Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Memoryhouse

The Years (Ep) (1)

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En 2009, un mystérieux duo canadien publiait « The Years », un Ep cinq titres, sur le prestigieux label Sub Pop. Un disque sur lequel Evan Abeele et Denise Nouvion nous réservait une dream pop, susceptible de rappeler Beach House.

Leur premier opus, « The Slideshow Effect », vient de paraître au mois de février de cette année. On y retrouve les cinq morceaux oniriques, vaporeux et chargés de reverb’ qui figuraient sur l’Ep, des compos qui vous incitent à rester au fond de votre lit, en ces jours pluvieux, de profiter de la bienveillante chaleur des draps… Mais sous de nouvelles versions. Pour la circonstance, enrichies de nappes de cordes et d’interventions de samples minimalistes ; un peu comme si le groupe cherchait à se couvrir d’apparats dont ils étaient incapables de se payer avant leur soudain buzz.

A l’aide de très peu de moyens –boites à rythmes squelettique et dose de claviers homéopathique– Memoryhouse nous démontre, sur « The years », qu’il est possible de composer de grands petits hymnes…

 

Pop. 1280

The Horror

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Le patronyme de ce groupe new-yorkais est issu d’un roman signé Jim Thompson. Responsable d’un premier Ep, en 2010, Pop.1280 devrait faire parler de lui, au cours des prochains moins, vu la qualité de son tout premier opus, publié sur le label américain, Sacred Bones (Zola Jesus, The Men, Woods, …)

Pop.1280 parvient à y mêler noise, punk et indus. Le band reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Chrome, Birthday Party ou encore Sonic Youth. Mais, l’expression sonore repose sur un seul dénominateur commun : la violence. Le titre de l’album, « The Horror », décrit assez bien l’ambiance apocalyptique qui règne du début à la fin de l’opus. Un climat entretenu par une basse ronflante, des cordes de guitare incisives et une voix frénétique au bord de l’asphyxie. L’opus est partagé entre morceaux percutants comme « Burn the Worm » et plages  hypnotiques, à l’instar de l’excellent « Beg like a Human ».

Dégoulinant de sensibilité ténébreuse, « The Horrors » se déverse brutalement dans nos conduits auditifs. Il y pénètre profondément, jusqu’aux tympans et s’y accroche, refusant même d’en sortir. Un elpee qui affiche du caractère et ne laisse donc pas indifférent. Il s’avère même susceptible de réveiller vos pulsions les plus primaires. De quoi vous changer du revivalisme 80’s, trop suave pour être honnête, qui sévit actuellement sur la scène contemporaine…

Pinetop Perkins

Heaven

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Le blues est plus que centenaire. Pourtant, je ne connais, à ce jour, aucun bluesman qui soit devenu centenaire. Le plus grand espoir à ce titre était Willie ‘Pinetop’ Perkins, né en juillet 1913. Hélas, il est décédé, dans son sommeil le 21 mars 2011, à près de 98 ans! Il sera désormais difficile à un bluesman authentique de fêter ce jubilé.

Perkins était pianiste. A ses débuts, il a joué auprès des légendaires Robert Nighthawk et Sonny Boy Williamson. Son premier passage en studio date de 1953, il enregistre en compagnie de Earl Hooker, la reprise de “Pinetop’s boogie woogie” du mythique Clarence ‘Pinetop’ Smith, qui avait créé ce thème en 1928. C’est à partir de ce moment que Perkins va se voir attribuer le sobriquet de Pinetop. Il connait sa période de gloire quand il rejoint le groupe de Muddy Waters, en 1969, une aventure qu’il va vivre douze longues années. Il succède alors à l’incomparable Otis Spann. Il passe ensuite au sein du Legendary Blues Band au sein duquel militent d’autres anciens du Waters Band. Son premier opus personnel “After hours”, sort en 1988.

C’est toujours Blind Pig qui nous propose, sur cet elpee, une séance inédite remontant à 1986, des sessions qui s’étaient déroulées au studio Chelsea Sound, à New York. Perkins démarre par “44 blues”, un blues lent empreint d’émotion au cours duquel il s’accompagne, tout naturellement, de ses 88 touches d’ivoire. “4 o’clock in the morning” demeure dans le même climat. Un frisson nous parcourt l’échine, quand il nous conte ses aventures nocturnes, des aventures authentiques, empreintes de réalisme, qui nous plongent dans une infinie tristesse. Instrumental, “Relaxin” baigne au sein d’une atmosphère sereine. Son jeu à deux mains est distinct. La gauche assure les basses. La droite explore au gré de l’inspiration. “Sitting on top of the world” est un classique signé par deux membres des Mississippi Sheiks. Ce morceau date de 1930. Des vocaux ont été ajoutés. Et c’est son comparse de toujours, Willie ‘Big Eyes’ Smith (NDR : ils militaient déjà ensemble, au sein du Muddy Waters Band) qui s’y colle. C’était en juillet 2011, et deux mois plus tard, il décédait à son tour! Une partie chantée a également été greffée, sur le “Since I fell for you” de Buddy Johnson. Un rôle dévolu au vocaliste de soul/blues, Otis Clay. Il brille de mille feux sur ce blues nightclubbien. Tout au long de cet elpee, on est envahi par un sentiment de nostalgie. Et des pistes bourrées de charme, comme “Pinetop’s blues” ou le superbe “Ida B”, balayé par l’harmonica de Mike Markowitz (NDR : c’était le leader de leader de Little Mike & The Tornadoes), en sont les plus belles illustrations. Enfin, pour être complet, cet opus recèle encore le thème éculé “Sweet home Chacago”, dans une énième reprise de “Pinetop’s boogie woogie”.

