Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gavin Friday - Het Depot
Stereolab
Chroniques

Marie Queenie Lyons

Soul Fever

Écrit par

Enregistré en 1970 par Marie Queenie Lyons, « Soul fever » restera à tout jamais son unique album, la jeune femme ayant disparu de la circulation après la sortie du disque. Enregistré pour le label Deluxe (une filiale de King, maison de disque de James Brown), la version vinyle de « Soul Fever » était devenue aussi difficile à trouver qu’une place de parking non payante dans le centre de Bruxelles. De nouveau, il est nécessaire de souligner les formidables initiatives du label Vampisoul qui permettent au plus grand nombre de découvrir quelques pépites oubliées.

La musique proposée ici (uniquement des reprises) est typique de la soul sudiste de l’époque : très mélodique et emmenée par la belle voix très gospel de Mary, capable de passer de la douceur à la sauvagerie en un clin d’œil. « Soul Fever » hésite entre des titres plus groovy comme le superbe « See and Don’t See » et des morceaux plus lents, enrichis de cordes, qui rappellent un peu les slows de Ray Charles. Hormis les chansons plus classiques, des plages comme « Fever » et « Your Thing Ain’t No Good Without My Thing » touchent tout simplement à l’excellence. Soul Power !

 

Savalas

Exercise and Karma drills

Écrit par

Ce qui surprend sur cet album, c’est son éclectisme. Faut dire aussi que les influences du groupe sont plutôt amples, oscillant de Radiohead à Jeff Buckley, en passant par les Beatles. Bref, c’est sans doute après avoir secoué vigoureusement ces multiples élixirs référentiels au sein d’un grand shaker, que Savalas est parvenu à composer les chansons de son « Exercise and Karma drills ». Le drummer, le bassiste et le guitariste sont talentueux. Les morceaux sont bien construits, les mélodies intéressantes. Plutôt agréable, la voix du chanteur se distingue par sa précision chirurgicale. Les textes parlent d’amour et de leur manière d’appréhender la vie. Des thèmes classiques mais qui font toujours mouche au XXIème siècle.

Bref, le fruit de leur travail est soigné et son écoute est plutôt confortable. Mais il y manque ce petit grain de folie pour faire la différence. On aurait parfois envie que la solution sonore explose, qu’elle libère de l’adrénaline. Qu’elle manifeste du punch, en quelque sorte. Mais les morceaux sont tellement bien construits et respectent une structure tellement rigide, qu’ils finissent par susciter la lassitude voire l’ennui. A force de se retrancher dans les sentiers battus, Savalas gaspille un véritable potentiel, qu’il ne parvient jamais à exploiter tout au long de ce nouvel opus.

Cette absence d’originalité est probablement la conséquence d’un effet de mode, cultivé dans le Nord du pays. Trop de groupes en Flandre adoptent aujourd’hui un style musical fort semblable. Maintenant, les compos sont suffisamment contagieuses pour satisfaire les amateurs du genre et même devenir des tubes, chez nos voisins du Nord.

 

NiteCreepers

I've been hurt

Écrit par

Les NiteCreepers nous viennent de Californie. De la région de Santa Cruz. Une obscure formation drivée par le chanteur/harmoniciste Richard Rodriguez et soutenue par le guitariste Tony Gullo ainsi que le claviériste Thom Merida. Pour la circonstance, elle a reçu le concours d’une section rythmique composée de Mark Carino à la basse et de June Core à la batterie. Le redoutable guitariste de Charlie Musselwhite, Chris ‘Kid’ Andersen, est tombé sous le charme de ce band. Pas étonnant dès lors qu’il ait décidé de produire leur premier elpee. Il assure même quelques solides parties de cordes dont il a le secret. Les sessions ont également bénéficié de la participation d’un autre guitariste : Johnny Cat. Résident à San Francisco, c’est le gratteur du saxophoniste Terry Hanck et le leader de ses Pleasure Kings.

