La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Ya Tseen

Indian Yard

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Autrefois actif sous les patronymes Silver Jackson et Indian Agent, Nicholas Galanin revient aujourd’hui sous celui de Ya’Tseen et il est signé sur Sub Pop, gage d’une certaine de qualité.

Depuis son Alaska natal, cet artiste protéiforme concocte une musique assez futuriste, mêlant pop et r&b aux sonorités psyché. Unique en son genre et électrique, le résultat navigue à la croisée des chemins de TV on the Radio, Bon Iver et James Blake. Portugal the Man, Nick Hakim et Shabazz Palaces ont également, mais ponctuellement, participé aux sessions d’enregistrement…

Joseph Shabason

The Fellowship

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Ce compositeur et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir posé ses lignes de saxophone au sein de groupes d’envergure tels que War on Drugs ou Destroyer. Joseph Shabason s’est cependant lancé dans une carrière solo, en 2020. « The Fellowship » constitue déjà son 3ème opus.

Partagé en huit morceaux, cet album est plutôt difficile d’accès. A la limite, il est même inaccessible. Pour l’apprécier, il faut être réceptif à ce type de jazz-electronica expérimental. En tirant parti essentiellement de claviers, Joseph Shabason exécute une musique contemplative. Aucune place n’est laissée aux mélodies. Et lorsqu’on pense être parvenu à repérer un fil conducteur, l’artiste prend plaisir à injecter des bruitages ou des sonorités instrumentales parasitaires, à l’instar de « 13-15 » …

Difficile dans ces conditions de réellement s’accrocher à « The Fellowship ». Hormis la plage finale (« So Long ») qui, nonobstant son tempo lent, se distingue par sa rythmique et d’élégantes notes de saxophone jazzyfiantes, il faut bien avouer que l’écoute de cet elpee est loin d’être une partie de plaisir…

Calexico

El mirador

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Que de chemin parcouru depuis 1993 par Joey Burns et John Convertino, lorsqu’ils militaient encore chez Giant Sand ! Depuis, le tandem a fondé Calexico (1995/1996) et le groupe vient de publier son dixième opus, « El mirador », un disque enregistré au sein du studio de Sergio Mendoza (le claviériste), sis à Tucson.

Si la musique de Calexico puise régulièrement ses sources au sein du folklore latino, et notamment mexicain, pour enrichir son americana qui agrège rock, blues, jazz et country, il faut reconnaître que tout au long d’« El mirador », elles sont encore plus manifestes. A cause des cuivres mariachi, bien sûr, mais également des rythmes cumbia, conjunto et même cha-cha-cha (le titre maître). « Cumbia Peninsula » s’inspire même de la tradition colombienne, une plage sur laquelle Jairo Zavalo se consacre également au chant. Car évidemment, les compos sont interprétées tantôt en anglais ou en espagnol, au cœur d’une belle harmonie. Dans le même style, la guitare de Joey glisse comme un serpent alors que John secoue ses pecus à main comme le crotale, sur « Cumbia del polvo », un morceau qui s’achève cependant au chant d’oiseaux tropicaux. Puisque nous sommes dans le monde animal, on entend un âne braire sur « The el burro song », une piste mariachi cuivrée, mais habilement survolée par une intervention au violon. Quant à « Liberada », il aurait pu figurer au répertoire de Buena Vista Social Club.

La chanteuse/compositrice guatémaltèque Gaby Moreno partage un duo avec Joey sur « Constellation ». Si « El paso » se frotte au tex mex, plusieurs morceaux affichent un profil cinématographique. D’abord « Turquoise », un instrumental qui pourrait servir de B.O. à un film noir. Et l’énigmatique « Then you might see », à un western spaghetti. Des références au Far West qu’on retrouve sur l’enlevé « Rancho azul », un morceau lacéré de coups de gratte cinglants. Sous un climat aride, Jacob Valenzuala s’autorise des interventions jazzyfiantes (Miles Davis ?) à la trompette, rappelant ainsi que Burns et Convertino sont toujours aussi passionnés par ce style musical. Enfin, des images du désert soufflent sur le mystérieux et mélancolique « Caldera », une piste au cours de laquelle on croise une pedal steel.

Caractérisé par sa superbe mélodie, Sam Beam (Iron & Wine) est venu poser sa voix, lors du refrain « Harness the wind », un morceau folk/pop.

« El mirador », un remède contre la mauvaise humeur…

 

Spice

Viv

Écrit par

Au sein de Spice, on retrouve deux membres de Ceremony, en l’occurrence le chanteur Ross Farrar et le drummer Jake Casarotti. Mais également les guitaristes de Creative Adult, Ian Simpson et Michael Bingham ainsi que le bassiste de Sabertooth Zombie, Cody Sullivan. La violoniste Victoria Skudlarek semble avoir intégré le line up. Une chose est sûre, elle participe à une bonne moitié des morceaux de cet elpee.

