La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Chroniques

Get the people

Get the people

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Voici le genre d’album qui, à première vue, n’a l’air de rien : artwork bon marché, titres aussi raffinés que « Boob » ou « Man, playing the drums is fun ! »... Sorti l’année passée sans faire de bruit, cet elpee mérite cependant que l’on s’y arrête.

Tout d’abord parce qu’il est l’œuvre d’une formation au sein de laquelle milite Kevin Shea. Celui-ci a été batteur de Storm & Stress. Précurseur du math-rock, ce groupe culte des années 90, a compté dans ses rangs l’excellent guitariste Ian Williams, qui a sévi dans Don Caballero et cartonne actuellement chez les irrésistibles Battles. Vous me suivez ?

Que reste-t-il de cette période d’expérimentations forcenées? A vrai dire, pas grand-chose. On reconnaît tout de même, dans le jeu de Kevin Shea, un souci constant de déstructurer ses rythmiques à coups de breaks étranges et de ralentissements inattendus. En outre, on retrouve par intermittence, dans le phrasé de Ben Simon (chant-guitares), mi-chanté mi-susurré, une proximité avec l’univers de Storm ans Stress.

Malgré cette remarque, l’ambiance générale est plutôt à la pop décontractée, à écouter un après-midi ensoleillé d’école buissonnière, à l’ombre d’un pommier. Retenant plutôt des années nonante la nonchalance iconoclaste de Pavement (référence évidente) que les figures de style math-rock, Get The People évolue sans complexe sur des chemins certes déjà défrichés, mais toujours excitants. De véritables perles pop se glissent ainsi parmi ces 17 titres. On retiendra surtout le morceau d’ouverture, « Got a Lot of Love », le grisant « Bodies » évoquant un Mercury Rev première époque, « Starchild and Moonkid » (dont l’air ressemble étrangement à « Knockin on Heaven’s Door »…) ou encore « Strange Love ».

Au final, la réussite de cet album tient dans sa capacité à assumer parfaitement ses références, tout en y injectant une production subtile évitant de tomber dans la lo- fi bon marché. S’il n’est pas ici question de révolution, on retiendra l’équilibre entre expérimentations et luminosité pop qui vous fera revivre une belle page de l’histoire du rock indépendant. 

Bill Lupkin

Hard pill to swallow

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Originaire de Fort Wayne, dans l'Indiana, Bill réside depuis une quarantaine d'années à Chicago. En y débarquant, il fréquente les clubs de blues implantés dans les ghettos des quartiers ‘Southside’ et ‘Westside’. Il sympathise avec les Aces, le groupe qui avait accompagné Little Walter et Junior Wells. On le retrouve donc dans une aventure impliquant les frères Dave et Louis Myers, Fred Below, le mandoliniste Johnny Young et le pianiste blanc Bob Riedy. Il rencontre ensuite le légendaire Jimmy Rogers et participe aux sessions de son elpee "Gold tailed bird". Un disque paru en 1972. Son premier véritable opus ne date que de 1999. Un live immortalisé dans sa ville natale de l'Indiana : "Live at the Hot Spot". Une œuvre pour laquelle il reçoit le concours du Chicago Blues Coalition. Ainsi que de Barrelhouse Chuck au piano et Billy Flynn aux cordes. Au cours des dernières années, il s’est lié d’amitié à Nick Moss ; ce qui lui a permis d'enregistrer pour Blue Bella. Dont un "Where I come from", paru en 2006.

« Hard pill to swallow » succède donc à ‘D’où je viens’, une ‘Pilule difficile à avaler’ habillée par une très jolie pochette créée par Kate Moss. Elle illustre un flacon contenant un harmonica. Pour enregistrer cet opus, Bill s'est enfermé dans les studios ‘Rancho de Rhythm’ à Elgin, chez Nick Moss. Il est épaulé par son frère Steve à la basse, Mark Fornek aux drums et Tim Wire aux claviers. Moss se réserve la guitare, le mixage et la production. Les 14 plages ont été composées par Lupkin.

