La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Chroniques

Ideomotor

In and Out of Time

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« In and Out of Time » constitue le premier album du duo finlandais Ideomotor. Il reconnaît comme influence majeures, M83, The Killers et les Pet Shop Boys… Impossible de se tromper, cet elpee baigne bien dans d’électro-pop. Un mélange assez inspiré de sonorités pop 80’s (« Away from the Streetlights ») et de ‘dream-pop’ plutôt 90’s (« Hummer »). Parfois à la limite du mauvais goût mais souvent très accrocheurs (« Do It Again »), les hits synthpop d’Ideomotor exhalent déjà un parfum de jours ensoleillés…


 

Lora & The Stalkers

No desire control

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Drivé par la chanteuse/guitariste Lora Ferrarotto et le compositeur/multi-instrumentiste Alex Meozzi, Lora & The Stalkers est originaire de Rome. Non seulement Alex est producteur, mais il milite également au sein de deux autres formations transalpines, dont le groupe résident de l’émission télévisée ‘Stracult’.  

« No desire control » constitue le premier elpee de Lora & The Stalkers ; et ce qui frappe d’abord, c’est la voix aigrelette de Lora. Elle tonifie des morceaux qui s’inspirent fondamentalement de la pop et des variétés des fifties et des sixties. 

Dès le premier titre, le kitsch « Lonely heart », on s’imagine au cœur d’un show à l’italienne, entre grandes envolées lyriques des animateurs et jolies filles particulièrement sexy. Une compo dont les arrangements luxuriants nous renvoient à l’Eurovision, d’il y a plus de 50 ans… Des arrangements luxuriants qu’on retrouve régulièrement tout au long des morceaux de cet LP. A l’instar du plus pop « Weak of brave, une plage enrichie de cuivres et d’interventions d’orgue. Une constante quand même, cette ligne de basse profonde, mordante, qui trame la plupart des pistes. Entre le slow sirupeux « Yesterday » et le glam « Unwise Jenny », on ne sait d’ailleurs jamais sur quel pied danser. Plus seventies « Back in time » se distingue par ses sonorités de gratte chatoyantes (une Rickenbacker ?) alors que « 4 us 2 » laisse furtivement filtrer des effluves psychédéliques. Plus étonnant « Blinding love » ranime le souvenir de Joy Division, la ligne de basse cold et la boîte à rythmes accentuant cette impression. Parsemé de doo wop, « Tonight the night » replonge dans les sixties à moins que ce ne soit les fifties !) alors que le titre maître emprunte un profil cinématographique…  

Un album vintage ou suranné, à vous de choisir !


 

Ali

Bliss + Blasphemy

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Ali, c’est le patronyme choisi par une formation bulgare dont le leader répond au nom d’Ali Abdala. Ce dernier se consacre à la guitare et au chant et est épaulé par deux autres sixcordistes, un drummer, un claviériste, un bassiste et un préposé aux chœurs.

Peu de renseignements sur la toile concernant ce septuor dont la musique est fondamentalement rock. Et en général percutante et sémillante. Des envolées de gratte symphonico-métalliques alimentent même la fin de parcours de « Freedom ».

A l’instar de Muse, l’expression sonore affiche une certaine solennité, voire emphase, impression amplifiée par la voix d’Ali, capable de grimper dans les aigus ou d’emprunter des inflexions plus déclamatoires, impérieuses, un peu comme Peter Murphy. Le spectre de Bauhaus plane même tout au long de « I come from the future ». Et si ce n’est pas le choriste qui s’autorise des vocalises dignes de Clare Torry sur ce morceau (pensez à l’album « Dark side of the moon » du Floyd), alors la voix d’Ali est vraiment exceptionnelle.


 

Chad VanGaalen

World's most stressed out gardener

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Producteur, musicien et vidéaste (notamment pour Timber Timbre, Metz ou encore Andy Shauf), Chad VanGaalen possède plusieurs cordes à son arc. Alors que le virus parcourt le monde, le Canadien s’est retiré dans sa maison en Alberta pour composer ; mais lors de ses heures perdues, il s’est consacré au jardinage. C’est au cours de cette période qu’il a réalisé son huitième album pour lequel il s’est référé à la flore afin de choisir son titre.

Sur cet elpee, le multi-instrumentiste se charge une nouvelle fois de tout de ‘A à Z’. Outre les instruments déjà maîtrisés depuis belle lurette, il joue de la flûte, dont les interventions sont disséminées tout au long playing, et tout particulièrement sur « Flute Peace » ...

Dans l’esprit de ses œuvres précédentes, Chad VanGaalen élabore une pop psyché alambiquée, loufoque qui paraît partir dans tous les sens. Plusieurs écoutes sont nécessaires afin de saisir la complexité des morceaux et d’appréhender leur richesse mélodique. A l’écoute de « World's most stressed out gardener », on pense à Beck, Super Furry Animal, voire Flaming Lips. Entre les courts intermèdes instrumentaux, le Canadien offre de véritables pépites telles que le planant « Where Is It All Going ? », l’hypnotique « Starlight » ou encore le plus nerveux « Nighmare Scenario ». Bien qu’hétéroclite, ce long playing s’écoute sans éprouver la moindre lassitude. Sans doute à cause de sa qualité. Reste à espérer que cet artiste puisse recueillir la reconnaissance qu’il mérite !