 

Teddiedrum

European Weekend (Ep)

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Teddiedrum est un duo originaire de notre plat pays. De Gand, plus précisément. Après la publication de deux singles de bonne facture, l’an dernier (« Miami » et « Odd Couple »), Dijf et Jason nous propose un Ep naviguant entre deux eaux. En cinq titres, les deux hommes ne dévoilent pas grand-chose de leur savoir-faire. Ils y distillent une Electro-pop un peu trop simpliste et conventionnelle. « The Bats », à la limite, se détache des quatre autres morceaux. Mais cet Ep ne laisse derrière lui aucun souvenir, bon ou mauvais. Bref, les deux rigolos de Teddiedrum vont devoir s’activer et se secouer s’ils ne veulent pas que leur premier cd se noie dans la masse des projets du même genre.

 

Dntel

Life is Full Of Possibilities (Remastered)

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Jimmy Tamborello, alias Dntel, n’a plus donné signe d’activité depuis son « Dumb Luck » de 2007. Pour ne pas se faire oublier avant la sortie de son prochain opus prévu pour cette été, l’homme refait surface avec une version remasterisée de sa première œuvre, « Life Is Full Of Possibilities », 10 ans après sa publication initiale. Une nouvelle version enrichie également d’un disque bonus. Et force est de constater que son electro downtempo et ambient aux accents parfois Trip Hop n’a pas vieilli d’un iota. Mais l’œuvre kaléidoscopique de Tamborello souffre aujourd’hui quelque peu de ses longueurs. Forcément moins surprenant que dix ans plus tôt, « Life Is Full Of Possibilities » s’écoute désormais en toile de fond, les mélodies parcourues demandant bien moins d’attention qu’à l’époque.

La raison en est que l’œuvre d’introduction de Dntel s’est tout simplement égarée parmi les productions du même genre. Sans compter le fait que d’autres artistes ont exploré ce dernier bien plus en profondeur, depuis. Ce qui n’enlève rien au charme de la pépite « (This Is) The Dream Of Evan and Chan », single interprété par Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), celui-là même qui militera aux côtés de Tamborello, sous la bannière de The Postal Service. Ce morceau se réserve d’ailleurs une large portion du disque Bonus, dans lequel y figurent 4 versions différentes, dont une réinterprétée par Barbara Morgenstern, qui l’emporte haut la main sur les autres.

On y retrouve également trois remixes de « Anywhere Anyone », dont une planante servie par Pearson Sound, ainsi que six B-Sides et ‘versions alternatives’ dont seuls « This Is How It Will Be Over » et « Footprints », valent de détour. Comme quasiment tout disque bonus et/ou remix qui se respecte, l’objet s’adresse principalement aux fans de la première heure. Pour les autres « Life Is Full Of Possibilities » est une occasion de découvrir l’origine de l’inspiration de Thom Yorke. Du moins, en partie.

Eric Chenaux

Guitar & voice

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Eric Chenaux compte, à ce jour, une carrière de plus de vingt ans. On peut donc dire qu’elle est bien remplie. Il jouit d’une belle notoriété sur la scène expérimentale torontoise. Faut dire qu’il y a multiplié les collaborations. Le Canadien a ainsi souvent apporté son concours à son compagnon de label, Sandro Perri. Mais depuis qu’il a signé sur le label montréalais Constellation, c’est-à-dire en 2006, Chenaux est parvenu à susciter une certaine curiosité sur les autres continents. Et en particulier, après avoir publié « Dull Lights ».

« Guitar & voice » constitue son quatrième elpee sur son nouveau label. Sa démarche est toujours aussi expérimentale. Evoluant quelque part entre Robert Wyatt et feu Vic Chessnutt, sa musique n’est pas assimilable à première écoute. Les compos ne vous sont pas apportées sur un plateau. Elles se méritent. Comme le titre du long playing le précise, l’artiste s’est essentiellement limité à la voix et à sa six cordes, son instrument fétiche qu’il se plait à torturer afin d’en extraire les sonorités les plus improbables. Parfois on y décèle quelques traces de synthé. Mais au cœur de ces compos complexes, se cachent de subtiles mélodies, très susceptibles de communiquer des émotions. A l’instar de « Put In Music », point d’orgue de cet album.

