La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

logo_musiczine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Epica - 18/01/2026
Chroniques

Bertrand Belin

Tambour vision

Écrit par

Sur son nouvel opus, « Tambour Vision », Bertrand Belin a décidé de se débarrasser des instruments acoustiques pour privilégier l’électronique.

Un tournant qu’il avait amorcé sur son elpee « Parcs ». Et plus de doute, il confirme cette orientation.

Première constatation, si l’aspect minimaliste des compos devrait plaire à certains, il risque fort de déplaire à d’autres.

L’artiste nous plonge au sein d’un laboratoire de sons et de mots. Mais si l’idée est excellente, il y manque parfois une certaine musicalité.

Son désir de s’aventurer dans l’électro-pop où le son prime, au détriment de la chanson française, laisse un peu perplexe.

Le texte est relégué au second plan et laisse la place aux sons des mots et de la musique. Alimentée par des synthétiseurs, cette pop a effectivement, pour vocation première, de céder à la consommation. Or, ce n’est pas le cas, car ici, la musique reste peu accessible pour le grand public. On a l’impression qu’il est le cul entre deux chaises, pour reprendre ses termes. Ou simplement qu’il ne calcule pas et fait sa popote, ses recherches musicales et sa collection de mots. Une question de goût.

On assiste à une performance de répétitions et de jeux de mots, plus parlés que chantés.

Certaines histoires sont encore relatées, comme dans le titre « Que dalle tout », chroniqué dans ces colonnes (à lire ou relire )

mais il faut davantage extrapoler, à l’instar de « Pipe », par exemple. Là, on entre plutôt dans un registre d’impressions.

Sa démarche de recherche reste cependant intéressante car le propre de l’artiste n’est-il pas d’explorer de nouvelles terres artistiques quitte à perdre une partie d’auditeurs pour en gagner d’autres ? Les vrais fans, eux, comme nous, affronteront le challenge avec lui.

En concert :

16.11.22 - Sceaux - Théâtre Les Gémeaux

Méthode chanson

CHAI

Wink

Écrit par

Digne représentant du J-Pop/Rock, le quatuor féminin japonais CHAI nous propose son troisième elpee, « Wink ». Militant depuis sa base arrière de Nagoya, il a suscité l’intérêt de Sub Pop (NDR : et c’est étonnant !), célèbre label issu de Seattle, après avoir accompagné, entre autres Gorillaz, sur le correct « Strange Timez ». Un opus qui tire un peu dans toutes les directions, se frottant tantôt à la pop bubblegum (l’irrésistible « ACTION ») ou puisant ses influences dans le hip-hop ou le r’n’b (« Maybe Chocolate Chips » qui bénéficie du concours du rappeur chicagoan Ric Wilson, mais encore « Nobody Knows We Are Fun »). Toujours engagées, les musiciennes de CHAI soutiennent également le mouvement ‘Black Lives Matter’, à travers cet excellent « ACTION ». Sous la houlette des producteurs Mndsgn et YMCK, la formation nous réserve un album hyper sucré mais qui se signale par un certain esprit punk… Mac deMarco valide en tout cas !

Ralph of London

Yellow sky highway (Ep)

Écrit par

Ralph of London, c’est le groupe de Ralph Phillips, un auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur, né à Hackney, en Angleterre. Avant de fonder cette formation, il a développé de multiples projets musicaux, artistiques et cinématographiques et a également assuré le rôle de musicien de tournée. Drummer, il a sévi chez Scritti Politti de 2006 à 2008 et milite au sein du band de l’ex-Felt Lawrence Hayward, Go-Kart Mozart, depuis 2011.

Ce Britannique a recruté ses musicos dans le Nord de la Fance, parmi lesquels on épinglera Diane Verspeeten qui partage les parties vocales avec lui. La voix de Ralph évoque étrangement celle de Green Gartside… le leader de Scritti Politti. Et lorsque les deux artistes les conjuguent en harmonie, on ne peut s’empêcher de penser à Chumbawamba (« White bred blues »). Naviguant à la croisée des chemins de la britpop, du folk et de la world, à cause des accès de polyrythmie africaine, de la new wave et de la synth pop, les 5 titres de cet Ep tiennent parfaitement la route ; des chansons élégantes, rafraîchissantes, auxquelles il manque sans doute quelques éclats de guitare pour les rendre incontournables. Mais ce n’est peut-être aussi qu’une question de goût…

