La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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Suede 12-03-26
Chroniques

Pete Philly & Perquisite

Mystery Repeats

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Yo les filles, Pete Philly (MC) et Perquisite (Prod) sont dans la place, tout baigne ! Ce duo de beaux gosses stylés, ne sont pas à proprement parler de sinistres inconnus. C’est assez discrètement qu’était sorti leur premier opus « Mindstate », acclamé en son temps dans leur pays natal, la Hollande. Ils nous reviennent donc flanqués d’un deuxième elpee ; et surtout motivés par un appétit féroce. Ils veulent balancer leur son au-delà de leur frontière, et je dois avouer qu’en ce sens, ils ont de la bonne came à refourguer. « Mystery Repeats » n’est pas seulement un énième album de Hip Hop, c’est un condensé d’influences fort sympathiques. Soul, Jazz, Samba, Funk : tout ce que le corps réclame quand monte la chaleur, afin de se trémousser le fessier tout en respectant le style ‘bombasse’. Les deux artistes avouent un parcours classique. C’est d’ailleurs à l’académie qu’ils ont appris le violoncelle. Ce qui change la donne de départ. Ils connaissent le travail à fournir et l’application nécessaire lorsqu’on doit sortir des tripes pour produire un son cohérent. Influencés à l’origine par A Tribe Called Quest, De La Soul et Wu Tang Clan, Pete Philly & Perquisite lorgnent davantage aujourd’hui vers un univers à la Mattafix (« Time Files », « Believer ») ou Jamiroquaï de la belle époque (« Awake », « Last Love Song »,…) voire même Gravediggaz (« Fish To Fry », « Hectic »). Certains encore, y voient la patte de Guru ou Jazzamataz. Les beats bien ciselés, arrondis par des cordes ou le velours de saxo brûlant, nous incitent instinctivement à battre la mesure, si pas de la tête, tout du moins du pied. Excellemment bien mixés, les 16 plages affichent une qualité et un son digne du pays de l’Oncle Sam où Perquisite a travaillé pour y acquérir encore plus de qualité et de discipline. Un album intéressant donc, débordant d’influences savoureuses, que je recommande lors de coups de blues inopinés. Yo maaaan…

 

Omar Perry

Man Free

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Fils de l’illustre Lee ‘Scratch’ Perry, Omar Perry a logiquement attrapé le virus musical en grandissant aux côtés d’un des génies du reggae. Ce premier album couronne un parcours déjà riche qui l’a emmené de la Jamaïque en Gambie où il était programmateur musical sur la radio nationale. Il vit désormais en Belgique et les habitués du Vaartkapoen à Molenbeek ont sûrement déjà eu l’occasion de le voir sur scène, que ce soit au micro ou aux platines. Concocté par le saxophoniste/producteur Guillaume ‘Stepper’ Briard, « Man Free » est un disque qui touche un peu à tout. Roots, ragga mais aussi du ska (« Ska-Ta-Fright », qui rappelle le grand Scratch) et une incursion malheureuse dans le calypso (le raté « Cocoanut Woman »). Les compos les plus réussies sont roots. Et aussi énergiques. A l’instar de « Redder Than Red », « Ghetto Life », « Out Of De Cold », où le flow d’Omar Perry le rapproche des travaux de singjays comme Sizzla, Jah Mason ou Natural Black. Plus calmes, « Great Trumpet » et le romantique « Lady » font également belle figure. Notre réserve épinglera les titres purement ragga, moins naturels et un peu forcés. Hormis ces observations, ce premier album mérite un grand respect.

Meshell Ndegeocello

The world has made me the man of my dreams

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Personnage à part (et plutôt ombrageux) dans l’histoire de la musique contemporaine, cette bassiste virtuose a pris l’habitude d’être là où on ne l’attendait pas. A l’époque où elle était hébergée sur le label de Madonna, Meshell Ndegeocello a tâté du hip hop et des sons r’n’b. Elle y a bien sûr imprimé sa touche iconoclaste et intellectuelle qui lui a valu d’être virée sans ménagement du label de la Material Girl. Elle emprunte depuis un chemin musical torturé et peu facile d’accès, qui a au moins le mérite d’être sans concessions. Cet album ne fait pas exception à la règle. « The world has made me the man of my dreams » a été conçu comme un hommage au jazz cosmique de Sun Ra. Même si l’esprit mystico-religieux est identique, musicalement on est loin des morceaux du légendaire jazzman. C’est un album qui pioche beaucoup dans le jazz électrique et métallique, les percussions latines, la new wave (« The sloganeer ») et les bruitages électroniques ; mais aussi dans un dub-punk qui n’est pas sans rappeler les travaux des Bad Brains. Meshell Ndegeocello chante et déclame des textes d’amour saphique, parle religion et s’amuse à saboter les morceaux, entraînant l’auditeur au sein d’un univers inexploré. Quelques pauses plus mélodiques (« Lovely Lovely », « Shirk ») aideront les téméraires à pénétrer dans cette jungle musicale complètement barrée.