« Guitar & Voice » nécessite un certain effort pour être apprécié à sa juste valeur. Mais au bout de cet effort, il y a la récompense… si vous aimez ce style de musique, évidemment. Oui, je sais, certains passages tirent en longueur et risquent de vous plonger dans un état de léthargie. C’est peut-être aussi le but !

 

Peter Karp & Sue Foley

Beyond the crossroads

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Au sein de ce duo, Sue Foley est certainement l’artiste la plus notoire. Notamment à cause de son timbre vocal délicieux, éternellement enfantin. Canadienne, cette rouquine compte déjà une belle carrière à son actif ; et pourtant elle n’est âgée que de 44 ans. Elle a assez longtemps vécu à Austin, au Texas, où elle a enregistré dès 1992 son premier album, “Young girl blues” pour Antone’s (NDR : c’est aussi le meilleur club de blues local). Une bonne dizaine d’albums plus tard, elle se lie à Peter Karp, un compositeur réputé, que l’on compare volontiers à John Hiatt voire John Prine. Il est originaire de l’Alabama. Le premier fruit de leur collaboration remonte à 2010, lors de la publication de l’elpee, “He said she said”, un disque paru sur le label californien Blind Pig.

Peter est aussi à l’aide à la guitare qu’au piano. Sue s’est également forgé sa notoriété par sa technique sur la Fender Telecaster. Les 12 nouvelles chansons de ce « Beyond the crossroads » sont cosignées ou issues de la plume d’un des deux artistes. Le duo est soutenu par leur section rythmique rituelle : Mike Catapano aux drums et Niles Terrat à la basse. Pour la circonstance, ils ont reçu le soutien de quelques amis dont la section de cuivres de Swingadelic.

“We’re gonna make it” ouvre le feu et tire sur le R&B largement cuivré. Les deux voix s’échangent les chorus ; Sue, de sa voix de fillette un peu fausset, Peter, d’un timbre assuré et autoritaire. Il est armé de sa guitare Gibson 335 et me rappelle l’un de ses gratteurs favoris, Freddie King. Miss Sue conduit “Analyze ‘n blues”, un blues bourré de charme, que colore son compagnon, à l’aide de sa slide. “Beyond the crossroads” est une excellente compo de roots rock. Poussées par les chœurs et les cuivres, les cordes sont bien en place. Le trombone de Mark Miller est à l’avant-plan tout au long de “Fine blues”, une plage relaxante, caractérisée par un chant paresseux. Proche de l’esprit du jazz traditionnel, “Take your time” trempe dans le folk blues. Retour dans le roots blues pour “More than I bargained for”. Les vocaux sont excellents, tant la voix de Peter que les répliques féminines. Un enchantement ! Chaque composition signée Mr Karp fait mouche. A l’instar des subtils et savoureux “Blowin”, illuminé par la pureté des cordes, ainsi que “Chance of rain”, moment au cours duquel il brille aux ivoires, pendant que Sue se réserve la gratte acoustique. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par “You’ve got a problem”, un boogie jump bien nerveux, que Peter drive à la perfection depuis son piano. 

 

Caravan Palace

Panic

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La troupe rétro de Caravan Palace avait opéré une entrée remarquée, lors de la sortie de son premier album éponyme. Publié en 2008, ce disque qui recelait des singles imparables comme « Jolie Coquine » et « Suzy », s’écoulera à plus de 150 000 exemplaires. Leur mélange de jazz, de swing et d’électro va également faire le bonheur de nombreux festivaliers, s’offrant même une bonne cure de pub, sur TF1, à l’époque ! Le projet fondé en 2005 par Arnaud Vial (guitare et synthé), Charles Delaporte (contrebasse et synthé) et Hugues Payen (violon et synthé) marche alors clairement sur les traces du Gotan Project, dans un registre plus jazz manouche toutefois. Trio à l’origine, le line up s’est depuis enrichi d’un quatrième larron, en l’occurrence Antoine Toustou, ex-bassiste d’Izia.

« Panic » constitue leur nouvel elpee. Pas de réelle évolution dans leur musique, mais toujours ce mix entre l’univers parisien des années 40 et les sonorités électro chères à Massive Attack ! Un état d’esprit remarquablement traduit par l’illustration de la pochette, en l’occurrence un robot chevauchant la Tour Eiffel à la manière de King-Kong sur l’Empire State Building de New-York. Lors des sessions d’enregistrement, la formation française a reçu le concours de la chanteuse Colotis ‘Layatoya’ Zoé, sur des titres plus langoureux comme « Sydney » ou davantage down-tempo tel que « Queens ».

Et le public devrait facilement flamber à l’écoute de l’irrésistible single « Clash » ou des très dansants « Beatophone » et « Dirty Side »…

Certes, on a parfois l’impression que ces vignettes rétro-futuristes sont destinées à sonoriser des pubs, mais la qualité des compos est indéniable !

 

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