Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Chroniques

Howlin Rain

The Russian wilds

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Howlin' Rain est un groupe issu de San Francisco dont la formation remonte à 2004. Le combo avait publié un premier album en 2006. Il était éponyme. Et un second, en 2008, "Magnificent fiend", rapidement suivi d’un Ep, intitulé "Wild life". Ethan Miller, chanteur et guitariste en est le leader. A l’origine, il était entouré par ses amis d'école, Ian Gradek et John Moloney. Aujourd'hui, si Miller est toujours aux commandes, il est soutenu par d'autres musiciens : le chanteur/guitariste Isaiah Mitchell, Joel Robinow aux claviers, cuivres et cordes, le bassiste Cyrus Comiskey ainsi que le percussionniste Raj Ojah.

La musique d'Howlin' Rain combine blues, funk, rock classique et psychédélisme. Howlin' Rain n’hésite pas à se réclamer des légendes du passé de la musique rock comme les Allman Brothers Band, Jimi Hendrix, Santana ou encore Love, le groupe d'Arthur Lee! La direction de la production a été confiée à  Rick Rubin, une espèce de gourou, adepte de la fusion entre le rap et le heavy metal. Il a bossé pour une multitude d’artistes, dont Slayer, Masters of Reality, The Cult, les Red Hot Chilli Peppers et Aerosmith. Et c’est le jeune Anglais Tim Green qui apporte son concours à la mise en forme.

"Self made man" amorce l’elpee. Une compo imprimée sur un tempo lent. Les riffs sont accrocheurs mais dramatiques. La voix d’Ethan me fait penser à celle d’un hard rocker paisible. Il chante et ne hurle pas. Ce qui ne l’empêche pas de hausser le ton. Les autres musicos assurent les chœurs. Et finalement, l’ensemble ne manque pas de charme, même si le style nous replonge au début des seventies. Dès que les cordes sont lâchées, elles se mettent à vagabonder dans l’esprit d’un Carlos Santana épaulé par Neal Schon. A l’instar de "Caravanserai", une piste qui s’étale pendant de longues minutes ; de quoi laisser le temps aux deux six cordes d'explorer des sentiers non balisés. HR embraie sur "Phantom in the Valley", sans susciter de grand bouleversement, malgré le rythme plus vif. Enrichi de voix et d’un orgue, ce titre me rappelle les Anglais de Spooky Tooth. Et c'est un compliment! Au cours de cette fresque sonore, bien dessinée, la trompette s'évade au cœur d’une ambiance festive et exotique. Chargé d’intensité, "Can't satisfy me now" est un morceau qui baigne au sein d’un climat de détresse et de douleur. Ce n’est pas la joie, et le timbre puissant de Miller est parfaitement adapté pour communiquer ces émotions. Si les grattes ne manquent pas d’attrait, elles adoptent le plus souvent un profil fort classique. Et dans la démarche, on ne décèle guère de trace de voyage psychédélique. La voix qui ouvre "Strange thunder" est fragile, très pure, fort proche de Jon Anderson dans la grande époque de Yes. Une plage dépouillée à l’extrême jusqu’au moment de l’explosion finale, rondement menée. La tessiture vocale de Miller peut aussi évoquer le regretté Steve Marriott. Et en particulier sur le convainquant "Dark side". Mais sans la férocité et le caractère quasi animal de l'Anglais. La reprise du "Collage" de Joe Walsh est à la fois fragile et belle. Une version remarquable réminiscente de Crosby, Nash et consorts ou des Eagles époque Walsh. En outre, le morceau prête à l’aventure. Et quoique adoptant une forme bluesy, digne de Humble Pie, la forme psychédélique épouse ensuite "Walking through stone". Splendide ! En finale, le gratteur marche sur les traces d’un Carlos Santana jazzyfiant. Un album de classe !

 

Gary

Hey Turtle, Stop Running!

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Notre ami Gary est autrichien. En réalité, il s’appelle Robert Stadlober et s’est forgé une certaine notoriété comme acteur. Il n’est donc guère notoire dans l’univers musical. Pourtant, il est passionné par la musique. Celle des années 90, tout particulièrement. Bien sûr, on a souvent remarqué que les transfuges du cinéma vers la musique, ne sont pas toujours très concluants. Suffit de penser à Emmanuelle Seigner. Néanmoins, il faut reconnaître qu’au sein de ce nouvel environnement, il se débrouille plutôt bien.

