Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Dntel

Life is Full Of Possibilities (Remastered)

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Jimmy Tamborello, alias Dntel, n’a plus donné signe d’activité depuis son « Dumb Luck » de 2007. Pour ne pas se faire oublier avant la sortie de son prochain opus prévu pour cette été, l’homme refait surface avec une version remasterisée de sa première œuvre, « Life Is Full Of Possibilities », 10 ans après sa publication initiale. Une nouvelle version enrichie également d’un disque bonus. Et force est de constater que son electro downtempo et ambient aux accents parfois Trip Hop n’a pas vieilli d’un iota. Mais l’œuvre kaléidoscopique de Tamborello souffre aujourd’hui quelque peu de ses longueurs. Forcément moins surprenant que dix ans plus tôt, « Life Is Full Of Possibilities » s’écoute désormais en toile de fond, les mélodies parcourues demandant bien moins d’attention qu’à l’époque.

La raison en est que l’œuvre d’introduction de Dntel s’est tout simplement égarée parmi les productions du même genre. Sans compter le fait que d’autres artistes ont exploré ce dernier bien plus en profondeur, depuis. Ce qui n’enlève rien au charme de la pépite « (This Is) The Dream Of Evan and Chan », single interprété par Ben Gibbard (Death Cab For Cutie), celui-là même qui militera aux côtés de Tamborello, sous la bannière de The Postal Service. Ce morceau se réserve d’ailleurs une large portion du disque Bonus, dans lequel y figurent 4 versions différentes, dont une réinterprétée par Barbara Morgenstern, qui l’emporte haut la main sur les autres.

On y retrouve également trois remixes de « Anywhere Anyone », dont une planante servie par Pearson Sound, ainsi que six B-Sides et ‘versions alternatives’ dont seuls « This Is How It Will Be Over » et « Footprints », valent de détour. Comme quasiment tout disque bonus et/ou remix qui se respecte, l’objet s’adresse principalement aux fans de la première heure. Pour les autres « Life Is Full Of Possibilities » est une occasion de découvrir l’origine de l’inspiration de Thom Yorke. Du moins, en partie.

Eric Chenaux

Guitar & voice

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Eric Chenaux compte, à ce jour, une carrière de plus de vingt ans. On peut donc dire qu’elle est bien remplie. Il jouit d’une belle notoriété sur la scène expérimentale torontoise. Faut dire qu’il y a multiplié les collaborations. Le Canadien a ainsi souvent apporté son concours à son compagnon de label, Sandro Perri. Mais depuis qu’il a signé sur le label montréalais Constellation, c’est-à-dire en 2006, Chenaux est parvenu à susciter une certaine curiosité sur les autres continents. Et en particulier, après avoir publié « Dull Lights ».

« Guitar & voice » constitue son quatrième elpee sur son nouveau label. Sa démarche est toujours aussi expérimentale. Evoluant quelque part entre Robert Wyatt et feu Vic Chessnutt, sa musique n’est pas assimilable à première écoute. Les compos ne vous sont pas apportées sur un plateau. Elles se méritent. Comme le titre du long playing le précise, l’artiste s’est essentiellement limité à la voix et à sa six cordes, son instrument fétiche qu’il se plait à torturer afin d’en extraire les sonorités les plus improbables. Parfois on y décèle quelques traces de synthé. Mais au cœur de ces compos complexes, se cachent de subtiles mélodies, très susceptibles de communiquer des émotions. A l’instar de « Put In Music », point d’orgue de cet album.

« Guitar & Voice » nécessite un certain effort pour être apprécié à sa juste valeur. Mais au bout de cet effort, il y a la récompense… si vous aimez ce style de musique, évidemment. Oui, je sais, certains passages tirent en longueur et risquent de vous plonger dans un état de léthargie. C’est peut-être aussi le but !

 

Peter Karp & Sue Foley

Beyond the crossroads

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Au sein de ce duo, Sue Foley est certainement l’artiste la plus notoire. Notamment à cause de son timbre vocal délicieux, éternellement enfantin. Canadienne, cette rouquine compte déjà une belle carrière à son actif ; et pourtant elle n’est âgée que de 44 ans. Elle a assez longtemps vécu à Austin, au Texas, où elle a enregistré dès 1992 son premier album, “Young girl blues” pour Antone’s (NDR : c’est aussi le meilleur club de blues local). Une bonne dizaine d’albums plus tard, elle se lie à Peter Karp, un compositeur réputé, que l’on compare volontiers à John Hiatt voire John Prine. Il est originaire de l’Alabama. Le premier fruit de leur collaboration remonte à 2010, lors de la publication de l’elpee, “He said she said”, un disque paru sur le label californien Blind Pig.

