Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chroniques

Mr. Oizo

Stade 2

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Nouvel opus de Mr. Oizo, « Stade 2 » constitue un pur exercice de style comme peut si bien les produire Quentin Dupieux, depuis ses débuts. L’électron libre d’Ed Banger n’en fait jamais qu’à sa tête et sa nouvelle production ne déroge pas à la règle. Les beats délirants, distordus et puissants issus d’un cerveau passablement dérangé (si en juge ses films complètement barrés comme ‘Rubber’, sorti l’année dernière) sont toujours au programme. Le hit « Flat Beat » pour la pub de Levi’s lui a permis de bénéficier d’une grande liberté d’action et le Français ne s’en prive pas. Les 13 plages de « Stade 2 » aux titres loufoques (« Camelfuck », « Oral Sax » ou « Douche Beat ») oscillent entre house, rock et acid tout en s’offrant des samples souvent drôles. Pas la moins mélodie à l’horizon, mais de l’électro massif et percutant. Un album libre et irritant à la fois mais probablement jouissif lorsqu’on est dans un état second (« Stade 2 » ?) Evidemment, celui-ci n’est pas prêt de passer sur France 2 !

 

Miossec

Chansons Ordinaires

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Miossec n’est certainement le plus poétique des paroliers francophones, mais appartient sans aucun doute à la catégorie des plus directs! Il n’enrobe pas ses paroles d’un doucereux emballage ! Ce n’est pas nécessaire pour donner le goût au travail du Brestois. Ses « Chansons Ordinaires » perpétuent sa tradition. Pas question de déroger à la règle. Mais soyons honnêtes, ses coutumes musicales ne métamorphosent pas Christophe Miossec en artiste transcendant. Ce huitième opus va contenter son public déjà acquis à sa cause, mais aura du mal à en conquérir un nouveau. Les textes sont pour la plupart relativement faibles, faciles. Les mélodies manquent de renouvellement. Et on ne rencontre pas sur ce disque les plus grandes compos de l’auteur-compositeur-interprète français. Là où il y a un véritable effort, c’est sur le titre qu’il a adopté. C’est en effet un record de longueur qu’il a établi en choisissant « Chansons Ordinaires », puisque jusque là, celui qui dénombrait le plus de lettres était « A prendre ». Je me moque un peu parce que les chansons sont intitulées de manière un peu simpliste (« Chanson que personne n’écoute », « Chanson pour les amis », etc.). L’origine remonte à l’entre-deux guerre où les chansons avaient toutes une fonction et étaient baptisées par rapport à celle-ci. Mais n’éternisons pas cette chronique qui suscite aussi peu d’intérêt que l’elpee auquel il se rapporte.

 

Mina May

Everything was beautiful and nothing hurt

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Contrairement à ce qu’on pourrait croire, Mina May et l’actrice porno du même nom n’ont aucun point commun. Enfin, presque, puisqu’on ne décèle rien que de la testostérone chez ce quatuor toulonnais formé en 2000 : Antoni (basse-claviers-guitare), El Pulpo (batterie), Kriss Baritone (guitare) et Flashing Teeth (voix, guitare, claviers). Après avoir accordé des centaines de concerts, un premier album éponyme sort en 2008, puis un remarquable Ep (« Skylarking »), l’année suivante. La formation décide alors de partir et de s’évader pour mieux se retrouver. Leur année passée ensemble à Montréal a donné naissance ce 15 novembre à « Everything was beautiful and nothing hurt », un opus publié sur le label indépendant Pacinist / Almost music.

Un album puissant, qui démarre sur les chapeaux de roue, en balançant des sonorités à la Ghinzu. Excusez du peu ! La suite ne déçoit pas. C’est du rock, du vrai, toutes guitares électriques dehors et ambiances psyché empruntées aux Doors. C’est enivrant, hypnotique. La façon de chanter (en anglais) de Flashing Teeth n’est pas sans rappeler les années New Wave. Siouxsie, tout particulièrement. Mais la voix proprement dite ressemble à celle de Frank Black, des Pixies. Une sacrée référence encore ! Le cinquième morceau marque une rupture nette et soudaine. « Everything was beautiful and nothing hurt » est beaucoup plus électro, la voix est plus présente et plus torturée. Un bijou. « Visitor » a des allures de longue litanie déstructurée, davantage parlée que chantée. Sur « Think Twice », on retrouve le style autrement plus rock du début de cet elpee. Les guitares de « Nails on stainless steel » sont stridentes, presque dérangeantes pour qui serait sensible aux acouphènes. « Rising sun » nous permet de planer pendant 6 délicieuses minutes électro. Et nos boys psychédéliques concluent par « In the turmoil », lors d’un mélange rock et synthés vintage qui résume bien leur style, souvent comparé à celui de Radiohead, à très juste titre.

Bref, un disque riche, ambitieux, intéressant, intelligent et qui brasse une multitude d’influences. Ne passez pas à côté de cet elpee typiquement anglo-saxon et pourtant bien français. Un grain de folie et beaucoup de talent. Et plus on écoute, plus on aime, vous êtes prévenus !