Kingdom of Sorrow

Kingdom of Sorrow

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Le projet Kingdom of Sorrow est né à l’issue de la tournée accordée, outre-Manche, par Crowbar et Hatebreed, en 2005. La collaboration entre le vocaliste Jamey Jasta et le riff-master Kirk Windstein amorcée, il ne restait plus qu’à la concrétiser. Quelques mois plus tard, les deux compères s’enferment dans un studio de la Nouvelle-Orléans et donnent naissance à l’éponyme « Kingdom of Sorrow », mélange malsain de sludge pachydermique et de metal core halluciné. Si bien que la plaque pourrait séduire ceux qui jugent la musique de Hatebreed trop métronomique, et convaincre les autres, incommodés par celle de Crowbar. Certaines parties de chant on été confiées à Windstein, parfaitement à l’aise dans son nouveau rôle. Une symbiose malsaine à souhait ! Car Kingdom of Sorrow n’est ni plus ni moins qu’un savant mélange des ingrédients qui alimentent la musique des deux combos. Jasta hurle, éructe mais s’évertue néanmoins à élargir sa palette vocale. Les parties de chant sont mélodiques, mais écrasantes. L’atmosphère alterne entre plans ténébreux et hardcore. La production est néanmoins soignée. Ce qui n’est pas toujours le cas dans l’univers poisseux du sludge. En outre, le batteur Derek Kerswill dévoile un jeu technique et diablement puissant. Les amateurs de High on Fire, de Shadows Fall, et même de Pantera, devraient  trouver leur bonheur en savourant les douze fragments de cette nouvelle douceur.

Les Savy Fav

Inches

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Le succès critique de leur dernier recueil aidant, Les Savy Fav et leur label ressortent les vieilleries du placard. « Inches », initialement publié en 2004, se refait une jeunesse quatre ans plus tard. La réédition de cette collection de singles et B-Sides ne s’adresse cependant qu’aux personnes ayant découvert Les Savy Fav au travers de « Let’s Stay Friends ». En effet, les dix-huit morceaux originels de cette compilation sont aussi intacts, bruts et féroces qu’à leur accouchement.

Extraits de neuf singles au total, parus un à un sous la coupe de neuf labels différents, « Inches » est probablement le disque qui définit les barbus new-yorkais de la manière la plus fidèle, voire la plus complète, et donne tout son sens au terme ‘Art-Punk’. De « Meet Me In the Dollar Bin » à « Rodeo » en passant par les puissants « Hold On To Your Genre », « Yawn, Yawn, Yawn » et « Knowing How The World Works », les extraits de « Inches » n’ont rien perdu en efficacité et donneront une bonne raison à tous les novices de courir se procurer l’excellent et tout frais « Let’s Stay Friends ».

 

Richard Leo Johnson & Gregg Bendian

Who know Charlie Shoe ?

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Richard Leo Johnson est guitariste. Américain, ce virtuose du manche est constamment à la recherche de nouvelles expériences. Pour enregistrer cet album, il s’est acheté 5 guitares via eBay, à des prix n’excédant jamais les 100$. Pour lui, l’important, c’était qu’elles sonnent très différemment de tout ce qu’on peut trouver sur le marché officiel. Histoire d’en extraire les tonalités les plus originales possibles.

Leader du Mahavishnu Project (NDR : un groupe inévitablement influencé par le Mahavishnu Orchestra), Gregg Bendian est drummer et percussionniste. A ses débuts, il était vibraphoniste ! Egalement un artiste réputé. Né en 1963, il a notamment joué en compagnie de Nels Cline, Pat Metheny, Derek Bailey, Peter Brötzmann, Gary Lucas ou encore Cecil Taylor. Dans le domaine de l’expérimentation, il est aussi allumé, puisque pour concocter cet opus, il a eu recours à des percussions particulièrement et exclusivement insolites. Dont un balai, des brosses, des boîtes de conserve, des casseroles, des cruches à eau, des marches d’escalier, une planche à laver, des pots de fleurs, des tubes en métal, et j’en passe. Sans oublier les bruitages : cloches d’église, aboiements de chiens, chants d’oiseaux, etc.

Mais finalement, le résultat de tout ce bric à brac est souvent très réussi. Les 21 titres instrumentaux de cet opus sont relativement courts et naviguent quelque part entre folk, jazz, blues, roots, classique, expérimental, prog, latino et psychédélisme. Psychédélisme dans l’esprit de Syd Barrett. A cause du recours au bottleneck. Des titres minimalistes, mélodiques aventureux au cours desquels Richard privilégie la technique en picking. Parfois dans l’esprit de Django Reinhardt, surtout quand l’expression sonore vire au jazz ou au classique. Le dernier morceau de l’opus, « Forgotten lullaby » implique quand même du vibraphone. Que se réserve inévitablement Gregg, en jouant sur les oscillations sonores. Etonnant !