Peter est aussi à l’aide à la guitare qu’au piano. Sue s’est également forgé sa notoriété par sa technique sur la Fender Telecaster. Les 12 nouvelles chansons de ce « Beyond the crossroads » sont cosignées ou issues de la plume d’un des deux artistes. Le duo est soutenu par leur section rythmique rituelle : Mike Catapano aux drums et Niles Terrat à la basse. Pour la circonstance, ils ont reçu le soutien de quelques amis dont la section de cuivres de Swingadelic.

“We’re gonna make it” ouvre le feu et tire sur le R&B largement cuivré. Les deux voix s’échangent les chorus ; Sue, de sa voix de fillette un peu fausset, Peter, d’un timbre assuré et autoritaire. Il est armé de sa guitare Gibson 335 et me rappelle l’un de ses gratteurs favoris, Freddie King. Miss Sue conduit “Analyze ‘n blues”, un blues bourré de charme, que colore son compagnon, à l’aide de sa slide. “Beyond the crossroads” est une excellente compo de roots rock. Poussées par les chœurs et les cuivres, les cordes sont bien en place. Le trombone de Mark Miller est à l’avant-plan tout au long de “Fine blues”, une plage relaxante, caractérisée par un chant paresseux. Proche de l’esprit du jazz traditionnel, “Take your time” trempe dans le folk blues. Retour dans le roots blues pour “More than I bargained for”. Les vocaux sont excellents, tant la voix de Peter que les répliques féminines. Un enchantement ! Chaque composition signée Mr Karp fait mouche. A l’instar des subtils et savoureux “Blowin”, illuminé par la pureté des cordes, ainsi que “Chance of rain”, moment au cours duquel il brille aux ivoires, pendant que Sue se réserve la gratte acoustique. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par “You’ve got a problem”, un boogie jump bien nerveux, que Peter drive à la perfection depuis son piano. 

 

Caravan Palace

Panic

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La troupe rétro de Caravan Palace avait opéré une entrée remarquée, lors de la sortie de son premier album éponyme. Publié en 2008, ce disque qui recelait des singles imparables comme « Jolie Coquine » et « Suzy », s’écoulera à plus de 150 000 exemplaires. Leur mélange de jazz, de swing et d’électro va également faire le bonheur de nombreux festivaliers, s’offrant même une bonne cure de pub, sur TF1, à l’époque ! Le projet fondé en 2005 par Arnaud Vial (guitare et synthé), Charles Delaporte (contrebasse et synthé) et Hugues Payen (violon et synthé) marche alors clairement sur les traces du Gotan Project, dans un registre plus jazz manouche toutefois. Trio à l’origine, le line up s’est depuis enrichi d’un quatrième larron, en l’occurrence Antoine Toustou, ex-bassiste d’Izia.

« Panic » constitue leur nouvel elpee. Pas de réelle évolution dans leur musique, mais toujours ce mix entre l’univers parisien des années 40 et les sonorités électro chères à Massive Attack ! Un état d’esprit remarquablement traduit par l’illustration de la pochette, en l’occurrence un robot chevauchant la Tour Eiffel à la manière de King-Kong sur l’Empire State Building de New-York. Lors des sessions d’enregistrement, la formation française a reçu le concours de la chanteuse Colotis ‘Layatoya’ Zoé, sur des titres plus langoureux comme « Sydney » ou davantage down-tempo tel que « Queens ».

Et le public devrait facilement flamber à l’écoute de l’irrésistible single « Clash » ou des très dansants « Beatophone » et « Dirty Side »…

Certes, on a parfois l’impression que ces vignettes rétro-futuristes sont destinées à sonoriser des pubs, mais la qualité des compos est indéniable !

 

Errors

Have Some Faith In magic

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Errors, les petits protégés de Rock Action, le label de Mogwai, sont de véritables métronomes. Quatre ans après avoir gravé « It’s Not Something, But It is Like Whatever » et deux après « Come Down With Me », les Écossais ont atteint l’âge d’or de leur carrière en publiant un troisième LP aussi trippant qu’exaltant. « Have Some Faith In Magic » ratisse large, du Post-Rock à l’Electronica en passant par le Krautrock et introduit, pour la première fois au sein d’une œuvre d’Errors, quelques vocalises aériennes. Des voix utilisées ici tel un instrument secondaire, jamais mises en avant. Et pour la bonne cause, tant l’atmosphère créée par le trio forme une espèce de bulle délicate, un microcosme qui aurait pu s’effondrer à la moindre fausse note, au moindre faux-pas. « Have Faith In Magic » est, sans conteste, le disque le plus abouti des trois gaillards de Glasgow. Errors file droit sur les traces de formations telles que Ratatat, Holy Fuck et 120 Days. C’est-à-dire dans la bonne direction!