 

Manatee

Like a small animal

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Ce premier Ep marque les débuts de Manatee, groupe issu de Normandie, créé en 2009. Le trio de Caen (Maxime Marais, Tiphaine Moreau et Charlotte Paiola à la voix) a fait sensation au festival Nördik Impakt, en 2010. Manatee est à la fois un fleuve des Etats-Unis et le nom anglais d’un mammifère marin, mais il s’agit surtout ici d’un clin d’œil adressé à Animal Collective et leur album « Danse Manatee ».

Ce que les Français ont gravé là, c’est de la pop acidulée et rafraîchissante dans la veine des Cranberries ou des Cardigans. Du moins pour les deux premiers titres. L’Ep s’ouvre sur « Blind night Travel », au rythme entraînant et enivrant. « Reflection » est sans conteste le meilleur morceau de l’elpee. Gâce à la sensibilité et la simplicité de sa mélodie. C’est magique, scintillant, comme un manège de chevaux de bois qui prendrait son envol. La chanteuse nous envoûte en anglais sur des rythmiques électro. « The one » et « Sponge » nous invitent à plonger dans le monde sous-marin à l’aide de sonorités aquatiques, organiques, parfois un peu agaçantes. Ces deux derniers morceaux plus artificiels, déstructurés et synthétiques ne plairont peut être pas au plus grand nombre, mais font de Manatee un groupe à part sur la scène pop.

Gageons que le trio continuera sur sa lancée prometteuse et nous proposera prochainement un album complet plus jusqu’au-boutiste dans son approche.

 

David Lynch

Crazy Clown Time

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David Lynch cherche de nouveaux horizons pour chouchouter son cher public. Il choisit donc de se laisser choir dans la chanson. Charmante idée à priori! Changeant de ton sur chaque piste, l’une chassant l’autre comme on jetterait un chat noir tel un chiffon dans une chasse aux sorcières. Certains se sentiront chagrinés par ces enchaînements peu chatoyants, d’autres déboucheront peut-être le champagne et chantonneront : ‘Lynch est un génie, un champion toutes catégories’. Mais cet album est plutôt charcuté et digne d’un charlot que chargé et blindé comme un char prêt à écraser chaque obstacle sur son chemin. « Crazy Clown Time » fait chuter le cinéaste au rang de charlatan. Il nous sert du réchauffé, il ne chamboule pas le monde musical. Il a versé dans un chaudron de vieilles chaussettes usées qu’il espérait changer en chant chaleureux. C’est quelque peu le chiche-kebab. On ne sait pas trop ce qu’on peut trouver dedans. C’est de la chirurgie, on rafistole. Mais nous ne sommes pas de vulgaires chameaux qui peuvent être chahutés au bon vouloir des chacals qui les entourent, il faut que l’on puisse s’abreuver aux bonnes sources. Dès lors, si son challenge était de chambarder, ce vieux charognard n’a pas raté son coup. Son disque est bien chaloupé, il nous fait même parfois un chouia chanceler, il nous chatouille les tripes. Mais cet ensemble parait aussi chétif qu’un château de cartes. Si un chasse-neige passe par-là, il aura vite fait de chaparder la place de David Lynch.

« Crazy Clown Time » est une allitération musicale (vous savez cette répétition de sons dans une phrase ou un texte). C’est indiscutablement un exercice de style, mais je vous laisse juger si c’est poétique ou si, au contraire, c’est d’une lourdeur profonde.

 

Clare Louise

Castles In The Air

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‘Tout ce qui brille n’est pas or’. Tiens, pourquoi les apparences peuvent être trompeuses, lorsqu’on évoque Clare Louise ? Elle a une jolie voix, ses mélodies sont à la fois entraînantes, douces, subtiles et légèrement folk et quoique vivant à Bruxelles, elle n’incarne pas pour autant une nouvelle découverte belge, quoique…

Née entre Normandie et Bretagne, mais exilée dans notre capitale pour terminer son cursus scolaire, Claire Girardeau décide, diplôme en poche, d’y rester pour tenter de percer dans son domaine de prédilection, la chanson folk. Baignée lors de son Erasmus par les rythmes irlandais, c’est tout naturellement qu’elle se rapproche du chant traditionnel et du folklore celtes.

Un premier Ep plus que confidentiel ne la décourage pas. Et bien aidée cette fois par Marc Huygens (ex-Venus), elle réussit à enregistrer douze titres sur ce premier album. Bénéficiant de la collaboration de ses fidèles acolytes Charlotte Danhier au violoncelle et Cédric Van Caillie à la guitare, mais aussi d’un petit coup de pouce de quelques invités, dont Tuur Florizoone, Françoise Vidick (JOY) et Mathieu Catala (Balimurphy), notre Belge d’adoption atteint son objectif. Il en résulte une première œuvre intime, fragile, raffinée.