Nous sommes en Californie et cela s'entend dès les premières secondes de "Mr Dollar". Du west coast jump tonique et dynamique. Richard possède une voix qui passe aisément la rampe. La section rythmique est solide et pétillante. Sa cohésion est plutôt impressionnante. Les doigts de Thom parcourent les 88 touches d'ivoire de son clavier. Chaque intervention de la ou des guitares est d’une incroyable efficacité. Ballade R&B, "I've been hurt" semble sortie d'un jukebox de la fin des années 50. Richard peut s’appuyer sut des chœurs ‘doowop’. Il se réserve une nouvelle sortie éclatante sur les cordes. Signé Mitch Kashmar et Randy Chortkoff, de l'écurie Delta Groove, "Nitecreper" est un blues dont le schéma rythmique, ma foi classique, est inspiré de Jimmy Reed. Richard souffle dans son harmo à la manière de Reed. Merida est très efficace derrière son piano, et le guitariste n'est guère en reste, étalant tout son potentiel. Rodriguez apprécie les harmonicistes de l'école instituée par Jay Miller, à Baton Rouge, en Louisiane. Il reprend deux titres de Slim Harpo et un de Lazy Lester. "Tip on inn" est imprimé sur un tempo élevé. Thom est à l'orgue. C’est probablement Kid Andersen qui se charge des parties de guitare ; mais ses interventions sont meurtrières. Swamp blues d’une grande limpidité, "Rainin' in my heart" est restitué selon son rythme classique. Le "Woman" de Lester enfin, évolue un ton encore au-dessus. La section rythmique porte littéralement les accords de piano dispensés par Thom Merida. Et il s’y révèle étincelant ! Les NiteCreepers ne composent pas ; et c'est dommage ! Cependant, ils puisent leur répertoire à de multiples sources. Ils s’attaquent même au rock'n'roll pur et dur de Chuck Berry, un exercice de style qui se transforme progressivement en surf music sur "Let it rock/Rawhide". Et on peut dire que ça déménage ! A mon humble avis, les concerts ne doivent pas être tristes. Deux guitares entrent en conflit tout au long de la cover du "Walked all nite long" d'Albert King. Kid Andersen doit figurer parmi les belligérants. Il se prend même pour Albert King. Kid, un prodige des cordes, exécute sans aucun doute son meilleur solo sur "The things I do for you", une plage issue de la plume de Mel London. Autre jump blues participatif, "Chonnie on chon" est une nouvelle démonstration de la cohésion de l’équipe. "Keep it to yourself" est digne de Sonny Boy Williamson. Son esprit hante le soufflé de Richard. Impressionnant ! Ce superbe album s’achève par une version vivement colorée du "Tell me what have I done wrong" de James Brown. Adapté en Chicago blues, ce morceau autorise une dernière sortie des cordes ; et le résultat est tout bonnement remarquable.

Erik Levander

Kondens

Écrit par

Erik Levander termine actuellement ses études d’architecture à Copenhague. Le Suédois est visiblement passionné par cet Art qu’il conçoit déjà. Mais pour la circonstance, sous la forme de construction sonore. Le romantisme ténébreux et mystique semble être sa muse. Et son second opus en est la plus belle illustration. A l’instar d’Efterklang, groupe très proche de l’artiste, Erik milite au sein de l’écurie Rumraket. Un choix guidé par une envie de créer sa musique dans des conditions optimales. Tout comme ses condisciples danois, Erik se complait dans la mélancolie et l’abstraction. Il injecte ainsi à l’aide de son ordinateur, une sensibilité unique, palpitante, née de minuscules beats cérébraux. Une œuvre qui brille de mille feux, éclairant une voie obscure destinée à nous conduire vers un univers typiquement scandinave, paradoxalement glacé et passionnel, envoûtant et hypnotique, mais surtout empreint de douceur et d’apaisement.

Enregistré entre 2004 et 2007, « Kondens » ne se contente cependant pas de s’alimenter à l’électronique. C’est ce qui fait sa richesse. Guitares, piano, et clarinette viennent ainsi donner de l’amplitude à l’expression sonore, compensant ainsi une certaine langueur voire de la récurrence. Et la combinaison de tous ces éléments conduit souvent à des moments de magie, voire de beauté saisissante. Difficile d’ailleurs de comprendre ce Levander lorsqu’il affirme être influencé par des formations comme My Bloody Valentine ou encore Sonic Youth. Une chose est sûre, cet artiste hors norme vient, en commettant de « Kondens », de faire un grand pas dans le monde du lyrisme électronique…  

Bill Dixon with Exploding Star Orchestra

Bill Dixon with Exploding Star Orchestra

Écrit par

Le jazzman Bill Dixon et les treize membres de l’Exploding Star Orchestra, dont le line up implique un autre jazzman et compositeur de talent, répondant au nom de Rob Mazurek, présentent sur leur essai éponyme trois morceaux libres de toute structure et de limites. Du free jazz à l’état brut. A priori difficile d’accès, l’œuvre s’adresse essentiellement aux fans du genre qui (re)découvriront l’univers déconstruit de Dixon, auquel Mazurek ajoute une touche personnelle audacieuse (« Constellations For Innerlight Projections (For Bill Dixon) »).