« Viv » constitue le second opus de Spice. Il fait suite à un éponyme, paru en 2020.

Vu la présence des deux gratteurs de Creative Adult, l’expression sonore ne pouvait être que particulièrement électrique. Et elle l’est ; d’autant plus lorsque le violon de Victoria se fond dans l’ensemble, l’intensité atteint sa puissance maximale. Une intensité qui vire au shoegaze sur les deux dernières plages de cet LP. Tout d’abord « Bad Fade », qui véhicule des accents ‘mybloodyvalentinesques’ en fin de parcours, puis « Climbing down the ladder », mais davantage dans l’esprit de Swervedriver. Car tout au long de cet album, le drumming se révèle particulièrement offensif.

Une intensité également liée à la densité instrumentale. A l’instar du punchy « Any day now » qui aurait pu figurer au répertoire de Hüsker Dü. Ou de « Vivid », une piste qui s’ouvre sous une forme relativement dépouillée, avant de s’enfoncer profondément dans le noisy rock.

Une cascade de cordes de guitares cristallines alimente en énergie « Recovery », le titre qui ouvre les hostilités. Plus proche du punk, « Threnody » est imprimé sur un tempo frénétique. On épinglera encore « Melody drive », un instrumental atmosphérique, malgré ses conversations en ‘off’, puis « Love scene » tourmenté par la ligne de basse ‘pixiesque’, le mid tempo « Ashes in the bird bath », déchiré par ses gémissements de cordes et enfin « Dinning out », éclaboussé de petites décharges d’électricité alternative.

Enfin, il y a comme une forme d’angoisse dans la voix de Farrar, et il la communique dans ses compos, dont les lyrics se préoccupent d’un sujet souvent tabou : la maladie mentale.

Un superbe album qui donne une réelle envie de découvrir le groupe en concert.

Rolling Blackouts Coastal Fever

Endless rooms

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Les lyrics des compos du nouvel opus de Rolling Blackouts Coastal Fever traitent de la destruction de l’environnement consécutif au changement climatique, et tout particulièrement celui dont l’Australie, en proie à des feux de forêts destructeurs, a souffert entre 2019 et 2020. Et c’est notamment sur ces thématiques que le quintet a construit les 12 nouvelles chansons de son album. Le troisième.

Hormis trois morceaux plus pop, dont le titre maître et le plus doux « Caught low », tramé sur des cordes de gratte acoustiques et traversé de sonorités de pedal steel, on retrouve les caractéristiques essentielles de sa musique : des guitares chatoyantes, carillonnantes, duales, fluctuantes, joyeusement discordantes, en cascades, ce groove uptempo, ces mélodies accrocheuses, dynamiques, cette ligne de basse bavarde, fluide, et ce drumming fédérateur. Sans oublier les trois voix (Fran Keaney, Tom Russo, Joe White) qui alternent le lead vocal.

Du changement ? Oui, circonstanciellement du clavier. A l’instar de l’excellent « The way it shatters », une compo au cours de laquelle, les sonorités de gratte suivent les vocaux, une technique très souvent utilisée chez les groupes de blues. Et dans l’esprit des 70’s, « Blue eye lake » et « Saw you at the eastern beach » semblent s’inspirer du Blue Oyster Cult originel, à travers l’attaque des trois guitares. Riffs funkysants et solos acérés font bon ménage, tout au long de la berceuse électrique, « Dive deep ».

Bref, bien que cherchant à explorer de nouveaux horizons, Rolling Blackouts Coastal Fever est parvenu à conserver ce son si singulier, qui fait tout son charme… et c’est une bonne nouvelle !

En concert ce 21 juin 2022 au Botanique de Bruxelles.

Liam Gallagher

C’mon you know

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Finalement Liam Gallagher s’en sort beaucoup mieux que son frère Noël, alors que lors de la séparation d’Oasis, il était de notoriété publique que c’était ce dernier qui faisait tourner la boutique. En fait, Liam sait s’entourer. Et il le démontre une nouvelle fois. Ainsi, lors des sessions, il a reçu le concours d’une vingtaine de musicos, presque autant d’ingénieurs du son, une dizaine de producteurs, un orchestre constitué d’une trentaine de violonistes, de violoncellistes et d’une flutiste (NDR : quand même) ainsi que deux chorales (une composée d’enfants et l’autre d’adultes). Sans oublier les collaborateurs qui ont signé la musique, Liam se chargeant surtout des lyrics.