Portées par une voix pure et somptueuse, haut-perchée et profonde, ses douze chansons sont autant de compositions intemporelles, tantôt emplies de simplicité, tantôt minutieusement arrangées.

La réussite est au rendez-vous. Les guitares et le violoncelle, se partagent seuls le pouvoir de véhiculer ces mélodies délicates.

Premier véritable essai gentiment transformé pour ‘notre’ adoptée, longuement bercée par les guitares des Dylan, Neil Young et autre Joni Mitchell qu’écoutaient ses parents dans les brumes qui cachent parfois le Mont Saint-Michel.

 

Louise Attaque

Du monde tout autour

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Premier Best-Of pour Louise Attaque, qui célèbre 17 ans de tubes. Car Louise Attaque c’est une machine à tubes ! Et on les reconnaît immédiatement à la voix cassée de Gaëtan Roussel et au violon d’Arnaud Samuel. Le quatuor compte aussi Robin Feix à la basse et Alexandre Margraff aux drums. Leur travail a d’ailleurs été récompensé par trois victoires de la musique. Et leurs chansons ont marqué toute une génération de trentenaires.

Leur premier opus « Louise Attaque » sort en 1997 et se vend à 2,5 millions d'exemplaires (!) ; le second « Comme on a dit », en 2000, s’écoule à 700 000 ! Le groupe se sépare alors momentanément. En 2005, ils gravent « A plus tard crocodile ». En 2009, en solo, Gaëtan Roussel publie « Ginger » (et hop, encore une victoire de la musique). Mais aujourd’hui, le temps d’un instant, le groupe se reforme et propose un véritable petit trésor pour les fêtes de fin d’année.

Vous pensez ne pas connaître tous les morceaux de ce Best-Of ? Détrompez-vous ! Ecoutez et vous serez surpris d’entendre que tous sonnent familiers.

De « Amours », « Ton invitation », le célébrissime « J’t’emmène au vent », « Les nuits parisiennes », « Savoir » et « Léa » (issus de leur premier album – une des meilleures ventes dans l’histoire du rock français) à « Depuis toujours », « Si l’on marchait jusqu’à demain » et « Si c’était hier » (« A plus tard Crocodile »), en passant par « Tu dis rien » et « La Plume » (« Comme on a dit »), ils n’ont certainement eu aucun mal à composer cette compile à partir de leurs trois albums. Mais quels albums !

Ce Best-Of recèle aussi deux inédits : « Snark », ressuscité des débuts de Louise Attaque (en 1998), et le single de lancement de l’album « Du monde tout autour », qui porte clairement leur signature et tourne déjà à profusion sur les meilleures radios. On vous le dit, ils sont forts, très forts !  

Le coffret Edition Collector réunit le CD 17 titres, un DVD d’1h30 offrant 4 titres live, 2 documentaires et le clip du single « Du monde tout autour », ainsi qu’un livret 24 pages, 2 stickers et 3 lithographies. Dessin original de Robin Feix. Les fans sont gâtés !

 

Los Campesinos!

Hello Sadness

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Un titre hommage à Françoise Sagan, pour étaler la confiture, un album enregistré à Girona (Espagne), pour le côté ‘exotique’, des claviers vintages, pour la hype, un pop-rock dans le vent, pour imiter ses pairs… « Los Campesinos ! » aurait-il sorti, sabots aux pieds, la panoplie complète destinée aux clubs des popeux branchés ? Une plaquette pop de plus ? Fort heureusement, le bilan de « Hello Sadness » n’est pas si dramatique. Le quatrième long-playing des génies pop-rock en provenance de Cardiff  respire la générosité et la sincérité. Dix titres, évoquant l'amour, la rupture, la perte, le chagrin, les corps emmêlés, spontanément sortis des tripes de Gareth Campesinos ! Un album instinctif dans lequel le chanteur s’épanche sans retenue, parle de lui, confie son expérience. Le contexte général change alors le décor musical. Il amorce une certaine rupture artistique et donne à entendre des compositions sensiblement teintées de mélancolie (« Every Defeat A Divorce (Three Lions) », « Hate For Island »).  

Après avoir conquis l’Europe et les Etats-Unis, grâce à trois albums salués par la critique, mais également à des tournées intenses accomplies aux quatre coins du monde, lui permettant de se produire dans des festivals prestigieux tels que le Primavera en Espagne ou le festival des Inrockuptibles en France, la formation galloise nous revient aujourd’hui à la tête de chansons pop directes et concises, à l’image du premier extrait « By your hand ». Des arrangements à la production, en passant par la qualité des textes, tout indique que « Los Campesinos! a changé de cap. De quoi ravir les fans et attiser la curiosité des autres ! ‘C’est par l’urgence, les couleurs, l’excentricité et l’hédonisme que Los Campesinos! rénove la pop music’.

Un détour intimiste qui aura néanmoins le mérite d’attirer la curiosité des amateurs du genre.

 

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