Mélanie Isaac

Surface

Écrit par

Voix fiévreuse, sens inné de la mélodie, Mélanie Isaac nous invite à plonger sous la “Surface”. Ce nouvel album découpé en neuf pistes voyage subtilement entre variété française et pop indé, tel un long baiser de Barbara à Dominique A sous les yeux de Sanson. Suite d’une escale à Astafort et d’une rencontre parisienne avec Antoine Graugnard, ce disque produit et arrangé en compagnie de Julien Lebart dans un studio de Rivesaltes, mixé et masterisé à Bruxelles par Erwin Autrique, nous plante dans un décor aux sonorités tant organiques qu’atmosphériques, fixant comme point de mire cet horizon intemporel.

Posant ses valises à Bruxelles dès 2012, elle remporte la ‘Biennale de la Chanson Française’ (parcours FrancoFaune de l’époque) mais aussi le premier prix ‘Franc’OFF’ aux Francofolies de Spa en 2019, après la sortie de son Ep “L’inachevée”, enregistré à distance entre Manchester et Gand. Elle foule les scènes avec puissance, délicatesse et la promesse de toujours y proposer, en groupe ou en solo, des interprétations uniques de son répertoire. On la retrouve, entre autres, en première partie de Jean-Louis Murat ou de Dani...

Dès ce printemps 2022, c’est seule sur les planches, équipée de sa Gibson firebird et de son piano, que Mélanie Isaac fait vivre son album.

Mélanie Isaac écrit de beaux textes, poétiques, soutenus par une musique de qualité. Et cela fait un bien fou.

Elle est décrite comme le nouveau coup de cœur des médias francophones publics belges. Le nôtre aussi.

Son magnifique single « Paradis Nord » chroniqué précédemment sur Musiczine (à lire ou relire ici)

ouvre ce nouvel opus.

« Surface », qui donne le nom à l’album, embraie. Très belle chanson, touchante, qui décrit la dure réalité parfois subie par le monde extérieur. Par extension, on comprend ce que Mélanie a dû traverser en tant qu’artiste pour arriver là où elle est aujourd’hui. Elle a tenu bon pour son bonheur et le nôtre.

« T’aimer plus fort » commence par cette géniale accroche au piano et à la batterie. Un message un peu flou que l’on devine bienveillant à propos d’une rupture mêlée à l’espérance que la relation continue.

« Rouge Indigo » ? Quel texte ! Baignant au sein d’un climat éthéré, cette compo permet de voyager d’îles en îles, de rivages en rivages ensoleillés. Un instant, un tableau, suspendu de plénitude avant l’orage annoncé.

Pour terminer, « Ne la regarde pas dans les yeux » célèbre une très belle alliance entre batterie, piano et une formidable ligne de basse. Un titre invitant à l’amour véritable, au-delà de la surface. La boucle est bouclée.

En concert

9 Juin - Saint-André-lez-Lille, FR - Le Zeppelin

23 Juillet - Spa, BE - Les Francofolies

Méthode chanson

Quickly Quickly

Quickly Quickly

Écrit par

Quickly, Quickly, c’est le projet de l’américain Graham Jonson dont l’ambition, depuis sa base arrière à Portland, est de transformer sa pop de chambre en un monde psychédélique complexe ! Inspiré par J Dilla, The Pharcyde et Burial, sur un premier album au titre mystérieux (« The Long & Short of It »), il développe des harmonies bien au-dessus de la moyenne. Plus question de parler de ‘bedroom pop’ tant l’ampleur de ses mélodies, pas si lo-fi que ça, fait mouche. Courrez, ‘vite vite’, découvrir Quickly Quickly !

Flock of Dimes

Head of Roses

Écrit par

Jennifer Lynn Wasner est à la tête de deux projets (un troisième baptisé Dungeonesse, auquel participait John Ehrens, semble abandonné, pour l’instant). Tout d’abord, son principal, Wye Oak, en compagnie d’Andy Stack, dont le dernier elpee remonte déjà à trois ans. Puis un solo, qu’elle a réactivé, au cours de la pandémie et pour lequel elle est choisi comme patronyme, Flock of Dimes, dont le premier opus, « If You See Me, Say Yes » remonte à 2016.  

« If You See Me, Say Yes » constitue son second et il est paru chez Sub Pop.