Robert n’est pas vraiment un artiste solo, puisqu’il est soutenu par un backing group au sein duquel figurent Astrid Noventa, Rasmus Engler et Daniel Moheit. Des collaborateurs talentueux qui l’épaulent depuis les débuts de l’aventure, soit en 2001. « Hey Turtle – Stop Running » constitue le troisième opus de Gary. Et franchement, il a de l’allure, lorgnant tour à tour vers la lo-fi de Guided by Voice voire de Pavement (« You, Lou and Stephen Ca. 1995 ») ou la power-pop chère à Big Star et Teenage FanClub (« Epitaph »). Les voix conjuguées de Robert Stadlober et Astrid Noventa manquent parfois d’assurance, mais jamais de grâce et finalement s’avèrent très susceptibles de vous refiler une bonne dose de frissons…

Car Gary est définitivement un ami qui vous veut du bien…

 

Dr John

Locked down

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Le vieux sorcier louisianais vient encore de frapper fort! De son véritable nom Malcolm Rebennack, ce chanteur/créateur/guitariste et surtout pianiste possède une longue carrière musicale derrière lui. Malgré ses 71 balais, il est toujours aussi extraverti et excentrique ; en outre, ce résident de la Nouvelle Orléans n’a jamais laissé quiconque indifférent. Inspiré à l’origine par le mythique pianiste local Professor Longhair, sa première œuvre “Gris Gris” remonte à 1968. Ce disciple avoué de la culture vaudou nous livrait les premiers secrets de sa médecine, sur “Remedies” en 70 et “Sun, moon & herbs” en 71.

Les influences de notre toubib sont multiples : le blues, le jazz, le rock’n’roll, le boogie woogie, le funk et naturellement le zydeco. Il va rapidement se voir décerner le pseudo de Dr John. En particulier dès la sortie de “Dr John : The Night Rripper”. Et puis à cause de ses prestations scéniques extravagantes et ses costumes inspirés du Mardi Gras néo-orléanais.

Nous sommes en 2012, et le bon docteur parvient encore à étonner. Pour enregistrer “Locked down” il a reçu la collaboration de Dan Auerbach des Black Keys. Ce dernier joue de la guitare et assure la production. Les sessions se sont déroulées à Nashville, dans le Tennessee. Finalement, ils étaient six en studio pour concocter cet elpee, une équipe qui se partage l’écriture des plages.

Et c’est bien à un travail d’équipe auquel on assiste tout au long de cette œuvre. Une constatation déjà bien illustrée sur le titre ouverture, le fameux “Locked down”. A l’exception du Docteur, tous les musiciens sont crédités de percussions et de chœurs. Métallique, la guitare de Dan nous plonge dans le Delta du Mississippi. De quoi manifestement apporter une touche de fraîcheur et d’originalité. Soutenu par toute cette machine rythmique, le brave Mac chante d’un timbre nasillard, mais ses inflexions sont souveraines. La “Revolution” sonore est bien en marche. Le concours d’Auerbach est déterminant tout au long de ce R&B novateur et d’une puissance inouïe. De toute évidence, “Big shot” nous invite à rejoindre New Orleans, le berceau du jazz traditionnel, mais le style est ici revisité par les percus et le saxophone de Brian Olive, de manière à atteindre un format intemporel. Fresque de notre société moderne, “Ice age” est une excellente compo qui met bien en valeur les vocaux, mais aussi les différents instruments et en particulier les percus. Faut dire que le travail de mise en forme est impeccable. Tout comme “Getaway”, au cours duquel on entend distinctement tous les instrus. En outre, les interventions de basse prodiguées par Nick Movshon sont assez extraordinaires alors que la sortie finale d’Auerbach sur les cordes est aussi redoutable qu’acide. Les cordes saturées d’écho qui introduisent “You lie” sont un véritable délice. Le front rythmique qui rejoint l’expression sonore est dominé par le saxophone. Un funk blues absolument superbe. Un hommage est rendu au dieu cubain sur “Eleggua”, une plage mystérieuse, envoûtante, ésotérique même, propice à la transe qu’alimentent les percussions exotiques. “My children, my angels” baigne enfin dans un peu de douceur, un cri d’amour et de passion répercuté par un chant paisible que balisent un piano électrique mélodique et une guitare au bord de la déchirure. L’elpee s’achève par “God’s sure good”, un R&B classique, dansant et agréable. Un excellent album. Son meilleur depuis bien longtemps.