Dès les premières secondes de "Think it over baby", ça déménage. Tous les doigts de pieds frétillent à l'écoute de ce morceau particulièrement remuant. Les musiciens manifestent une cohésion remarquable. Le talentueux Gerry Hundt a emporté sa mandoline électrique. Elle confère à l’expression sonore une belle touche d’originalité. Lupkin affiche une forme étincelante. Il se montre très agressif dans l’attaque de son harmonica. La lecture de son instrument est très claire. Il jouit également d’une bonne voix ; dans un style assez laidback. C'est-à-dire indolent, mais stimulant. Une excitation ouatée qu’il réitère sur "Funny way to show you love me". Sa palette de tonalités lui a permis de côtoyer des grands maîtres, comme Little Walter et Big Walter Horton. Nick Moss en profite pour dispenser un solo parcimonieux, comme il affectionne. "Bad luck" opère un changement de rythme et de style. La douceur est passée à l’aigre. Bill a glissé vers l’instrument chromatique. Il chante d'une voix saturée d'amertume. Il me rappelle ici manifestement le grand Rod Piazza. Cette excellente compo constitue un très grand moment de blues! Mais ce que j’apprécie tout particulièrement sur cet elpee, c’est la sonorité d'ensemble. Tout fonctionne à merveille dans ce petit studio d'Elgin. Sur "Fine little thing", Lupkin parvient à recréer le son de ce Chicago blues qui nous a toujours fait rêver. Les esprits de Jimmy Rogers et de Little Walter y sont tellement présents ; mais sous une forme tellement naturelle, qu’on en est complètement bouleversés. "I'll be over you someday" en revient au tempo lent. La mélodie emprunte probablement à "It hurts me too". Moss joue comme un dieu. Le spectre du géant Freddie King nous traverse l’esprit. La complicité entre les intervenants est traduite par une communion de leurs sensibilités. Et que c'est beau à écouter. "Elgin bounce" est un instrumental qui remet au goût du jour le son des Aces. Le soupçon de swing et de groove permet de restituer le génie de l'harmoniciste leader, alors poussé dans ses derniers retranchements par le piano de Wire et l'intarissable Nick aux cordes. La classe! L'esprit de Johnny Young refait surface lorsque Hundt reprend sa mandoline. En l’occurrence sur "See that little girl", un morceau que Lupkin chante avec beaucoup de conviction. Sculpté dans le funk, "Blues again today" nous invite à danser. Un peu comme autrefois, au cœur des petits clubs enfumés de la cité des vents. "You're gonna be sorry" évolue sur un tempo digne de Jimmy Reed. La paresse des swamps louisianais nous envoûte. "Hook, line and sinker" adopte les rythmes chers à Howlin' Wolf. Bill se consacre à l'harmo chromatique et un impressionnant Moss parvient à recréer les climats chers à Henry Vestine. "Where you goin'" est le long blues lent que l'on espérait. Bill souffle rageusement comme un Walter Horton soutenu par Sunnyland Slim (NDR : pour la circonstance, Tim Wire s’y subsitue). Musicien versatile, Gerry Hundt accorde une remarquable intervention aux cordes. Ce superbe album s’achève comme il a commencé ; c'est-à-dire par le titre maître, dans une version de Chicago blues rythmé, mais dans un style très Rogers.

 

Newton Faulkner

Hand Built by robots

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A 23 ans, Newton Faulkner a de quoi se faire remarquer: des dreadlocks abondantes, une voix et un jeu de guitare particulier. A l'écoute de « Hand built by robots », il est difficile d’imaginer que son premier groupe reprenait exclusivement le répertoire de Green Day. Aujourd’hui, l’ancien élève d’Eric Roche cite Pearl Jam et Joni Mitchell parmi ses influences et on le croit volontiers. Si on fait abstraction des singles tels que « Dream catch me », « All I got » ou « I need something » qui rappellent étrangement la pop de Lifehouse, on ne peut nier à Faulkner un véritable talent de songwriter dans ses chansons les plus folk. S’accompagnant efficacement d’une guitare subtile (picking) et dynamique (l’utilisant comme percussion également), le chanteur est capable de titres plus proches de Ben Harper ou Jack Johnson (« Gone in the morning », « UFO ») voire des Beatles, comme sur le très court « She’s got time », véritable bouffée d’air dont la comparaison à « I feel fine » semble incontournable. La reprise de « Teardrop » (Massive Attack), acoustique à la manière de celle de José Gonzales, mérite aussi qu’on s’y attarde. Généreux (17 titres, dont trois interludes instrumentaux) et, quoi qu’en dise le titre, profondément humain, “Hand built by robots” est un disque empreint d’enfance (voir la pochette) mais nullement naïf : ‘I can’t change the world, cause trying to make a difference makes it worse. It’s just an observation I can’t ignore but people should smile more.’