Première constatation, le spectre des Beatles, et dans une moindre mesure celui des Stones, plane sur une bonne moitié des titres de ce long playing.

Depuis « More power », une piste illuminée par une chorale d’enfants qui monte en crescendo dans l’esprit de « You can’t always get what you want » à « Oh sweet children » au parfum « Abbey road », en passant par « Diamond in the dark », au débit de paroles réminiscent d’« I’m the walrus » (sans le ‘coo coo ca choo’), alors que le groove très Stone Roses nous replonge en plein ‘Madcheter’, la ballade « Too good for giving up », dont la route longue et sinueuse passe par les ivoires et les sonorités de gratte gémissantes (comme la Rickenbacker d’Harrison ?), « Everything’s electric », un morceau écrit par Dave Grohl (Foo Fighters) et dont il assure les drums, au cours duquel on entend des ‘woo woo’ à la « Sympathy for the devil » ainsi que les brefs riffs de gratte ‘keithrichardsiens’, et enfin deux plages qui rendent hommage à « Revolver » ; tout d’abord « It was not meant to be », que Liam interprète en adoptant des  inflexions vocales ‘lennonesques’, et « Better days » que « Tomorrow never knows »…

L’elpee recèle 12 titres et 14 en version ‘Deluxe’, dont le saignant « The joker ». Egalement très ‘Madchester’, il est enrichi d’un chœur gospel. Et puis le groovy, entraînant et dansant « Wave ».

Le reste ne manque cependant pas d’allure. Tant le pastiche psychédélique « Don’t go halfway » que « Moscow rules », une jolie ballade colorée d’une intervention de flûte et de violoncelle, sur laquelle Erza Koenig (Vampire Weekend) siège derrière le piano. Un peu de dub, pour changer, sur le percutant « I’m free » ; et enfin une chanson à la mélodie plus Oasis que nature, en l’occurrence le titre maître, exalté par des chœurs féminins euphoriques. 

Une excellente surprise ! Et tant pis si les mauvaises langues diront que c’est du réchauffé !

Arcade Fire

WE

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On ignore si le départ des violonistes Sarah Neufeld ainsi que –plus récemment– de William Butler (NDR : le frangin de Will) a déforcé Arcade Fire, mais manifestement, ses derniers albums deviennent de moins en moins intéressants. Parmi les défections, on pourrait également citer celle du multi-instrumentiste Owen Pallett, même s’il n’a jamais réellement figuré au sein du line up. Et pourtant, Will Butler et Régine Chassagne sont toujours au commandement, mais l’inspiration commence à faire défaut.

Et c’est une nouvelle fois le cas sur « WE », le sixième opus du band canadien qui à l’instar du précédent, « Everything now », manque de bonnes chansons, et surtout de mélodies. En lieu et place, on doit se farcir des morceaux hymniques, qu’on imagine facilement repris en chœur au sein d’un stade ou lors de festivals. Or, il faut reconnaître que torcher de bonnes chansons et de superbes mélodies, c’était la force du combo. En outre, les synthés envahissent un peu trop l’expression sonore. Pour la rendre plus dansante, et même parfois virer carrément au disco ; les musicos ne lésinant pas sur les arrangements sophistiqués, luxuriants, parfois même symphoniques.

Présenté sous la forme d’un concept album, produit par Nigel Godrich (Radiohead), ce long playing propose deux parties : une face ‘Je’ et l’autre ‘Nous’ (« We ») ; et le tout est subdivisé en 7 sections. Une formule pompeuse qui rappelle la prog des 70’s. Tiens curieusement, Peter Gabriel participe aux backing vocaux sur « Unconditionnal II ».

Finalement, le plus intéressant procède des textes qui font, en quelque sorte, un état des lieux de notre monde fracturé, tourmenté et malade de la violence…

Sygo Cries

In outside places (single)

Écrit par

Trois titres sensiblement différents sur le nouvel single de Sygo Cries, une formation gantoise drivée par le chanteur Mika Goedrijk. Encore que tout au long de « Avez-vous (déjà) », il cède le micro à la Lilloise Sandra Lilidollrage. Une plage qui navigue quelque part entre Clan of Xymox et Vive la Fête, les inflexions sensuelles de la voix féminine rappelant vaguement celles d’Els Pynoo.

Plus léger, malgré son tempo tribal, « Out of this (world ») baigne dans une forme de dark wave proche de Siglo XX, malgré le timbre plus clair de Mika et le recours à des sonorités acoustiques qui se mêlent à l’instrumentation synthétique et à la ligne de basse cold.

Le disque s’achève par un remix électro de « Surrender », compo qui figurait sous sa forme originelle sur l’Ep « Talking about walls »

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