 

April

Sunderlands

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Duo bordelais, April réunit JiBé (Jean-Baptiste Calluaud) à l’écriture et Flora au chant, d’ex-membres du groupe de métal Silence is Crime. Ce troisième album  retrace l’histoire d’Alex, un jeune comateux qui nous plonge au sein de son univers, au fil de 12 morceaux électro/pop/folk/rock. Alors, effet de mode ou multiculturalité surlignée, les titres sont tantôt chantés en français, tantôt en anglais. Déjà que JiBé et Flora se partagent le chant et le mélange des genres, nous sommes perdus dans ton monde vaporeux et clinique, Alex. Ce 12 plages se voulait être au départ un album-concept d’une vingtaine de titres mais peut-être les coupes sombres dans le projet initial ont-elles brisé quelque peu le rythme ?

Sans quoi le concept devrait marcher. Ils sont beaux, ils s’aiment, les mélodies tiennent la route. La voix de Flora est douce et la présence d’un peu de poésie dans ce monde de brutes soulage. De bons ingrédients commerciaux, dirons-nous.

« Breaking bones » et « Dans ce monde ou dans l’autre » aux allures d’Indochine, « Tess’ reveries » et « Sunderlands » à la Zazie, « Enjoy the ride » et « All things to all men » aux sonorités hispanophones, suivies de « Frame by frame » passé à la moulinette électronique et chanté par Front 242 (mais non…), « Goodbye Earth » et « Un jour pour te dire » qui ne peuvent démentir les origines du groupe et une magnifique plage de clôture instrumentale, « Alex » qui se réécoute à l’envi.

Tout comme les pantalons de la Guerre des Boutons, le moins que l’on puisse conclure de cet album, c’est qu’il est décousu. A confier à des oreilles ‘multiglottes polygenres’ non averties.

 

Joe Louis Walker

Hellfire

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Joe Louis Walker est l'un des grands noms de la scène contemporaine blues. Il n’est pourtant plus de première jeunesse, puisqu'il affiche déjà 62 ans au compteur. Il est originaire de San Francisco, mais vit aujourd'hui à New York. Dans les années 60, il était l'ami du mythique guitariste blanc, Mike Bloomfield. Il ne fonde son groupe, les Bosstalkers, qu’en 1985 et publie alors de nombreux albums. Cinq d'abord chez Hightone, six ensuite pour Verve/Gitanes. Toute cette discographie lui ouvre grandes les portes de l'Europe où il se produit un peu partout.

Souffrant trop souvent d’une production trop lisse, ses disques manquent cependant de passion. Pourtant en 2003, "Shake your moneymaker : The slide album", paru chez JSP, casse enfin le moule. Joe Louis est bien un grand bluesman, un guitariste extraordinaire! Il se lie alors d'amitié avec le guitariste très respecté, Duke Robillard. Ce dernier produit son premier opus, pour le label canadien Stony Plain, "Witness for the blues", en 2008, puis "Between a rock and the blues" qui est nominé aux Blues Awards. Bruce Iglauer, patron du label blues chicagolais notoire, Alligator, vient donc de signer Joe. Ce dernier avait d’ailleurs collaboré au projet "Tommy Castro presents the Legendary Rhtyhm & Blues Revue – Live!".

Joe Louis est chanteur, guitariste, compositeur et producteur. Pourtant, il a laissé la mise en forme à Tom Hambridge, un personnage qui a notamment bossé pour Buddy Guy, Susan Tedeschi et George Thorogood. Les sessions ont été réalisées au studio Sound Stage de Nashville. D'excellents musiciens ont été recrutés pour y participer, dont Hambridge qui double à la batterie et Reese Wynans, l'ancien claviériste de Stevie Ray Vaughan.