I-tunes: http://phobos.apple.com/WebObjects/MZStore.woa/wa/viewAlbum?id=264782547&s=143446

MSN: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=4&catno=OD2DI6185744

 

Biyouna

Blonde dans la casbah

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Ce disque s’ouvre par un morceau raï savamment rythmé et plutôt traditionnel (« Taali »). Musicalement, le deuxième titre (il donne le nom à l´album) s´inscrit dans la même lignée. Mais pour la circonstance, il est chanté dans la langue de Molière. Avec un accent à la Enrico Macias. D’ailleurs il est difficile d’en identifier le timbre. Qui pourrait être aussi bien féminin que masculin. Bourré d´humour, ce texte vient se greffer parfaitement aux rythmes orientaux. La chanson « Demain, tu te maries » vous dit-elle quelque chose ? Absolument ! Ce tube des sixties (chanté à l´époque par Patricia Carli) est ici revisité par Biyouna de manière plus que surprenante. La suite de l´opus voyage entre Orient et Occident, tant au niveau des paroles que des mélodies. On y rencontre même des touches de ska (« J’aime les coyotes ») et de reggae (« Merci pour tout »). Trois invités se joignent à l´artiste : Didier Wampas sur le délirant « Merci pour tout », Malia pour le jazzyfiant « Bismilah », et Christophe lors du touchant « La Man », morceau clôturant brillamment « Une blonde dans la casbah ». Mais qui est Biyouna ? Qui est cette personne capable de réunir sur un même disque des artistes issus d´univers musicaux si différents ? Biyouna est une véritable star en Algérie. Aussi connue pour ses talents de comédienne que de chanteuse (elle a sorti son premier album en 2001), cette femme baigne, depuis sa naissance, dans le monde artistique. Tout au long de ce deuxième opus, elle parvient en tout cas à imposer un style coloré et atypique, qui n´appartient qu´à elle. Une liberté qu´on apprécie et recommande !

 

 

 



Jens Lekman

Night Falls Over Kortedala

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Oh, You’re not so silent anymore, Jens ! Après les inoubliables « When I Said I Wanted To Be Your Dog » et « Oh You’re So Silent Jens », le Suédois nous revient, une nouvelle merveille sous les bras. La délicate touche de poésie qui caractérise les compositions de Jens Lekman prend encore plus d’ampleur sur ce nouvel essai. Il conte ses péripéties amoureuses avec une telle désinvolture qu’on se laisse inévitablement charmer par ce magicien de la pop. Une pop fascinante et rafraîchissante, d’autant plus appréciable qu’elle se marie à la perfection au disco (l’obsédant « Sipping On The Sweet Nectar »), à l’indie (« The Opposite Of Hallelujah », « It Was A Strange Time In My Life ») et à une ribambelle de samples. De plus, Jens Lekman ne se gêne pas pour repousser les frontières de son propre univers, se permettant également une petite incursion insolite dans l’univers R’n’B (« Kanske Är Jag Kär i Dig »). Encore plus culotté qu’auparavant, le jeune homme n’a pas peur de laisser le kitch atteindre des sommets (les très 60’s « Friday Night At The Drive-In Bingo » et « If I Could Cry (It Would Feels Like This) ») et l’assume à merveille. « Night Falls Over Kortedala » démontre indubitablement en douze magnifiques ritournelles que Jens Lekman est un artiste des plus exemplaires.