Le déconcertant voyage initiatique proposé par Bill Dixon est susceptible de faire virevolter l’auditeur entre coups de trompettes rageurs, trombones inquiétants et autres envolées de saxophones accusateurs. Une aventure dont on ne sort pas indemne mais qu’il faut cependant entreprendre avec précaution. Ravis ou nauséeux, les disciples ayant tenté l’aventure ne peuvent que saluer à l’unanimité la performance indéniablement salvatrice de Dixon, Mazurek et du reste de l’orchestre. Jouissant certainement d’une exposition très discrète, « Bill Dixon With Exploding Star Orchestra » devrait très certainement ravir les amateurs de Free Jazz, sans pour autant déplaire aux autres. Sauf si vous êtes allergiques au style, of course.

 

Dead Souls

Cognac and Coffee

Écrit par

Avant de se lancer dans l’aventure Dead Souls, Flip, Yves, Koen et Bernard ont tous participé à d’autres projets. Que ce soit dans la musique classique, la pop ou la noise, nos quatre jeunes gens possédaient déjà un sacré bagage musical ; un potentiel qu’ils ont donc mis en commun après avoir tourné pour une quarantaine de concerts, à l’initiative de leur ami Stijn Meuris et de son groupe Monza. Pourtant, lors de ce périple, Dead Souls avait été engagé pour interpréter des reprises. Dont certains hymnes de Joy Division, une de leurs influences majeures.

La formation nordiste s’est donc décidée à enregistrer un premier elpee. Pas de surprise majeure à escompter, mais des compos sculptées dans un pop/rock plutôt efficace. Manifestement, l’ombre de Joy Division, plane sur ce « Cognac and Coffee » ; et en particulier sur « Zen for Birds », une chanson empreinte d’une grande mélancolie. En outre, le timbre du vocaliste est très proche de celui de… Ian Curtis. Ce qui explique cette confusion, ce trouble qui nous envahit en écoutant ce disque. Et la grande profondeur des morceaux accentue cette sensation. Heureusement, l’opus recèle quelques douceurs plus pop ; à l’instar du très beau titre maître, placé en ouverture ou encore de « (There’s A) Trying in Crying », dont la mélodie langoureuse est totalement irrésistible.

Comme un signe du destin ou tout simplement une marque de bonne conscience, « Cognac and Coffee » pourrait être comparé à un excellent digestif. Un moment à savourer dans la sérénité la plus totale. Une sérénité que Dead Souls vit d’une façon décomplexée tout en boostant, par son énergie, une scène belge parfois un peu trop fébrile.

En concert :

le 30 septembre à l’AB Club (aftershow Killing Joke)
le 18 octobre au Depot de Louvain (supporting act Motorpsycho)
le 14 novembre au Trix à Anvers (+ Transit)

 

 

Animal Collective

Water Curses (EP)

Écrit par

Animal Collective persiste et signe. Le trio poursuit sa conquête à grande échelle de la planète indie en publiant un EP 4 titres, « Water Curses », quelques mois après avoir concocté le déjà incontournable « Strawberry Jam ». Parfaite continuité de ce dernier, le court exposé consiste tout simplement en une nouvelle preuve d’ingéniosité. Les quatre morceaux inédits créent une nouvelle brèche dans la frontière entre le rêve et sa part de folie. On en émerge certes moins confus qu’auparavant, leurs expérimentations n’ayant momentanément plus de secrets pour ses adeptes, mais nos esprits ressortent néanmoins toujours aussi émerveillés par la magie des invocations spirituelles de cette confrérie animale. Le champêtre « Water Curses » précède un « Street Flash » délassant et un « Cobwebs » étrangement familier. L’ensemble donne incontestablement un arrière goût de trop peu, mais peut-être est-ce là le but des membres de la formation culte. Ceux-ci clôturent leur courte intervention par un « Seal Eyeing » captivant, nous abandonnant sur place, pendus à leurs lèvres et impatients d’entrevoir les futurs délices et supplices qu’ils nous réservent...  

Transit

Whitewater

Écrit par

Ayant récemment joué en première partie de 65daysofstatic à l’Orangerie du Botanique, Transit peut se targuer de porter l’étiquette de nouvel espoir post-rock made in Belgium. Proche de l’univers des Ricains d’Explosions In The Sky, le quatuor s’applique à faire frissonner son auditoire à coup de longues excursions contemplatives au cœur d’un genre auquel il apporte une petite touche personnelle. Une touche de pop aérienne, relativement bien placée, qui donne du relief à l’ensemble et permet à la formation d’éviter la redite (« Trees », « Maribor »). Transit parvient également à glisser quelques vocalises sur certains morceaux (les resplendissants « Thor » et « Lucas ») de manière si discrète et subtile qu’elles paraissent dès lors indissociables de l’ensemble. On saluera plus particulièrement la performance de la formation sur l’épique « January » et sa structure assurément classique mais terriblement efficace. Légèrement moins inventif que des Tomàn ou des Tape Tum, les quatre Gantois donnent sur ce « Whitewater » le signal de départ d’une carrière que les fans du genre devraient certainement suivre de très près.