En concert : première partie de Kiss The Anus Of A Black Cat à Courtrai (De Kreun), ce 15/05.

Brad

United we Stand

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Brad est le projet parallèle de Stone Gossard, illustre guitariste de Pearl Jam, qu’il mène à un rythme de sénateur (NDR : il n’a publié que 5 albums en 20 ans) en compagnie de Regan Hagar (Satchel), Shawn Smith (Pigeonhead, Satchel) et Keith Lowe. Leur lieu de rencontre ?  Seattle.

A première écoute, il est frappant d’entendre la similarité vocale entre Shawn Smith et… Eddie Vedder ! Son timbre de voix rappelle en effet, à s’y méprendre, celui du charismatique leader de Pearl Jam, même si Smith se révèle pus posé, donc moins exubérant, tout au long de cet exercice de style. La musique de Brad nous replonge dans les années 90. Pas la peine de chercher une once d’originalité sur ce « United We Stand ». Simplement, les nostalgiques du son ‘made in Seattle’ risquent fort de succomber aux riffs de guitares qui sculptent des hits tels que « A Reason to be in my Skin » ou « Bound in Time ». Pourtant, le reste des compos de ce très honorable nouvel elpee pondu par cette bande de vétérans américains, se révèle plus léger, et même quasiment pop. Stone Gossard semble avoir pris du plaisir en publiant un opus au cours duquel l’aspect mélodique est devenu aussi important que son approche percutante du rock. Un avant-goût du futur album de Pearl Jam ?

 

M+A

remixes.yes (Ep)

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« remixes.yes » ? Michele Ducci et Alessandro Angioli, les deux têtes pensantes derrière M+A auraient mieux fait d’intituler leur Ep « reinvention.yes ». Dans la foulée de leur énorme « things.yes », publié fin 2011, le duo italien nous délivre à présent un Ep digital qui s’inscrit dans la droite lignée leur œuvre introductive. Plus que de simples nouveaux arrangements, M+A réinvente entièrement les morceaux passés sous leur moulinette.

Nedry, Emay, Joycut et Polinski (projet solo de Paul Wolinski de 65daysofstatic) offrent tous une petite chirurgie de luxe à l’un de leurs morceaux. M+A se les approprient en les découpant en tranches avant de les resservir sous forme de délicates ritournelles pop nappées d’electronica. En découle quatre mets radicalement plus raffinés qu’à l’origine. Le duo clôture son labeur par une reprise au piano du « Paper Planes » de M.I.A. Une adaptation harmonieuse qui pourrait, si elle devait être publiée sous forme de single, faire un véritable tabac.

Envie de découvrir le secret le mieux gardé d’Italie ? Trois morceaux (dont le terrible « Liko Lene Lisa ») sont en téléchargement gratuit sur le site officiel du duo, ici.

 

Crocodiles

Endless flowers

Écrit par

Formé en 2008 par Brandon Welchez (guitare et chant) et Charles Rowell (guitare), Crocodiles publie un nouvel opus, deux ans après avoir gravé « Sleep Forever ». De quoi permettre au reptile californien (NDR : la formation est issue de San Diego) de quitter les eaux marécageuses de la scène underground pour y croquer un public plus large. Et comme « Endless Flowers » est savoureux, pourquoi ne pas ne pas y mordre à pleines dents ?

Au menu, cordes de guitares shoegaze et nappes de claviers susceptibles de rappeler la musique de leurs compatriotes, The Pains at Being Pure at Heart ou Beach House (le morceau de dream-pop, « Hung Up On a Flower »). Une expression sonore atmosphérique, brumeuse, mélodieuse, partagée entre compos légères, imprimés sur un tempo allègre (« Bubblegum Trach », « No Black Cluds For Dee ») ainsi que plages plus sauvages, secouées par des rythmes variables et découpées dans des riffs de gratte particulièrement efficaces (« Endless Flowers », « Dark Alleys »). Le tout saupoudré, circonstanciellement de chœurs.

Un bémol. La pochette. Elle est horrible. Sans quoi, après avoir ôté l’emballage, « Endless Flowers » est à dévorer dans son intégralité ! 

 

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