Dr Wu

Texas Blues Project Vol 1

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Ce projet est le fruit de la collaboration entre deux amis texans qui jouent ensemble depuis trente ans au sein de diverses formations, et ont coécrit plus de 200 chansons. Jim Ashworth et Bryan Freeze ont baptisé ce nouveau concept Dr. Wü, en référence à une chanson de Steely Dan, autre duo constitué des célèbres Donald Fagen et Walter Becker, régulièrement épaulés par de brillants musiciens. Ashworth et Freeze ont donc décidé d’adopter cette même philosophie en engageant des collaborateurs issus de leur bonne ville de Forth Worth (NDR : c’est près de Dallas !) Surprise, lorsqu’on consulte les notes du booklet, on constate que Bryan Freeze joue de toute une série d’instruments différents, alors que Jim Asworth est crédité de ‘nothin'’ ; autrement dit, il ne joue de ‘rien’ ( ?!?!?!). Le duo signe toutes les chansons. Une exception, une ! Omniprésents, le chanteur Charlie Bassham et le bassiste Gary Owen participent cependant parfois à l'écriture.

L’opus s’ouvre par le puissant "I don't need no woman like you". Buddy Witthington, concitoyen célèbre, crache des flammes à la guitare. Pas pour rien qu’il est un Bluesbreaker indissociable de John Mayall depuis 15 ans. Charlie Bassham se révèle excellent chanteur. "Stop your lyin" manifeste davantage de sérénité.  La voix de Charlie reste claire. Il pousse ses cordes vocales en affichant beaucoup d'autorité et d'aisance. Gary Grammer souffle dans son harmonica. Freeze se réserve les guitares. La seule cover a été immortalisée en public : le "Jacksboro highway" de Gary Nicholson. Buddy Whittington se taille à nouveau la part du lion. Sa voix est surpuissante. La slide bien présente et créative. Jacksboro Highway était un strip bar de Fort Worth, dans les fifties. De nombreux bluesmen comme Jimmie Reed, Ray Sharpe et Delbert McClinton s'y produisaient. "I don't care blues" est un bon blues rythmé inspiré par le Delta. Grammer est à l'harmo et Rollo Smith, autrefois gratteur des Naughty Sweeties, maîtrise divinement la slide. Ballade séduisante, "Sister blue" trempe dans le R&B. Bassham semble incarner le troisième homme du projet. Une révélation au chant ! Bryan Freeze siège derrière l'orgue Hammond. Le bassiste Jerry Hancock (ex-Smokin' Joe Kubek Band) et le drummer Mike Kennedy (un ancien du Freddie King Band) forment la section rythmique. Elle déborde de groove. Blues rocker, "I wanna love you" est balisé par la guitare de Lee Pickens. Très roots, "When I get to heaven" nous replonge dans le Delta blues. Les cordes du même Pickens sont bien amplifiées. Ce gratteur milite toujours chez Bloodrock, une formation de hard rockin' blues ayant vécu naguère, dans cette ville de Fort Worth, un succès certain ; et qui se reforme épisodiquement. Entretenu par le saxophone de Rodney Bowens, "The fool around" est un R&B dansant. "Storm watch warning" constitue enfin le long slow blues attendu. La démarche dramatique est marquée par la guitare de Danny Hubbard et l'orgue Hammond omniprésent de Red Young (NDR : membre de Red & the Redhots). De sa voix grave et expressive Charlie domine ce grand blues ! Ce recueil demeure intéressant jusqu’à son terme. Légèrement funky, "Come back baby!" est à nouveau nappé par l'orgue de Red Young et balayé par les cordes du brillant Stephen Burton (remember Storyville!). Le pétillant "High maintenance baby" s’avère une des meilleures plages de l’opus. Le talent de James Pennebaker est ici mis en exergue. Cet autre gratteur subtil et impeccable est un ancien partenaire de Leroy Parnell et Delbert McClinton. Buddy Whittington opère son retour en compagnie de Mouse Mayes, un ancien de Black Oak Arkansas et de Point Blank, pour accorder l’inévitable "Nothin' like Texas blues", une sorte de résumé de cette œuvre. A suivre, car Dr. Wü envisage déjà un deuxième volume de ce projet. En attendant, je vous invite à vous régaler en dégustant cette solide tranche de blues texan.