Lors des sessions, l’Américaine a reçu le concours de toute une belle brochette d’invités dont Matt McCaughan derrière les fûts (notamment auprès de Bon Iver), Nick Sanborn à la production et aux synthés (moitié de Sylvian Esso) et encore Meg Duffy à la guitare (il milite au sein du band de Kevin Morby mais également chez Hands Habbit). Parcimonieuses, les orchestrations sont particulièrement léchées. La voix et le lyrisme de l’artiste font le reste.

Si « Head of Roses » fait la part belle aux guitares, on y rencontre également des éléments synthétiques, mais savamment dosés. L’œuvre alterne les climats malgré le ton ténébreux et des compos aux accents pop clairement définis. Ainsi, « Price of Blue » s’avère dense et entraînant tandis que « Walking » et « Lightning » se révèlent davantage minimalistes et introspectifs. On épinglera également le cotonneux « No Question », traversé par une magnifique intervention jazzy au saxophone ou encore le plus folk « Awake for the Sunrise ». 

Un album intimiste au cours duquel la songwritrice parvient à nous émouvoir…

Jean-Louis Murat

La vraie vie de Buck John

Écrit par

Quelques mois à peine après la sortie de son dernier album studio, « Baby Love », Jean-Louis Murat est de retour. Et il nous propose son 21ème elpee, « La vraie vie de Buck John ».

Si le titre évoque un célèbre cowboy héros de bandes dessinées publié dans un fascicule éponyme et tiré des films de l’acteur américain de western, Buck Jones, ne vous attendez cependant pas à tomber dans les poncifs d’un univers folk/blues.

Sur le fond, la figure stylistique empruntée par Bergheaud (à l’état civil) reste dans la même veine que ses ouvrages précédents.

A ceci près que, bricolé durant le confinement, Murat s’est fixé comme contrainte de n’utiliser que deux ou trois instruments (vous n’y entendrez pas de basse), l’unique intervention extérieure se limitant à celle de son complice Eric Toury, à la batterie, à la prise de son et au mixage.

L’Auvergnat réunit tous les éléments pour proposer un produit intéressant : un grain de voix séducteur, un groove funky (« Battlefield »), des gimmicks sautillants (« Où Geronimo rêvait ») et des mélodies inspirées par la thématique de l’amour. L’utilisation sporadique de synthétiseurs et sons typés ‘années 80/90’ (« Marylin et Marianne »), permettent aussi de souligner subtilement cet habillage en lui communiquant un caractère plus contemporain.

Pourtant, dans sa globalité, si le disque répond aux exigences de l’artiste et est traversé par des courants de bonne humeur (?!?!?), il fait figure pâle. Si, objectivement, il n’est pas déplaisant, il n’est probablement pas celui dont on parlera le plus. Pour plusieurs raisons.

Outre le minimalisme de la durée (une trentaine de minutes seulement), le disque souffre d’un manque de corps et fait preuve d’une certaine légèreté, même si l’une ou l’autre chanson s’en tire plutôt bien.

Et puis l’ensemble s’avère un peu trop linéaire. Tout en laissant un goût d’inachevé. Murat se complairait-il dans la facilité ?

Alors oui, en matière de goûts musicaux, il faut parfois se faire une raison. Lorsqu'on aime, tant mieux, mais lorsqu'on n'aime pas… difficile d’être objectif.

Alaska Gold Rush

Human Flare

Écrit par

Succédant à « Wild Jalopy Of The Mist » (2016) et « Camouflage » (2020), deux albums qui lui a valu de très nombreuses critiques favorables, Alaska Gold Rush s’émancipe encore davantage de ses fondamentaux en gravant un « Human Flare » accompli.

Présents sur la scène rock belge depuis 2014, Renaud Ledru (guitare, chant) et Nicky Collaer (batterie) s’exposent singulièrement tout au long d’un patchwork animé et psyché conjuguant deux talents hors normes.

Enregistrés et mixés à Bruxelles par Gaethan Dehoux (Témé Tan, BRNS), et bien qu’évoluant entre folk et garage, les titres de ce troisième elpee nous plongent au sein d’un univers théâtral, énergique, délirant mais subtil, tout en traçant des lignes mélodiques aérées sur fond de rythmes syncopés. Parfois l’ombre de Kings Of Leon se met quand même à planer.

Minimaliste mais précis, solennel mais sobre, « Human Flare » s’inscrit cependant totalement dans son époque, et peu importe que les compos adoptent un profil léché (« My Hands ») où tonitruant (« Arsonist »).

Bref, une affaire à suivre.

Page 30 sur 1252