Et si Joe Louis est un bluesman, il a aussi grandi au cœur de la culture rock. Il présente une face agressive indéniable. C’est ce qu’il met en évidence en ouverture. Tout au long d’"Hellfire", sa voix est surpuissante, elle déblaie tout sur son passage. Son ampli est poussé dans le rouge. Furieuse, la gratte avance par dérapages savamment contrôlés. Je préfère toutefois le Walker au plus profond de son blues. A l’instar du lent "I won’t do that". Une compo qui libère beaucoup de sensibilité. Et s’il malmène sa six cordes, c’est pour nous réserver une envolée de classe. Un même phénomène qui se produit sur l’autre blues lent, "What’s is worth", mais en plus déjanté voire acide. La voix est vraiment ravagée et en impose sur le blues rocker très stonien "Ride all night". Une plage d’excellente facture caractérisée par la slide bien mise en avant. Il souffle férocement dans son misérable harmonica pour aborder "I’m on to you", une piste imprimée sur un tempo bien enlevé. Joe Louis s’est forgé la voix en chantant le gospel dans les églises. Il nous le rappelle sur "Soldier for Jesus", un morceau pour lequel il est soutenu par les Jordanaires, formation qui accompagnait autrefois Elvis Presley. Et pour que l’analyse soit complète, sachez que l’opus recèle encore le rock’n’roll offensif "Too drunk to drive drunk", l’explosif "Black girls" et le boogie, "Movin’ on". Bref une œuvre de très bonne facture !

 

Maria Taylor

Overlook

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Certains albums se rappellent à vous, subtilement, longtemps après s’être fait oublier.

Ne laissant guère de trace dans votre esprit à la première écoute furtive, trop polis pour s’ingénier à forcer la porte de votre souvenir.

Et puis un jour, sans vous avertir, ils viennent simplement vous rappeler quelle erreur vous avez commise de ne pas leur avoir prêté meilleure intention.

Ainsi, en va-t-il, en ce qui me concerne, de « Overlook », dont le titre me paraît du coup ironique.

Longtemps moitié de Azur Ray, avant de s’émanciper, Maria Taylor signait l’an dernier un album d’une beauté troublante, qui mérite une attention toute particulière et surtout mon humble repentir pour l’avoir oublié au détour d’une étagère.

Des textes trahissant les balbutiements d’une fleur se découvrant au monde et des arrangements subtils mais rehaussant brillamment les accords en apesanteur de la belle, des variations heureuses sur un mode légèrement mélancolique (la touche manouche de « Bad Idea »), de l’émotion sans fard et sans pathos.

Certains événements n’arrivent que sur le tard, mais fort à propos. Comme ce disque à mes oreilles.

 

The Renderers

A Rocket Into Nothing

Écrit par

Depuis plus de vingt ans The Renderers végètent dans l’anonymat et cet album, au titre tristement anticipatoire, ne sera jamais qu’une pierre de plus dans le jardin de l’oubli.

Les premiers titres ne sont pas rappeler l’approche de Sealight voire de Heligoland, d’autres résidents de la Nouvelle Zélande, le bruit suppléant ici les nappes vaporeuses.

Des sonorités et une voix qui renvoient à certains groupes oubliés du label 4AD (Tarnation en tête) et des ambiances oniriques (« Hypnotised », en final somnambule) font de cet album un honnête essai mais sans réel trait de génie.

Une de ces plaques sans autre ambition que de permettre à ses auteurs de partager leur vision de l’univers. Ce qui du reste n’est déjà pas si mal.

 

Petra Jean Phillipson

Notes on: Death (sampler)

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Petra Jean Phillipson (PJP) aurait pu être la petite sœur anglaise de l’illustre et allumée Joanna Newsom. « Notes on: Death » constitue son second album. Il fait suite à « Notes on: Love », sorti… il y a déjà 6 ans ! 

Cet ambitieux nouvel essai est divisé en deux parties distinctes respectivement sous-titrées ‘Noir’ et ‘Blanc’. Pas trop difficile donc, d’imaginer que le premier volet baigne au sein du côté sombre et gothique de la force tout en privilégiant les climats spectraux, alors que le second, plus lumineux, navigue dans des eaux country traversées par PJ Harvey.

Enfin, c’est ce que je suppose, car le sampler se limite à la seconde tranche de l’elpee ; soit celle qui est supposée être moins avant-gardiste et plus accessible, mais néanmoins encore très aride ! La voix de PJP est emphatique. Un timbre qu’elle pose sur une instrumentation dominée par les interventions de harpe et de violon. Le tout au sein d’une ambiance médiévale toujours susceptible de déraper dans l’expérimentation. Une exception qui confirme la règle : le très réussi et plus abordable « And Lilith Said to Adam ».

A l’instar de Joanna Newsom ou d’une Björk contemporaine, PJP risque fort de rendre bien des mélomanes perplexes ; mais aussi d’enchanter celles et ceux qui adorent les fortes personnalités qui privilégient les univers sonores intrigants !

 

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