésent. Son solo est même empreint d’une grande tendresse sur "Too much of everything". Ellis tolère la présence d'un second guitariste sur la moitié des plages. En l’occurrence Mike Lowry. Il ne met guère le nez à la fenêtre, mais soutient discrètement et efficacement son leader. Ellis déborde de vitalité et d'émotion sur "Bringin' home the bacon". "Freeway soul" est une des meilleures compositions de cet opus. Face à l’orgue, sa voix manifeste beaucoup de vécu. "I take what I want" est une composition signée Issac Hayes/Dave Porter (NDR : ils ont beaucoup bossé pour le label Stax). Une bonne dose de funk est inoculée dans cette version remuante. Blues très lent et majestueux, "Sleep on it" porte des accents dramatiques. Un morceau bouleversant susceptible d'arracher, au passage, l’une ou l’autre larme. L'artiste vit ses chansons, c'est indéniable! Plage séduisante, "Stare at the sun" s’ouvre sous une forme acoustique, avant de se convertir intégralement à la fée électricité. Pour la circonstance, Tinsley a enfin sorti son bottleneck. Initiative judicieuse car son jeu de slide reste lyrique et apporte enfin de la fraîcheur et de la variété. Ellis termine d’ailleurs cet opus par un titre intégralement ‘unplugged’ : "Shadow of doubt". Une cover de Gary Nicholson. Il la chante avec cette passion qui semble le hanter en permanence.

CuteezLaxa

Gravity keeps us Down

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Si vous ouvrez un dictionnaire médical aux pages consacrées à la lettre ‘C’, vous découvrirez que cutis laxa est une maladie qui affecte les tissus de la peau. Si, par contre, vous vous branchez sur les radios libres bruxelloises qui diffusent du métal (si, si, ça existe encore !), vous avez de fortes chances, en zappant fébrilement, de tomber sur la diffusion d’un titre du premier album de CuteezLaxa. Des enfants du pays, qui ont fait leurs premiers pas dans le monde de la zique, en septembre 2000. Cinq membres, articulés autour d’une voix parfois mélodieuse, souvent rageuse, de deux guitares tranchantes, d’une basse ronronnante et d’une batterie aux sonorités typiquement néo métal. Il serait un peu réducteur de qualifier le groupe d’Emo, une étiquette qu’on aurait trop vite tendance à coller au combo, même s’il a bénéficié de la haute technologie des studios Hautregard (Channel Zero, Lofofora…) pour accoucher de son premier enfant. Un nouveau né dont les parrains ne sont autres que Mario Guccio et Roland De Greef (Machiavel), coupables du mixage et de la production de ce « Gravity keeps us Down » qui laisse entrevoir un bel avenir à ces héritiers de Faith no More, System of a Down et Therapy ?. Les dix compos, qui mélangent lourdeur et subtilité, dénoncent la difficulté à se construire et à s’épanouir dans une société gangrenée, et dans laquelle certains médias sont à la fois les porte-parole et les détracteurs. Des textes engagés, souvent naïfs, mais non dépourvus d’un certain bon sens. Inutile de préciser que cette galette sent davantage le gel coiffant hyper méga strong que la vieille veste à patches et le cuir clouté.

 

 

 

Enrique Iglesias

Insomniac

Écrit par

Le fiston de Julio annonce tout de suite la couleur à l’intérieur des notes de pochettes de ce disque : il vient de traverser trois années pourries, connaître des nuits sans sommeils et vivre des journées anxieuses. A cause de la peur, du stress… Pas facile la vie de millionnaire ! Il a tout misé sur cet album et d’ailleurs il ne sait pas s’il pourra en enregistrer 100 autres ou... aucun. On espère franchement que le bon Enrique n’a rien d’autre en magasin, car cet album est ennuyeux et poussif. Caractérisé par ses kitschissimes chants de baleine (sûrement retrouvés dans un vieux sample d’Eric Serra), « Ring My Bell » donne le ton. Une ballade mielleuse comme on n’en fait plus beaucoup. Mais l’honneur est sauf, car comme l’annonce le livret, ‘no whales were hurt during the recording of this song’. On continue par « Push », un petit interlude hip hop interprété en compagnie de Lil’ Wayne, histoire de faire un peu de ‘street credibility’. Le reste continue pépère entre racines latines, rythmes caraïbes et ballades, ballades et encore ballades. Le dénominateur commun soulignant l’indigence mélodique, les paroles bateau et une production ringarde. Envoyez donc le gaillard prendre des cours chez Timbaland et Justin Timberlake.