Autechre

Quaristice

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Depuis 1992, Autechre s’est imposé comme le nouveau concepteur temporel en matière de sonorités complexes. Thom Yorke considère d’ailleurs l’œuvre du duo de Sheffield comme maîtresse. Après neuf albums, « Quaristice » constitue sans doute l’opus le moins significatif de leur travail, par rapport aux excellents « Confield » et « Draft 7.30 ». Moins distordu et moins ténébreux que leurs précédents essais, « Quaristice » est à consommer morceau après morceau, et non dans son ensemble. Sean Booth et Rob Brown insistent bien sur le fait que les vingt titres sont autant de leçons à expérimenter. Mais si la technique semble ici primer, il n’en reste pas moins que leur nouvel essai est également le plus accessible. Et pour cause, ils ont travaillé à l’aide de leur matos utilisé en ‘live’, délaissant ainsi leur premier outil de travail, l’ordinateur.

« Altibzz », « Simmm » ou encore « Bnc Castl » sont les nouvelles recettes d’un Autechre métamorphosé. Des morceaux courts, très courts, aux beats bien moins présents et parfois même absents par rapport aux autres œuvres du duo le plus discret de la péninsule. Ce qui risque peut-être de décevoir les fans de la première heure…

N’empêche, « Quaristice » démontre une nouvelle fois tout le savoir faire et la largeur d’esprit des deux coqueluches du label anglais Warp. Pour la toute première fois, Autechre semble vouloir sortir de l’obscurantisme et du chaos au sein duquel il semblait se complaire, jusqu’à ce jour. On est souvent étonné du résultat, parfois même on se montre sceptique devant cette nouvelle orientation. En fait, tout dépendra de voir, comment la paire va maintenant transposer cette métamorphose en ‘live’. Alors, Autechre incarnerait-il le véritable symbole de la sonorité temporelle ? La question reste posée…

Tom Shaka

Deep cut

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De son véritable nom Scicca, Tom Shaka est originaire du Connecticut. Agé de 55 ans, il s’est établi en Europe au cours des seventies. Il vit d’ailleurs aujourd’hui du côté de Hambourg, en Allemagne. Chanteur au timbre affûté, il se concentre essentiellement sur le blues acoustique, qu’il interprète le plus souvent en solitaire. Ses débuts discographiques remontent à 1994 ; mais ce sont les elpees "Hot ‘N spicey", un ‘live’ concocté en compagnie de Louisiana Red, et "Hit from the heart", un essai opéré en solo dès 1989 (NDR : ces disques paraîtront sur le label allemand Crosscut) qui forgeront sa carte de visite. Chez Acoustic, il avait déjà commis, "Blues blood" en 2000. En compagnie de son frère Bill. Pour la circonstance, ils avaient reçu le concours de Honeyboy Edwards et de Louisiana Red. Deux ans plus tard, il embraie par "Bless my soul", toujours en solitaire. Acoustic s’est également chargé d’une compile. Intitulée "The very best of Tom Shaka", elle réunit des extraits d’œuvres parues au cours de deux décennies ; c'est-à-dire entre 1978 et 98!

« Deep cut » marque son retour après plus de cinq ans d’absence. La solitude ne semble toujours pas le perturber pour proposer ces seize plages dont quatorze sont issues de sa plume. Tom apprécie le blues d’avant guerre. Celui de Robert Johnson, mais aussi de Charley Patton. Et il le démontre tout au long de "Gone but not forgotten" et "Rotten from the top on down". Pourtant son influence la plus palpable demeure manifestement celle de John Lee Hooker. A l’instar de "Things are changing'", le titre d’ouverture. Tom est une force de la nature. Sa stature est imposante. Sa voix puissante. Il n’a d’ailleurs pas besoin de forcer ses cordes vocales. Ce qui lui permet d’afficher une autorité naturelle. En outre, c’est un excellent guitariste. Sa voix chaude semble très proche de nous. Cette présence est manifeste tout au long de "Louisiana Gell". Elle en est même impressionnante. Il gratte ses six cordes et souffle au même moment dans son harmonica, posé sur un rack. La Louisiane est une source d’inspiration récurrente. "Swamp stomp" en est un bien bel exemple. Une certaine gravité dans la voix, il chante sur "Katrina, Katrina", les méfaits commis par le douloureux ouragan, à la cité de la Nouvelle Orléans. L'ombre de Hooker mais aussi celle de Howlin' Wolf le rattrapent sur "Mama Nature’s arms". Une plage imprimée sur un tempo boogie que n’aurait pas renié le maître! Le dialogue chant/guitare institué par John Lee Hooker ou Lightnin' Hopkins est reproduit sur "Questionnaire blues". Lors de "Danelectro man", il nous parle d’une des ses guitares préférées. Un blues lent, très classique, au cours duquel il y joue de la slide, comme un certain Muddy Waters. Shaka démontre son talent de guitariste sur deux plages instrumentales. En picking sur "Piedmont rag". Et en inoculant des vertus hispanisantes sur "Kiss of fire". "Big mouth blues" le révèle fin gratteur et talentueux harmoniciste ; et même en 'whoopin', dans l’esprit de Sonny Terry, sur "Rise up children". Artiste attachant susceptible de nous émouvoir par sa simplicité, Tom entame la fin de son parcours par "Memphis women blues" avant de nous entraîner dans son "Shaka's shack"…