Alamo Race Track

Black Cat John Brown

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Le premier album d'Alamo Race Track nous avait laissés sous le choc. Et c'est peu dire... En 2003, « Birds at home » s'apparentait au plus beau frontal de l'année : bang, en pleine gueule ! Comme un bus sorti à toute blinde d'une rue fantôme, les chansons de Ralph Mulder et de ses Hollandais volants nous arrachaient les tympans à grandes embardées de pop raffinée. A l'époque, les journalistes voyaient rouge et blanc, préférant reluquer les photos coquettes des Strokes ou investiguer sur la disparition de la seringue favorite de Pete Doherty que de choyer le disque d'Alamo Race Track à sa juste valeur. Bref, le public est passé à côté du truc... Pas grave : aujourd'hui, c'est le tour de « Black Cat John Brown », cours de rattrapage obligatoire pour tous les absents de la première session.

Alamo Race Track n'est pas groupe à camper sur ses positions. Aussi, « Black Cat John Brown » constitue-t-il une belle avancée artistique pour la formation amstellodamoise. D'emblée, le titre éponyme nous laisse bouche bée... « Black Cat John Brown » : transe sixties décapante, à déguster en roulant, entre les champignons et le space cake. Défoncé, l'auditeur s'exécute ensuite sur « Don't Beat This Dog », hymne rock dansant, étrange orgies entre TV On the Radio et les Dandy Warhols. Alamo Race Track entretient d'évidentes références (une aisance mélodique proche des Kinks, une bonne reverb' corrompue à la Chuck Berry, un timbre de voix groovy déjà entendu du côté d'Evil Superstars, dEUS, Zita Swoon ou Pavement). Impossible donc de pointer la moindre faute de goût chez ces Hollandais ! Ecouter une énième fois le tube « The Nothern Territory », respirer à fond les pistons et s'en faire une raison : Alamo Race Track vient encore de signer un disque sublime. Et, comme on dit dans ces cas-là : jamais deux sans trois !

Led Zeppelin

The soundtrack from the film The Song Remains the Same

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A la veille d’une hypothétique tournée européenne, qui semble toutefois se confirmer, revêtant des allures du plus grand évènement rock n’roll de tous les temps, deux produits estampillés Led Zep viennent enrichir les bacs des disquaires, à une période de l’année où le consommateur potentiel est à la merci des tentations les plus folles !

Nous n’évoquerons qu’en trois lignes la sortie d’un énième best of du dirigeable, « Mothership » double galette destinée aux extraterrestres qui ne possèderaient pas encore les versions studios de « Stairway to Heaven », « Rock n’Roll » ou « Whole Lotta Love ».

Nettement plus attrayante pour les aficionados des géniteurs du hard rock, la B.O. du film « The Song Remains the Same », qui donne son nom à l’album live officiel du zep, nous revient remasterisée et agrémentée de six titres ; six plages ne figurant pas sur la version originale d’une plaque plutôt mal accueillie pas les critiques en 1976, l’année de sa sortie. Enregistrée les 27, 28 et 29 juillet 1973 au légendaire Madison Square Garden de la Grosse Pomme, la performance souffrait à l’époque d’un son assez approximatif. Le travail de Kevin Shirley n’aura pas été vain, et on se délecte de ses premières versions live officielles des six bonus capturés au cours de cette trilogie mythique dans l’histoire de Led Zep. « Black Dog », « Over the Hills and Far Away », « Misty Mountain Hop, « Since I’ve been Loving you », « The Ocean » et le fabuleux « Heartbreaker » prennent une toute autre dimension, foncièrement plus sauvage. Même si l’organe de Plant n’est pas toujours à la hauteur, la musique charme, enchante ou se fait tellurique, lorsque Bonham se lâche sur des versions frôlant les 20 minutes, comme lors de l’halluciné « Dazed and Confused » ou le rouleau compresseur « Moby  Dick ».

L’objet a été particulièrement soigné et est présenté sous la forme d’un magnifique double digipack. Il contient, outre les deux rondelles, un booklet signé Cameron Crowe truffé d’anecdotes sur la vie tourmentée d’un combo dont les albums s’écoulent aujourd’hui dix fois plus qu’à l’époque de leur sortie. Une réédition qui a du sens ! Cela mérite bien quelques lignes dans Musiczine, non ?