 

Rostam

Changephobia

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Depuis son départ des fantastiques Vampire Weekend en 2019, le multi-instrumentiste Rostam Batmanglij s’est surtout illustré comme producteur (pour le compte de HAIM, Clairo, Hamilton Leithauser et Charlie XCX, notamment) ; mais il a également trouvé le temps de composer de très belles chansons qu’on retrouve sur son premier elpee solo, « Half light » et puis sur ce second « Changephobia ».

Pour concocter sa pop délicate et baroque, teintée d’électro et de soul-jazz, il a reçu le concours de membres de HAIM (Danielle Haim siège derrière la batterie sur « These Kids We Knew ») ainsi que de Henri Solomon au saxo. L’esthète pop dévoile une œuvre complexe mais toujours accessible à laquelle il manquerait peut-être quelques singles accrocheurs…


 

Cheeko

Equerre (single)

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« Équerre », le nouveau single de Cheeko, est LA petite douceur surprise de cette fin du mois de janvier 2021. C’est la cerise sur le gâteau, le sourire d’un inconnu, le dessert offert par le patron, bref ce que vous voulez. Ce morceau est cette petite chose qu’on n’attendait pas mais qui devient source de joie une fois qu’elle est là ! La nonchalance et la sérénité qui plane dans ce studio filmé lors du clip nous détend instantanément (à découvrir ici), son flow nous berce et ses mots nous incitent à sourire. Pourtant ce n’est pas spécialement drôle, mais Cheeko a cette façon de dépeindre nos quotidiens avec un recul et cette petite ironie au coin des lèvres qui rend la vie plus légère ; alors on se remet le titre en boucle pour qu’il ne s’arrête jamais. « Équerre » est presque déstabilisant finalement parce que, si ce le fond n’est pas particulièrement comique, le rappeur ne dénonce pas pour autant. Pourtant, la simplicité de sa photographie du monde est tendre et presque naïve. Et l’instrumental signé « Tigerz » est tout aussi charmant ! Le tout se savoure comme une sucrerie de 2min53… à mettre en mode replay.


 

Antoine Wielemans

Fin d'été (single)

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Après la sortie de ses deux premiers titres, « Sel » et « De l’or », Antoine Wielemans sort son troisième single « Fin d’été ». Ces deux compos figurent sur son premier opus, "Vattetot".

Après avoir gravé cinq albums en compagnie du groupe Girls in Hawaï, entre 2003 et 2017, comme chanteur et guitariste, il a décidé de se lancer dans la chanson française.

« Fin d’été » constitue une ode à l’instant, à l’expérience de la simplicité. La joie de se baigner dans son plus simple appareil, dans l’eau fraîche d’un ruisseau, à la chaleur de la saison chaude. En allant plus loin, on perçoit une dichotomie sombre de quelqu’un qui préfère se contenter de cet état, de peur d’aller de l’avant.

Ce texte poétique baigne dans une atmosphère douce et apaisante. Une guitare acoustique en picking, des chœurs, des nappes de synthé, la trompette de Thibaud Vanhooland (alias Voyou) et une boîte à rythme pour les percussions.

‘C’est l’une de mes chansons préférées du disque. Ce rapport à la nature où tu te balades sous un soleil d’été torse nu, en short et en tongs. Tu te vautres dans l’herbe ou tu te baignes dans une rivière. Sans oublier la micro déprime de fin d’été que tu vas rapidement surmonter. C’est le spleen de septembre en sachant que l’hiver est déjà à notre porte. Avec Girls In Hawaii, on tourne beaucoup en automne et en hiver ; ce n’est pas accidentel. J’adore chiller, glander à la maison, lire, chipoter à deux ou trois trucs, voyager. Dès que j’ai moins de temps, que je me sens un peu enfermé dans des contraintes, je me rends compte que je suis très stressé.’

Le clip décrit bien cet état de bonheur dans lequel on goûte avec lui au vent sucré de l’été par le plaisir du voyage.

Et si nous l’aidions à traverser le pont ?

Pour visionner son clip, c’est ici

Méthode chanson

 


 

Jodi

Blue heron

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Avant de se lancer dans un projet personnel, le multi-instrumentiste Nick Levine a milité pendant plusieurs années au sein de la formation américaine Pinegrove. Le leader de cette dernière ayant été englué dans un scandale sexuel, la vie du groupe a été mise entre parenthèses ; ce qui a laissé du temps à Levine de travailler sur son premier album solo.

Ce qui saute aux oreilles à l’écoute de « Blue Heron », c’est la ressemblance entre la musique de Pinegrove et celle de Jodi, notamment à travers des titres comme « Go Slowly » ou « Buddy ». Faut dire que les styles pratiqués par ces deux formations sont issus du fruit d’un mélange de country, de folk et de rock. En outre, le timbre nasillard de Nick Levine rappelle celui d’Evan Stephens Hall. Et enfin, ce mélange spécifique d’arpèges saccadés et de riffs incisifs, on le retrouve également chez les deux combos.

Sur cet LP figure également des morceaux dépouillés (guitare/batterie), chargés d’émotion, tout en demeurant accrocheurs. En dix plages (dont deux sont instrumentaux) pour à peine 30 minutes, Jodi est presque parvenu à nous faire oublier Pinegrove…


 
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